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» communiquera pas au verre avec la même facilité que fi le verre eft » bien fec.

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4°. Le mercure du baromètre étant contenu dans un long tube d'un > verre épais, il fe fait une attraction confidérable, qui doit être furmontée par la chaleur avant que la dilatation foit fenfible. Tous les » Météorologiftes favent que fi au lieu de laiffer deux pouces de vuide » au-dessus du mercure dans le baromètre, on n'en laiffe que quelques lignes, le baromètre, attiré par le fommet du tube, fe tient une demiligne plus haut que dans les autres, fans que la pefanteur de l'air en foit la caufe. Le plus ou moins de vuide qu'on laiffe entre le fommet du tube & le mercure n'eft pas une chofe indifférente, bien qu'on n'y »faffe pas d'attention; & je penfe qu'en mefurant les hautes montagnes »fur lefquelles le baromètre defcend de 7 à 8 pouces, il faut faire une » correction à caufe du plus grand éloignement où fe trouve la surface du » mercure du fommet du tube qui le contient.

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5. Dans le thermomètre, le mercure eft dans le vuide; dans le ba-. » romètre, il a une communication avec l'air de l'atmosphère, & est » en équilibre avec lui : nouvelle caufe de différence dans les dilatations

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comme je l'ai éprouvé en comparant la dilatation du baromètre avec

celle du mercure contenu dans un tube d'égal diamètre & de même » hauteur.

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-»Je conclus donc que la méthode dont on fe fert ordinairement pour corriger la dilatation du mercure dans le baromètre eft appuyée fur des » expériences inexactes, & vicieuse en elle-même; tandis que la méthode » que je propofe eft très fimple & très-sûre «,

C'est, Monfieur, avec le baromètre décrit dans ce Mémoire que j'ai fait mes obfervations à Sallon. Il feroit trop long de vous donner ici tous mes réfultats, & de vous dire quelle a été la hauteur moyenne du baromètre à chaque mois de l'année, l'influence fur cette hauteur de chacun des vents qui règnent dans nos contrées, &c., &c. ; je remarquerai feulement que l'état le plus ordinaire du baromètre à Sallon eft de 27 pouces 11 lignes & demie. J'ai trouvé, en comparant mes obfervations avec celles qu'on a faites à Marfeille, que l'état moyen du baromètre, au niveau de la Méditerranée, n'eft pas, comme on le dit, de 28 pouces, mais de 28 pouces 2 lignes. J'entends par état moyen, l'état le plus or dinaire; car l'état moyen, pris entre la plus grande élévation & la plus grande descente du mercure, change fouvent. Une variation extraordinaire & momentanée fuffit pour donner un nouvel état moyen pris de cette manière. Par exemple, en Février 1779, le mercure du baromètre eft monté plus haut qu'on ne l'avoit vu depuis trente ans ; l'état moyen, pris entre les deux extrêmes, aura donc changé. Il me femble qu'on part

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état moyen du baromètre 'd'un point beaucoup plus fixe, en prenant pour l'état où il fe tient le plus fouvent.

II. Obfervations du Thermomètre.

Pour favoir quelle eft la température de l'atmosphère à l'ombre, je plaçai un thermomètre dans une cour expofée au nord. La plus grande dilatation pendant l'année 1779 a été le 13 Juillet, où le thermomètre eft monté à 27 degrés ; le jour le plus froid a été le 9 Janvier, où ce même thermomètre eft defcendu à- 44.

Pour connoître quelle eft la chaleur du foleil relativement à la chaleur de l'ombre, je plaçai un thermomètre dans un lieu où le foleil donnoit depuis fon lever jufqu'à fon coucher; la plus grande dilatation de ce thermomètre a été de 52 degrés le 30 Juin & le 15 Août : la différence la plus grande entre la chaleur du foleil & celle de l'ombre a été de 31 degrés le 12 Juin. J'ai obfervé, chaque jour de l'année 1779, le point de la plus grande dilatation du thermomètre au foleil, & dans le même temps la hauteur du thermomètre à l'ombre. En faifant chaque mois deux fommes de ces dilatations, & en divifant par le nombre de jours du mois la différence de ces deux fommes, j'ai eu pour chaque mois la différence moyenne qu'il y a entre la chaleur du foleil & celle de l'ombre. Voici mes résultats.

