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entre l'Empereur Maximilien comme Archiduc d'Autriche & l'Evêque de Coire & les trois Ligues des Grifons.

L'Alliance concluë en 1482. entre Vladiclas Roi de Boheme & Ernest Electeur & Albert Duc de Saxe.

Le Traité_fait en 1555. entre les Maisons de Saxe, de Brandebourg & de Hesse.

La Convention que les mêmes Maisons firent ensemble en 1614.

Le Traité figné à Francfort le 14. Août 1658. entre plusieurs Princes de differens Cercles de l'Empire & la France.

Le Traité concluě le 6. Juillet 1666. entre la Couronne de Suede & l'Electeur de Saxe.

La grande Alliance de Brunswick concluë en 1672, l'Empereur même y étant Partie stipulante, & plusieurs autres Traitez que l'on pourroit encore raporter, ne laissent aucun doute sur les principes que l'on vient d'établir.

Tant de Documens autentiques & incontestables doivent bien convaincre notre Antagoniste, que fa distinction entre les Droits contestez & non-conteftez est tout à fait mal fondée , & manifestement contraire aux Conftitutions de l'Empire, aux Capitulats des Empereurs, aux Conventions fondamentales & perpétuelles des Etats, & à

& la pratique constante de tout le Corps Germanique, & même en particulier à celle de l'Auguste Maison d'Autriche, & à la Déclas ration formelle que Sa Majesté Impériale a faite dans l'Alliance défensive concluë en

1672,

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1672. Tellement que nous avons les raisons les plus fortes & les plus infaillibles de rejetter comme mal fondée cette invention quelqu'ingénieuse qu'elle puiffe paroître du prémier abord, étant bien assurez qu'on ne trouvera aucun exemple dans l'Histoire de tous les fiecles pour la justifier dans l'esprit d'un Juge éclairé.

Sur lirticle V.

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Les trois Hauts Confédérez s'engagent dans l'Article V. & fe promettent de s'entr'aider réciproquement pour le maintien de la Paix de Westphalie, & des Actes qui ayant ftatué sur les affaires de l'Empire, font regardez comme la base & le fondement de la tranquilité du Corps Germanique, & le soutien de ses Droits, Privileges & Immunitez, auiquels leursdites Majeftez souhaitent véritablement de pourvoir d'une maniere folide, *. Toutes les objeâions que l'Analyse forme là deflus fe réduifent en substance à cing points. On dit que le repos & la félicité publique que le glorieux régne de Sa Majesté Impériale a procuré à l'Empire depuis quatorze ans, mérite bien une parfaite confiance de tout bon Allemand. En second lieu on dit que les Rois de France, de la Grande-Bretagne & de Prufse n'ont pas le droit de s'ingérer par voye de fait dans le Gouvernement général de l'Empire

ni dans le redressement des prétendus Griefs. En troisième lieu on allégue que fi le Roi de France venoit à se mêler de ces af. faires, il ne devroit pas être considéré comme Garant, mais comme Enaemi, & qu'un Elec

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teur ou autre Prince de l'Empire qui entreprendroit de pareilles choses s'attireroit par là justement les peines auxquelles les Loix condamnent les Infra&eurs de la Pais publique. En quatrième lieu on supose qu'il n'elt point permis à un Prince de l'Empire de se rendre justice lui-même dans ses propres intérêts, mais qu'il doit toûjours avoir recours aux voyes ordinaires de la justice, & se foûmettre au jugement qui y sera rendu ; & que celui qui en use autrement devient par là infraetear de la Paix.

Enfin en dernier lieu on prétend qu'il n'apartient pas à un Etat particulier de pourvoir à la tranquilité publique, & au maintien des Droits, Privileges, Immunitez & Libertez du Corps Germanique, parcequ'on supose que ce sont des choses qui relevent immédiatement de l'Empereur & de l'Empire, ou bien en de certains cas de la décision des Cercles, dúment convoquez.

