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sence.

.

Sentence des

Classe des

1657 parentés et intérêts particuliers qu'ils prenaient aux causes, étaient

obligés de se retirer. Depart du Le prince ayant séjourné environ cinq semaines dans le pays, prince.

partit de Neuchâtel le lundi 5 août. On tira encore à son départ

quelques volées de canon, mais qui ne faisaient pas tant d'éclat qu'à Tristesse que son arrivée; le gouverneur de Mollondin lui dit que ces canons técause son ab

moignaient aussi leur tristesse tout de même que ses sujets du départ de S. A.

Le prince passa par Colombier, où il fut jusqu'au samedi 10 août,

qu'il partit pour la France, étant rappelé par le roi. Le gouverneur Il est accom: de Mollondin et plusieurs officiers du pays l'accompagnèrent jusqu'au pagné jusqu'au Château de Château de Joux. M. Jean-Jacques Sandoz, commissaire-général,

, Joux par plus sieurs fonction- étant allé plus loin avec le prince, il obtint de lui une lettre de

J. J. Sandoz noblesse, datée du 7 août 1657. Le prince en envoya aussi une anobli ainsi que Jonas de Mont- bientôt après à Jonas de Montmollin, qui était pour lors receveur

de Valangin (V. l'an 1503).

Les Trois-Etats étant assemblés le .... 1657 rendirent, à l'insEtats qui or

tance du chancelier Henri Hory, une sentence par laquelle il fut donne que la

arrêté que la Compagnie des pasteurs, qui n'avaient été ni cités ni pasteurs présenterait pour entendus, devait toujours nommer deux élus pour chaque église lorschaque vacance qu'il s'agirait de la pourvoir d'un ministre, afin qu'étant présentés deux sujets afin que le gouver- au gouverneur, il pût avoir le choix et nommer celui des deux neur alt le choix qu'il lui plairait. C'est à quoi la Classe fut obligée de se soumettre d'un d'entr'eux.

pendant quelques années (V. l'an 1665). Les habitants Les habitants de la Côte-aux-fées se trouvant fort incommodés d'alde la Côte-aux- ler faire leur dévotion aux Verrières, demandèrent un ministre à la fées obtiennent un pasteur. Compagnie des pasteurs; ce qui leur fut accordé moyennant le con

sentement du souverain. Le prince non seulement donna son consenLe prince con- tement, mais il eụt la bonté de contribuer au gage du pasteur par un

former la pension de muid de froment et un muid d'avoine à retirer sur la dîme de Buttes.

ce pasteur. Eglise et mai- Ceux de la Côte-aux-fées bâtirent ensuite une église et une maison de

cure. L'acte de l'érection est dalé du 10 novembre 1637 et signé

Henri. M. Etienne Bosle fut le premier pasteur. Traité Le duc de Longueville étant de retour à Paris, fit, en qualité de d'alliance entre Louis XIV et le prince souverain de Neuchâtel, une alliance avec le roi Louis XIV. duc de Longue - L'acte qui en fut dressé est de la teneur qui suit :

ville comme prince souve- Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui rain de Neu

ces présentes lettres verront salut : Ayant vu et examiné en notre Conseil le châtel et Va

Traité d'alliance fait et passé en notre nom à Paris le 12 décembre 1657, par langin.

notre aimé et féal conseiller ordinaire en tous nos conseils, commandeur de nos ordres, premier secrétaire d'Etat et de nos commandements, le sieur comte de Brionne, en vertu du plein pouvoir que nous lui en avions donné, daté de La Fère du 20 juin 1657, avec notre très cher et bien aimé cousin le duc de Longueville, prince souverain de Neufchâtel et Vallengin en Suisse, duquel traité

teneur suit :

son de cure

bâties.

:

„Sur ce qui a été représenté au roi que dans les levées qui se sont faites 1657 ci-devant en Suisse, tant pour le service des rois ses prédécesseurs que depuis son avénement à la couronne, il y a toujours eu un grand nombre de soldats et plusieurs capitaines, même des colonels et régiments entiers tirés du Comté de Neufchâtel et Vallengin, et qu'il était bien raisonnable que les habitants des dits Comtés qui donnent les mêmes secours et assistance à la France que ceux des autres pays de la Suisse, en reçussent les mêmes grâces et le même traitement, Sa Majesté se promettant que ceux des dits Comtés lui seront d'autant plus fidèles et affectionnés qu'ils sont sujets d'un prince qui est né Français et a l'honneur de lui toucher de sang et de parenté, et voulant d'ailleurs témoigner à M. le duc de Longueville, prince souverain des dits Comtés de Neufchâtel et Vallengin, toute la bonne volonté, saveur et grâce que méritent les grands et importants services par lui rendus au feu roi de glorieuse mémoire et qu'il continue de rendre tous les jours à l'Etat et au public, S. M. est convenue et est demeurée d'accord avec le dit seigneur prince des articles suivants :

