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invité par le Roi à prêcher la croisade, avait été retenu en Italie: ce fut saint Bernard, alors l'oracle de la chrétienté, qui porta la parole dans cette assemblée.

Le saint homme, avec un corps usé par les austérités et qui déjà semblait appartenir à la tombe, trouva des forces pour accomplir cette grande mission. Il monta avec le Roi dans une sorte de chaire qu'on avait élevée pour eux, et d'où il adressa au peuple des paroles enflammées. « Biena tôt il fut interrompu par le cri: la croix ! la croix ! qui a s'éleva de toutes parts. Il commença aussitôt, ainsi que << le Roi, à distribuer aux assistants les croix qu'ils avoient << préparées; mais quoiqu'ils en eussent fait apporter pluasieurs fardeaux, leur provision fut vite épuisée, et ils dé« chirèrent leurs habits pour en faire de nouvelles. »

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56. ÉLÉONORE DE GUVENNE PREND LA CROIX AVEC LES DAMES DE SA COUR (1147).

Par M. François WINTERHALTER en....

L'enthousiasme répandu par les paroles éloquentes de saint Bernard saisit la reine Eléonore elle-même. Elle prit la croix, à l'exemple de son époux, et fit vœu d'accomplir avec lui le grand passage. Beaucoup des dames de sa cour s'associèrent à sa pieuse résolution.

57. LOUIS VII VA PRENDRE L'ORIFLAMME A SAINTDENIS (1147).

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Partie centrale.
1er étage.
Salle
des Croisades.
No 128.

Par M. MAUZAISSE en 1839. Aile du Nord.
Pavillon du Roi,
R.-de-chaussée,

Les préparatifs de Louis VII étaient terminés, sa route assurée à travers l'Allemagne et les terres de l'empire d'Orient; le moment de partir était arrivé. Avant de se mettre en route Louis VII se rendit en grande pompe dans l'église de Saint-Denis pour y prendre sur l'autel la sainte bannière de l'oriflamme, et, selon la naïve expression de son historien, recevoir le congé du bienheureux patron de la France. Le pape Eugène III était alors à la cour du roi Louis VII. Ce fut lui qui remit au monarque le bourdon et la pannetière, symboles du pèlerinage qu'il allait accomplir; et, au milieu des larmes et des prières de tous les assistants, le Roi s'achemina vers Metz, où tous les croisés français devaient se réunir.

Aile du Nord. Pavillon du Roi. R.-de-chaussée.

Aile du Nord. Pavillon du Roi. R.-de-chaussée.

58. PRISE DE LISBONNE PAR LES CROISÉS (1147).

Par M. DESMOULINS en 1839.

Pendant que Louis VII et Conrad marchaient par terre vers l'Orient, une flotte de deux cents navires montés par les Croisés de Flandre, de Normandie, d'Angleterre et de Frise, partait de Darmouth et faisait voile vers la côte d'Espagne. Aucun chefde renom ne conduisait cette armée, qui allait accomplir le vœu de la guerre sainte contre d'autres Sarrasins que ceux de la Palestine. Au commencement du mois de juin 1147 les Croisés entrèrent dans le Tage, et allèrent se ranger sous les ordres d'Alphonse (1) qui, guère proclamé roi du Portugal, justifiait par des victoires le choix des états de Lamego. Il assiégeait alors Lisbonne, ville puissante et enrichie par un vaste commerce. Les Croisés l'assistèrent comme gens qui avaient au bout de leurs lances des fiefs à conquérir. Cependant les Musulmans résistèrent plus de quatre mois, et ce ne fut que le 25 octobre qu'Alphonse vainqueur entra dans sa nouvelle capitale.

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59. Louis VII FORCE LE PASSAGE DU MÉANDRE (1148).
Par M. Tony JOHANNOт en ....

