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né leur démiffion pour revenir en Angleterre; les uns font dégoûtés du fervice; les autres font très mécon tens de ce qu'on a envoyé de Londres des officiers pour remplacer ceux qui ont été tués dans l'action du 17 Juin. C'eft, dit-on, cette derniere circonfiance qui a retenu le général Gage, qui devoit revenir en cette capitale; fon époufe y eft arrivée avec sa famille, & elle a déjà été préfentée à L. M., avec lefquelles elle a eu une conférence de près d'une heure. Le navire la Charman ze, qui l'a tranfportée à Plymouth, portoit 170 fol. dats, tant bleffés que malades, qu'il n'avoit pas été pof fible de traiter à Bofton, où ils manquoient de tout. Un autre vaisseau arrivé aux Dunes y a débarqué auffi un grand nombre de foldats bleffés & malades; les dépêches dont ce vaiffeau étoit chargé, portoient que tout étoit affez tranquille à Bofton, & que le général Gage ne rifqueroit point le fort des armes avant l'arsivée des renforts qui lui font deftinés. Suivant le rapport des déferteurs, fon armée n'eft compofée que de 4 mille hommes à Boston, & de 2,200 qui font poftés à Bunckershill.

Les infurgens font quatre fois plus nombreux & font pourvus abondamment de fubfiftances. Ils fent occupés à fortifier leurs lignes, à former des redoutes, & à placer du canon dans des lieux convenables', afin de couvrir la ville de Cambridge & les environs, & d'empêcher les royaliftes de pénétrer dans le pays. Leur armée forme trois grandes divifions, dont l'aile droite, placée à Roxbourg, eft commandée par le général Ward; Paile gauche, à Prospect, fur une colline, par le général Lée; & le centre avec le corps de réferve, par le général Washington; les troupes font en fort bon état, & des poftes avancés veillent à tous les mouvemens des troupes du roi qui font à Bofton pour prévenir toute furprife.

Telle eft la pofition des deux armées de freres & de concitoyens, qui doivent s'entr'égorger, & décider du fort des colonies américaines. Tandis que la cour fair les plus grands efforts pour obtenir des fuccès conformes à fes vues, le congrès continental de Philadel phie ne néglige rien de tout ce qui peut concourir à la plus vigoureufe défenfe. Cette aflemblée a adreffé, le -28 Juillet dernier, une lettre au peuple d'Irlande pour lui expofer- les motifs de fa conduite, & des démarches qu'il a faites pour concilier les intérêts de la mere patrie avec ceux de l'Amérique.

Le 3r du même mois, le congrès ayant pris en confidération la réfolution du parlement, en date du 201 Février dernier, qui laiffe aux colonies le choix de fe taxer elles-mêmes, ou de fe foumettre aux taxes parlementaires, il fit un arrêté, par lequel il déclare déraifonnable & infidieufe cette réfolution; ajoutant « qu'il n'appartient qu'aux feules anemblées des colonies de prononcer fur l'étendue & la nature de leur taxe, & de connoitre de leur application; qu'il ne peut & ne doit s'en établir aucunes par la force ou les menaces ; qu'il eft injufte d exiger que les colonies fe taxent elles-mêmes, tandis que la Grande-Bretagne a le monopole de leur commerce; que celui-ci les affujetit à une force contribution. Demander donc ( dit-il ) de nouveaux fubfides en forme de taxe, ce feroit exiger d'elle le double de ce qui doit être en égale proportion; car fi nous devons contribuer également avec les autres parties de l'empire, qu'il nous foit auffi permis de jouir avec elles d'un commerce libre dans tout l'univers; mais tant que des restrictions mifes à notre commerce enleveront les reffources de l'opulence, feroit-il jafte que nous fupportafhons tous les autres fardeaux en égalité avec ceux à qui chaque reffource eft ouverte » ?

