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orientale du grand grenier qui existe encore sur la rue de Lesvière. Le presbytère était situé à l'angle nord-est des rues Kellermann et Saint-Eutrope.

Le 21 janvier 1707, MET Poncet de la Rivière, évêque d'Angers, fit sa première visite à l'église paroissiale de Lesvière. Voici le compte rendu que le curé, M. Nicolas Diami, inscrivit sur le registre des baptêmes, mariages et sépultures « Nous le reçumes avec la croix et la bannière, assisté de plusieurs prêtres et autres officiers et le complimentâmes sous la galerie de l'église ; après quoi, il célébra la sainte messe, monta en chaire et prêcha sur la mort, ensuite donna la confirmation et enfin visita le saint tabernacle et les fonts de l'église et ordonna que le cimetière serait fermé. Cette visite se fit en présence des plus considérables de la ville, qui étaient venus pour entendre le sermon, étant ,un des plus grands prédicateurs du royaume ».

Le 14 avril 1712, mourut dans la maison du prieuré de Lesvière messire Charles de. Cossé, vicaire général d'Angers, marquis de Thouarcé, Faye et Rablay. Le lendemain, la sépulture cut lieu dans l'église paroissiale de Lesvière, sous la présidence de François de Brussy, abbé commendataire de Toussaint, vicaire général de l'évêque d'Angers.

Mer Poncet de la Rivière revint à l'église paroissiale de Lesvière, le 23 janvier 1716, pour baptiser un fils de MarcAntoine-François Avril de Pignerolle, écuyer du roi, chef de l'Académie d'Equitation d'Angers.

M. Nicolas Diami, curé de Lesvière, mourut le 9 août 1722, âgé de 58 ans, après avoir gouverné celte paroisse pendant vingt-sept années. On lui donna pour successeur M. Urbain Dubay, né à Saint-Pierre d'Angers le 22 novembre 1693 ; il avait, par conséquent, à peine 29 ans.

On sait que le curé d'Andard portait le titre d'archiprêtre d'Angers. Le 25 novembre 1734, nous le voyons faire la visite de l'église paroissiale de Lesvière.

Au mois d'octobre 1741, les Frères des Ecoles chrétiennes arrivèrent à Angers, appelés par Mst de Vaugirauld et allèrent s'installer dans la maison du Sabot, situé au pied du rocher de Lesvière. En 1766, ils agrandirent leur maison et bâtirent une chapelle dédiée à saint Joseph. Le 6 novembre 1782, les Frères abandonnèrent Lesvière pour aller se fixer à la Rossignolerie (aujourd'hui le Lycée).

L'église paroissiale de Saint-Germain en Saint-Laud était située, cour Saint-Laud, et la limite entre les deux paroisses

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de Saint-Laud et de Lesvière passait par l'Académie d’Equitation, qui appartenait à cette dernière paroisse. Mais en reconstruisant l'Académie, en 1761, on l'agrandit et une partie des batiments furent construits sur le territoire de Saint-Laud. Le tribunal d'Angers fut d'avis que les deux curés auraient juridiction, chacun sur une partie des nouveaux bâtiments, mais le Parlement de Paris trancha définitivement la question en faveur du curé de Lesvière. M. Dubay écrit à ce sujet sur son registre : « Par arrêt de Nos seigneurs de la cour du Parlement, siégeant à Paris, du 17 juillet 1764, j'ai gagné mon procès contre M. Huchelou des Roches, curé de la paroisse de Saint-Germain en Saint-Laud, pour l'administration des sacrements et de toutes les fonctions curiales dans le nouvel hôtel de l'Académie. Ledit arrêt infirme et met au néant la sentence de MM. les officiers de la sénéchaussée de cette ville, maintient moi, curé de Notre-Dame de Lesvière, dans le droit et possession d'administrer, d'exercer et faire seul les fonctions curiales dans toute l'étendue des bâtiments et pourtour de l'Académie d'Angers, telle qu'elle est désignée dans les nouveaux plans produits en l'instance, fait défense audit M. Huchelou des Roches de l'y troubler, le condamne en tous les dépens des causes principale, d'appel et d'amende, et sur le surplus met les parties hors de cour ». On sait que l'Académie d'Equitation est devenue l'Ecole primaire supérieure.

