Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]

s'est tué à Cafan d'un coup de pistolet , le 31 Mars dernier à 5 b. du matin. Ce professeur étoit attaqué d'une hypocondrie que ses voyages n'ont py dissiper. Il y a déjà quelque tems que l'académie, informée de son état, l'avoit rappellé; mais il demanda la permillion d'aller prendre les bains chauds à Killar fur les frontieres de Perse, & l'on eut la fatisfa&tion d'apprendre qu'il avoit recouvré la santé. Cependant, à son retour à Cafan, il retomba dans son premier état; sa mélar:colie augmenta au point que les domestiques lui ôterent tous les inftrumens dangereux; mais il eut la funeste adresse de cacher le pistolet avec lequel il vient de terminer ses jours. Les voyages littéraires de

ces académiciens ont commencé en 1769, & ont duré jusqu'à ce jour, nous avons rendu compte dans le tems de quelques-unes de leurs découvertes. On apprendra à leur retour bien des détails intéressans sur le local, le phylique & le moral de cet empire. Le capitaine Rifchkow , qui a parcouru, pour le même objer, quelques-unes de nos provinces méridionales, est révenu ici depuis quelque tems; les trois mémoires en langue russe qu'il a présentés, à l'académie, ont été tr.duits en allemand. Parmi les découvertes qu'il a faites, il y a un grand nombre de ruines de villages, bourgs, & de villes plus ou moins considérables, enterrés fous leurs propres décombres : auprès de quelques-unes de ces dernieres il n'e iste plus que des hameaux & de chétifs villages. Le Sr. Rischkow n'a pu s'éclaircir des causes de ces bouleversemens, ni découvrir de quelle nation on été les peuples qui habitoient autrefois ces vastes contrées, & qui doivent avoir été nombreux à en juger par les restes de plusieurs villes dont les anciens ouvrages donnent l'idée d'une nation poñicée à un degré allez éminent.

[ocr errors]
[ocr errors]

Ia mortalité fait de grands ravages parmi les chevaux & les bêtes à cornes, en différens diftries, particulierement dans les gouvernemens de Moscou & de Novogrod. Plusieurs personnes y ont péri subitement, soit pour avoir mangé de la viande des bêtes mortes de la contagion , soit par l'infection que le grand nombre de ces animaux a fait éprouver aux personnes employées à les écorcher. On a pris toutes les précautio nécessaires pour arrêter les progrès du fléau, & l'on a coupé toute communication avec les villages où il regae le plus. Les patlagers venant de Novogrod doivent subir des fumigations à deux Lazarets différens, établis sur la route. Suite du journal des opérations de l'armée de Re

manzuw, depuis le 25 Juin jusqu'au 20 juillet inclusivement,

Le 25 Juin le colonel Uworow, envoyé avec un détachement par le général comte de Soltikow, barcie dans le village de Kadyskuy environ 600 Turcs, & fic 4 prifonniers. Les partis qu'il avoit détachés pour observer l'ennemi , sauverent près de 5 mille chrétiens des deux sexes, qu'il poursuivoit. Le même jour, un parti déram ché par le général Kamcaskoi du village de Beylik dans les montagnes, s'étant avancé jusques près de la riviere de Ramszu , chafla dc-là Arnaut-pacha, qui y écois poro té, & tua 4 Turcs. . Le général comte de Soitikow affiégeant Rusczuk ( on Rullig), l'ennemi fit une nombreufe sortie de cette place, & cumb. sur le régiment d’Abseroficz, placé sur le chemin de Conítancinople, dans le defrein de l'en déloger; mais il fut repudilé dans les jardins avec perte de quelques hommes.

Le 28, le général Kamenskoi , s'avançant avec fon corps vers Jenibazar, repousta le (éraskier DagheftanAli.pacha, qui avoit fondu sur ton avane-garde avec's mille homines de cavalerie , le poursuivit jusques près de Szumla ou Schumla , fic quelques prisonniers, & enJovai fix drapeaux.