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En faisant une fomme de toutes les différences journalières, & en la 'divifant par 365, je trouve 14, 2 degrés pour différence moyenne entre la chaleur du foleil & celle de l'ombre, prife fur toute l'année.

L'état moyen de la plus grande chaleur à l'ombre, pris fur les obfervations de toute l'année, eft de 14, 2 degrés.

Donc, le nombre moyen des degrés de la plus grande dilatation du thermomètre au foleil, eft double du nombre moyen des degrés de la plus grande dilatation du thermomètre à l'ombre.

La différence moyenne entre la chaleur du foleil & celle de l'ombre auroit été plus grande dans certains mois fans la pluie ou le temps coavert. Vous en pouvez juger, Monfieur, par la petite table fuivante, qui

marque le degré de la plus grande élévation du thermomètre au foleil dane chaque mois de l'année, le ciel étant très-serein.

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Il faut obferver que le thermomètre au foleil étoit placé contre un mur: j'aurois eu des résultats bien différens, si j'avois isolé mon thermo

mètre.

Pour déterminer le rapport de la chaleur de l'air avec la chaleur de l'eau dans les différentes faifons de l'année, j'ai tenu un thermomètre dans l'eau, d'où je ne le retirois qu'au moment de l'observation. Je crois, Monfieur, qu'il feroit curieux, & en même temps utile, que les Météorologiftes, qui font à portée des fleuves & des rivières, y tinffent des thermomètres. La comparaifon de la différente chaleur des eaux du Rhône à Genève, Lyon, Vienne, Valence, Montelimart, Orange, Avignon & Arles, offriroit fans doute des réfultats d'un genre nouveau.

Le thermomètre que j'ai obfervé étoit placé dans un grand vase exposé au nord, & habituellement couvert d'une lame d'eau de 4 pouces. L'état moyen, pris fur les obfervations de toute l'année 1779, a été de 11, 7 degrés,

Bien que la glace, qui couvroit quelquefois ce thermomètre, fût de 7 à 8 lignes d'épaiffeur, il n'eft jamais defcendu au-deffous de o.

III. Obfervations fur la direction & la force du Vent.

Pour connoître la force du vent, je voulus d'abord me fervir de l'anémomètre décrit par M. Bouguer dans fon Traité du Navire; mais comme je ne pus venir à bout d'en faire conftruire un dans le Pays, j'en imaginai un, qui confifte dans un carton d'un pied quarré de surface, foutenu par des roulettes, & foulevant un poids proportionné à la force du vent. Je m'en fuis fervi très-avantageufement pendant plus d'une année; cependant comme toutes les fois que j'entendois le vent fouffler avec force pendant la nuit, j'étois obligé de me lever & d'aller en rafe campagne expofer mon anémomètre, je conçus & commençai l'exécution d'un anémomètre qui pût m'indiquer, à chaque inftant & fans que je quit.

taffe mon lit, quelle étoit la direction & la force du vent. J'aurois travaillé à le finir, fi je n'avois été obligé de quitter ma folitude pour venir à Paris. Je vais vous le décrire tel que je l'ai imaginé.

Il faut prendre vingt-un tuyaux, avoir foin de les calibrer exprès & dans de certaines proportions, de façon que le vent entrant dans chaque tuyau, puiffe donner fucceffivement, & en détail, trois octaves. Le premier ut doit répondre à la force du vent, frappant fur un pied quarré de furface, & foulevant un poids de cinq onces. Re doit donner dix onces, mi quinze onces, & ainfi de fuite. Les notes de la feconde & de la troisième octave défigneront un poids qui augmente progreffivement de trois en trois onces. De petites plaques ajustées à des refforts, feront qu'il n'y aura qu'un tuyau qui réfonnera à la fois; & le tuyau qui s'ouvrira, fermera par ce moyen tous ceux qui lui font inférieurs. Il fera facile alors de juger de la force du vent. Si j'entends, par exemple, le fol de la première octave, je fuis averti que la force du vent eft de 25 onces. Le fi de la feconde octave m'apprend que le vent tourne à la tempête, & j'en fuis les progrès en écoutant. Tel fon de cette octave défignera que les mûriers tifquent d'être ébranchés, mais qu'il n'y a rien à craindre encore pour les oliviers. Tel autre fon précédera toujours la chûte des tuiles, &c. Je calculerai d'ailleurs avec la plus grande facilité, par cet anémomètre mufical, l'ordre & la fucceffion des bouffées. Huit autres tuyaux, avec des fons aigres, & dirigés vers huit parties différentes du ciel, indiqueront la direction du vent; de forte que j'entendrai toujours deux fons, dont l'un défignera la direction du vent, & l'autre fon degré de force. Il feroit à defirer que quelque Phyficien tâchât d'exécuter cet anémomètre, fur-tout dans un Port de mer, où il feroit très-utile & très-commode aux Navigateurs.

