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présenté à la Haye le io. Février 1695. au fajet de la Garniton d'Embden , elles auront une toute autre idée de l'affaire.

II. Il ne paroît pas moins étrange à Son Alteile , qu'on ose avancer que les Habitans n'ont jamais cherché à troubler ses Officiers dans l'adminiftration de leur Charge : On ne les a donc pas arrêté ? mené par force à Embden, & en parti exilé de tous côtez ? les exemples , & en particulier celui du Receveur des Tailles à Leer, tout caffé & malade qu'il écoit, ne le prouvent que trop. Et fi quel, qu'un est aigri contre eux, c'est justement cette aigreur qui doit être comptée parmi les choses aéfendues

Son Altesse Séréniffime a remis au Juge competant & suprême, à décider en quoi confifte l'observation inviolable des Accords: & fi les Communes sont obligées de reconnoitre un Juge, elles sont aussi obligées de s'en tenir à les décisious, & de ne point juger , selon leur fantaisie ,' de l'oblery ation inviolable des Accords.

III. C'est une fausseté insigne, que les Habitans soient menacez d'affliction, de défolation & même de leur ruine totale : Son Altesse à témoigné tout le contraire dans la Résolution; mais ceux qui continuent à s'oposer au Chef fuprême & à leur Prince legitime, n'ont qu'à attribuer à eux-mêmes, s'ils sont déclarez dignes des punitions dont ils ont été menacez: Ec qu'est-ce que l'ufage de la Milice des E. tats, comme on l'appelle, finon une oposition réelle aux Ordonnances du Juge suprême, auquel rang il faut aussi mettre la prétenduë pof

រ feffion de l'Administration des Fermes.

I*

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IV. Il n'est pas dans le pouvoir de S. A. Séréniflime de donner pardon & de faire grace, que pour Elle personnellement, ne pouvant rien prescrire-ni préjudicier en cela à Sa Majesté Imperiale & à la Commillion , & il ne dépendra que de la conduite des Communes de pouvoir plus ou moins s'assurer de la Clémence de Sa Majesté Imperiale. Son Altesse ne demande qu'une fidelité & obéissance conforme aux Accords , bien entendu que cette conformité se doit prendre dans le sens que lui donne la décision de Juge suprême , & non pas dans celui d'une explication volontaire ; & dès qu'on fait cela toute l'affaire est finie. C'est la faute des Soldats d’Embden, que la Résolution du 6. du courant n'a été renduë aux Communes qu'après la rencontre à Leer, parce qu'il étoit expressément ordonné au Lieutenant-Colonel de Staudach, de faire tenir ladite Résolution aux Communes, & d'attendre leur déclaration là-deflus avant que d'entreprendre une attaque ; mais s'étant pofté avec fon monde à Loga, & étant allé reconnoitre les environs avec quelques Cavaliers , il a d'abord été attaqué par un gros détacheinent des Soldats d'Embden forti de Leer , par où il a été obligé de faire avancer ses Cavaliers pour repousser la force par la force. Et comme après cela ceux d'Embden ont été obligez de céder, il a fait fonner la retraite par le Trompete du Prince qu'il avoit avec lui, nommé Tobias Hartung; mais bien loin d'y vouloir entendre, on a même fait feu sur lui , lorsqu'il a fonné la feconde fois, ce qui a occasionné le combat. Et quoique cet accident fournifloit aflez de

raisons

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raisons à Son Altelle Séréniflime pour retenir sa Résolution, elle n'a pourtant pas Taillé de la faire tenir le lendemain aux Communes afin de leur témoigner d'autant plus fon affection paternelle. C'est donc une accusation bien etfrontée que de dire qu'on n'étoit pas en sureté malgré toutes les promesses, le contraire faute aux yeux; mais ceux qui ont pour sé les Communes à ces mouvemens

font voir par leur conduite que c'est à eux & à leurs assurances qu'on ne peut guere se fier , retenant jusqu'ici , contre la promesse qu'ils en ont donnée par écrit, les Officiers du Prince prisonniers à Embden, au grand dommage & préjudice des Habitans même. Signé du Seau de la Regence le 12. Avril 1726.

