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seulement jusqu'au 23 du mois prochain , auquel jour on est convenu de se rassembler extraora dinairement pour délibérer sur les deux objets qui font restés indécis depuis le mois d'Août de l'année derniere

, parce que les avis étoient partagés. Il paroit maintenant qu'on se rappro. che de plus en plus , surtout à l'égard de ce qui concerne la diftribution des procès ; & la répartition des sénars ; on se flatte que dès que les cours auront envoyé leurs dernieres instructions ici sur cette matiere , il sera facile de former un résultat de l'empire d'autant plus qu'il est essentiel pour diriger la conduite des subdélégués de la troisieme classe dans leurs opéra- tions de révisions , qui font le plus grand but de la commission établie à Wetzlar.

Il a aussi été décidé par S. M. I. que son intention est que l'ouverture de la troisieme claffe se fasse pour le premier O&obre , & qu'elle reste assemblée jusqu'au premier Mai. Elle a décidé en outre qu'attendu les difficultés survenues par rap

l'é lecteur de Mayence, en la qualité d'archi-chancelier de l'empire, sera requis de convoquer pour la troisieme classe, les comtés de Suabe & les comtés de Weteravie ; S. M. I. a envoyé en même tems à ses commissaires au congrès de la visitation, les instructions les plus précises pour qu'ils exhortent les subdélégués des états députés de la troisieme claffe à agir unanimement, de concert & avec toute la bonne intelligence possible, afin d'éviter tous les incidens capables de ruire au succès des opérations importantes dont ils vont s'occuper.

On sçait que plusieurs cours ont aussi muni leurs subdélégués des ordres les plus précis pour seconder les vues & les intentions de S. M. I., de forte qu'on peut se promettre un prompt &

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heureux succès des opérations de la troisieme classe pour l'amélioration de la justice, & pour la satisfaction des parties qui languiffent après la décision de leurs causes.

Les troubles de la Bohême paroissent' maintenant appaisés ; la tranquillité a dumoins été récablie à l'arrivée d'un réglement impérial sur les corvées , qui rend aux paysans la liberté naturelle dont doit jouir chaque sujet après avoir rendu à dieu ce qui est à diąu, & à César ce qui eft à César. Les paysans sont divisés en trois clasfes; ceux qui n'ont que cette désignation de pays sans, avoient fix jours de service à faire pour leurs seigneurs , & il ne leur restoit que le dimanche, le nouveau réglement leur laifle trois jours, outre le dimanche ; on trouve que ce n'est pas tout ce qu'il auroit fallu leur rendre; mais c'est beaucoup d'avoir trois jours quand on n'en avoit point. Le demi-fermier, qui étoit plus maltraité que le paysan ou le fermier, ne fera que deux jours de corvée ; & les paysans qu'on nomme Kolter , & qui font au-dessus de ceux qu'on désigne sous le nom de fermiers, ne sont plus sujets qu'à un jour de service chaque semaine. Cet arrangement ne déplait qu'à la nobleffe , qui n'avoit besoin d'aucune forte de domeilique à ses gages, puilque tout ce qui exiftoit , n'exiftoic que pour son seigneur.

Ce nouveau réglement a été lu publiquement dans les principales villes de Bohême, & l'on en a envoyé des copies imprimées dans tous les villages & hameaux. Des commissaires nommés par la cour de Vienne ont prélidé à la lecture dans les chefs-lieux des différens districts; ce fut le comte Olivier de Wallis qui en remplit les fonc. tions, le 12 de ce mois, à Pilsen. Ces patentes n'annoncent pas un pardon général; plusieurs paysans seront punis rigoureulement pour avoir reg fusé de cultiver les terres, & avoir exposé la Bohême à manquer des deorées de premiere nécessité,

La révolution opérée dans les états de Brunswick par la suppression des corvées féodales, ap. prend à ceux qui sont avilis & découragés par ce genre de servitude, à dénouer heureusement les Icenes humiliantes & désastreuses qui les désolent. Les paysans travaillent actuellement dans ce pays fix jours de la semaine pour eux-mêmes, ou moyennant salaire pour autrui, & le feptieme ils se reposent. Les seigneurs, avec des redevances & des améliorations de culture, paient le travail & ce travail soudoyé eft infiniment plus productif, Autrefois ils voyoient leurs terres à peine effleurées, laisser échapper, comme à regret de foibles moissons qui périssoient en partie, avant d'avoir été coupées ou après l'avoir été, sous des mains languifiantes qui n'avoient point d'incérêt à les conserver. Dans l'impossibilité de trouver de riches fermiers parmi les pauvres ferfs, on a été obligé de sousdiviser les exploitations, en attendant qu'il se formât de riches cultivateurs, seuls en état de lutter contre de grands obftacles, de parer à des pertes graves, de concerter & d'exécuter des améliorations considérables, de perfectionner l'agriculture par l'étude & l'expérience, &c.

