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Quatrain,

Eloge des Brunés

Romance,

ib. Etrennes Lyriques,

Le Roi, fon Fils & l'Esclave,

Epure fur l'Ambition,

Couplets à Mile Warefcot, 99 Hiftoire Naturelle des Oi-

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Cécilia, Troisième Extrait, 103

Doutes far différentes. Opi-
nions,

Etrennes du Parnasse,

Galatée,

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ib.

SPECTACLES

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La Fauffe Rivalité, Anec Comédie Françoise, 33, 78,

dote,

Charades, Enigmes & Logo- Comédie Italienne, 36, 182,
gryphes, 6, 54, 101, 149,

200

39, 2-5

Efais fur l'Hiftoire Générale

136, 185, 237

A Paris, de l'Imprimerie de M. LAMBERT & F. J.
BAUDOUIN, rue de la Harpe, près S. Cône.

MERCURE

DE FRANCE.

SAMEDI S JUIN 1784.

PIÈCES FUGITIVES.

EN VERS ET EN PROSE.

ÉPITRE à M.

Nous voici, cher M***, dans des tranfee

cruelles,

Je frémis d'y penfer; nous allons déformais
Reffentir les dégoûts, les langueurs de la paix,
Et nous sommes réduits à vivre fans nouvelles.
On voit dans tous les ports défarmer les vaisseaux,
Le commerce reprend la bénigne influence ;
L'heureux Américain, fier de l'indépendance,
A fe donner des Loix confacre fon repas;
Bouillé cède aux Anglois fa plus belle conquête;
A de hafards plus doux la Fayette s'apprête,
Rochambeau, Saint-Simon, Viomefuil, Buffy,
Le favant Chatellux, du Portail & Fleury,
Dès long tems d'Yorck-Town ont quitté les murailles,
Et ees Chefs renommés paroiffent à Verfailles.
A j

Hood, Lord Howe & Rodney, fi fouvent enviés,
De leurs concitoyens vivent prefqu'oubliés ;

Franklin, dont les fuccès ont couronné l'ouvrage,
Voit à fes grands talens l'Europe rendre hommage;
L'immortel Wafington, rendu dans les foyers,
Aux champs qu'il a fauvés voit croître fes lauriers,
Tant de fois couronné des mains de la Victoire,
Suffren, près de fon Roi, vient jouir de fa gloire.

DANS ce calme, où chercher un remède à l'ennui?
Dans nos nombreux Papiers que trouver aujourd'hui ?
Leur longueur triftement fe borne à nous apprendre
Que Catane a péri, que Meffine eft en cendre,
Qu'on voit renouveler les fureurs de l'Etkna,
Que l'air eft obfcurci des vapeurs de l'Hécla,
Qu'une Ifle fort des eaux par les feux dévorée,
Que Bizance à la pefte eft fans ceffe livrée,
Que la grêle détruit l'espoir de nos moissons,
Que des torrens affreux ravagent nos vallons,
Que la flamme défole ou nos bourgs ou nos villes;
Enfin, pour achever fes articles ftériles,

Le Courier de l'Europe ofe nous raconter

Qu'à Londres on veut prouver qu'à préfent fans obf-
tacle,

A volonté fous l'eau nous pouvons habiter,
Tandis que tout Paris voit un autre fpectacle.
Un. Dédale nouveau part & monte à son gré,
Fait fans rifque dans l'air une course rapide,
Y fuit avec fon char un chemin ignoré,

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Reparoît & détruit le préjugé timide.
Jugeant qu'on ne croit guère à ces beaux rêves-là,
Le Gazetier recourt à Francfort, à Cologne,
Aux débats éternels des Diètes de Pologne,
Et nous inftruit des deuils & des Cours en gala.

Ou SONT ces temps heureux où l'Europe alarmée
Vous mettoit en commerce avec la Renommée ?
Pour publier au loin les plus rares exploits,
Cette agile Décffe empruntoit votre voix;
On voyoit fur vos pas même les élégantes,
Lorfqu'ouvrant les billers du fage d'Ar....,
Voos répandiez le bruit des conquêtes brillantės
D'Hayder-Kan, de Crillon, Galvès & Cordova.
Vous échappiez à peine à la gloire importune,
Et votre gloire enfin nous devenoit commune.
Auprès de vous grouppés, marchans, à l'ombre affis,
Nous attitions fur nous les regards de Paris.
Que les temps font changés! quelle cft notre existence
Nous gémiffons en vain de notre oifiveté,
Nous rentrons à jamais dans notre obscurité,
Et la paix nous ravit toute notre importance.
Quand l'injufte fortune acharnée envers nous,
D'un revers accablant nous fait fentir les

coups,

Il nous importe bien qu'avec fon ministère
Louis foit occupé des deftins de la terre,

Que fes bienfaits verfés en mille endroits divers,
Eternifent fon nom cher à tout l'Univers;

De fes heureux Sujets que la reconnoiffance

Soit le plus beau tribut qui flatte fa puiffance.
Son Royaume à fes foins doit fa profpérité,
Cela nous fauve-t'il de notre nullité?

Pouvons-nous échapper à cette indifférence
Que le Public ingrat marque à notre existence?
Pour obtenir encor part à fon entretien,
Courons voir le foleil fur le Méridien,

Au jardin donner l'heure, agacer S***;
Après l'habit d'été montrer l'habit d'automne,
Annoncer îi le temps eft chaud, froid, laid ou beau,
Combiner au café les dez d'un domino....

Mais déjà l'on entend la Difcorde fatale,
S'élançant à grands cris de la voûte infernale,
Donner dans l'Orient le fignal des combats,
Et Bellone en fureur va marcher fur les pas.
Quel plaifir, cher M***, cet espoir nous inspire!
Quel fpectacle frappant! la chûte d'un Empire,
Des fiéges, des affauts, quels grands événemens
Vont fervir de matière à nos amusemens?
Sur les bords du Danube, aux champs de la Crimée,
On ne verra bientô: que fang & que fumée,
Et le Nord ébranlé va choquer le Midi;
Achmet dans fon Sérail de fraycur eft faifi,
Trop vaine illufion! aux rives du Bofphere
Louis prend la défenfe & négocie encore.

Ah!
Pacific à fon tour 1 Empire du Croiffant?

que deviendrons nous, fi ce Roi tout-puissant

(Par une Société de Nouvelliftes.)

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