En 1769, l'église paroissiale de Lesvière étant « tombée en totale ruine de vétusté et hors d'état de servir », Mer de Grasse, évêque d'Angers, ordonna de transférer le service dans

église des religieux. Les offices du prieuré et de la paroisse se firent dès lors au grand autel, mais à des heures différentes.

Lors de la naissance du Dauphin, en 1781, de grandes fêtes eurent lieu à Angers et dans toute la province. Les Affiches d'Angers nous donnent le compte rendu de la cérémonie due à l'initiative des dix-sept curés de la ville : « Le 22 novembre, MM. les curés d'Angers, qui, comme citoyens, partagent les sentiments naturels à tous les Français, ont désiré, comme pasteurs des fidèles que la divine Providence a confiés à leurs soins, manifester et prêcher par leur exemple leur respectueux attachement pour la personne du roi et son auguste postérité. Ils ont, en conséquence, et de l'agrément de leur très cher et respectable chef, Me l'Evêque, célébré, dans l'église de Lesvière, une messe solennelle pour rendre à Dieu leurs humbles actions de grâces de la naissance de Me? le

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Dauphin, et le supplier d'accorder aux veux de la France la conservation de Leurs Majestés le Roi et la Reine, et celle du prince héritier qu'il leur a donné. Cette messe solennelle a été célébrée par M. Dubay, leur respectable doyen, et même celui de tous les curés du diocèse, la 64° année de sa promotion au sacerdoce, la 60° depuis qu'il est pourvu de la cure de Lesvière, dont il remplit les fonctions avec le zèle et l'esprit de charité que 'la ville entière connait, et le premier jour commencé de la 89° année de son âge ». On lit à ce sujet dans le registre paroissial de Lesvière : « Lė 22° jour du mois de novembre 1781, M. Dubay, curé de cette paroisse, prêtre en 1717, assisté de tous Messieurs les curés de cette ville, ses confrères, doyen de tous les curés d'Anjou, a célébré dans l'église Notre-Dame de Lesvière, le premier jour de sa 89° année, la 60o de son rectorat dans cette paroisse,

messe solennelle d'actions de grâces de lheureuse naissance de Mele Dauphin, après laquelle on a chanté

a le Te Deum. Cette cérémonie fut annoncée la veille par une salve de six canons, qui a été répétée plusieurs fois pendant la messe et le Te Deum ». Voici les noms des curés de la ville d'Angers à cette époque : MM. Bouguié, curé de Saint-Michel-du-Tertre ; Boumard, curé de SainteCroix ; Chotard, curé de Saint-Martin ; Clavreul, curé de la Trinité ; Courtillé, curé de Saint-Denis ; Doguereau, prieurcuré de Saint-Aignan ; Dubay, curé de Lesvière ; Ferré, curé de Saint-Samson ; Follenfant, curé de Saint-Maurice ; Gaudin, curé de Saint-Nicolas ; Gouppil, curé de Saint-Evroul ; Huchelou des Roches, curé de Saint-Julion ; Martin du Chesnay, curé de Saint-Laud ; Noël, curé de Saint-Jacques ; Robin, curé de Saint-Pierre ; Roussel, curé de Saint-Maurille ; Suchet, curé de Saint-Michel-la-Palud.

En 1782, M. Dubay résigna sa cure à M. Etienne-Pierre Bassereau, docteur en théologie, qui prit possession le 25 mai.

Deux ans après, mourait le vénérable démissionnaire. Voici son acte de décès : « Le 15e jour d'avril 1784, a été inhumé au cimetière de cette paroisse, par nous curés de cette ville soussignés, le corps de messire Urbain Dubay, ancien curé de cette paroisse, qu'il a gouvernée pendant l'espace de soixante ans avec zèle, paix et édification, aimé, chéri, respecté de tous ses confrères et de tous ses paroissiens, doyen de la Faculté des Arts, âgé de 90 ans et cinq mois, décédé d'avant-hier. Ont été présents à la sépulture M. le recteur de l'Université, Messieurs les doyens des Facultés, MM. les Dépu

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tés des compagnies et une grande partie des habitants de cette ville, qui l'ont regretté comme un citoyen respectable et un père charitable ». — Le registre de Lesvière ajoute : « Tous les Messieurs curés de la ville ont assisté à sa sépulture en étole, avec leur clergé et leur croix et ont chanté en arrivant un suffrage devant le corps. Tous les ecclésiastiques étaient en camail, ainsi que MM. les curés. Mais au service qui s'est fait le 19 avril, tous les curés et autres ecclésiastiques étaient en surplis et sans étole »

