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en vertu du Testament de René d'Anjou, dans le mesme temps qu'il refusoit d'accomplir ce mesme Testament où ce riche Duché ne luy eft legué qu'à-condition de faire jouir du Marquisat de Pont a Mousson Jean d'Anjou & ses Descendans. Les Charges suivent les emolumens. C'est une regle commune de Droit.

On ne doit point dire , que René d'Anjou ne pouvoit demembrer du Duché de Bar une portion aussi considerable que le Marquisat de Pont a Mouffon : Outre que ce Prince estoit en plein droit de disposer de ses Estatz, il est notoire, que ce Marquisat a presque tousjours été separé du Duché de Bar.

L'An 1399, Robert Duc de Bar & Marie de France sa Femme firent don à Edouard leur Fils du Marquisat de Pont a Mousson. Un Fils du Roy René apellé Antoine en portoit le nom & est enterré à Pont a Mousson.' L'An 1445. ce mesme Roy fit don de ce Marquisar á Jean Duc de Calabre son autre Fils. Un Frere d'Edouard jouissoit de ce mesme Marquisat avec toutes ses dependances qui sont considerables comme on peut juger par la liste cy jointe Num. 1. des Bourgs & Villages qui en dependent.

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On peut encore moins objecter a la Maifon de Forbin le pretendu Silence qu'on veut que Jean d'Anjou ait observé du vivant d'Yolande la seur Fille du Roy René, car outre que l'on ne convient pas de ce Silence de Jean d'Anjou en faveur d'Yolande sa seur, qui d'ailleurs n'a gueres survescu au Roy son Pereyle Testament qui assure la succession du Pont a Mouffon aux Dercendans de Jean d'Anjou à l'infini, eft fi positif, que quand Jean d'Anjou par quelque predilection pour sa sour Yolande auroit été moins ardent, pendant qu'elle viroit, à se prévaloir des Dons de René d'Anjou son Pere, cette pretendue condescendence ne pouroit prejudicier au droit acquis par ledit Testament aux Delcendans de Jean d'Anjou à perpetuité.

On pourroit encore mettre en doute fi le Roy René estoit en droit de disposer, comme il a fait du Duché de Bar & du Marquisat de Pont a Mousson. Il est aisé de satisfaire à cette objection. 11 suffit pour cela d'expofer fimplement la disposition que Louis Cardinal Duc de Bar a faite du Duché de ce nom. Ce Prince l'An 1419. disposa de ce Duché en faveur du Roy René son petit Neveu

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& par consequent son plus proche parent aprez la mort d'Edouard fils, de son free re, puisqu'il estoit Petit fils d'Yolande d'Aragon sa lour, & au deffaur de René & de les hoirs il nomma pour luy succeder au mesme Duché Charles Comte du Mayne Frere de René & ses hoirs: Et au cas du decedz de l'un & de l'autre il fc reserve le retour de ce Duché à la

propre personne. Or il est arrivé que le Roy René mourut santhoirs legitimes, & que

Charles son frére qui luy estoit subftitué mourut avant luy aussi bien que le Cardinal fon Grand Oncle à qui le Duché de Bar auroit deu re. tourner au deffaut de René & de Chare les, de façon que la substitution estant devenue caduque, le Roy René qui sur. vescut fles autres sans avoir d'hoirs legiti, mcs fut libre d'en disposer suivant sa volonté. Sa volonté fut tout a fait judicicuse & legitime , puisque par son Testament il lailla a René Duc de Loraine Fils d’Yolande fa Fille le Duché de Bar, & à Jean d'Anjon fon Fils naturel le Marquisat de Pont à Mousson.

Avant cette diposition il y cut un procez entre Yolande d'Aragon & Louis

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Cardinal de Bar au sujet de la succession de ce Duché qui fut terminé par un acomodement. La Reine d'Aragon abandonna ses pretentions sur le Duché de Bar a Louis Cardinal moyennant une somme d'argent & quelques autres terres que ce Cardinal luy donna, Et par consequent Louis de Bar pouvoit librement disposer du Duché de Bar en faveur de René fon petit Neveu , & René de mesa mc du Pont a Mousson, qui en fait une partie, en faveur de Jean d'Anjou, à moins que l'on ne voulût entierement infirmer la disposition Teftamentaire de l'un & l'autre ce qui ne seroit pas de l'interest de la Sereniffime Mailon de Loraine,

La longue possession des Ducs de Lo. raine ne peut pas non plus prejudicier aux droits du Marquis de Soliez , car outre que l'obligation de satisfaire aux termes, d'un Testament est immortelle, la prescriprion ne peut avoir lieu dans les prę. tentions d'un Seigneur particulier contre un Souverain.

Il demeure donc conftant que le droit de l'Illuftre Maison de Forbin en la personne de François Auguste Marquis de

Soliez

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Soliez sur le Marquisat de Pont a Mousson est aussi legitime que la detension de ce Marquisat en est injuste, puisque le mer. me Testament qui est le fondement de ce droit aquis a toute la posterité de Jean d'Anjou, oblige aufli René de Loraine & fes Descendans, comme une condition de son institution dans lc Duché de Bar, d'en faire jouir cette pofterité.

C'est ausii la justice évidente de ce droit qui donne lieu au Marquis de So. licz d'esperer qu'à la fin la Serenissime Maison de Loraine pour satisfaire à une obligation si essentielle , voudra bien lui reftituer ledit Marquisat en qualité d'Héritier en droite ligne de Jean d'Anjou avec les fruits perceus depuis cent quatre vint ans qui pourront estre evaluez suivant la valeur des Biens, sans que ledit Marquis ait besoin de recourir à d'autres voyes pour obtenir ce qui luy apartient par toutes les Loix divines & humaines.

Les

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