Conférences sur le christianisme considéré dans ses rapports avec la civilisation moderne. Introduction

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Page 10 - Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple, dit Rousseau , doit se sentir en état de changer pour ainsi dire la nature humaine; de transformer chaque individu, qui par lui-même est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reçoive en quelque sorte sa vie et son être; d'altérer la constitution de l'homme pour...
Page 10 - Plus ces forces naturelles sont mortes et anéanties, plus les acquises sont grandes et durables, plus aussi l'institution est solide et parfaite : en sorte que si chaque citoyen n'est rien, ne peut rien que par tous les autres, et que la force acquise par le tout soit égale ou supérieure à la somme des forces naturelles de tous les individus, on peut dire que la législation est au plus haut point de perfection qu'elle puisse atteindre.
Page 10 - ... un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reçoive en quelque sorte sa vie et son être ; d'altérer la constitution de l'homme pour la renforcer ; de substituer une existence partielle et morale à l'existence physique et indépendante que nous avons tous reçue de la nature. Il faut, en un mot, qu'il ôte à l'homme ses forces propres pour lui en donner qui lui soient étrangères et dont il ne puisse faire usage sans le secours d
Page 31 - ... vérité et du bien dans l'erreur et le mal. Qui l'arrêtera sur cette pente rapide ? Bientôt il perd de vue et Dieu et lui-même; sa raison s'éteint et l'abandonne aux sens et aux passions. Pour l'établir et le conserver en société, il faut qu'on lui crée un fantôme de vie morale, et pour cela qu'on l'enchaîne. Et ce n'est qu'en le plaçant sous l'empire absolu des institutions que les législateurs peuvent constituer des Etats. Dans sa hauteur primitive et la force de sa raison, il...
Page 28 - Quel repos ! quel silence! Le commerce, l'industrie, les sciences, les lettres, les arts, tout est arrêté, anéanti. Et à part quelques hordes barbares qui, d'intervalle en intervalle, arrivant de régions inconnues, passent ou s'arrêtent avec agitation, la vie extérieure s'est entièrement retirée.
Page 28 - Mahométisme, ont activé sans doute ce double mouvement, mais ne l'ont pas opéré. Ces causes et vingt autres ne sont que secondaires, et nous cherchons la cause principale. Or, il est impossible de ne pas reconnaître qu'elle est dans le renoncement au monde et à soi, pour posséder Dieu, prêché...
Page 27 - ... mouvements parallèles : l'un intérieur, celui de l'homme, qui s'éloigne du monde et de lui-même, pour se retirer en Dieu ; l'autre extérieur, celui du sacerdoce, qui avance dans la domination de l'homme et de la société ; de sorte qu'à l'instant où l'homme est mort au monde et à lui-même, et absorbé en Dieu , le sacerdoce est maître souverain.
Page 29 - Mais comme il ne s'est arraché à ce qui auparavant était lui , c'est-à-dire aux habitudes, aux affections, aux pensées qu'il avait reçues, que pour se donner à Dieu et le posséder, et que justement ces habitudes, ces affections, ces pensées, implantations étrangères, et toutes d'origine sensuelle, le séparaient de Dieu , il lui est donc maintenant uni par le fond même de son être.
Page 32 - Si sa rupture avec Dieu, qui fait sa misère, est son propre ouvrage, sa réconciliation , qui fait sa grandeur, est celui du Christianisme. Cependant, si l'on en croit les chefs des...
Page 32 - Ces sociétés artificielles paraissent avoir suspendu un instant le débordement du mal, qui s'échappe de l'homme tombé; mais, par leurs arts, multipliant sans cesse ses besoins et les moyens toujours plus raffinés de les satisfaire, elles le repaissent de...

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