Le cimetière de Lesvière se trouvait à côté de l'église. La porte de l'ancienne église paroissiale s'ouvrait même dans le cimetière, et au-dessus d'elle était placée la petite cloche de paroisse. Ce cimetière fut transféré en 1784 dans celui de Saint-Laud, en même temps que ceux de Saint-Evroul, SaintAignan, Saint-Maurice et Sainte-Croix,

Voici une intéressante note inscrite sur le registre paroissial en 1787 : « Le 30 juin 1787, le sieur Etienne-Pierre Bassereau, docteur en théologie et curé de Lesvières, est arrivé à Angers de retour d'un voyage qu'il a fait à Rome avec M. l'abbé Le Noir, chanoine de la cathédrale et grand vicaire du diocèse. Il était parti le dimanche 24 septembre 1786 et est arrivé à Angers le 30 juin 1787, après neuf mois et dix jours d'absence et après avoir parcouru toute l'Italie. Ledit curé a apporté de Rome un morceau de la vraie croix de N.-S. J.-C., qu'il a déposé dans la sacristie pour être exposé à la vénération publique et y être un monument de tendre attachement que ledit curé a toujours eu pour sa chère paroisse ».

Quelques mois après son retour de Rome, M. Bassereau fut nommé curé du Lion-d'Angers, et son installation eut lieu le 13 septembre 1787. Le nouveau curé de Lesvière, M. Gandon, docteur en médecine, prit possession le 24 septembre.

Le 11 août 1790, les quatre Bénédictins de Lesvière cessèrent de célébrer l'office dans leur église prieurale, qui devint uniquement paroissiale.

Le 27 mars 1791, l'église de Lesvière fut fermée. Le mobilier et les ornements furent vendus le 19 décembre suivant.

Au début de 1800, l'administration diocésaine chargea M. Boussinot de desservir la paroisse de Lesvière. Comme l'église était aliénée, il fit ses cérémonies dans la chapelle de Saint-Eutrope. Son premier baptême est du 26 mai 1800. !!

continua ses fonctions jusqu'au mois de décembre 1802, époque où la paroisse de Losvière fut supprimée et réunie 1 celle de Saint-Laud.

La Fidélité de Trèves et de Saumur (1618-1747)

Fondé à Trèves en 1618, le couvent de la Fidélité fut transféré à Saumur en 1626. Les fondatrices, venues de l'abbaye de Sainte-Croix de Poitiers, avaient apporté avec elles la règle qui fut toujours en usage à la Fidélité et qui était intitulée : Règle des filles religieuses de l'ordre de saint Benoit pour le vénérable monastère de Sainte-Croix de Poitiers. En 1689, on publia, à Saumur, chez Ernou, la Vie de la Mère Madeleine Gautron, prieure du monastère de la Fidélité, décédée en 1675 et qu'on peut regarder comme la seconde fondatrice de cette maison.

Mer Le Pelletier, évêque d'Angers, nomma supérieur de la Fidélité de Saumur M. Denis Léger, docteur en Sorbonne, archidiacre d'Angers et abbé de Bellosane. Celui-ci“ remania quelque peu le Cérémonial de la Fidélité, dont la nouvelle rédaction fut approuvée par l'évêque diocésain, le 14 janvier 1705.

Par ordre de Met Le Pelletier, transmis par l'abbé de Belløsane, les religieuses travaillèrent à la composition d'un Coutumier, qui reçut l'approbation du prélat le 3 décembre 1705. Ce Coutumier, resté manuscrit, appartient à M. René de la Villebiot, conseiller municipal de Bécon. Il est divisé en deux parties : 1° les choses générales, 2° les offices et obediences de chacune en particulier. Nous allons extraire quelques passages de cet intéressant volume :

« La Révérende Mère Madeleine Gautron ayant été celle dont il a plu à Dieu de se servir pour rétablir le bon ordre dans cette maison, on eut soin, quelques années après sa mort, d'écrire sa Vie, afin que ses filles eussent en elle un modèle excellent qu'elles pussent imiter. Mais comme pendant les 42 années qu'elle a conduit ce Monastère avec tant de bénédiction, elle a laissé plusieurs coutumes qu'on n'a pu insérer dans le livre de sa Vie, il était à craindre qu'elles ne se perdissent. Elles servent présentement d'interprétation vivante à la règle. On a donc jugé nécessaire de les ramasser

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