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POUR SERVIR A LA VIE

DU

GÉNÉRAL LA FAYETTE,

ET A L'HISTOIRE V. 46

DE L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE,

RÉDIGÉS

PAR M. REGNAULT-WARIN.

TOME SECOND.

BOSTO

A PARIS,

CHEZ HESSE ET C, LIBRAIRES,

RUE DE BOURBON F.-S.-G., No 43.

M Y R

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SUR

LE GÉNÉRAL LA FAYETTE,

ET SUR

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE.

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE.

CHAPITRE PREMIER.

UN individu peut-il, en aucun temps, en aucun lieu, par aucun motif, sous aucun prétexte, devenir la propriété d'un autre individu? La religion, la morale, et la loi, qui est la raison publique, ont résolu négativement cette question de la liberté civile question infirmée seulement par l'intérêt privé appuyé sur la force; ce qui ne prouve rien.

Il en est ainsi de la liberté politique, qui renferme souvent la première. La ruse ou la violence, c'està-dire les conquêtes ou les traités, ont pu réduire une famille, une tribu, une nation à l'esclavage, qui est la privation de l'existence morale et politique; mais cet abus ne prescrit pas contre le droit

qu'elles ont de vivre, et nulle puissance n'a celui de le suspendre ou de le supprimer.

Si donc la force ou l'adresse avait fait d'un homme la propriété d'un autre homme, le premier aurait toujours le droit d'échapper au second par l'adresse, ou de briser son joug par la force. Rentrer dans son droit, c'est recouvrer sa raison.

que

J'en dis autant d'un peuple. Si, par un abus le temps perpétua sans le consacrer, ce peuple était devenu la propriété d'une famille ou d'un individu, il aurait le droit, n'importe quand et comment, de s'affranchir, de s'émanciper et de changer son aggrégation, sans lien et sans unité, contre une existence compacte et personnelle. Le moi des nations, comme le moi des individus, est indestructible.

Toute la théorie de nos constitutions se déduit de ces lignes; elles expliquent comment la révolution · était inévitable; car on n'a révolutionné que pour constituer.

Cent causes éloignées avaient préparé cette révolution; quelques causes prochaines l'avaient mûrie: une occasion composée la détermina.

Entre les Francs conquérans et les Gaulois conquis, il y eut toujours inimitié, antipathie, animadversion mutuelle résultant de leur position respective. La nation fortuitement divisée en deux classes, celle des vainqueurs et celle des vaincus, était nécessairement démarquée en deux catégories, celle des oppresseurs et celle des opprimés. Une minorité orgueilleuse, ignorante, féroce, et con

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