Essais et mélanges sociologiques

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A. Maloine, 1895 - Anthropologie criminelle - 429 pages
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Page 25 - En avril 1892, à Paris, au paroxysme de l'épidémie cholérique, « des bruits répandus et propagés dans tout Paris avec la rapidité de l'éclair, attribuèrent au poison les effets de l'épidémie, et firent croire aux masses, toujours impressionnables dans de pareils moments, que des hommes empoisonnaient les aliments, l'eau des fontaines, le vin et autres boissons... En peu...
Page 26 - Rome ou d'une défaite de légion et les jetant aux bêtes, foules du moyen âge accueillant contre les Albigeois, contre les juifs, contre un hérétique quelconque les soupçons les plus absurdes, auxquels leur propagation tient lieu de démonstration, foules allemandes de Munzer sous la Réforme, foules françaises de Jourdan sous la Terreur, c'est toujours le môme spectacle.
Page 188 - L'individu est socialisé dans le premier cas, parce que, n'ayant pas d'individualité propre, il se confond, ainsi que ses semblables, au sein d'un même type collectif; dans le second, parce que, tout en ayant une physionomie et une activité personnelles qui le distinguent des autres, il dépend d'eux dans la mesure même où il s'en distingue, et par conséquent de la société qui résulte de leur union.
Page 105 - ... néanmoins, même indépendamment d'un indisciplinable orgueil ainsi soulevé, on ne peut se dissimuler que sa redoutable énergie ne repose aussi, en partie, sur sa tendance spéciale au développement spontané et continu de ces sentiments de haine et même d'envie contre toute supériorité sociale, dont l'irruption, libre ou contenue, constitue une sorte d'état de rage chronique très commun de nos jours, même en d'excellents naturels.
Page 26 - deux imprudents fuyaient, poursuivis par des milliers de forcenés qui les accusaient d'avoir donné à des enfants une tartine empoisonnée ». Les deux hommes se cachent à la hâte dans un corps de garde ; mais le poste est dans un instant cerné, menacé, et rien n'aurait pu empêcher en ce moment le massacre de ces individus, si le commissaire de police et un ancien officier de paix n'avaient eu l'heureuse idée de se partager la tartine aux yeux de la foule.
Page 42 - ... sciences prête au crime une puissance monstrueusement croissante de destruction et rend l'idée et le dessein du crime accessibles à des cœurs plus lâches, plus nombreux, à un cercle toujours agrandi de consciences molles...
Page 23 - Ils se sont allumés dans un pays où tout étoit amourpropre, et l'amour-propre irrité, chez le peuple, ne ressemble point à nos nuances fugitives ; c'est le besoin de donner la mort.
Page 229 - ... engendrer des fruits détestables? N'est-ce pas de Ricardo qu'on a pu dire qu'à ses yeux « les produits ne sont pas faits pour les hommes, mais les hommes pour les produits »? Et n'est-ce pas Turgot — un ancien ministre — qui a, très logiquement, écrit ce prodigieux aphorisme...
Page 7 - ... grands actes de dévouement suscités par la même fièvre. Aux chefs d'une bande ou d'une émeute, donc, on peut demander compte toujours de l'astuce et de l'habileté dont elle a fait preuve dans l'exécution de ses massacres, de ses pillages, de ses incendies, mais non toujours de la violence et de l'étendue des maux causés par ses contagions criminelles. Il faut faire honneur au général seul de ses plans de campagne, mais non de la bravoure de ses soldats. Je ne dis pas que cette distinction...
Page 239 - ... croyance est une idée vive rapportée à une impression présente ou associée avec elle), Hume, dans son appendice, reconnaît, avec sa franchise accoutumée, qu'il ne lui est pas possible d'expliquer parfaitement la cToifance.

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