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sombreuse affiftance, le Te Deum a été chanté avec la plus grande folemnité au fon des orgues, des cloches & des faux-bourdons, il a duré près d'une heure; ensuite on a chanté le Domine falvum, & la bénédiction du S. Sa grement a terminé cette folemnité nationale,

Cette folemnité a été d'autant plus intéreffante, que dans ¡6 à 7000 habitans dont eft compofé Argenteuil, il n'y a pas de quoi faire la moitié d'un aristocrate; tous font citoyens; la municipalité eft la mieux composée ; le clergé le mieux choifi, & la garde nationale la mieux or ganifée; elle a plufieurs compagnies, elle a des grenadiers, chaffeurs, tous en uniforme, qui eft celui de Paris, au bouton près; elle a un drapeau, un aumônier, deux chirurgiens majors, un tambour major. Cette garde citoyenne a montré un patriotifme bien ardent depuis fon établif fement, dans la conduite d'une foule de bateaux du subfiftances pour la provifion de Paris; elle a arrêté quantité de voleurs ; enfin elle a fait jouir ce gros bourg d'une tranquillité & d'une concorde fans exemple ; & cela eft au point que le miniftre de la guerre, convaincu de fon zèle, n'a pu fe refufer à accorder 100 fufils à cette garde nationale.

Voilà, Monfieur, la vérité des faits relatifs à cette folemnité, je vous prie de rectifier cette erreur & de vouloir bien donner la publicité aux faits dont je vous donne le détail. Vous m'obligerez infiniment.

J'ai, &c. Signé, Chevalier, membre de l'Affemblée nationale.

Au quatorze juillet, grand'fête à célébrer

Mais, ce beau jour paffé, le lendemain, que faire?

Que faire ! Nous irons, fans deuil, fans frais, lever
De l'aristocratie une extrait mortuaire.

6000

DATES
des jours
d'intérêt.

Jeudi 1.

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Affreux débordemens dans le Béarn. Difcuffion fur la Jup preffion des bénéfices à patronage laïc. Décret fur la colonie de Tabago.

UNE ftérilité fans exemple, une monotomie désagréa2

ble, des difcuffions froides & pénibles ont fignalé cette. féance, M. Vernier l'a ouverte par faire le rapport d'une opposition formée par 150 citoyens de Montbrison, à un décret du 30 mai dernier qui autorife les officiers municipaux de cette ville à emprunter 8000 livres. Le décret qu'il propofoir, & qui a été adopté, fauf rédaction,' "C1 déclare que; fans avoir égard à cette oppofition, le » décret du 30 mai fera exécuté fuivant la forme & » teneur, & invite les officiers municipaux à continuer » leurs fonctions avec le même zèle qu'ils ont manifesté » jufqu'ici ». Une lettre de M. Clermont-Tonnerre, lue à la fuire de ce décret, nous a appris que ce membre de l'Affemblée nationale ayant été, la veille de la SaintPierre, à la maison de campagne, dans l'intention de re: venir le lendemain à Paris, fût invité par le fieur Raby, maire provifoire de Ris, à fe rendre à Corbeil, pour y préfider à l'aggrégation de la milice nationale de Ris a celle de Corbeil; que les membres de cette derniere ville, ayant écrit à M. de Clermont-Tonnerre, commandant de leur garde nationale, pour lui témoignet leur surprise des démarches que faifoit à ce fujet le fieur Raby, celui-ci a été infulté sur la route par quelques citoyens de Ris

tandis qu'il revenoit de porter la réponse de M. de Cler mont aux membres du district, que plufieurs particuliers de Ris s'étant rendus à Corbeil; dans l'intention d'y faire un mauvais parri au freur Raby, M. de Clermont a cu la confolation d'appaifer les efprits, & de reconcilier les deux partis; que cette pacification n'a pas empêché les citoyens de Ris de renouveler leur ancienne querelle; que, dans le tumulte furvenu dans ce village, un vieillard de 74 ans a été tué par les partifans du fieur Raby, & quatre autres citoyens bleffés... Cette malheureufe affaire n'a pas été plus longuement difcutée, & on l'a renvoyée au comité des rapports.

M. Roberftpierre, secrétaire, a lu ici le procès-verbal d'hier; mais l'honorable membre, qui ne fe flatte pas d'être un excellent écrivain, l'avoit fi pitoyablement rédigé, que l'Affemblée a cru devoir le prier de le re ondre, & de le rapporter demain matin. Puis, M. l'évêque d'Oleron eft monté dans la tribune, & a obfervé qu'il devoit être permis à un pafteur, à un évêque, à un déparé de parler de fes ouailles ; & il a ajouré que le débordement des eaux, qui vient d'affliger le Béarn & le pays de Soule, a emporté les moulins, les maifons, les arbres, des familles entieres, pour plus de 200 mille livres de bienfonds; que les malheureux habitans de ces provinces font aujourd'hui dans l'impoffibilité, non feulement de fatisfaire à la contribution patriotique, ou de payer les impôrs, mais de pourvoir à leur fubfiftance; que ces événemens font d'autant plus déplorables, que le patriotifme ne s'eft montré nulle part avec autant

activité que dans ces provinces, puifque la ville d'Oleron feule a déja porté la contribution à 100 mille liv. & que les régions voifines ont imité fon exemple. Co prélat refpectable propofoit qu'après avoir entendu le directoire du district, sur l'authenticité des faits, ont dif pensât ces malheureux citoyens, pour cette année feulement, de payer les impôts & la contribution patrio que; que, pour que les curés puffent les foulager effi cacement, on fît toucher à ces pasteurs leur traitement entier de 1200 liv.