L'empereur Conrad, vaincu par les Turcs dans les plaines de la Lycaonie, était retourné à Constantinople, laissant à Louis VII tout le fardeau de la guerre sainte. L'armée française, comme elle traversait l'Asie-Mineure pour se diriger sur la Syrie, rencontra les Turcs sur les bords du Méandre. << Leurs tentes, dit l'auteur anonyme des Gestes de Louis VII, « couvroient l'autre rive du fleuve, et lorsque les nôtres vou<< loient mener boire leurs chevaux, les Infidèles les assail«<loient de l'autre côté à coups de flèches. Les François, qui brû<< loient d'aller les joindre sur l'autre bord, après avoir long

temps sondé le fleuve, trouvèrent enfin un gué inconnu aux « indigènes. Ils s'y précipitèrent alors en foule, et gagnèrent « la rive opposée, repoussant de tous côtés les ennemis qui « essayoient à coups de lances et d'épées de les faire reculer. »> Un autre chroniqueur, Odon de Deuil, témoin dece combat, montre dans son récit Louis VII protégeant le passage de son armée, et se lançant à toute bride contre ceux des Turcs qui assaillaient les siens par derrière. Il les poursuivit jus

(1) Fils de Henri de Bourgogne, comte de Portugal.

que dans les montagnes, et selon l'expression du chroniqueur, les deux rives du fleuve furent semées des cadavres en<< nemis. >

60. LOUIS VII SE DÉFEND CONTRE SEPT SARRASINS

(1148).

Par M. Antoine-Félix BOISSELIER en 1839. Aile du Nord.
Pavillon du Roi.

Comme les Français, à qui leur victoire avait ouvert les R.-de-chaussée. portes de Laodicée, poursuivaient leur marche, l'avantgarde s'engagea imprudemment dans un défilé où le reste de l'armée entra après elle. Les Turcs l'y surprirent, et, du haut des montagnes, l'écrasèrent, malgré les prodiges d'une longue et héroïque résistance.

« Dans cette mêlée, le Roi perdit son escorte... Mais <conservant toujours un cœur de roi, agile autant que via goureux, il saisit les branches d'un arbre que Dieu avoit « placé là pour son salut, et s'élança sur le haut d'un ro<< cher; un grand nombre d'ennemis se jetèrent après lui

pour s'emparer de sa personne, tandis que d'autres, plus « éloignés, lui tiroient des flèches. Mais, par la volonté de « Dieu, sa cuirasse le préserva de l'atteinte des flèches, et << avec son glaive tout sanglant, défendant son rocher pour « défendre sa vie, il fit tomber les mains et les têtes de a beaucoup d'ennemis. Enfin ceux-ci, qui ne le connoisa soient pas, voyant qu'il seroit difficile de le saisir, et a craignant qu'il ne survint d'autres combattants, renona cèrent à l'attaquer et s'éloignèrent pour aller, avant la « nuit, enlever les dépouilles du champ de bataille (1). »

61. LOUIS VII, L'EMPEREUR CONRAD ET BAUDOUIN III, ROI DE JÉRUSALEM, DÉLIBÈRENT A PTOLEMAÏS SUR LA CONDUITE DE LA GUERRE SAINTE (1148).

Par M. DEBACQ en 1839. Aile du Nord.
Pavillon du Roi.

Louis VII et Conrad, réunis après leurs diverses fortunes R.-de-chaussée. au pied du saint sépulcre, avaient accompli leur vœu comme pèlerins, mais non pas comme croisés; ils n'avaient rien fait pour arracher aux Infidèles leurs nouvelles conquêtes et raffermir le royaume chancelant de Jérusalem. Il fut décidé qu'une grande assemblée serait convoquée à

(1) Odon de Deuil, liv. VI.

Aile du Nord. Pavillon du Roi, R-de-chaussée.

Ptolémaïs, où l'on aviserait à la conduite future de la guerre sainte. L'Empereur, le roi de France, le jeune roi. de Jérusalem, Baudouin III, s'y rendirent accompagnés de leurs barons et de leurs chevaliers. Les chefs du clergé y siégèrent avec toutes les pompes de l'Église, et la reine Mélisende, avec la marquise d'Autriche, et un grand nombre de dames françaises et allemandes qui avaient suivi la croisade, vinrent assister aux graves délibérations qui allaient s'ouvrir. On y résolut le siége de Damas, siege où les deux monarques avec leurs armées se signalèrent par de glorieux mais inutiles exploits; il fallut, quarante ans après, prêcher une troisième croisade.

