Chateaubriand et son groupe littéraire sous l'Empire: cours professé à Liège en 1848-1849, Volume 2

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Garnier frères, 1861 - French literature - 457 pages
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Page 96 - Nous pressait sur son cœur joyeux, Ma chère? Et nous baisions ses blancs cheveux Tous deux. Ma sœur, te souvient-il encore Du château que baignait la Dore, Et de cette tant vieille tour Du Maure, Où l'airain sonnait le retour Du jour? Te souvient-il du lac tranquille Qu'effleurait l'hirondelle agile ; Du vent qui courbait le roseau Mobile, Et du soleil couchant sur l'eau, Si beau? Te souvient-il de cette amie, Tendre compagne de ma vie? Dans les bois en cueillant la fleur Jolie, Hélène appuyait...
Page 85 - J'ai vu, du haut de l'Acropolis, le soleil se lever entre les deux cimes du mont Hymette : les corneilles qui nichent autour de la citadelle, mais qui ne franchissent jamais son sommet, planaient au-dessous de nous ; leurs ailes noires et lustrées étaient glacées de rosé par les premiers reflets du jour...
Page 52 - ... J'aperçois les bornes de la course; je vais descendre du char, et pour chanter l'hymne des morts, je n'ai plus besoin de ton secours. Quel Français ignore aujourd'hui les cantiques funèbres ? Qui de nous n'a mené le deuil autour d'un tombeau, n'a fait retentir le cri des funérailles ? C'en est fait, ô Muse ! encore un moment, et pour toujours j'abandonne tes autels ! Je ne dirai plus les amours et les songes séduisants des hommes : il faut quitter la lyre avec la jeunesse.
Page 109 - liberté n'est-elle pas le plus grand des biens « et le premier des besoins de l'homme ? Elle « enflamme le génie, elle élève le cœur, elle « est nécessaire à l'ami des muses comme l'air « qu'il respire. Les arts peuvent, jusqu'à un « certain point, vivre dans la dépendance, « parce qu'ils se servent d'une langue à part « qui n'est pas entendue de la foule ; mais les « lettres, qui parlent une langue universelle, <t languissent et meurent dans les fers. Com...
Page 95 - Combien j'ai douce souvenance * Du joli lieu de ma naissance ! Ma sœur, qu'ils étaient beaux, les jours De France! 0 mon pays ! sois mes amours Toujours ! Te souvient-il que notre mère, Au foyer de notre chaumière, Nous pressait sur son cœur joyeux, Ma chère: Et nous baisions ses blancs cheveux Tous deux. Ma sœur, te souvient-il encore Du château que baignait la Dore? Et de cette tant vieille tour Du Maure, Où l'airain sonnait le retour Du jour?
Page 114 - ... imagination étrange, mélancolique et radieuse, qui monte puissamment et se déploie dans les solitudes du ciel comme le condor. Il ya du démon, du sorcier et de la fée dans tout vrai talent d'imagination : il faut qu'il opère le charme : raison, justesse, art, travail, esprit, mis ensemble bout à bout n'y suffisent pas. M. de Chateaubriand avait de ce démon. Ce qu'il faut dire en terminant, c'est qu'il était un grand magicien, un grand enchanteur. Tel nous a paru au vrai, dans les principaux...
Page 109 - Les arts peuvent, jusqu'à un certain point, vivre dans la dépendance, parce qu'ils se servent d'une langue à part qui n'est pas entendue de la foule; mais les lettres, qui parlent une langue universelle, languissent et meurent dans les fers. Comment tracera-t-on des pages dignes de l'avenir, s'il faut s'interdire, en écrivant, tout sentiment magnanime, toute pensée forte et grande? La liberté est si naturellement l'amie des sciences et des lettres, qu'elle se réfugie auprès d'elles lorsqu'elle...
Page 79 - Jacob dévoient visiter mon sommeil; mais je n'irois plus chercher une terre nouvelle qui n'a point été déchirée par le soc de la charrue ; il me faut à présent de vieux déserts qui me rendent à volonté les murs de Babylone ou les légions de Pharsale, grandia ossa! des champs dont les sillons m'instruisent, et où je retrouve , homme que je suis, le sang, les larmes et les sueurs de l'homme.
Page 72 - Il peut paraître étrange aujourd'hui de parler de vœux et de pèlerinages ; mais sur ce point je suis sans pudeur, et je me suis rangé depuis longtemps dans la classe des superstitieux et des faibles. Je serai peut-être le dernier Français sorti de mon pays pour voyager en Terre Sainte...
Page 386 - C'est l'inspiration qui donne « les citations heureuses. La mémoire est une Muse, ou plutôt « c'est la mère des Muses, que Ronsard fait parler ainsi : Grèce est notre pays, Mémoire est notre mère. « Les plus grands écrivains du siècle de Louis XIV se sont « nourris de citations... Ciccron, qui n'avait qu'un seul idiome « au service de son érudition , prodigue les citations égale

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