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DC 137

353

1830

V.3.

HISTOIRE

DE LOUIS XVI,

LES ANECDOTES DE SON REGNE.

CHAPITRE PREMIER.

Proposition du maréchal de Broglie. Mouvements des Factieux. Léger combat.→ Révoltes des gardes françaises. Retraite du prince de Lambesc. Audace des mutins. Les électeurs de Paris usurpent l'autorité. *** Incendie du couvent de Saint-Lazare. Paris en proie à des brigands.Prisonniers délivrés Audace de l'assemblée nationale. → Réponse du roi à une adresse de l'assemblée. Attaque de l'Hôteldes-Invalides et de la Bastille. Massacre du gouMassac 'major et ret de M. de Flesselles. Mouvement de l'armée royale.__ Consternation de la couro Ivresse de l'assemblée.

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Pillage

rend à l'assemblée.

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Révolte du régiment de Viutimille. Le roi se Discours qu'il prononce. Renvoi des troupes et des ministres. Bailly, maire de Paris. Le roi vient à Paris.Il y court des dangers. Arrêt du parlement. Voyage de Necker à Paris. Il perd la faveur populaire.Paris chasse les bandits qui l'infestent.

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verneur, du de la Bastille.

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En révolution, les moindres hésitations sont funestes. Une sédition ressemble à un incendie; quand on ne l'éteint qu'à moitié, il recommence plus terrible. Lorsqu'on apprit, au conseil du roi, la conduite du prince de Lambesc, on assure que le maréchal de Broglie dit au monarque : « Sire, donnez-moi carte blanche, et je m'engage, dans trois jours, à pacifier la capitale, et à vous rendre toute l'autorité que vous aviez il y a deux ans. >> On ajoute que le roi ne voulut point agréer cette proposition, qui aurait pu l'entraîner au-delà des bornes qu'il s'était prescrites. Le salut de la monarchie dépendait peut-être de l'adoption d'une pareille mesure. Il y a des instants où il convient de délibérer; il en est d'autres où il ne faut qu'agir, et saisir l'occasion aux cheveux. -Cependant les factieux, revenus de leur consternation, envoient de tous côtés des émissaires pour chercher des renforts. On voit bientôt accourir de toutes parts les mendiants en haillons, que la cabale soldait depuis quelques mois; quelques sans-culottes des faubourgs viennent grossir l'infernal cortége, qui se met en marche, et se dirige sur la place Louis XV. Le prince de Lambesc va au-devant des mutins, dont la plupart n'avaient pas en

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core d'armes. Le prince veut les haranguer, une salve de pierres, lancées avec roideur tombe sur lui et sur sa troupe. Les soldats se mettent en bataille; un coup de canon tiré à poudre se fait entendre, et répand l'alarme parmi les factieux; quelques-uns des plus braves font un mouvement en avant, et tirent des coups de pistolet, dont deux cavaliers sont atteints. Les soldats alors se mettent en défense, et font une charge vigoureuse qui renverse les mutins, dont trois restent sur le champ de bataille. Ceux-ci prennent la fuite, et se retirent dans le jardin des Tuileries; le prince les y poursuit, accompagné de Félix Lepelletier, son aide-de-camp, et d'une cinquantaine de soldats. Un maître de pension, nommé Chauvet, tombe en fuyant devant le prince; on s'écrie qu'il vient de le sabrer, ce qui n'était pas vrai. Cependant tout fuit; on répand dans Paris que tous ses habitants sont dévoués à la mort; le tocsin sonne dans la ville et dans les campagnes; l'alarme est universelle.

Si dans ce moment le prince eût fait entrer dans Paris les quarante mille hommes qui étaient au Champ-de-Mars, et dans d'autres pays voisins, la guerre, ou plutôt la révolu

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tion était finie, et le cri de vive le roi eût remplacé celui de vive la nation; mais il paraît que ce général n'avait, en cette occasion, que le commandement de son régiment, avec lequel il ne pouvait pas réduire les factieux, dont le nombre s'augmentait à chaque instant, et pour lesquels la meilleure partie du régiment des gardes françaises venait de se déclarer...

Le prince apprend cette triste nouvelle; il veut savoir par lui-même à quel point elle est fondée. Il quitte son poste, et se rend avec son régiment sur le boulevard; il y trouve cinq cents gardes rangées en bataille, qui, dès qu'elles l'aperçoivent, font un feu de peloton qui tue trois de ses cavaliers. Le régiment étranger hurle de fureur, et demande à charger ces fantassins téméraires, sur le corps désquels il veut passer. Le prince, qui n'a reçu que des ordres pacifiques, s'oppose à cet élan, qu'il a mille peines à comprimer ; il se retire, et abandonne la capitale qu'il vient inutilement de soulever par des escarmouches, semblable à ces conquérants qui mettent le feu à une place, et l'abandonnent ensuite. I en avait fait trop ou pas assez; on eût dit qu'il n'avait été envoyé que pour exciter la

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