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Au feptentrion de l'Archipel, & au midi de la mer d'Afrique..

.. Athos.

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Ithaque.
Cythere.

Egine.
Salamine.

Toujours en remontant vers le nord. . . . . Skiros.

Villes.
Pallene.

Olynthe.

Theffalonique.
Philippes.

Stagyre.

Scotufe.

Corcyre, aujourd'hui Corfou,

Cephalene.

Chios.

Samos.

Strymon.

Les Cyclades.

Andros.

Delos.

Paros.

Les Sporades.

L'Eubée, féparée de la Terre-
Ferme par le bras de mer ap-
pellé l'Euripe, & où eft
Chalcis.

Lemnos.
Samothrace.

En descendant, & du côté de l'Afie mineure. Lesbos, où eft la ville de Mi

tylene.

Crete, ou Candie, où font les villes de Gortyne, Cydon, & les monts de Dictée & d'Ida.

Colonies des Grecs.

LES

ES Grecs avoient hors de la Grece de grandes colonies dans l'Afie mineure, aujourd'hui une partie de la Turquie d'Asie.

1o. Dans l'Eolie: Cumes, Phocèe, Elée. 2°. Dans l'Ionie Clazomene, Teos, Colophon, Ephefe.

Smyrne,

3. Dans la Doride: Halicarnaffe, Cnidus.

Ils en avoient encore dans la Sicile & dans une partie de l'Italie, vers la Calabre; & comme elles étoient en grand nombre, on leur donna le nom de Grande Grece.

Tout le pays de la Grece n'étoit pas d'une auffi grande étendue qu'on pourroit fe l'imaginer, lorfqu'on penfe que ce peuple tint tête aux armées innombrables des Perfes: car il n'étoit pas plus étendu qu'un quart de la France.

Grande Grece.

CETTE

ETTE dénomination fut anciennement donnée à la partie orientale & méridionale d'Italie, où les premiers Grecs envoyerent un grand nombre de colonies, qui y fonderent plufieurs villes confidérables, comme nous l'apprend Denys d'Halicarnaffe. La Grande Grece comprenoit la Pouille, la Meffapie, la Calabre, les Salentins; les Lucaniens, les Brutiens, les Crotoniates & les Locriens. Le P. Briet en a fait une table, dont voici l'abregé.

[ Daunienne
Peucétienne

La Pouille [

La Meffapie..

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ville Siponte.

[

ville Canufionne, aujourd'hui Canofa.

Les Calabrois.

Ville Brindes.

Les Salentins.
Ville Tarente.

Les Lucaniens.

Villes de Pate & Sybaris, aujourd'hui ruinées.
Les Brutiens.

Villes Rheggium, aujourd'hui Reggio.

Et Hipponium, aujourd'hui Monteleone.

Les Crotoniates.

Ville Crotona, aujourd'hui Cortone.
Les Locriens.

Ville Geirazzo.

Cette dénomination de grande Grece ne s'eft introduite vraisemblablement que quand la république Romaine a été formée, & a poffédé un Etat, dont les latins, les Volfques & les Sabins faifoient partie; car ces peuples étoient Grecs d'origine, & leur pays pouvoit être naturellement F fff 2

compris dans la Grece italique mais comme ils avoient fubi le joug des Romains, & parloient une langue différente de celle des Grecs, on réserva le nom de Grecs à ceux qui avoient confervé leur langue originale, qu'ils mêlerent pourtant enfuite avec la latine. Ainfi nous voyons que du temps d'Augufte on parloit encore à Canufe un jargon qui étoit un mélange de Grec & de latin Canufini more bilinguis.

Quelques modernes comparant l'étendue de la Grece italique avec celle de la Grece proprement dite, qui comprenoit l'Achaïe, le Péloponnefe & la Theffalie, ont cru que le nom de Grande Grece lui avoit été très-mal appliqué mais les obfervations aftronomiques du P. Feuillée, de M. Vernon & autres, prouvent le contraire. En effet, il réfulte de ces obfervations que la longueur & la largeur qu'on donnoit ci-devant à la Grece propre, excédoit de plufieurs degrés fa véritable étendue, enforte que ce pays fe trouva plus petit de la moitié qu'on ne le supposoit.

