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temps qu'il se fait chérir des pauvres et des infirmes qu'il soulage:

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. Ainsi s'est éteint, dans les saintes pratiques de la charité, ce grand homme qui en a été un aussi beau modèle. Un admirable concert, et d'éloges et de regrets, a répondu partout à la nouvelle de sa mort; on s'est écrié, avec un prélat jadis son ami: Lucerna extincta est in Israël, un flambeau s'est éteint dans Israël. Cet hommage rendu au fondateur de tant d'institutions utiles, étoit devenu le domaine de l'illustre nation française, lorsque la révolution, armée de crimes et de fureurs, est venue lui disputer ses plus précieux héritages. Elle a ouvert la carrière de ses attentats par la profanation la plus criminelle envers l'illustre Vincent de Paul. On eût dit que le génie du mal vouloit nous donner d'avance la mesure de ses excès, en outrageant, dès son début, la mémoire de celui qui avoit possédé à un si haut degré le génie du bien. •

Nous nous bornerons à ces citations d'un discours où Vincent de Paul est peint avec fidélité et d'après les témoignages les plus authentiques. L'orateur n'a oublié aucun des traits importans qui font connoitre son modèle, et il inspire une profonde vénération pour ce héros de la charité. Il a joint à son discours des notes rédigées dans le même esprit, et qui éclaircissent ou confirment ce qui est dit dans le corps de l'ouvrage. Les admirateurs du saint prêtre sauront gré à M. l'évêque de Caryste de son zèle pour la gloire d'un si illustre bienfaiteur de l'humanité; un tel sujet étoit digne à la fois de son talent et de sa piété.

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ROME. Un cardinal vient de succomber à de longues infirmités; c'est M. François Cesarei-Leoni, né à Perouse le 1er janvier 1757, auditeur de Rote en 1784, régent du tribunal de la pénitencerie en 1804, devenu doyen de la Rote, eréé cardinal par Pie VII, mais réservé in petto dans le con

des députés l'ont dit récemment encore à la tribune, et M. de Martignac, dans la séance d'hier, a payé un tribut de regrets et de respect à d'augustes infortunes, sans que personne ait songé à blâmer en lui des sentimens qui l'honorent au contraire.

» Nous espérons, Monsieur, que vous ne nous refuserez pas l'insertion de cette réclamation, qui nous paroît nécessaire pour dissiper l'impression défavorable qu'auroit pu produire votre article. En attendant, nous sommes, vos très-humbles serviteurs, Les Auteurs de l'Ami de la religion.

Paris, mercredi 18 août 1830.

— On dit que des lettres de Trèves, en date du 8 août, annoncent que M. l'évêque de Nanci étoit arrivé dans cette ville. Poursuivi dans le premier moment des troubles, le prélat avoit été obligé de quitter sa résidence. Nous ne croyors point ce qu'ajoute un journal, que les autorités prussiennes n'avoient pas voulu le recevoir, pour ne pas favoriser l'émigration, et qu'on lui avoit conseillé d'aller plus loin. Ce seroit une grande dureté de refuser un asile à un prélat en butte à un mouvement populaire.

-Un singulier sujet de prix vient d'être proposé à Leyde en Hollande. Les curateurs du legs de Stolpiaan, dans l'université de cette ville, ont mis au concours les questions suivantes: Quelles sont l'origine, les progrès et les diverses formes du panthéisme depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours? Cette opinion est-elle conforme ou non à la droite raison et aux vertus divines? Le prix est une médaille d'or ou la valeur de cette médaille, savoir, 250 florins. Les mémoires doivent être rédigés en latin ou en hollandais, et seront adressés avant le 31 décembre 1831 au professeur Van de Wymperse, à Leyde, secrétaire du legs. Nous avouons, dit le Courrier de la Meuse, que ces questions nous ont un peu surpris. Comment, en effet, s'attendre qu'on vienne aujourd'hui nous demander sérieusement si le spinosisme est conforme à la saine raison et aux vertus divines? Cette absurde doctrine n'a-t-elle pas été suffisamment réfutée ? Le panthéisme ancien et moderne n'est-il pas suffisamment connu? Peut-il surtout y avoir le moindre doute sur les funestes conséquences de cette doctrine? Demander si le panthéisme est conforme à la saine raison et aux vertus divines, c'est demander si l'athéisme et le matérialisme sont raisonnables et favorables à la vertu. Voyez dans la Biographie universelle l'article Spinosa

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par M. de Angelis. On y fait connoître ee philosophe, son système et les écrits qui les réfutent.

NOUVELLES POLITIQUES.