Il n'y a point d'Allemand bien intentionné pour la Patrie, qui ne rende d'éternelles actions de grace à la bonté Divine de nous avoir donné un Chef aufli respectable que l'elt l'Empereur régnant, qui par la prudence & par la justice, s'est déja acquis une gloire immortelle. Mais cette justice même & cette générofité que tout le Monde révere en la personne facrée de Sa Majesté Impériale, fert aussi de gage assuré qu'elle n'a pas oublié les Conquétes & les Vi&oires qu'elle a remportées sur ses ennemis, moyennant le sang, l'argent & lę secours de fes Alliez. On a tout lieu d'être persuadé, qu'en considération de tant de services, Sa Majesté Imperiale maintiendra

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constamment les Loix fondamentales de l'Em: pire, & en particulier la Paix de Westphalic, & qu'elle protégera puissamment tant les Etats, que les particuliers dans la joüissance des Droits qui leur apartiennent en consequence defdits Traitez. Cela étant suposé, il n'est pas concevable surquoi l'Auteur de l'Analyse fe fonde en regardant comme Ennemis, & comme infracteurs de la Paix publique tous ceux, qui selon le Droit des Gens, & les Loix fondamentales de l'Empire foûtiennent le droit de la garentie. Tout le Monde fait que la Paix de Westphalie a coûté bien du sang & bien de l'argent à toutes les Provinces d'AlIemagne. Les Parties contractantes ont apréhendé que les conjonctures n'aportassent aussi quelque changement dans les Esprits des hommes' selon la sentence du Poëte, qui dit.

Stat nulla diu mortalibus ufquam Fortuna titubante fides.

C'est à cause de cela que les parties ont trouvé bon de munir ce prétieux Traité d'une garantie suffisante, qui fait le sujet du XVIII. Article de ce Traité ; Et l'on s'est fié d'autant plus sur cette garenti verbale, que par ce moyen ledit Traité est mis au rang des Loix perpétuelles & des Pragmatiques Sanctions, & de toutes les autres Lois & Constitutions fondamentales de l'Empire, & même inséré dans les Recellus Imperii, comme on le trouve à l’Article XVII. 5. Ipro Majori etiam &c. C'cst une clause de la derniere importance; car puisque par là l’Inftrument de la

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Paix est constitué en Loi perpetuelle & irrévo. cable de l'Empire Romajn, il est certain que l'Empereur n'est pas moins obligé de respecter cette Loi, que les Etats & tous les Hauts Alliez le font. Le changement même de cette Constitution facrée ne dépend point d'un Etat particulier, pas même du Chef de l'Empi.

C'est une Convention qui a été faite par le consentement unanime de tout le Corps & ce n'est que par un pareil consentement qu'elle peut être abrogée ou altérée en quelque manière. Quand les Hauts Contractans ont inséré dans le Traité cette clause , ut valeat inftar Legis perpetue, c. d. Que ceci soit établi en Loi pepetnelle, ils ont régardé cette formalité comme une confirmation plus autentique & plus folemnelle, que fi on s'étoit engagé par des sermens dans toutes les formes à l'observation & au maintien de ce Traité, comme cela s'est pratiqué autrefois entre les Etats qui concluoient entre eux des Traitez de Paix ; sur quoi on peut consulter les Traitez de Madrid en 1526. de Cambray en 1529, de Crespy en 1544. de Chateau Cambrefis 1559. des Pirennées en 1659.

La ratification du Traité de Westphalie est ftipulée de tous les Hauts Contraatans aufli validement qu'on le pourroit souhaiter dans les Paroles qu'on va lire, & qui font tirées de l'Article XVII. 6. Pax vero N.S. Teneantur omnes bujus Transactionis confortes univerfas & fingulas hujus Pacis Leges contra quemcumque, fine Religionis diftintione, tueri & protegere. Que toutes les Parties contra&tantes de cette Transaction foyent tennës d'en deffendre & proséger les conditions contre qui que ce soit, sans

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