Le 30, le colonel Rosen, envoyé par le général Kamenskoi avec un détachement à Razgrad, fuc coupé par l'ennemi de trois côtés. Pour le dégager,le Sr. Kamenskoi

AS

12

fortie de son camp avec toute son infanterie : l'ennemi s'en ét nt apperçu , la grand-vifir sortie lui-même de Szumo la avic un cops de tropos. Noire cavalerie , ay aur d'abord aitaqué l'ennemi, le rtpouit jufquts près du retranchement, fit un Bin-pacha & !7 foldats prisonnicis, cua cnviron 150 hommes', & prit scrapcaux. Nous perdime's

cane bas officitss que fulda's cuiés. Le 2 Juillee, l'ennemi ne cefl'a p-adant plus de deux heures, de tirer des coups de canon de la ville de Silifirie & du camp sur les Coraques de Zaporoff, qui se tenoienc dans des bateaux sur le Danube : en même tems un détae chement de 200 cavaliess turcs , forti des jardins, harce. la ies Coriques du Dun; mais ayant perdu to homine's tués, & ayant vu coinbór entre nos mains Tufckzy Orman pacha, Ali Scragli, & Seli&tar Méhémer , pacha à deux quetes, commandant les Arnautes, ils rerournerent dans la ville.

Le même jour, le lieutenant général comte de Solci kow ayant détaché le général-majos Nastrzchukin, celui ci battit près du village de Turlak le Syurdzy Charon, pacha à trois qu uts, qui conduiroir à Rusczuk un senfort de s mille hommes. L'ayant poursuivi près de 9 wers. res, il fic prisonnier le B.chniak , pacha à deux queues ; & Chalil Méhémet bey , fils, & Bayraktar de Topzi-Salil-bey, pacha à deux queues, qui se trouve auprès du grand vilir, & d: plus uo Czaus pacha , un chuhadar de Ja suite de Charan pacha, & 14. foldars. On cua aux Turcs plus de 300 hommes, & on leur enleva les cimbales de Charan-pacha, une partie du camp & des tentes ,

des muDicions, un nombre confidérable de chevaux richement capasaçonnés, & beaucoup d'effecs , ouise 200 Bulgares avec leur carnp. Notre perte en conte occasion ne confifta qu'en un enseigne cué, & 25 bas.ufficiess & soldats tant tués que bli dlés.

Il y eut encore le même jour une croisieme action près de Turn! , où nos troupes légeres battirent un décachement de cavalerie ennemie de 500 hommes, qui en écojc forti à luur rencontre. Elles le poursuivirent par le faubourg jusques sous la forterelle, malgré le feu violenc d'astillerie qu'on fic fur elles. On cua dans cette rencontrego Turcs , & l'on fit s prisonniers. Le butin confiita en 19 chevaux avec leur acrirail, & dans une grande quantité de tufils, de fabres & de pittoleis. Nous n'y eûmes qu'un Arnauce & quelques chevaux blessés.

Le 6, quatre mille Txircs , infanterie , fortis de Silif. trie , & ayant passé le Danube à la faveur des bacissies

[ocr errors]

de la ville, entrerent dans l'isle que forme ce fleuve, & comberent à trois reprises & avec une grande impétuofi. té sur la redoute qu'occupait un corps de nos troupes aux ordres du général major Loyd; mais le major WoJianow, s'étant avancé de la redoute, fonde sur l'enne* mi avec tant de vigueur, malgré la fupériorité de ses foti ces & le grand feu d'artillerie de la ville, qu'il le fit rem culer, & le poursuivit la bayonnecce au bout du fusil jurqu'à les canors où il s'empresa de se jetter avec coq. fusion, laissant dans l'ile près de 600 hommes tués , oytre les ble flés & les noyés. On coula à fond un bateau en némi avec cour fon monde , & on en endommagea fi fore quaere autres, que los Turcs furent obligés de les abas. donner. Norre perte dans cette chaude accaque ne fure passa pas le non.bre de 150, tant cués que bletlés.