„Il y aura alliance, confédération et amitié entre le roi et ses successeurs, royaume et couronne de France, et le dit seigneur duc de Longueville, prince souverain de Neufchâtel et Vallengin en Suisse, ses enfants, successeurs, et les villes, communautés, sujets et habitants des dits Comtés à perpétuité. Toutesfois et quantes que le roi voudra faire des levées, il sera permis aux soldats et aux gens des dits Comtés de s'enrôler au service de S. M., après que le dit seigneur prince en aura été requis, et pourront les dits soldats venir au service du roi, en tel nombre qu'ils voudront s'enrôler et prendre parti, sans qu'ils en puissent être empêchés ni rappelés directement ni indirectement, ni se retirer sans congé et exprès consentement des généraux ou colonels; lequel congé leur sera accordé en tant que les dits Comtés fussent attaqués ou molestés de guerre. Le payement des dits soldats, de leurs capitaines et officiers sera fait ainsi et à la même raison et manière que se fait celui des autres Suisses, sujets de Mess. les Cantons et de leurs autres alliés, et ce tant pour la levée que pour la solde, sans qu'il soit besoin de l'exprimer plus particulièrement.

„Le dit seigneur prince de Neufchâtel donnera libre passage dans les dits Comtés aux troupes que S. M. fera venir à son service, soit du pays que de ceux de Mess. les Cantons et Ligues dont S. M. voudra se servir en payant pour les dits soldats leur dépense, et à condition de ne passer que quatre cents hommes ensemblement et pour une fois et tout au plus, en donnant préalablement avis de leur passage au gouverneur des dits Comtés, à ce qu'il puisse pourvoir aux choses nécessaires au dit passage. Les soldats et gens des dits pays ou Comtés ne pourront s'enrôler et venir en guerre contre le service du Roi, royaume et couronne de France, sous quel prétexte ou occasion que ce soit, et ne sera donné aucun passage dans le dit pays aux ennemis du Roi, et s'ils y voulaient prendre passage, les gens du pays s'y opposeront de toute leur force et puissance.

„Les habitants des dits Comtés de Neufchâtel et Vallengin jouiront des mè- Avantage que mes droits, exemptions, franchises et privilèges par tout le royaume de France les sujets de

Neuchâtel et et terres de l'obéissance de S. M. dont jouissent les sujets de Messieurs les

Valangin tirent Cantons suisses et leurs alliés, tant pour le trafic et commerce que pour la demeure dans le dit royaume, et si dans l'alliance générale des dits sieurs Can- alliance. tons, il leur est accordé quelque privilège nouveau et grâce par S. M., elle s'étendra aussi aux habitants des dits Comtés que Sa dite Majesté entend de gratifier en tout et par tout également avec le reste de la nation suisse. „Voulant de plus S. M. que les pensions ci-devant payées aux villes de Neuf- Les pensions de

Fiance doivent châtel et du Landeron, leur soient continuées, ainsi qu'elles sont portées sur être continuées l'état des pensions que S. M. fait distribuer à Messieurs des Ligues.

aux villes de

de cette

n

Landeron.

cantons.

1657 „Si le dit seigneur et prince de Neufchâtel était attaqué dans ses Etats ou Neuchâtel et du molesté et troublé dans la jouissance de ses droits et autorités souveraines,

S. M. lui donnera aide, secours et défense envers et contre tous, promettant S. M. et s'obligeant, pour elle et ses successeurs, aussitôt qu'elle en sera requise par le dit seigneur prince et ses successeurs, d'envoyer à son secours deux mille hommes de pied et deux cents chevaux à ses frais et dépends. Et la France voulant témoigner la part que S. M. prend aux habitants du dit pays, elle aura bien agréable qu'il y ait dans son régiment des gardes-suisses une compagnie remplie des soldats du dit Comité, et qui seront commandés par des capitaines et officiers des dits Comtés et non autres, ainsi que toutes les levées qui se pourront faire par S. M. aux dits Comtés.

„Promet S. M. qu'en faisant son alliance générale avec Messieurs des Cantons, il y comprendra le dit seigneur prince, comme son allié et confédéré, de même qu'elle fera dans les autres traités qui seront conclus et arrêtés à l'avenir avec touts autres, soit princes ou républiques, si le dit seigneur prince le

demande et requiert d'y être compris. Cette alliance „S. M. déclare qu'elle n'entend pas que le présent Traité d'alliance et conne déroge point fédération puisse en aucune façon porter préjudice aux alliances et combourà celles avec les

geoisies que le dit seigneur prince a et peut avoir avec les cantons de Suisse en général et aucun d'eux en particulier.