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Le 2 Août, le congrès s'ajourna aus de Septembre pour reprendre fes délibérations. Néanmoins il accorda trois millions de dollars (le dollar à environ deux écus), dont une partie circuloit déjà en billets d'un jufqu'à 20 dollars. Il nomma en même tems deux tiéforiers pour l'administration des deniers publics, & déclara directeur-général des poftes en Amérique le docteur Franklin, à qui il affigna un certain nombre de fecrétaires & de commis. On propofa auffi d'avancer la fomme de 700 mille div. pour foutenir les opérations militaires, & former des alliances avec les tribus de fauvages.

La ville de New-Yorck, qui, dans le fein des troubles actuels, jouiffoit dans les murs d'une plus grande tranquillité que les autres par la modération de fes magifirats, eft aujourd'hui livrée au plus grand défordre. On n'y fouffre plus de neutralité, & l'on veut foumettre toutes les opinions particulieres au fyftême de guerre, depuis la déclaration formelle qu'en a publié le congrès.

On voit ici des lettres qui portent que le général Car leton, à la tête d'un corps de Canadiens & de fauvages, a repris fur les rebelles le fort de Frontenac, & fait prifonniere de guerre la garaifon qui s'y trouvoit, & que

delà il étoit allé faire le fiege de Ticonderago pour en déloger également les rebelles; mais d'autres avis difent le contraire, & mandent que les derniers raffembloient un gros corps d'armée, deftiné à couvrir les frontieres de leurs colonies, & à attaquer le général Carleton dans fa marche, avant qu'il foit à portée de les inquiéter.

Des lettres du Bengale annoncear la mort de Soujah Dowla; fa maladie & fa mort ont été les fuites de l'intempérance la plus complette & de fon averfion pour toute espece de remedes. Mirza-Ammaung, fon feui fils légitime, fuccede à fes droits.

On voit ici les copies des lettres que les généraux Gage & Washington fe font écrites. Ils s'y plaignent réciproquement de la maniere dont les prifonniers font trai tés de part & d'autre. Le général Gage accufe les infurgens de faire la guerre comme les fauvages en enlevant les femmes, les enfans, &c. (Nous ferons connoi tre ces deux lettres fi l'espace nous le permet ).

PAYS-BAS.

BRUXELLES (le 5 Octobre. ) L'accident arrivé à la chase au fils aîné du duc d'Aremberg, n'aura point des fuites auffi fàcheufes que l'on avoit craint; on efpere que ce prince confervera l'ufage de fes deux yeux.

dont,

Suivant les lettres de Paris, le Sr. de Malesherbes pourfuit avec perfévérance fon deffein de prévenir les injuftices, que la forme d'un gouvernement monarchique ne facilite malheureufement que trop dans un état auffi étendu que la France. Perfuadé que les lettres de cachet, Pufage, originairement contraire aux droits du citoyen, a été autrefois fr multiplié, fervoient fouvent à des vene: geances & des menées odieuses, ce miniftre avoit d'abord voulu reférer au confeil de toutes celles qu'il feroit obligé de figner; mais cette voie ayant paru trop lente & trop difficile, il a propofé de ne les expédier que de l'avis de quelques commiffaires nommés à cet effet: &, le roi lui ayant confié le choix de ces magiftrats, déclaré ne pouvoir mieux les choifir qu'au fein de la› compagnie dont il avoit fi longtems eu l'honneur d'être le chef. En conféquence, il vient de nummer quatre confeillers de la cour des aides, pour examiner toutes les demandes de lettres de cacher qui fe délivrent dans fon département. En effet, F'on ne fçauroit nier que de paKils actes d'autorité, que la mécemité feule juftifie dans

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des cas extraordinaires, n'aient caufé fréquemment les abus les plus cruels, que le gouvernement actuel fe fait un devoir de réformer. Un commiffaire de police, qui pendant les opérations du chancelier, avoit été mis au donjon de Vincennes, en eft forti le mois dernier, après qu'il eut vule Sr. Albert, lieutenant-général de police, dans la vifite que ce magiftrat a faite des prifonniers de ce chateau, où il avoit été fi étroitement féqueftré, qu'il n'a appris qu'en fortant la mort du feu roi, le retour du parlement, & le bonheur dont la France jouit fous un monarque jufte & bienfaifant. Pendant fa détention, fa fanté s'eft délabrée, fa charge a été vendue, fes biens ont été perdus, &c.

