Les voix intérieures: Les rayons et les ombres

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Charpentier, 1844 - French poetry - 294 pages
 

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Page 143 - Dieu le veut, dans les temps contraires, ( Chacun travaille et chacun sert. Malheur à qui dit à ses frères : Je retourne dans le désert ! Malheur à qui prend ses sandales Quand les haines et les scandales Tourmentent le peuple agité ! Honte au penseur qui se mutile Et s'en va, chanteur inutile, Par la porte de la cité ! Le poète en des jours impies Vient préparer des jours meilleurs.
Page 144 - C'est lui qui sur toutes les têtes, En tout temps, pareil aux prophètes, Dans sa main où tout peut tenir, Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue, Comme une torche qu'il secoue, Faire flamboyer l'avenir ! Il vit quand les peuples végètent.
Page 245 - Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes. Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornes Sur la terre étendu, L'air était plein d'encens et les prés de verdures Quand il revit ces lieux où par tant de blessures Son cœur s'est répandu! L'automne souriait; les coteaux vers la plaine Penchaient leurs bois charmants qui jaunissaient à peine; Le ciel était doré...
Page 246 - Il chercha le jardin, la maison isolée, La grille d'où l'œil plonge en une oblique allée, Les vergers en talus. Pâle, il marchait. — Au bruit de son pas grave et sombre Il voyait à chaque arbre, hélas ! se dresser l'ombre Des jours qui ne sont plus.
Page 249 - Dieu nous prête un moment les prés et les fontaines, Les grands bois frissonnants , les rocs profonds et sourds , Et les cieux azurés et les lacs et les plaines, Pour y mettre nos cœurs , nos rêves , nos amours ! » Puis il nous les retire. Il souffle notre flamme.
Page 248 - Tous nos échos s'ouvraient si bien à votre voix ! Et nous prêtions si bien, sans troubler vos mystères, L'oreille aux mots profonds que vous dites parfois ! « Répondez, vallon pur, répondez, solitude, 0 nature abritée en ce désert si beau, Lorsque nous dormirons tous deux dans l'attitude Que donne aux morts pensifs la forme du tombeau...
Page 97 - Parfois on s'y trompe. — Le vent de la mer Souffle dans sa trompe. Oh ! marins perdus ! Au loin, dans cette ombre, Sur la nef qui sombre, Que de bras tendus Vers la terre sombre ! Pas d'ancre de fer Que le flot ne rompe. — Le vent de la mer Souffle dans sa trompe. Nochers imprudents ! Le vent dans la voile Déchire la toile Comme avec les dents ! Là-haut pas d'étoile ! L'un lutte avec l'air, L'autre est à la pompe.
Page 29 - II ne restera plus , dans l'immense campagne , Pour toute pyramide et pour tout panthéon, Que deux tours de granit faites par Charlemagne, Et qu'un pilier d'airain fait par Napoléon ; Toi, tu compléteras le triangle sublime...
Page 246 - S'efforçant sous ses pas de s'élever de terre, Couraient dans le jardin ; Ainsi, parfois, quand l'âme est triste, nos pensées S'envolent un moment sur leurs ailes blessées, Puis retombent soudain.
Page 27 - Que le lierre vivant grimpe aux acanthes mortes, Que l'eau dorme aux fossés, Que la cariatide, en sa lente révolte, Se .refuse, enfin lasse, à porter l'archivolte, Et dise : C'est assez! Ce n'est pas, ce n'est pas entre des pierres neuves Que la bise et la nuit pleurent comme des veuves. Hélas! d'un beau palais le débris est plus beau. Pour que la lune émousse à travers la nuit sombre L'ombre par le rayon et le rayon par l'ombre, II lui faut la ruine à défaut du tombeau!

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