„Lesquels points et articles ci-dessus ont été traités, accordés, conclus et arSolennité avec rêtés entre Messire Henri Auguste de Lomenie, comte de Brienne, commandeur

laquelle des ordres du roi, conseiller en tous ses conseils, et en sa Cour de parlement l'alliance a été de Paris, premier secrétaire d'Etat et de ses commandements à ce commis et passée.

député par lettres patentes de S. M. données à la Fère le 20 juin dernier et signées Louis et sur le replis par Le Tellier et scellées du grand sceau en cire jaune; et entre très haut et puissant prince Henri d'Orléans, duc de Longueville et d'Estouteville, prince souverain de Neufchâtel et Vallengin en Suisse, à ce présent et acceptant; et ont les dites parties signé au bas du présent traité,

qui a été fait à double à Paris le 12 décembre 1657.“ Ratification du Le roi Louis XIV, par l'avis de la reine mère, du duc d'Anjou, traité.

son frère, et de plusieurs princes, ducs et pairs et officiers de la couronne, et autres grands et notables personnages de son conseil, ratifia le susdit traité le 2 janvier 1658, promettant de l'observer inviolablement en tout son contenu, signé LOUIS, scellé de son

sceau et signé plus bas Par le roi, LE TELLIER. Aides fournies Le prince Henri II ayant marié sa fille, Marie d'Orléans, avec

Henri de Savoie, duc de Nemours, demanda aux habitants des comriage de la princesse Ma- tés de Neuchâtel et Valangin l'aide qui lui était due dans cette rie, fille du

occasion. Chaque ville et bourgeoisie (auxquelles ces aides avaient prince Henri.

été appréciées) donna son contingent; mais les communautés qui

devaient ces aides à la volonté du prince, payèrent une somme plus Ce que donna considérable. Ainsi la communauté du Locle paya pour sa part 6600 la communauté livres faibles; mais il est dit que c'est pour tous les communiers du

Locle, dans quel endroit du pays qu'ils habitent. Cela paraît par une quittance signée Samuel Gaudot, el datée du 12 novembre 1657, portant la somme de 6000 livres, et par une autre datée du 19 novembre contenant 600 livres, signée par le même.

Vin vert.

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est conditionnel,

entre les Ver

L'année 1657 fut fort humide, on eut de la peine à moissonner, 1652

Année humide. et le vin fut extrêmement vert. La vente se fit 50 livres le muid et l'abri fut fait à 64/2 batz le froment, l'orge 3 batz 2 crutz et Vente et abri. l'avoine à 7 gros.

1658 Le duc de Longueville, qui l'année précédente avait promis à ceux Acte en faveur qui composeraient le grand conseil de la ville de Neuchâtel de pou-seil de Neucha

du voir juger en renfort de la justice ordinaire des Vingt-Quatre en tel pour juger justice et aux Etats, en envoya un acte authentique; mais il y est en renfort aux dit que le seigneur gouverneur ou le maire de la ville choisirait ces juges, se réservant au surplus de pouvoir révoquer celle concession, lorsque bon lui semblerait. L'acte est daté de Rouen du 28 février 1658, signé Henri et plus bas Boulenger.

Le temple de Le temple de Couvet fut bâti cette année 1658.

Couvet bâti. Par un arrêt du conseil d'Etat du 23 mars 1658, plusieurs diffi- Difficultés cultés qui étaient sur le tapis entre les gens des Verrières et ceux

rières et la Côtede la Côte-aux-fées furent réglées. Il est dit, entre autres, que les aux-fées termi

nées par un giettes se feront sur les biens communs, autant que faire se pourra, arrêt du conseil pour le soulagement des pauvres, des veuves et des orphelins; que d'état. chacun entretiendra son régent d'école; que ceux des Verrières ne pourront faire des giettes sur ceux de la Côte-aux-fées que pour le maintien des chemins publics et royaux, des corvées dues à la cure, des réparations de la maison de cure et du temple lorsqu'il sera nécessaire, aussi bien que pour le service du souverain que pour fait de guerre ou sûreté du pays; que ceux de la Côte-auxfées auront toujours le droit de paroissiens dans l'église des Verrières comme auparavant lorsqu'ils y viendront habiter , et qu'ils y jouiront des mêmes bénéfices que les autres communiers, en satisfaisant aux charges et astrictions auxquelles les autres sont assujeltis, etc. Signé Henri Hory, chancelier.

Noble David de Buren, banneret de Berne, épousa cette année David de Buren Marguerite, fille aînée de Charles de Bonstetten, seigneur de Vau-épouse Marguemarcus, et c'est par ce mariage que la baronnie de Vaumarcus est ten, et par ce parvenue à la maison de Buren. Ce David de Buren eut un fils,

mariage la nommé Jean-Charles de Buren, qui fut élu banneret de Berne en de Vaumarcus 1682. C'est ce dernier qui fut baron de Vaumarcus après la mort passe dans la de Jean-Charles de Bonstetten son aïeul maternel. (V. les ans 1672, 1675.)

