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ee monarque, accompagné des princes ses frères, & des sénateurs comte de Horn & Ulric Scheffer, se rendit à l'hôtel-de-ville, où le inagiftrat, le clergé & les 50 des plus anciens citoyens fe trouvoient assemblés. Le preinier bourguenaitre portant la parole, au nom des habitans de Stockholm, complimenta S. M. sur fon heureux retour & la remercia de ce qu'elle avoit bien voulu remettre l'administration, pendant son absence , au duc de Suderinanie, son frere. Le roi répondit à ce discours par un éloge flatteur de la conduite de ses sujets, & il assura l'assemblée qu'il mettroit en usage tous les moyens possibles pour adoucir les maux que la disette continuoit de causer dans une partie de ses états. Ensuite le Sr. de Helend, fecretaire d'état, lut , par ordre de S. M. , les propositions suivantes. 1°. Que tous les ecclesiastiques seroient tenus de produire une liste de toutes les familles indigentes & des aumônes quị leur avoient été diftribuées ; 2°. qu'il seroit dressé un état de tous ceux qui, en travaillant autant qu'ils le doivent ou en faisant un petit commerce, ne peuvent néanmoins se procurer une Subsistance suffisante ; 3o que les personnes chargées par état de ces détails, indiqueroient la fource du mal, & donneroient les moyens d'y apporter un prompt remede. Le roi s'étant retiré, l'afsemblée délibéra sur les moyens les plus propres à remplir les vues bienfaisantes de S. M.

Dès qu'on eut appris ici, par la voie de Hambourg, qu'il s'étoit fait à Amsterdam diverses faillites, qui avoient suspendu toute circulation, la surprise & la confternation furent générales para mi nos commerçans. Le Sr. Soderling , conseiller de commerce, & commissaire de la banque, convoqua , par ordre du roi, le corps des négocians, qui s'engagea formellement à soutenir toutes les maisons commerçantes qui seroient en état de donner des sûretés en maisons, effets , biens-fonds, vaisseaux, &c. Le 11, tous les négocians furent mandés au palais , & admis à l'audience du roi. S. M. approuva la résolution qu'ils avoient prise , les exhorta à travailler, à forces réunies, à foutenir le crédit , & déclara que, quiconque oseroit se prévaloir des circonstances critiques pour faire hauffer le cours du change ou l'intérêt de l'argent, encourroit fa disgrace & fon indignation. Depuis cet instant, les alarmes ont cessé, & l'on espere que le contre-coup des faillites de Hollande n’influera point sur le commerce de ce royaume.

Le marquis de Llano, envoyé-extraordinaire du roi d'Espagne, eut, le 12 , sa premiere audience publique du roi, de la reine & de la famille royale. Żelis-Hadgi-Ibrahim-Aga, envoyé du bey de Tripoli, fut conduit, le même jour , à l'audience du sénateur comte Ulric Scheffer, président de la chancellerie. Un détachement du régiment des gardes à pied étoit rangé en parade devant l'hôtel du comte de Scheffer, & un détachement des dragons-légers du corps ouvroit la marche du

cortege , qui consistoit en trois carosses de parade. Le Sr. Bagge, qui a résidé comme consul de Suede à Tripoli, a fait les fonctions d'interprête.

Le roi a nommé le colonel Lars-Fréderic Kaulhars chef du bataillon du régiment du corps de la reine - douairiere , qui est entré en garnison dans cette capitale ; & S. M. a élevé le lieutenantcolonel Lannerhielm , commandant de la forteresse de Bahus, au grade de colonel. Elle a nommé commandeur de l'Ordre de l'Epée, le baron Charles Sparre, général-major & gouverneur de province ; commandeur de celui de l'Etoile-Polaire, le comté Nils Gylpenstolpe, maréchal de cour , & grand-chambellan ; & chevalier de ce

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dernier Ordre, le baron Frédéric Sparre, conseiller de chancellerie.

Le roi , pendant le cours de son voyage, a re. çu plusieurs requêtes des habitans de la campagne, qui se plaignoient de la conduite de leurs fupérieurs. Après l'examen des plaintes portées contre les accusés, S. M. a eu la douleur d'être convaincue qu'elles n'étoient que trop fondées. Le Baron de Hamilton, gouverneur, s'étant trouvé dans ce cas, a été réprimandé par le roi , en présence des plaignans, & ensuite démis de fon emploi; mais S. M. ayant reconnu que cet officier public avoit prévariqué dans l'administration de la justice, moins dans la vue de faire le malheur de les sujets, que par ignorance sur les devoirs de la charge, elle l'a fait rentrer dans le militaire, d'où il avoit été tiré, & lui a donné le régiment dont étoit pourvu le gouverneur qu'elle a nommé pour lui succéder. On ne doute pas que plusieurs officiers publics, dont les fautes sont plus graves, ne fubiffent bientôt une punition qui fera de nature à en impofer à tous ceux qui seroient tentés de les imiter.