On mande auffi de Paris, que le contrôleur-général a écrit à tous les tréforiers dans les différentes parties, de lui adreffer un état de tous les employés qui y travaillent, du produit de leurs places, des appointemens qui y font attachés, des gratifications qu'on leur accorde, ainfi qu'un état de la dépenfe concernant les frais de bureau. On ne fçait quel est l'objet de cette demande; mais aucun tréforier n'y a encore répondu. Chacun d'eux a rendu compte au miniftre de fon département de l'ordre du contrôleur général, & ces miniftres leur ont répondu qu'il attendroient les ordres du roi à ce fujet.

On apprend d'Amfterdam qu'il y eft arrivé une fyrene qu'on y offre aux regards des curieux. Elle a 3 pieds de hauteur, & fe tient dans l'attitude qu'elle prend lorfqu'elle s'éleve fur les eaux pour faire entendre fa voix. Le vaiffeau la Félicité l'a pêchée dans l'Archipel, au golfe de Sianchio.

Il vient de fe former fur les frontieres de France différens dépôts où l'on reçoit les foldats françois qui s'étoient expatriés par la défertion. S. M. T. Chr. voulant bien ufer de clémence envers ces fugitifs a donné ordre à fes ambassadeurs dans les cours étrangeres de leur délivrer des paffeports pour rentrer dans le royaume. Dès leur arrivée aux dépôts, ils y jouiront de la fubfiftance, & feront pour vus fur le champ du petit équipement. Il y a un de ces dépôts établi à Philippeville, qui préfente une prompte reffource à tous les déferteurs françois qui habitent le pays de Liege & la Flandre autrichienne.

NAISSANCE S.

La princeffe époufe du prince d'Anhalt-Bernbourg nét

princeffe de Solms-Braunfels, eft accouchée, le 22 Septembre, à Schaumbourg fur la Lahn, d'une princeffe qui a été nommée Caroline-Ulrique-Charlotte.

La landgrave de Heffe-Hambourg, qui fe croyoit encore éloignée de fon terme, eft accouchée d'un prince le 27 du même mois, à Francfort, chez la ducheffe de Courlande, à qui elle étoit allée rendre une vifite.

MARIAGES.

Le marquis Spinola, noble génois, & l'un des plus riches particuliers de l'Europe, époufa à Vienne, le 14 Septembre la plus jeune des filles du comte Jofeph de Stahrenberg. Ces deux époux ont reçu la bénédiction nuptiale des mains du cardinal Migazzi.

Le fils aîné du baron de Schimmelman, envoyé-extraordinaire du roi de Danemarck au cercle de la Baffe-Saxe, époufa, le 18 Septembre, à Ahrensbourg, près d'Altona, la comteffe de Rantzau, fille du comte de ce nom, chambellan de S. M. danoife, &c.

MORTS.

La princeffe Amélie de Mecklenbourg-Schwerin, fœur du prince régnant de ce nom, & chanoineffe d'Herford, eft morte à Schwerin, âgée de 45 ans.

Nicolas Watelet de Valogny, chevalier de l'ordre royal & militaire de St. Louis, maréchal de camp, & commandant pour le roi au Mans, y eft mort le 25, Septembre.

Magdelaine Pernon, époufe de Louis Quintin de Richebourg, chevalier, marquis de Champcenetz, gouvers neur & capitaine des chaffes de Meudon, & gouverneur du palais des tuileries, eft morte à Paris, le de ce mois, à l'âge de 38 ans,

Dans le dernier Journal, pag. 57, lig. 8, aulieu de Richelet, lifez Richer.

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