Jean-Charles épousa en premières noces N. de Watteville, et en secondes noces N. Tillier. Il mourut l'an 1719. Son fils David de Buren lui a succédé en la dite baronnie.

Le conseil de ville de Neuchâtel donna cette année plusieurs points Points de coude coutume:

tume donnés

par le conseil Le 9 janvier :

rite de Bonstet

baronnie

de Buren.

de ville,

fonds.

a

et les biens ne

1658 Quand une personne a fait un acte d'échange avec une autre, la partie inOn peut dédire téressée et perdante s'en peut dédire et rétracter dans la huitaine, tout de même

d'un acte de que si c'était un acte en vendition pure et simple, en payant les vins bus et les transport de

frais, s'il y en a.

Le 17 février : La huitaine Quand un acte de vendition ou échange est fait et passé réellement suivant écoulée, il n'y les formalités et coutumes usitées dans l'Etat, la huitaine étant écoulée, un tel a plus de dédite. acte ne peut être rompu, dissous ni révoqué. La huitaine d'un tel acte de ven

dition ou échange se doit prendre depuis le jour qu'il a été passé et stipulé, et non celui de la ratification intervenue.

Le 25 juin : Question. Il a été demandé si quand un mari et une femme sont mariés suivant les

coutumes du pays, et quand le mari a des enfants d'un premier lit, si ceux-ci

ne peuvent participer en aucune manière aux biens d'une seconde femme qui Réponse. lui sont propres ? Répondu : Lorsque les enfants de divers lits survivent père et Les enfants mère, les biens et effets des dits enfants ne se doivent point confondre; les n'héritent pas leur belle-mère, biens paternels doivent retourner au paternel, et les maternels au maternel, et doivent pas se par ce moyen les enfants utérins ne se peuvent aucunement hériter. confondre.

Lorsque le mari et la femme ont été an et jours par ensemble, et qu'ils

ont eu des enfants de leur mariage, et qu'ensuite le père meurt, laissant les dits Partage entre enfants, un ou plusieurs, alors la mère et les dits enfants partagent également la mère et les

l'héritage, soit meubles ou immeubles du défunt, autant l'un que l'autre, tant enfants.

l'ancien héritage que les accroissances que les dits père et mère auraient faites par ensemble, à condition qu'à l'égard de la moitié de l'ancien héritage que la

femme pourra avoir retirée d'avec ses enfants, elle doit tenir cette moitié seuUsufruit de la lement par usufruit sa vie durant, sans qu'elle la puisse engager ni vendre, si mère.

ce n'est par connaissance de justice ou par nécessité connue; et après sa mort

cette moitié retournera entièrement aux dits enfants, sans qu'elle en puisse disLes acquêts. poser en faveur de qui que ce soit. A l'égard des biens des accroissances qu'aLa mère n'a vait retirés la dite mère, la coutume est que du quart la mère pourra en faire que le quart en à son bon plaisir, et tiendra l'autre quart par usufruit, mais qui doit retourner propre.

après sa mort à ses enfants sans qu'elle en puisse disposer, sinon en cas de

nécessité ou par connaissance de justice. Pour ce qui concerne la victuaille qui Victuaille. s'est trouvée dans la maison à la mort du défunt, tant en vin, blé, chair, cuirs

qu'autres choses concernant le ménage, après que la veuve aura pris du blé et du vin honnêtement pour son entretien et de son ménage seulement, pour une année, sans en faire excès, les enfants succédant à leur père en doivent aussi avoir pour leur entretien honnêtement et sans excès pour une année; et du surabondant du vin et du grain, la veuve en aura la moitié pour en faire à son plaisir, comme de son bien propre. Elle aura encore la moitié de l'autre moitié, qui est le quart, par usufruit sa vie durant, mais qui sera évaluée et inventorisée pour être retrouvée en temps et lieu par les dits enfants héritiers du défunt, et l'autre quart du dit surabondant doit promptement parvenir aux enfants après la mort de leur père; et quoique la veuve ne soit pas obligée de rendre compte de l'autre victuaille et provision de ménage, comme chair, fromage, cuirs et autres semblables, si est-ce que les enfants du défunt y doivent participer pour leur honnête entretien et selon leur nécessité et portée.

Le 7 mai : Du retrait Quand un preume veut faire rétraction d'un héritage ou pièce de terre, il est lignager. obligé de présenter l'argent comptant dans l'an et jours de toute la somme à

quoi la pièce vendue se promonte.

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