Cette réclamation, qui n'étoit pas de nature à être jus gée fur le champ, a été renvoyée au comité des finances: Buis, après avoir accordé un congé à M. l'archevêque d'Aix, l'Affemblée a fixé fes regards fur l'ordre du jour.

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M. Durand de Maillane a lu d'abord fix articles, dont
l'objet étoit la fuppreffion de tous les bénéfices à patro-
nage laïc
même ceux à pleine collation laïcale.M.
Treilhard, pour appuyer ce fage projet du comité, a
fait un excellent difcours, dans lequel il a difcuté de
nouveau les grands motifs qui ont déterminé la nation à
faire dans le clergé les changemens qu'il vient d'éprouver;
l'inégalité dans la répartition de fes biens, le fcandale
dans la jouiffance, l'inutilité démontrée de la plupart des
établiffemens eccléfiattiques, & la nécessité de venir au
fecours de l'Etat;& il a ajouté qu'en propofant de fuppri-
mer tous les bénéfices, c'est entrer dans les vues des fon-
dateurs; que c'eft faire ce qu'eux mêmes ne négligeroient
pas, s'ils vivoient; & qu'en opérant cette fuppreffion,
'Affemblée nationale fait plus de bien en un jour, que
tous les fondateurs ensemble n'en ont fait en plufieurs
fiécles.

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M. de Landine a trop d'efprit pour s'être oppofé aux vues bienfaisantes du comité ; il s'est borné à demander ·grace pour ces prébendes familiaires, fi connues dans le Forez, & dont le fondateur a rélervé la plus grandepartie du produit à l'éducation de fes defcendans; & il propofoit que ces biens, qui n'ont jamais appartenu à la nation, fuffent rendus à leurs propriétaires, à la charge par eux de tenir compte aux corps adminiftrarifs du prix des meffes dont ces fortes de prébendes laïcales & domeftiques font grévées. M. Barere de Vieuzac votoit pour qu'on exceptât de la fuppreffion les bénéfices à pleine collation laïcale;& à l'égard de ceux qui font à fimple patronage laïc, il invoquoit, en faveur des patrons pauvres, la difpofition d'un canon qui attribue le tiers du revenu du bén fice au patron indigent. M. Camus follicitoit auffi l'indulgence de l'Affemblée en faveur des col. Jations laïcales,& des chapelles clauftrales;mais M. l'abbé Chartier de la Roche vouloit que l'on confervât tour ce qui eft à patronage laïc. Cette affaire. fi fimple fans doute, s'eft enfin embrouillée au point qu'on ne s'entendoit plus. MM. Camus & Martineau font alors fortis de la falle 2 pour aller rédiger de nouveaux articles; mais telle étoit leur difpofition, qu'ils confervoient la plupart des béné fices à patronage laïc, & s'oppofoient par-là à la vente des biens du clergé. Plufieurs membres fe font heures

fement apperçus de la méprife, & on s'eft déterminé à renvoyer le tout à demain.

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Pendant cette difcuffion, on a reçu une lettre de M. Lapierre, chevalier de S. Louis, qui, après avoir rempli les fonctions de préfident au tripôt de Nîmes, rétractoit fa fignature mife au bas de fcandaleufe déclaration des prétendus catholiques de Nîmes; une autre des officiers municipaux d'Ulez, qui prient la diéte augufte de les difpenfer de faire la route de Paris, à cause des frais que la ville ne paroît pas difpotée à fupporter; une troifiéme, du maire & des membres du commerce de Marfeille, qui envoient 10500 livres, fruit de la contribution patriotique des Français etablis à Alep; une quatriéme de M. de Lambert fur la question de favoir fi le droit des vendeurs de poiffon fait partie des droits féodaux fupprimés ; & une cinquiéme de M. dè la Luzerne dans laquelle ce miniftre re it compte des événemens défaftreux arrivés à Tabago. M. Dillon a alors propofé fon projet de décret fur cette ile, dans les termes déja exprimés dans fon projet d'hier. Plufieurs membres, & particuliérement M. Barnave, ont foutenu qu'il n'étoit pas rendu d'une maniére conftitutionnelle; & qu'il paroiffoit confondre les deux pouvoirs, en faifant déterminer par le corps législatif la maffe de force, & l'état des secours à envoyer à cette colonie, foin qui ap. partient au pouvoir exécutif. En conféquence, fur la rédaction de M. Barnave, le décret a été réduit à ces fimples termes :

..

« L'Affemblée nationale, après avoir entendu fon comité des rapports, décréte que fon président se retira ,, auprès du Roi, pour le prier de faire parvenir inceffamment à Tabago les moyens de fubsistance & de dé défense portés dans la pétition que les citoyens de cette colonie lui ont adreffée.

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NOUVELLES DES PROVINCES.

St-Cyr, au Mont-d'Or, 21 Juin. Notre montagne reçue hier une vifite bien intéreffante, celle de MM. les dépu tés corfes à notre fédération, accompagnés de l'étatmajo la garde nationale de Lyon, des officiers de Sonnemberg, de beaucoup de fufitiers, des tambours & de la mufique du régiment. Parvenue au fommer dis

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