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rement annullé, sans jamais être revenu depuis en vigueur, ce qui se justifie par ledit Ecrit même ; que de plus ledit Prince a non seulement vécu plusieurs années depuis, mais que pendant tout ce tems, il est arrivé à son égard beaucoup de changemens, sçavoir qu'en ladite année 1554. ayant été marić à la susdite Dame Anne d'Egmont, il n'eut d'abord point d'autres enfans d'elle qu'une seule Fille; mais que depuis il eut encore d'elle son susdit Fils aîné le Prince Guillaume Premier, & après la mort d'elle Dame Anne d'Egmond, ayant eu successivement trois autres femmes, & d'eldes plusieurs autres enfans, il eut d'elles ses deux autres Fils, dont l'un fut le Prince Maurice , & l'autre le Prince Frederic Henri, &que même pendant le susdit laps de tems, & les changemens arrivez de son vivant, ledit Prince fut bien, à la verité, porté à préparer une toute autre difpofition Testamencaire, qui étant entiere

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ment prête, auroit effectivement été passée sans l'allaffinat inopiné qui arriva de la personne : & comme il y a des preuves legales de cette verité, on pourroit les montrer presentement; en sorte que cela étant consideré, on doit d'autant moins repurer pour Teftament valide la susdite prétenduë disposition qui avoit été passée trente ans auparavant, que peu de tcms après, elle fut renduë invalide par le Prince Testateur même; car encore que cette disposition pofterieure, ainfi préparée, soit, à cause de ce triste accident, restée imparfaite, faute de folcmnité, il en paroit néanmoins abondamment , qu'il s'en faut beaucoup que le fuldit Prince auroit voulu confirmer par fa mort ce Teftament, qui fi long-tems auparavant avoit été annullé.

Outre qu'il faut ajouter à cela, que dans le contenu du prétendu premier Testament du Prince Guillaume Premier, il n'y eft dit autre chofc, ligon seulement, que

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le Prince Teftateur y instituë pour son Héritier son Fils aîné qu'il pourroit venir à lailler , laissant à ses plus jeunes enfans Fis & Filles, un ou plusieurs , seulement dix mille livres de rente annuelle; & s'il ne venoit à laisser que des Filles, que fa Fille aînée seroit de la même maniere héritiére ; & ne laissant point d'Héritiers legitimes, qu'alors fon Frere , Fils aîné de son Pere Guillaume, feroit Hérities universel, sans qu'il y soit fait mention d'aucun fidei-commis, à la charge de son Fils, de la Fille, ou Frere; par le moyen de quoi ausi on n'en peut tirer aucune indu&tion pour quelque fidei-commis

Et de plus, quand on pourroit objecter quelque chose contre ce susdit ancantissement, aufli bien qu'à l'égard du contenu du prétendu Testament de l'An 1554.,

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que ce soit.

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que non, le tout seroit rendu vain au moyen du Traité de Partage & transaction de l'An1609. dont on a fait ici mention, puisque tesdits

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trois Fils de ce Prince se sont accordez, & ont transigé en la maniere susdite de tous leurs differens sur la foi & honneur de Princes, tant au sujet de la succession de leur Pere, que de celle de René de Chalons, avec fpecification & mention expresse de ladite imparfaite disposition pofterieure, à laquelle le Prince Maurice & le Prince Frederic Henri soutenoient qu'il falloit plûtôt se tenir , quoi qu'elle manquât de solemnité, qu'au prétendu fidei-commis de René de Chalons , qui étoit éteint avec la personne de leur Pere; mais de laquelle imparfaite disposition paternelle, on a là évidemment

de Gifté. Refuta- Et passant enfin au Testament tion de la du Prince Frederic Henri, en datprétenfion de Sa Ma

te du 30. Janvier 1644., & au fijefté, par

der-commis que Sa Majefté Prus. raport au sienne en prétend tirer, on ne con

Tefta- testera pas la validité de ce Testament de

ment , non plus que le fidei-comFrederic Henri.

mis graduel & perpetuel qui y est contenu; mais on dira pour défense

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peremptoire, que la Principauté d'Orange & les autres Biens fituez fous la Domination de la France, ne regardent & ne touchent pas le Testament & la difposition fidei-commissaire de ce Prince; & que quand lesdits Biens auroient dépendu de la disposition Teftamentaire de ce Prince, que non, cela n'auroit néanmoins point de lieu à cet égard.

Pour faire voir que lesdits Biens n'étoient pas tous à la disposition & dépendans du susdit Prince Frederic Henri, il faut faire attention à ce qui est dit clairement dans ledit Traité de Partage de l'An 2609; sçavoir que ces Biems tic sont pas écheus audit Prince Frederic Henri, qui étoit le plus

jeune des trois Freres, mais au Prince Philippe Guillaume, comme l'aîné. Qu'à l'égard de la succellion dudit Prince Philippe Guillaume, qui a été incontestablement le legitime poffesseur & proprietaire defdits Bieos, en vertu dudit Traité de Partage, & qui aussi les a

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por

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