On peut donc aujourd'hui établir pour certain, que la Grece italique a été jadis nommée Grande Grece avec beaucoup de fondement, puisqu'elle étoit en réalité plus grande que la véritable Grece, & cela même fans qu'il foit befoin d'y attacher la Sicile, quoique cette ifle étant pleine de colonies Grecques, pût auffi être appellée Grece, comme l'ont fait Strabon & Tite-Live.

Il eft vrai néanmoins que la Grande Grece diminua infenfiblement, à mefure que la république romaine s'agrandit. Strabon obferve qu'il ne reftoit plus de fon temps que Tarente, Řheges & Naples qui euffent confervé les mœurs Grecques, & que toutes les autres villes avoient pris les manieres étrangeres, c'eft-à-dire, celles des Romains leurs vainqueurs.

Au refte, la Grece italique a produit, ainfi que la véritable Grece, quantité d'hommes illuftres: entre les philofophes, Pythagore, Parménide, Zénon, &c. entre les poëtes, Ibicus & quelques autres mais ces Grecs d'Italie ayant, avec le temps, cultivé la langue latine, s'en fervirent dans leurs poéfies; Horace par exemple & Racuve, tous deux nés dans la Pouille, étoient Grecs, quoiqu'ils foient du nombre des poëtes Latins.

} GRECE MODERNE.

Nous comprenons aujourd'hui sous le nom de Grece, divers pays qui

n'en étoient pas tous anciennement, & qu'on pourroit divifer en fept parties foumifes au grand-feigneur : favoir, 1o. la Romanie ou Rumelie, qui étoit la Thrace des anciens: 29. la Macédoine, qui renferme le Jamboli, le Coménolitari & la Janna : 3°. P'Albanie: 4°. la Livadie: 5o. la Morée, autrefois le Péloponnefe: 69. l'ifle de Candie, autrefois Crete: 7o. les illes de l'Archipel au nombre de quarante-trois.

GREFFIER des Etats Généraux des Provinces- Unies.

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Toute cette étendue de pays eft bornée à l'eft par la mer Egée, au nord par les provinces du Danube, à l'oueft & au fud par une partie de la Méditerranée. Le gouvernement politique s'exerce fous le département général de deux bachas, de celui de Rumélie & du capoutan-bacha. Celui de Rumélie a fous lui 24 fangiacs; le capoutan-bacha, qui eft l'amiral de l'Archipel, a fous fes ordres 13 fangiacs.

La religion dominante eft le mahométifme; le chriftianisme du rit Grec, fuivi par le plus grand nombre des habitans qui cultivent les ifles de l'Archipel, y eft toléré.

Les langues d'ufage font le turc & le Grec vulgaire. La langue turque eft employée par les mahométans, & la Grecque par les chrétiens.

Les denrées, fur-tout celles des ifles de l'Archipel, dont il se fait un grand commerce, confiftent en huiles, vins, foies crues, miel, cire, coton, froment, &c. L'ifle de Candie eft renommée pour fes oliviers qui ne meurent que de vieilleffe, parce qu'il n'y gele jamais. Chio eft célébre pour fon maftic & pour fes vins; Andros, Tine, Thermie & Zia, pour leurs foies, Mételin qui eft l'ancienne Lefbos, pour fes vins & fes figues; Naxie, pour fon éméril; Milo, pour fon foufre; Samos, pour fon ocre; Siphanto, pour fon coton; Skino, pour fon froment; Amorgos, pour une espece de lichen, plante propre à teindre en rouge, & que les Anglois confomment, &c.