VIENNE ( le 24 Septembre. ) Le 11 de ce mois, fête de Ste. Béatrix, dont l'archiducheffe, épouse du prince Ferdinand, porte le nom, la çour fut en grand gala , &'il y eut le soir bal masqué dans les appartemens de (* Schonbrun,

(*) Pour prononcer cé mor suivant l'idiome allemand, il faut dire', Schaine brownc , qui figajfic BelleFontaine,

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où il se trouva 4 mille personnes. Il survint une grosse pluie, qui emp?cha l'illumination projectée dans les jardins. Le même jour, le prince Albani fut déclaré grand maitre de la maison de l'archiduc Ferdinand , & il y eut une promotion de 22 chambellans de L. M. I.

Le 14, l'impératrice reine en fit une de 18 dames de l'ordre de la croix étoilée, à la tête desquelles se trouve l'archiducheffe Marie-Thérese, fille ainée du grand duc de Toscane ; au nombre des autres , sont la maréchale comtesse du Muy, née de Blanckardt ;, la princeffe Lubomirski née comtesse de Haddick; la comtesse de Stadion princeffe & abbeffe du chapitre de Buchau.

Le 17 , on donna, dans la salle des redoutes de cette ville, un bal masqué, que l'archiduc Ferdinand, l'archiduchesse son épouse, & l'archiducheffe Elisabeth honorerent de leur présence.

Le 18, il y eut grand appartement au château de Schonbrun. L'illumination qui n'avoit pu se faire le II, eut lieu le même soir. La montagne no.nmée le Parnale, qui est à l'extrémité du grand parterre , en face du château , écoit entierement illuminée ; le sommet étoit décoré par un arc de triomphe, far lequel on lisoit en feu les lettres F & B , qui font les iniciales des noms de Ferdinand & Beatrix ; & des chæurs de musique, placés au bas de la montagne, mêlerent le son des instrumens aux cris d'alégresse d'un peuple immense, à qui l'entrée des jardins avoit été permise, & qui s'y étoit rendu de toutes parts.

Jusqu'à présent, les édits & réglemens relatifs au militaire , étoient rendus & expédiés par la chancellerie du conseil aulique de guerre, mais désormais, ils seront projeccés & dépêchés dans le cabinet de l'empereur. Le bureau des expédi. tions prendra ensuite l'ordre du conseil aulique, & concertera ses mesures de maniere que chaque

Odtubre. ze, quinz. 1775.

dépêche, foit qu'elle regarde toute l'armée , ou un corps, particulièr , soit remise en même tems à tous les commandans, sans qu'elle puisse être ouverte ni exécutée avant le terme qui sera prescrit. Différens abus découverts , tant dans les trou. pes que dans la chancellerie de guerre, ont donné lieu à ce changement. On allure que 20 officiers de ce département sont callés ou interdics de leurs fonctions.

On apprend de Presbourg, que le feu a pris à un chariot chargé de 30 quintaux de sucre, qui étoit prêc d'arriver dans cette ville; on n'a pu sauver que quelques centaines de livres de cette denrée, qui se trouve gâtée. Cet accident a fait naître un procès entre le propriéraire & le conducteur. Il s'agit de sçavoir si un ctarretier doit ré, pondre des suites d'un incendie qui pourroit arriver à une voiture par le frottement de son eslieu dans son noyau. On ne se rappelle pas que cette question ait encore été décidée dans ce pays.

Ta petite ville de Leutomischel en Bohême qui appartient au comte de Wallenstein , vient d'être presqu'entierement consumée, avec le superbe château & la grande braflerie.

Les derniers avis de Confiantinople portent qu'on y a appris que le capitan pacha éroit parvenu à défaire totalement l'armée du Cheick Daher , âgé de 90 ans, dont il a envoyé la tête au grand seigneur, après s'être rendu mairie de St. Jean d'Acre, où ce chef de rebelles faisoit fa résidence. Les nouvelles des bords de l'Euphrate ne sont pas si favorables. Elles portent que Bassora étoit prêt à tomber au pouvoir des Pere fans : que le vainqueur de la Perle avoit trou. vé le moyen de 'faire pénétrer un corps considérable de les troupes dans la province de Diare beck, & qu'il avoit renvoyé avec mépris l'am

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