62. PRISE D'ASCALON PAR LE ROI BAUDOUIN III (1152). Par M. CORNU en 1841.

Ascalon était le boulevard de l'Egypte, du côté de la Syrie, et les chrétiens, vainqueurs sous ses murs, quelques jours après la prise de Jérusalem, n'avaient pu s'en emparer dans le premier entraînement de leurs conquêtes. Le roi Baudouin III, quoique menacé de toute la puissance du terrible Noureddin, fils de l'atabek Zenghi, osa former le siége de cette ville. Tous les barons du royaume de Jérusalem accoururent sous sa bannière, le patriarche à leur tête, avec la vraie croix de Jésus-Christ. Le siége dura plus de deux mois. Les fortunes en furent diverses. Les machines prodigieuses que les Croisés faisaient jouer contre la ville furent un jour livrées aux flammes par les Musulmans, et le vent du désert poussa l'incendie contre ceux qui l'avaient allumé. On crut alors la ville prise. L'avarice des Templiers, qui, pour se réserver tout le pillage, interdisaient l'approche de la brèche à leurs compagnons d'armes, fit perdre la victoire. Ce fut à grand peine que les chefs ramenèrent à l'assaut les chrétiens découragés. Ils trouvèrent encore une vigoureuse résistance, mais c'était le dernier effort de l'ennemi. A l'instant où Baudouin, rentré dans sa tente, méditait tristement sur l'issue de son entreprise, arrivent des messagers de la ville, qui demandent en suppliant à capituler. La surprise des Croisés fut égale à leur joie, et lorsque, peu d'heures après, on vit l'étendard de la croix flotter sur les tours d'Ascalon, l'armée entière remercia Dieu d'une victoire qu'elle regardait comme un miracle de sa toute-puissance.

63. BATAILLE DE PUTAHA (1159).

Par M. FERON en ....

Aile du Nord. Pavillon du Roi.

La guerre continuait entre Baudouin III et Noureddin, R.-de-chaussée. avec des alternatives de succès et de revers. Vaincu en 1157, près du gué de Jacob, et forcé de se réfugier seul dans la forteresse de Séphet, le roi de Jérusalem vit inopinément arriver de Ptolémaïs toute une armée de Croisés, sous les ordres de Thierry, comte de Flandre. Avec ce renfort, il alla chercher les Musulmans dans le comté de Tripoli et la principauté d'Antioche, leur enleva des villes et des forteresses; et, peu après, le sultan de Damas ayant franchi le Liban pour descendre en Palestine, il le vainquit dans une sanglante bataille à Putaha entre le Jourdain et le lac de Sonnaserh.

...On n'avoit point encore vu, dit Vertot dans son Histoire de l'ordre de Saint-Jean, de combat si furieux et si « sanglant. Les Chrétiens, irrités de trouver une si longue « résistance, firent un nouvel effort; et comme s'il leur fût << venu du secours, ils s'abandonnèrent d'une manière si « déterminée au milieu des bataillons ennemis, que ces « Infidèles, ne pouvant plus soutenir cette dernière charge, « furent contraints de reculer et de céder beaucoup de ter<< rain, quoique toujours en bon ordre et en conservant alears rangs. Mais le roi de Jérusalem et le comte de « Flandre, à la tête d'un gros de cavalerie, étant survenus « pendant ce mouvement forcé que faisoient les ennemis, « les obligèrent de tourner leur retraite dans une fuite déa clarée; tout se débanda; et plus de six mille soldats du « côté des Infidèles demeurèrent sur la place, sans compter « les blessés et les prisonniers. Tout l'honneur de cette « journée fut justement attribué au jeune Roi... »

64. COMBAT PRÈS DE NAZARETH (1er mai 1187).

CINQ CENTS CHEVALIERS DE SAINT-JEAN ET DU TEMPLE
RÉSISTENT À TOUTE UNE ARMÉE DU SULTAN SALADIN.

Aile du Nord. Pavillon du Roi.

Saladin, fils d'Ayoub, ayant recueilli l'héritage des sul- R.-de-chaussée. tans de Damas, agrandi de la souveraineté de l'Egypte, tourna toutes ses forces contre les chrétiens d'Orient, et profita des divisions qui les affaiblissaient, pour faire entrer une armée dans le pays de Galilée. Rien n'était prêt pour lui résister: cinq cents chevaliers de Saint-Jean et du Temple

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