Le 7, l'enneni, au nombre de plus de 80v. hummes cavalerie & infanterie , fir une secunde sortie de Rusczuk vis-à-vis du poste sur le chemin de Constantinople; mais il fut de nouveau repoussé & chassé avec perse d'environ 800 hommes, outre oaze prisonniers. Le brigadier Zabarowski, décaché par le général Kamenskui, défit près du village Czalikow sur le chemin d’Andrinople un corps ottoman sous les ordres de Jouffouff, pacha à trois queues, fir prisonniers quelques officiers dc diftin&ion & 42 roldate , & enleva 3 drapeaux , une queue de cheval, & un baron de commandement.

Le 10, Hassan bey , féraskier de Rusczuk, tenta une troisieme forcie sur nos troupes qui alliegent cette place. Etant lui-même à la tête de sa cavalerie & de fon in. faorerie , il les attaqua depuis le niacin jusqu'au foir, & tomba à corps perdu sur nos poftes, dans le deffein de faise abandonner le fiege ; mais nos gens , lui ayane cué plus de mille hommes, outre les bletiés, l'obligerent trer dans la ville fans avoir réuili.

Le capitaine Kinsberg, Hollandois, parti'le 12 Mars dernier de cette capitale, ne s'est point arrê. té à Moscou, comme nous l'avions annoncé d'après quelques papiers publics. Il vient d'écrire à un de Ses amis une lettre, en date du 17 Juin , dont voici l'extrait.

Ayant reçu ordre vers la fin de Mars, d'armer une frégate , je suis entré en mer au commencement d'Avril. Je vis, pendant les premiers jours de ma croisiere, trois vaisseaux ennemis, que je poursui

à ren

3

vis sur la côte de Natolie, fans pouvoir les engye ger au combat; mais en revanche je fus ajailli d'un si violent orage sur cette cóce, que je courus risque de périr, de jorte que je fus contraint de retourner à Balaclava , pour réparer le comma. -ge que j'avois souffert. A mon arrivée, je reçus ordre du contre-nutral Tschuschahot de le joindre avec mon bátiment dans le canal entre la Crimée & l'isle de 1 amen, & de manæuvrer bien prudemmeni , parceque l'ennemi ttoit en mer avec une forte de so voiles. J'erécurai set ordre ; & l'ayant joint nous allámes croiser avec toute l'efcadre entre Killietas jeni-kalé, nous décoilvrimes, le 9 Juin, à 2 heures après midi , l'ennemi au vent de nous : à 2 heures, il s'approcha & nous comptámes 39 voiles, tous bá.imens armes, parmi lesquels se trouvoient 6 vaffeaux de ligne & 9 frégates ; le refie étoit des chebecs & des geleres. Toute notre flottille ne confJtoit qu'en 7 batimens , dont le plus fort étoil monté de 54 canons. Le contre-amiral me fitun fgnal à 5 heures pour me rendre à son bord ; il me demanda mon avis sur ce qu'il y avoit à faire; je lui répondis sur le champ de hazarder un combat. Après que je fus de retour à mon bord, notre chef travailla dans l'inflant à se former en ordre de bataille, & tácha, par de bona nes manxuvres faites à tems , de s'approcher de l'ennemi, qui avoit conservé le vent. Celui-ci se forma de même, & vint sur nous sur une ligne. On commença auli-côt à faire feu, des deux cótés, tant du canon que des petites armes : il fut fouienu jusqu'à 9 heures du soir. L'ennemi, qui avoit toujours conservé le vent, & qui comptoil lur sa sipériorité, fic un mouvement pour nous- mettre ens tre deux feux, &. nous couper dui canali ( vous von yez par-, que les Turcs profitent bien des les çons de leurs bons amis ) : mais le contre-amiral., s'étant apferçu de leur manquvre , donna le signal

« PreviousContinue »