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de cinquante-sept ans, Éléonor de Vermandois, remariée pour la cinquième fois, aurait commencé à donner le jour à une lignée fort nombreuse, était parfaitement absurde la femme d'Étienne de Sancerre procréa au moins huit enfants, ce qui, en l'identifiant avec la comtesse de Valois, l'eût fait supposer presque septuagénaire à la naissance du dernier.

Le second mariage de Mathieu III s'explique fort bien d'ailleurs. Des relations affectueuses existaient entre sa famille et la maison de Soissons-Nesle. Une fille aînée de Raoul de Soissons, Gertrude, avait épousé vers 1190 Jean, frère cadet de Mathieu III. Leur mariage fut rompu pour cause de parenté, et Gertrude épousa Mathieu II de Montmorency. (1)

Gertrude, petite fille par sa mère du comte Robert de Dreux, avait été surnommée Comtesse; le colonel de Serres a hésité devant cette identité il se trouvait là en présence d'une difficulté qui a arrêté bien des auteurs et qui n'a jamais été très nettement expliquée.

On voit une même personne munie de deux noms qui semblent parfois deux prénoms baptismaux, et on se persuade qu'en changeant de famille, lors de son mariage, une jeune fille changeait aussi de prénom. Mais presque toujours l'une de ces appellations est un qualificatif ou un titre; d'autres fois c'est un sobriquet ou un diminutif familier, un nom d'amitié donné d'abord à l'enfant : il est assez naturel de le voir abandonner lorsque la fillette devient une grande dame.

Ces surnoms enfantins avaient une raison que le colonel de Serres nous saura gré de lui signaler, car elle est assez peu connue. Les considérations de parrainage et les prévisions d'avenir jouaient un grand rôle dans l'état civil des enfants de noble race: on différait le baptême assez tard, presque jusqu'à l'adolescence, pour obéir à certains calculs. Le peuple qui n'appréciait pas ces combinaisons et n'en constatait que les effets, qualifiait de païens les enfants non encore devenus chrétiens par la réception du premier des sacrements (2). Parfois, à ce terme injurieux, mais devenu classique au point de figurer dans les actes, on en substituait d'autres non moins désobligeants tel celui de Peronella (petite chienne), en Guyenne et en Espagne. Parfois on rappelait le titre d'une aïeule comme Marquise, Comtesse, ou une origine royale: Reine, Fleurdelys ; d'autres fois le jour de la naissance: Thiphaine (Theophania, Epiphanie), ou encore le lieu natal Carcassonne, Flandrine.

(1) L'annulation du mariage de Gertrude pour cause de parenté n'était point un obstacle à l'union de sa sœur avec un frère de son mari. Mathieu III et Jean, en effet, étaient issus d'un lit différent ; l'empêchement de parenté pouvait provenir du chef de la mère de Jean et ne pas s'appliquer à son frère.

(2) Cf. Mémoires de la Société Hist. du Vexin, t. XIX, p. 102.

Le plus souvent, c'était une allusion au teint: Blanche, Rose, ou aux belles qualités de l'enfant : Idoine (capable), Marguerite (perle), etc.

Tous ces procédés, et bien d'autres encore, permettaient d'instituer un état civil provisoire à la fillette qui, ne faisant pas encore partie de l'Église, n'avait pas le droit de porter un véritable nom baptismal.

En ce qui concerne le surnom de Comtesse, on le retrouve au XIe siècle dans une série de familles n'ayant rien de commun avec le haut rang qu'il rappelle, et même dans le commerce et la petite bourgeoisie. Mais son adoption était une sorte de revendication d'origine qui marquait un lien, par les femmes, avec d'illustres ancêtres, tout en constatant trop souvent, à un autre point de vue, la déchéance de leur postérité.

J. DEPOIN.

Fead.MAYBUR

LE VEXIN AU SALON

DE 1900

Exposition de la Société des Artistes français (1)

Les Hogues (Eure). Le colombier de Sainte-Honorine. Lithographie par E.-Th. Vardon (no 2710).

Colombier octogone en briques et pierres de l'ancien manoir de Beaunay. La porte d'entrée du manoir, construite de la même façon, est datée de 1749; l'un des bâtiments, fait de briques rouges, porte la date de 1751. Il semble donc que le colombier doive être de la même époque, bien qu'au premier abord on soit tenté de l'attribuer à la fin du xvie siècle.

Méry-sur-Oise, eau-forte par Léon Bastard (no 2365). [Vue de l'extrémité occidentale de l'église, prise du côté sud.]

Triel. « Quiétude, » peinture par Daniel Ridgway Knight (no 722). [Jeune paysanne assise et cousant. Le fond du tableau représente Triel et le panorama de la Seine, pris de la colline située au nord de l'église.]

(1) La Société nationale des Beaux-Arts n'a pas organisé d'exposition cette année.

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Vallangoujard. Ferme à Vallangoujard. Peinture par Lucien Marchais (no 884). [Vue prise dans la cour de la ferme située au sud de l'église. On n'aperçoit de celle-ci que la toiture de la nef, cachant des oculi du xe siècle, et la souche de l'ancienne tour centrale, supprimée nous ne savons à quelle époque.]

Vernon.

Porte de l'Eau. Eau-forte par Mlle L.-M. Guichard (no 2512). [La Porte de l'Eau, qui faisait partie de l'ancienne enceinte fortifiée de la ville, a été détruite pendant la guerre de 1870-1871.]

Vétheuil. Vue de Vétheuil. Peinture par Georges Dallier (no 356). [Vue du village, prise de la colline, au N.-O. de l'église, qui occupe l'un des premiers plans.] - Vétheuil. Peinture par Léon Joubert (no 711). [Vue prise de la rive gauche de la Seine.]

L. R.

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