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Charité catholique m'apparaissaient comme les deux instruments destinés à constituer ce domaine, en attendant les réparations de l'avenir. Au mois de décembre 1881, les études relatives à ces deux entreprises étaient achevées, les moyens d'exécution réunis. Si je me tais sur l'organisation préparée, sur les adhésions reçues, en un mot sur tous les éléments de succès qui n'attendaient plus qu'un signal pour se manifester, c'est que je désire ne pas mêler davantage le souvenir de ces grands projets à celui des ruines dont j'ai retracé l'histoire.

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Ce que je n'ai pu faire, d'autres, peut-être, auront la volonté de l'entreprendre. Mais, avant tout, je forme un souhait : Puissent les gouvernements, monarchies ou républiques, comprendre bientôt ce qu'exige d'eux l'intérêt, d'accord avec l'honneur! Toutes les formes politiques, pour être respectées, ont besoin de respecter elles-mêmes la dignité des consciences et la liberté chrétienne.

J'ai dit ce que je voulais dire, et c'est assez. L'Union générale ne pouvait point se prévaloir et ne s'est point prévalu du nom de Banque

catholique. La rage déployée par ses ennemis lui a donné, il est vrai, l'auréole de ce titre ; mais, si sa mort lui a procuré pareil honneur, elle ne l'avait pas encore mérité par ses actes.

Eût-elle vécu qu'elle aurait pu s'en montrer digne. Je soupçonne pourtant qu'elle n'aurait point eu la prétention d'être la Banque catholique; elle se fût tenue sans doute pour satisfaite d'être la Banque des catholiques. C'est là, ce me semble, une expression juste et vraie; elle est la marque d'un grand rôle, et ce rôle reste à remplir.

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CONCLUSION

En mai 1871, un des chefs de la Commune donnait cet ordre : « Flambez finances!... >> En janvier 1882, les rois de l'or ont ordonné : << Flambez l'Union générale! Que tout ce qui a touché à cette œuvre maudite soit détruit! » Et ainsi il a été fait. S'il en est resté quelque chose, ce n'est pas la faute des incendiaires. Ils rendront compte un jour des désastres accumulés.

J'ai accompli ma tâche. Elle était pénible, douloureuse; il est dur pour un homme de fouiller le champ dévasté où furent ensevelis, en quelques heures, les travaux de toute sa vie, de passer en revue les iniquités sans nombre et sans mesure qui ont triomphé de son labeur.

J'ai dit ce qu'avait fait l'Union générale pendant sa courte existence, et comment elle est tombée. J'ai exposé les affaires qu'elle avait préparées et le programme dont l'exécution allait,

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