(L.S.)

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Déclaration des Communes de Leer

Es Confors du 16. Avril 1726. sur l'ulterieure s préalable Resolution qui leur a eté adressée du 12. Avril 1726.

D

Evant moi fouffigné Notaire , compas

rurent les Députez des Bailliages de Leerohrt, Stickhausen , & Embden , me requerant de bouche, de coucher par écrit leur trèshuinble déclaration suivante, fur les Ordonnances & Propositions respectives que Son Alo tesse Séréniflime leur très - gracieux Prince & Maitre , leur avoit fait rendre le 13. du cou-: rant par un Tambour, laquelle Déclaration contient ce qui suit.

Sur

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Q

DE

Sur la Déclaration ulterieure de Son Altele, da

tée du 12. du courant , & rènduë par un de ses gens , on a & youlu faire savoir , & on

prie de raportet très-humblement à S. A. S.
i. U'on a remarqué par ladite Déclara-

tion avec un extrême chagrin & en
verfant des larmes

? que la chofe a été représentée à Son Altefte, (ce que le juste Dieu vangera) comme si les Habitans n'avoient pris les armes que dans la vüe de renverser par leurs propres forces les Ordonnances Imperiales ; quoique la triste experience fait voir , qu'on ne l'a fait que parce que on a été obligé de se defendre autant qu'il est poffible , contre des violences publiques, & contre des cruautez qui feroient horreur iême à des Barbares, sans qu'on ait jamais pensé de se soulever contre les Ordonnances Imperiales par la force.

II. Qu'on ne sauroit reconnoitre le prétendu College, & qu'on croyoit pouvoir justifier devant toute la terre les mesures qu'on avoit prises , pour n'être pas dépoffedé fans autre forme de procès , contre les entreprises vio. lentes qu'on médite pour l'établissement dudit College, & le maintien de ceux qu'on a érigé en Administrateurs , qui ont pouflé leur effronterie fi loin, que dans le Memoire qu'ils ont présenté à la Commission subdeleguée le 28. Fevrier C. A. lequel a été imprimé & publić (comme fi c'étoit une piece achevée) ils ont dépeint leurs propres prétendus Principaux comme la derniere Canaille , & se font moc-, quez de Messieurs de la Noblesse d'une ma

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nière digne de châtiment, toujours sous prétexte de l'autorité suprême de Sa Majefte Imperiale.

III. Ceux donc qui font établis pour rapporter au vrai à Son Altelle Sérénissime ce qui se passe dans le Païs,

en auront certainement à répondre devant Dieu & le monde équitable, qu'en lui cachant de fi affreuses actions dont le bruit s'est même répendu par tout dans les Païs étrangers , & qui ont fait un tort considerable au Pais par raport au credit général, ils aïent osé dire même publiquemeni , que le vol & le pillage étoient chofes permises ; car où chercher protection, fi ceux qui font des violences sont non seulement encouragez, mais même appurez par les Officiers du Prince ?

IV. Comme on ne peut pas concevoir en quoi doivent confifter les prétenduës voïes de fait contre les Ordonnances Imperiales , pourvû qu'on distingue bien le vrai d'avec le faux; & qu'il eft fans cela une chose inoüie dans le monde, de foutenir l'autorité Magiftrale par des vols, des pillages & des meurtres, comme il est arrivé ces jours paflez, on peut hardiment appeller au jugement de toute la terre, fi dans cette situation d'affaires on a fait aux habitans des violences & des injustices.

V. Et par là même , l’ufage des Troupes eft aflez juftifié ; mais pour ce qui est de leur caffation, on ne sauroit s'expliquer autrement là-deflus, finon que c'eft un point qui apartient à la déliberation de tous les Etats en général, & qu'on ne fauroit s'imaginer que la juttice de Sa Majefté Imperiale, après la découverte des veritables circondances de l'affaire

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