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bourg; aussi n'a-t-il jamais tenté de faire valoir son droit par là; au lieu que celui du Roi de la Grande Bretagne en vient manifestement.

A l'égard du droit fondé sur l’ab inteftat, fi, comme on ne peut pas le présumer, Sa Majesté Prussienne , contre la reconnoissance du même Prince Frederic Henri, vou. loir le soutenir , lesdits biens, à la vérité, auroient été devolus & acquis au Prince Mauriee, sans aucune charge ; mais alors auni, ils seroient assujettis au Fideicommis du Prince Maurice, aussi bien qu'à celui de Philippes Guillaume, qui est purement Masculin, & qui exclud le Roi de Prusse comme étranger; c'est aussi par ce Fideicomasis, qu'après la mort du Prince Frederic Henri, non-seulement le Roi de la Grande Bretagne, mais aussi après la mort de ce dernier, le Prince Jean Guillaume Frison, Pere des Pupilles, sont expressée ment appellés, comme celui-ci, étant de la Famille de Nassau,& descendu du Comte Ernest Casimir,

Cela posé, comme c'est la vérité, que le Prince Frederic Heari n'a acquis ces biens, & ne les a possédés qu'avec la charge de Fideicommis, soit en vertu du Telta

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ment du Prince Philippe Guillaume , soit en vertu de celui du Prince Maurice, ili s'ensuit de là néceflairement, & il est manifefte, que le propre Fideicommis du . Prince Frederic Henri, sur lequel Sa Majefté de Prusse se fonde, ne peut s'étendre à ces biens là, en aucune maniere, & que ni son fils le Prince Guillaume second, ni après lui qui mourut sans faire de Testament, son petit fils le Roi de la Grande Bretagne, en vertu de ce Fideïcommis du Pere & de l’Ayeul, qui fut , sans contredit, universel, n'ont nullement été assujettis ni obligez à l'égard des biens qui leur sont venus, non par sentence, ou par disposition Testamentaire du Pere & de l'Ayeul, mais en vertu de Fideicommis d'autres, aux quels Fideicommis les Pere & Grand Pere ont été aflujettis. Ce que non-seulea ment le droit dicte clairement, mais aussi la raison naturelle.

Si l'on objectoit à ce sentiment, qu'à prendre la chose selon les regles, cela est vrai; mais que si la volonté du Testateur. est assez manifestement exprimée d'une autre maniere, & que l'héritier l'a ainfi rep connu, en prenant possession des biens de la succession, la disposition du Teftateur

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fe pouvoit alors étendre aulli aux biens qui étoient dûs à l'héritier, en vertu du Fideicommis d'un autre.

Afin de resoudre cette objection, il faut examiner deux choses; Premierement, fi dans le Testament du Prince Frederic Henri, il paroît que, contre ce que dicte le droit & la raison, & même contre la bienséance, la volonté du Prince Teftateur auroit été de rendre illusoirs, & d'anéantir les Fideicommis que ses Freres avoient faits de leurs biens & d'une maniere digne de tels Princes. Er en second lieu, que pour fé, fans qu'on en tombe d'accord en nulle maniere, que ç'eût été là la volonté du Prince Teftateur; si en ce cas cela auroit été en fon pouvoir. Il y auroit à ce sujet deux questions à discuter, l'une de volonté & l'autre de faculté. Si l'une ou l'autre manque, savoir la volonté ou le pouvoir, il elt certain que le faux fuyant du Roi de Pruffe s'évanouit.

Mais l'examen de cette double question ne regardant pas cette illustre Assemblée, on ne l'entreprendra point ici, parce que cela seroit non-seulement inutile, mais end nuyeux. Il suffira donc d'alleguer seulement contre la prétenduë volonté, qu’ou

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tre qu'elle ne paroît en aucune maniere dans tout le Tellament du Prince, & specialement dans tout son Fideicommis, qu'il ne faut que lire principalement pour cela, il n'y eit pas dit un mot, ni fait aucune mention des Fideicommis des Princes Philippes Guillaume & Maurice; mais qu'au contraire, il paroît assez ouvertement une volonté à cela tout opposée, comme en tems & lieu on pourra le faire voir. Aufli ne peut-on nullement présumer que le Prince Teftatcur ait eu cette prétenduë volonté, & ce pour plusieurs raisons, qui seront deduites ci-après plus amplement; & entre autres, parce que par un tel pacte, le Prin. ce Testateur seroit présumé avoir voulu rendre illusoire, contervenir & violer d'une maniere peu séantc, la Transaction surdite, qui fut faite solemnellement sous la foi & honneur de Princes, & qui, comme il a été dit, porte en propres termes, que chacun des tranfigeans pourroit disposer librement de ses biens , & qu'ils ne se mêleroient point des biens les uns des autres, ni ne s'y ato tribueroient aucun droit : ce que le Prince Teftateur certainement auroit fait , s'il avoit voulu rendre vains les Fideïcommis de ses Freres; laquelle contravention & vios

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lation, non d'un Accord, mais de la foi & de l'honneur d'un Prince, ne peut pas être imputée au Prince Testateur , & l'on ne peut présumer telle chose de lui, sans faire un tort inexcusable à son illuftre nom &à sa mémoire.

De même, il suffira aussi d'alleguer, contre la prétenduë faculté, que quoi qu'il soit libre à un chacun de disposer des biens d'un héritier , & que l'héritier en prenant possession de l'héritage, soit obligé, par cela même, d'accomplir la disposition du défunct; néanmoins cela n'a pas licu à l'infini, ni jusques à ce point, que l'héritier puisse être chargé par le Testateur de remettre à un autre plus qu'il n'aura reçu luimême par le Testament: car le droit établit expressément le contraire, à favoir qu'un héritier ne peut point être ainG grevé; Sed quod excedit acceptum inutiliter relinqui, ne damnum fentiat ultra quod ad eum ex hereditate pervenerit. Or, suivant cette proposition, cela auroit excedé, si le Prince Teftateur avoit pû disposer de biens, que lui-même n'a pû poffeder ni recevoir

. de ses Freres qu'avec la charge de Fideïcommis, sur tout , puis qu'on n'agit pas ici contre des Créanciers, qui tâchent de

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