Cependant la Grece a effuyé tant de revers, qu'on ne trouve plus en elle aucune trace de fon ancienne gloire & de fa grandeur paffée. Ses villes autrefois fi nombreuses & fi floriffantes, n'offrent aujourd'hui que des monceaux de ruines; fes provinces jadis fi belles & fi fertiles, font défertes & fans culture. Telle eft la pefanteur du joug des Ottomans fous lequel les habitans gémiffent, qu'ils en font entièrement accablés, & leur feul afpect ne fait appercevoir que des efprits abattus.

GREFFIER des Etats-Généraux des Provinces-Unies.

C'EST

'EST le titre du fecrétaire de leurs Hautes Puiffances. Voici en quoi confifte cette belle charge.

Le greffier de LL. HH. PP. affifte régulièrement à leurs affemblées; c'est lui qui lit la priere avant qu'on traite les affaires; pendant les délibérations il eft affis au bout de la table, étant couvert, mais il fe tient debout tête nue derriere le préfident de l'affemblée, lorfqu'il lit des lettres, requêtes, ou autres pieces, ce qui eft une de fes fonctions. C'eft lui qui couche par écrit toutes les réfolutions d'Etat, qui dreffe les inftructions des miniftres publics de la république & les lettres aux princes étrangers. Il fcelle & expédie auffi les ordres pour les généraux & les commandans, les loix &

les édits des Etats Généraux. Le greffier affifte auffi aux conférences avec les miniftres étrangers, & y a fa voix. Il a fous lui deux commis, & plufieurs moindres écrivains qui travaillent tous les jours au greffe de l'Etat. On voit par ce que nous venons de dire, que cette charge eft une des plus honorables de la république, & qui demande de grandes qualités dans ceux qui en font revêtus.

GRENADE, (Le royaume de) province d'Espagne.

C'EST

'EST proprement la Haute-Andaloufie, qui fait partie de la Batique des anciens. Il est borné, nord, par la nouvelle-Caftille; eft, par la Murcie; fud, par la Méditerranée; oueft, par l'Andaloufie. Il a environ 70 lieues de long, fur 30 de large, & 80 de côtes.

Quoique le terrein foit prefque par-tout montueux, & qu'il manque de culture, il eft cependant très-fertile en bled, vin, huile d'olive, cannes de fucre, lin & chanvre; il produit auffi d'excellens fruits, comme des pommes de Grenade, des citrons, des limons, des oranges, des olives, des capres, des figues & des amandes. On y recueille une grande quantité de raifins de caiffe, dont il y a deux efpeces, favoir, des pafferillas del fol, qui font fechés au pied de vigne par le foleil; & les pafferillas de lexia, que l'on met d'abord dans la leffive faite de cendres de farmens, & que Pon feche enfuite au foleil. Il y a du miel & de la cire en abondance. Differentes parties des montagnes qui font dans le voifinage d'Antequera, fourniffent du fel, que le foleil prépare dans les amas d'eau qui fe forment dans des creux. L'entretien des vers-à-foie eft d'un grand produit. La grande quantité de noix de galle que le pays produit, fert à faire une encre que l'on emploie à épaiffir le cuir. On fait une grande confommation du fruit de palmiers, & de glands dont le goût furpaffe celui des meilleures noix. Outre de belles pierres de tailles, on y trouve des grenats, des hyacinthes, & d'autres pierres précieufes. On exporte beaucoup de fumac, dont on fe fert pour la préparation des peaux de boucs & de chevres, & la foude que l'on y fait n'eft pas d'une médiocre confidération.

Du temps des Maures, la Grenade étoit la contrée de toute l'Espagne la mieux peuplée, & la mieux cultivée; mais le peu de goût des Efpagnols pour l'agriculture, eft caufe que ce pays a beaucoup déchu; cependant il produit encore autant & même plus qu'aucune autre partie de l'Espagne, & il n'eft dans tout ce royaume, aucune contrée fi peuplée que les montagnes las Alpujaras, qui font très-parfemées de villages & de bourgs, & font tellement cultivées, que tout eft couvert d'arbres & de vignes dont le produit eft très-confidérable. Il y a à Alhama des bains chauds, très-renommés; on trouve auffi des fontaines d'eaux très-falutaires.

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