La légere imposition d'un sol par jour, laquelle se font soumis tous les membres de la fociété pro patria , n'est pas la seule ressource que l'humanité puisse offrir aux pauvres

suédois

que la misere afflige. Plusieurs personnes de distinction ont envoyé à la caisse de cet établissement des aumônes abondantes, & entr’autres, le sénateur baron de Scheffer , qui a fait remettre un billet de banque de 500 rixdales, monnoie de cuivre.

Le détachement d'artillerie qui avoit été envoyé à Arboga , en est revenu en cette capitale.

Le général-major, baron de Pecklin , ayant fait présenter au roi une requête dans laquelle , en faisant l'avea de ses fautes, il donnoit les mare ques les plus touchantes d'un repentir fincere;

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S, M, lui a rendu la liberté, & a fait casser ia procédure qui avoit été faite contre lui. Le premier devoir dont ce général s'est acquitté en sortant de prison, le 12 de ce mois, a été de prêter foi & hommage entre les mains du conseil de guerre; il a été ensuite présenté par le sénateur comte de Horn, à S. M. qui a daigné l'affurer de la bienveillance.

On vient de recevoir de Wennersbourg la nouvelle suivante. La nuit du 31 Décembre au 1er. Janvier, entre 11 heures & minuit , un vent affreux du Nord ayant succédé tout-à-coup à des pluies du Sud-Ouest, on y reisentit une v olente secousse de tremblement de terre, qui a causé beaucoup de dommage en plusieurs endroits. Les eaux du lac de Wenner en furent dans une agitation extraordinaire : les portes des maisons enfoncées, les fourneaux brisés, le pont de pierre de Dahlbo situé près de cette ville, lequel a 700 aulnes de longueur, en a été renversé, & ne forme plus qu'un ainas de débris, sur lequ 1 les eaux ont pris leur cours. Les vaisseaux qui mouilloient dans ce port, ont chassé sur leurs ancres , & suivi la violence & la direction de cet ouragan. On en a trouvé plusieurs brisés, dén âtés, ayant perdu leurs agrêts, en partie sur les ruines de l'ancien

pont, & en partie échoués sur le banc de lable ; mais ce qu'il y a encore de plus surprenant,

que les plus grands bàtimens du lac Wer

, ayant une cargaison en fer de la valeur de 2 mille schiffpfund ( le schiffpfund de 300 livres), a été porté sur la grève de Dahlbo, où le chemin conduit à une montagne, sur laquelle se tient la foire annuelle , & qu'il est à flot dans un endroit où l'on pouvoit parler ci-devant à pied fec. Quelques quartiers de cette ville ont été inondés; mais l'inondation auroit été plus grande fans les deux jectées de Brinckbergskulle, dont l'une n'est ce

c'est

ner

pendant que de bois. On n'entend point dire jufqu'ici que quelqu'un ait perdu la vie dans cette nuit effraiante. Les pertes qui en sont le résultat pour notre ville, font évaluées à quelques ton

nes d'or.

D AN EM AR C K.

COPENHAGUE (le 20 Janvier.) Le roi a donné son approbation à un nouveau plan d'administration, selon lequel le college des finances sera diftribué en 4 départemens ; fcavoir, la chambre des rentes, la chambre des douanes, le college de commerce & la députation des mines. S. M. à établi, en même tems, une grande commission d'officiers généraux, présidée par le prince de Bevern, & dont l'objet est d'examiner un nouveau projet pour le militaire, rédigé par le lieutenant-général Kæller-Banner.

La chambre royale vient de faire sçavoir , par un placard, en date du 24 du mois dernier, que comme on n'a plus rien à craindre du côté de la Russie, les quarantaines cesseront désormais dans les endroits de la Norwege & du Danemarck, où l'on les faisoit observer. Cependant, tant que la guerre présente durera entre les Russes & les Turcs, S. M. veut que les capitaines de vaisseaux se munissent de passeports de santé. Quant aux navires venant des côtes de Barbarie, du levant ou de l'Archipel, ils restent assujettis aux formalités ordinaires.

La chambre de Norwege a fait publier, le 26 du même mois, un édie, portant

défense de vendre à l'étranger des grains de quelque espece qu'ils foient, ou d'en faire des amas, sous peine de confiscation, ou d'autres peines arbit aires. Par un autre édit du 9 de ce mois, la même chambre desirant diminuer la distillation du grain, a réduit à 2 fols dinois par pot l'accife de consommation

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