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n'alleguerai pas non plus les motifs de la Justice & de la Gloire qui doivent porter les Puissances de l'Europe à faire ren. dre la Transsylvanie à son Prince. Je ne dirai pas non plus que l'équité veut que les Puissances, qui par leurs assurances de les faire comprendre dans la Paix générale données au Prince Rakoczi & aux Hongrois Conféderez, les ont empêché de se servir du fecours des Turcs, qui leur a été si souvent offert. Que ces Puissances, dis je , leurs fassent obtenir ce qu'ils ont reconnu eux-mêmes être ju. ste, & je ne parlerai pas des motifs qui doivent toucher les Puissances Protestantes en faveur de ceux de leur Religion quiy sont dans l'oppression. Tout cela a été montré & déduit évidemment en plufieurs occasions. Je dirai seulement que li tous les motifs alleguez ne sont pas suffi fants, les Intérêts dont on a deja couché quelques uns, engagent les Puissances de l'Europe à faire rendre la Transylvanie , & par.

t-là borner une Puissance qui pourroit bicn tôt tendre au renversement de la Liberté de l'Empire, & ensuite de l'Europe.

Car la Maison d'Autriche dévenant par !c Traité de la Paix à faire plus puissante

par

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par les Etats de la Monarchie d'Espagne en Italie & ailleurs, augmentera sa Puissance en reduisant entiérement l'Hongrie & la Transsylvanie, d'une telle maniére, que les anciennes Maximes du Gouvernement étant changées à la Cour de Vienne, par l'application de Sa Majesté Imperialc aux affaires d'Etat, & par l'economie qu'on y prétend établir ; Elle pourra par les Richelles de ces Pais Conquis, & qu'Elle acquera par la Paix à faire, mettre une Armée bien grande sur pied, par laquelle il lui sera facile de chasser les Turcs bien tôt & reünir à la Couronne de Hongrie ce qui lui appartenoit autrefois, & par

là joindre de l'autre côté ces Etats à ceux d'Italie, & poffeder ainGi en fon entier un Royaume qui autrefois en fon état florisfapt faisoit trembler l'Europe. La consequence se tire de soi même ce que l'Empereur sera capable de faire en tel cas du côté de l'Empire, du Rhin, &c.

Ceux qui connoissent les Intêréts de l'Europe & de chaque Puissance, comprendront aisément le danger que la Liberté de l'Europe courroit d'une Puissance si excessive; ils en sçauront mieux juger que moi , non seulement par des I 4

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exem

so

exemples des Histoires, mais aussi de la profonde expérience & fagelle consommée, qu'ils ont de ce qui convient aux biens de leurs Etats & aux intérêts de l'Europe.

Il faut esperer qu'ils seront persuadez que tout ce qu'on a dit est fondé sur la raison & sur l'expérience du passé, & que la sureté & la solidité de la Paix à faire de pend en quelque maniére de la Restitution de la Transsylvanie.

Il ne sera pas difficile de terminer cette affaire, le Prince Rakoczi n'écanc

pas éloigné d'applanir les difficultez qui pourroient naître sur la Ceflion & sur la Poffelfion de la Transsylvanie , fi les Puissances Belligerantes en veulent faire une Condicion de la Paix, & G le Ministére de Vienne , pour y consentir inmanquablement considére le peu de paroles de Nôtre Seigneur ; Rendez donc à César ce qui eft à Cefar, & à Dieu ce qui eft à Dieu, à qui on a prêté tant de Sermens, & au nom de qui on a fait des Alliances & des Traitez folennels.

ME.

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Concernant les droits que la Maison de
Forbin a sur le Marquisat de

Pont & Mouffor.

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E droit de Mellire François Auguste de Forbin de Soliez

des Villes de St. Remy & de St. Canoat en Provence , Marquis de Pont a Mousson dans le Duché de Bar, Chevalier d'honneur de son Altesse Royale Madame, Duchesse Douairiere d'Orleans, &c sur le Marquisat de Pont a Mouffon eft fi illustre & en mesme temps G legitime, qu'on à tout lieu d'estre persuadé que les Ministres qui composent la celebre Assemblée d'Utrecht ne seront pas faschęz d'en estre informez.

On peut dire fans exaggeration que ce droit de la Maison de Forbin sur le Marquisar de Pont a Mouffon est aussi ancien & aussi Authentique que l'est celuy de la Sereniffime Maison de Loraine sur le Duché de Bar mesme duquel ce Marquisat releve, puisque l'un & l'autre vient d'un mef

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ms

me Auteur , & que l'un & autre droit a pour fondement les mesmes titres.

Cet Auteur est , René d'Anjou Roy de Jerusalem, des deux Siciles, &c. Conte de Provence, &c. Duc de Bar, &c.

Ce Prince aprez la mort de tous fes Fils & petits Fils legitimes voulant donner à Jean d'Anjou son Fils naturel les moyens de sublister selon la qualité, outre plusieurs autres terres & Seigneuries luy fit don des Villes de St. Remy & de St. Cannat en Provence,&

du Marquisat de Pont a Moulson dans le Duché de Bar.

Ces Dons faits à Jean d'Anjou par René Roy de Jerusalem sont fondez sur deux titres consecutifs également Authentiques & invincibles pour affermir le droit inconteftable du Marquis de Soliez.

L'un est, l'Acte de Donation entre vifs en date du 17. d'Octobre de l'An 1473., par lequel René d'Anjou donne à Jean d'Anjou son Fils naturel le Marquisat de Pont a Mousson dans toute son étendue & avec toutes ses dependances, avec une prohibition positive de vendre, ceder ou aliener ledit Marquisat en tout ou en partie, & avec la clause expresse qui porte que le Marquisat de Pont a Mouffon doit passer

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