PARIS. Le roi Charles X, toute sa famille et une partie de sa suite se sont embarqués le 17, à une heure et demie, sur le paquebot américain, Great Britain, et ce bâtiment a mis sous voile à deux heures, avec un vent très-favorable. Le second paquebot, Charles Carrol, a suivi aussitôt, Tous deux faisoient route pour la rade de Spithead en Angleterre. La corvette la Seine et le cutter le Ródeur escortoient les deux paquebots. (Moniteur.)

Il y a 30 ou 40 ans, à chaque nouvelle secousse qui survenoit pendant le cours de la révolution, à chaque grande mesure qu'on prenoit, on ne manquoit pas de dire que cette secousse ou cette mesure terminoient la révolution, que désormais on n'avoit plus à craindre ni changemens, ni troubles, et que la France alloit jouir d'un bonheur durable et d'une tranquillité parfaite. Tel a été constamment le langage des révolutionnaires; on le retrouve dans les bulletins de la Convention, dans les proclamaLions du Directoire, dans les articles officiels du Moniteur sous Buonaparte. On répéta cela en 1791, lorsque la constitution fut proclamée; en 1792, quand on décréta la république; en 1793, quand les Girondins furent renversés; en 1794, à la chute de Robespierre, au 18 fructidor, au 18 brumaire, à chaque sénatusconsulte que Buonaparte faisoit rendre, etc., etc. A toutes ces époques, le refrein ordinaire étoit qu'enfin la révolution étoit terminée. Eh bien! c'est aussi ce qu'on vient de nous dire après les derniers évènemens. La révolution de 1789 est consommée, disoit, il y a quelques jours, le Journal des Débats; l'ordre le plus parfait Ai rétabli, nous sommes dans un état fixe, notre repós est assuré à jamais... J'ai peur qu'il n'en soit de cette prophétie comme de celle du même journal, qui nous assuroit, il y a quelques mois, que le peuple avoit donné sa démission, et que personne ne vouloit de révolution. Ces pronostics ne nous ont pas empêchés de voir une révolution assez complète, dans laquelle on a fait intervenir le peuple, malgré la démission donnée.

Que de gens, trompés dans leur attente! que de monde qui crie déjà contre l'injustice du sort! « Nous sommes dépassés, disent-ils; nous sommes débordés et emportés on ne sait ou? Estce que les hommes de l'extrême gauche veulent boire à eux seuls tout le Pactole? Est-ce qu'il n'y a de place nulle part pour M. de

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Châteaubriand, pour M. Agier, pour M. Royer-Collard, el pour tous ces bons royalistes constitutionnels qui se croyoient en si belle passe? Quoi! rien pour les modérés, rien pour les Feuillans, rien pour le Marais! Tout passe à la Montagne. Ah! si nous avions su cela!...» Vous n'entendez que plaintes et clameurs de tous côtés. Sur cent ambitions, il y en a quatre-vingt-dix-neuf qui éclatent en murmures. Personne n'est content. C'est principalement à M. Dupin que les reproches s'adressent. On le poursuit, on le harcelle, on le maudit. Je ne sais ce qu'il a fait au journal de M. Bavoux; mais il y est écrasé, abîmé. Le fait est que jamais on ' u'a vu succession plus embrouillée et plus litigieuse que celle du gouvernement de Charles X, et c'est merveille de voir comme on s'en dispute et s'en arrache les débris.

De nouveaux rassemblemens d'ouvriers ont eu lieu diman-, che et lundi au faubourg St.-Antoine, dans le but de briser les machines à vapeur et les mécaniques des manufactures. Les allocutions du maire et du juge de paix ont été vaines; celles du commissaire de police ont eu un peu plus de succès. On est parvenu à faire sortir ceux qui avoient déjà envahi une manufacture; on a évité surtout de faire aucune démonstration de la force armée. Lorsque les rassemblemens se sont dissipés, on a arrêté les individus qu'on avoit remarqués parmi les plus échauffés; et le soir, des postes et de nombreuses patrouilles de garde nationale ont occupé le faubourg. 2,¥}*y f'{{;r, * {UC }

M. le comte Gérard est nommé maréchal de France, et M. de Lafayette commandant général des gardes nationales du royaume. M. Dupin aîné est nommé procureur général à la cour de cassation, en remplacement de M. Mourre, admis à faire valoir ses droits à la retraite. M. Gilbert des Voisins devient conseiller en la même cour, en remplacement de M. de Cardonnel, décédé.

Sont nommés préfets de la Côte-d'Or, M, Viefville-desEssarts, en remplacement de M. de Vismes; de la Haute – Garonne, M. de Barennes, au lieu de M. de Mariroy; de l'Hérault, M. Fumeron-d Ardeuil, au lieu de M. Creusé de Lesser; de Nièvre, M. Dulac, au lieu de M. de Séguier; des Hautes-Pyré nées, M. