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des affaires de la Valteline, vint defcendre d'abord aux Pères de l'Oratoire de Saint Magloire, y prit fon premier repas, y reçut de la part du Roi, les complimens de Gafton, frère de Sa Majesté, & commença de-là fa cavalcade en grande pompe, vers l'Eglife de Notre-Dame. Le Mercure François appelle l'Eglife de Saint Magloire, l'Eglife de Saint Jacques-du-haut-Pas, parce qu'elle fe nommoit ainfi avant que l'Eglife voifine fût bâtie.

SÉMINAIRE DE SAINT MARCEL. Il fut établi par les Chanoines & Chapitre de cette Eglife, pour les Prêtres & Vicaires qui y font attachés, & qui afliftent à ce Chapitre. Avant 1670, ils n'étoient que fix; depuis, M. de Ville, l'un des Chanoines de cette Collégiale, y attira quelques Eccléfiaftiques, & enfin on y a reçu des jeunes gens qui fe deftinent à la Prêtrife, & qui ont étudié dans les Collèges de l'Univerfité, mais en payant penfion, & ils y font dirigés par un Eccléfiaftique. Ils affiftent aux Offices de l'Eglife. M. Sanciergues, Diacre, établit le premier ce Séminaire, avec la permiffion de M. de Harlai; & M. de Noailles l'a confirmé depuis.

SÉMINAIRE DE S. NICOLAS-DU-CHARDONNET, (le) a été inftitué par Adrien Bourdoife, Prêtre d'une vertu éminente; & cet établiffement a été trouvé fi utile,& même fi néceffaire, qu'il a été imité dans toutes les Villes Epifcopales du Royaume. M. Bourdoife commença en 1612, le Jeudi de la premiere femaine de Carême, à former une Communauté de dix Eccléfiaftiques au Collège de Rheims, où il demeuroit pour lors. Elle paffa peu de temps après au Collège du Mans, enfuite à celui du Cardinal le Moine, puis à celui de Montaigu. Le 16 Décembre 1620, elle fut introduite par Compain, fils d'un Secrétaire du Roi, dans une maifon qui lui appartenoit, & qui étoit voifine de Saint Nicolas-du-Chardonnet. Comme cette maifon & une autre que cette Communauté avoit louées, ne fuffifoient pas pour la loger, elle alla s'établir au Collège des Bons-Enfans, fans néanmoins fe deffaifir de la maison de Compain, où elle étoit encore en 1632, fous la direc-` tion de Georges Froger, Curé de Saint-Nicolas-du-Chardonner, lorfque Louis XIII. par fes Lettres Patentes datées de Metz, au mois de Février de cette année, approuva & confirma les conventions faites par les Prêtres de Saint Nicolas, & leur permit de vivre en Commu

nauté; mais cela ne fuffifoit pas, & ils en obtinrent d'autres datées de Saint-Germain-en-Laye, & du mois de Mai de la même année, qui les rendoient capables de faire des acquifitions de fonds ou de maifons, & de recevoir des donations, &c. Armand de Bourbon, Prince de Conti, ayant appris que la maifon que ces Prêtres occupoient, n'étoit paint payée, quoique le contrat d'acquifition en eût été paffé depuis plufieurs années, il leur donna 40000 liv. pour en faire le paiement. Jean-François de Gondi, premier Archevêque de Paris, érigea cette fociété de Prêtres en Séminaire, par fes Lettres da 20 Avril 1644, & le Roi confirma cette érection, par fes Lettres Patentes du mois de Mai de la même année. L'Archevêque de Paris mit la dernière main à cet établiffement, le 10 Juin fuivant. En fignant les conftitutions de ce Séminaire, l'Inftituteur fut faché du pouvoir que le Roi avoit accordé à fa Communauté, de faire des acquifitions, & de recevoir toutes fortes de donations, parce que fon deffein étoit qu'elle ne poffédât rien en propre, & qu'elle vécût fous la dépendance du Curé & de la Fabrique de Saint-Nicolasdu-Chardonnet,

Meffieurs de ce Séminaire ont fait bâtir en 1730 une fort belle maifon dans la même rue, & vis-à-vis de leur Séminaire, & fous le nom de petit Séminaire. Elle est deftinée à l'éducation des jeunes gens qui fe deftinent à 'Etat Eccléfiaftique, & qui vont étudier dans les Colleges de l'Univerfité. Ils ne font reçus dans cette Maifon qu'en payant penfion, & font dirigés par trois Eccléfiaftiques de la fociété du Séminaire. Ils affiftent en furplis, les Dimanches & les Fêtes, aux Offices qu'on célèbre dans l'Eglife de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Tout refpire, dans l'une & l'autre Maifon, le zèle, la piété, & le bon exemple.

SÉMINAIRE DE SAINT SULPICE, (le) a éte inftitué en 1645, par Jacques Olier, Abbé de Pebrac, & Curé de

M. Olier avec MM. de Pouffé, Damien, & autres Prêtres, syant acheté au mois de Mai de cette année, une maison, un jardin, avee un emplacement confidérable dans la rue du vieux Colombier pour y établir le Séminaire; M. l'Abbé de Saint-Germain-des-Prés leur accorda, le 23 O&obre fuivant, des Lettres Patentes, par

Saint Sulpice, l'an 1642; & l'on peut dire que c'eft plutôt l'ouvrage de Dieu, que celui des hommes. L'Abbé

lefquelles il érigeoit le Séminaire de Saint Sulpice en Communauté, & approuvoit les acquifitions qu'ils avoient faites pour cette œuvre. Cet Abbé leur accorda auffi la permiffion d'avoir une Chapelle pour y célébrer la Sainte Messe, l'Office Divin, s'y confeffer, y com munier & y faire les autres exercices de piété. Le Roi Louis XIV. par des Lettres Patentes données en 1746, confirma cet Etablisse, ment, & donna aux Prêtres qui compofoient le Séminaire, & à leurs fucceffeurs, le pouvoir de bâtir, de recevoir des fondations, de faire des acquifitions, & les mêmes privilèges que les autres Communautés eccléfiaftiques. Le bâtiment, tel qu'on le voit aujourd'hui, fut auffis tôt commencé & bientôt fini. M. de Bretonvilliers, qui fut le fucceffeur de M. Olier dans la Cure & dans la Place de Supérieur du Séminaire, y employa les revenus de fon patrimoine. Le Prieur, GrandVicaire de l'Abbaye, bénit la Chapelle, & celle de deffous destinée à la fépulture des Eccléfiaftiques, le 18 Novembre 1650, & le Nonce du Pape y célébra la première Meffe. Les Août 1698, M. le Cardinal de Noailles, du confentement de M. de la Chétardie, prédéceffeur de M. Languet, leur accorda le droit de conferver dans leur Chapelle le Très-Saint-Sacrement, les faintes Huiles, & d'enterrer leurs morts fans les préfenter à la Paroiffe.

Tous les Supérieurs de ce Séminaire ont été célèbres par leur zèle, leur piété & leurs grandes lumières : les bornes de cet Ouvrage ne nous permettant pas de faire ici l'éloge qu'ils méritent, nous ne parlerons que du dernier, M. Jean Couturier, Abbé de Saint-Pierre-de-Chaume, Docteur de Sorbonne, & le fixième Supérieur de ce Séminaire. Il étoit né à Château Roux, Diocèfe de Bourges, le premier Octobre 1688; il' entra Clerc au petit Séminaire, le 16 Novembre 1708; il a éré Supérieur de la Communauté des Philofophes, qui ne faifoit que commencer lorfqu'il fut nommé pour la conduire.

M. Couturier avoit une pénétration étonnante dans les affaires qu'il conduifit toujours avec prudence; la Religion & le Clergé occupoient tout fon cœur. Une droiture fcrupuleuse faifoit fon caractère particulier. Les hommes de bien trouvèrent de grandes reffources dans la fageffe de fes confeils; sa grande modération, son urbanité, son affabilité le rendirent cher à tous ceux qui le connurent. Malgré la confiance qu'avoit en lui M. le Cardinal de Fleuri, il ne fe fervit de la faveur dont il l'honoroit, que pour procurer le bien, & ne l'employa jamais, ni à l'avantage de fes parens, ni à celui de fon Séminaire, il y mourut le 30 Mars 1770, comme un père au milieu de fes enfans, & leur donnant des avis

Olier étoit un jeune homme qui vivoit régulièrement felon le monde; mais il y a loin entre bien vivre felon les hommes, & vivre felon Dieu. La Sœur Agnès de Jefus, Religieufe Dominicaine du Couvent de Langeac en Auvergne, & fille d'une grande piété, fur l'inftrument dont Dien fe fervit pour amener l'Abbé Olier entièrement à lui. Cette Sainte fille ne connoifioit point M. Olier, lorsque la Sainte-Vierge lui ordonna, dit-on, de prier Dieu pour lui. Eile fe mit à faire, en 1631, les prières les plus ardentes pour cet Abbé, & perfifta trois années entières à prier, à gémir, à pleurer, & à faire de grandes pénitences pour lui. Dieu, qui écoute toujours favorablement les prières qui partent d'un cœur tel que celui de la Mère Agnès, opéra dans celui de l'Abbé Olier, cette converfion parfaite, dont les particularités fe voient dans la vie de ce ferviteur de Dieu. La Mère Agnès ayant connu perfonnellement M. Olier, elle voyoit avec une fatisfaction qu'on ne peut exprimer, les grands progrès que la grace faifoit de jour en jour dans cet admirable ferviteur de Dieu, & même prévoyoit, par des lumières divines, les dons du Saint Efprit qu'il recevroit, & les biens qu'il feroit à l'avenir dans l'Eglife. Ainfi éclairée, elle lui prédit un jour que Dieu fe ferviroit de lui pour former grand nombre d'Eccléfiaftiques que la Sainte Vierge choifiroit toujours, & qu'il auroit beaucoup de croix. Ceux qui ont connu M. Olier, ont vu évidemment tous les les effets de cette prédiction.

Ce Séminaire n'étoit guères avancé lors de la mort de M. Olier, arrivée le 2 Avril 1657. Heureufement pour cette pieufe & grande entreprife, Alexandre le Ragois de Bretonvilliers, qui fut Curé de Saint Sulpice après la mort de M. Olier, entra dans les vues de fon prédéccffeur, & fournit de fon patrimoine, à toutes les dépenfes de ce vafte é¿i

pleins de fageffe jufqu'au dernier moment. Il défendit tout éclat & toute invitation à fon enterremen; il étoit âgé de quatre-vingt-un ans & demi. Il a pour successeur M. Claude Bourachot, Docteur de Sorbonne, né le zo Novembre 1697, à Lenax en Bourbonnois, Diocèse d'Autun ; il entra Laïque, le 18 Octobre 1715, au petit Séminaire, dont il a été deux fois Supérieur. La modeftie de cet excellent Prêtre nous interdit ici tout éloge.

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fice, qui fut élevé & conduit fur les deffeins de Dubois. Les peintures de la Chapelle de ce Séminaire font d'une grande beauté, & ont beancoup contribué à la grande réputation de feu le Brun. Ce Peintre a repréfenté dans le plafond, l'Affomption de la Vierge, qui eft à genoux fur un nuage, & eft foutenue & accompagnée par des groupes d'Anges & d'Efprits bienheureux. Le Père Eternel lui tend les bras pour la recevoir dans fa gloire. Comme c'est dans le Concile d'Ephèse que la Sainte Vierge fut reconnue Mère de Dieu, felon la chair, le Brun a représenté au bas de ce grand tableau, les Pères de ce Concile, & quelques-uns de l'Eglife Latine, qui font tous dans des attitudes d'humilité & d'admiration.

Le tableau qui eft fur l'Autel eft du même Peintre, & représente la defcente du Saint-Efprit fur la Sainte Vierge & fur les Apôtres. Comme il étoit très-fatı fait de ce tableau il s'y eft représenté dans un coin, à l'exemple de plufieurs grands Peintres qui en ont ufé de même dans les tableaux qu'ils ont le plus eftimé.

M. Olier fut le premier Supérieur de ce Séminaire, & fon corps eft dans la Chapelle, dans une bière de plomb.

On garde dans la Chapelle, ou dans la Sacriftie de ce Séminaire, ou dans celle de l'Eglife de Saint Sulpice, un Crucifix, dont la Mère Agnès de Jefus avoit fait préfent à feu M. Olier. Cette pièce eft d'autant plus vénérable, qu'on fait qu'à fon occafion, Dien opéra un miracle en la perfonne de M. Philippe, Prêtre, Vicaire-Général de l'Archevêque d'Aix, & Supérieur de fon Séminaire. Cet Eccléfiaftique étant encore dans la Communauté des Prêtres de Saint-Sulpice, fut faifi d'une fièvre très-violente, le propre jour de la fête de ce Saint Patron. M. Olier, alors Curé, ayant appris fa maladie, lui apporta promptement le Crucifix de la Mère Agnès, qu'il avoit toujours fur lui, & lui dit : tenez, voilà qui vous guérira. Auffi-tôt que le malade eut reçu de fa main ce Crucifix, il fentit diminuer fa fièvre, & en fort peu de temps il fut entièrement guéri, au grand étonnement du Médecin.

SÉMINAIRE DES TRENTE-TROIS, ou de la Sainte Famille, montagne Sainte-Geneviève.

Ce Séminaire eft ainfi nommé de trentre-trois places ou bourfes fondées pour de pauvres Ecoliers de Paris & même de toutes les Provinces du Royaume, pour faire dans l'Univerfité de cette Ville, leurs études en Philofophie & en

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