Le vent le plus fort que j'aie obfervé en 1779, a été celui du 10 Avril'; je trouvai, avec mon anémomètre à roulettes, qu'il foulevoit un poids de 98 onces; c'étoit un vent de nord-oueft. J'entrerai dans de plus grands détails fur les vents qui règnent à Sallon, en donnant l'Hiftoire naturelle du Mistral, vent le plus fort & le plus célèbre de toutes les Gaules, & auquel l'Empereur Augufte fit dreffer un autel.

Si cette Lettre n'étoit déjà trop longue, je vous rendrois compte, Monfieur, de mes obfervations comparées fur l'évaporation de l'eau à l'ombre & au foleil; fur la quantité de pluie qu'il est tombé pendant l'année; fur les nuages dont j'ai obfervé chaque jour la forme, la pofition, la direction & la couleur ; fur les dépôts des eaux courantes, felon leurs différens degrés de chaleur, &c., &c. Au refte, mon travail a été résumé en plufieurs tables, dont j'ai communiqué la plus grande partie à la Société Royale de Médecine.

J'ai l'honneur d'être, &c.

1.

Suite d'Expériences fur l'Air inflammable des Métaux (1).

Par M. DE LA MÉTHERIE.

EN annonçant les expériences que j'avois faites pour retirer, par le feu, l'air inflammable des métaux, j'avois dit avoir toujours remarqué de l'humidité dans le col des matras. Je n'ofai prononcer d'où venoit cette eau ; mais ayant répété ces expériences un grand nombre de fois, je puis affurer qu'elle fe trouve réellement dans le métal: je ne la crois pas néanmoins toute propre au métal. On eft obligé d'employer, dans ces fortes d'expériences, les métaux réduits en limaille. Or, le fer, le cuivre, l'étain & tous les métaux, excepté peut-être l'or, font attaqués plus ou moins facilement par l'humidité de l'air, qui leur ôte leur éclat métallique: c'est cette eau qui monte dans les premiers coups de feu. Voici la manière dont je m'en fuis assuré.

Ayant pris de la limaille de reffort très - pure & toute choisie à l'aimant, néanmoins un peu grisâtre, je la mis dans un matras de ce verre qu'on appelle cryftal. J'eus beaucoup d'eau dès le commencement : les vaiffeaux refroidis, je trouvai que le matras avoit coulé & enveloppé la limaille, de manière qu'il ne demeuroit qu'une ouverture capillaire. La limaille avoit repris tout fon éclat métallique, & il n'y avoit de noircie que la petite portion qui étoit à l'ouverture. Un petit lingot d'étain, qui venoit d'être fondu, mis dans le matras, n'a pas donné d'humidité fenfible: les limailles qui font faites depuis peu de temps, en donnent aufli très-peu.

Cependant je croirois volontiers que les métaux contiennent un principe aqueux, qui n'eft peut-être pas de l'eau pure (2). J'ai reçu dans une veffie par le moyen d'un fiphon, l'air inflammable de limaille d'acier. Tous les vaiffeaux avoient été bien féchés, ainfi que la limaille. J'ai fait brûler cet air contre une glace, & j'ai eu des gouttes d'eau. M, Macquer avoit eu les mêmes résultats; mais il ne dit pas s'il avoit fait paffer fon air inflammable par l'eau, au lieu que dans mon procédé, il n'a eu aucun contact avec elle.

(1) Voyez la Lettre du même Auteur, fur un procédé nouveau pour retirer l'air inflammable des métaux. Journal de Phyfique, 1781, Tom. XVIII, pag. 156; & fon Mémoire fur les élémens, ibid. p. 224 & 310.

(2) L'eau qu'on trouve dans le col du matras, lorfqu'il contient de la limaille d'acier, a un goût tout-à-fait approchant de celui du fel marin. Quand on emploie le cuivre, la faveur eft plus âcre; cependant, elles n'agiffent ni fur le fuc de tournefol, ni fur l'eau de chaux,

Ayant

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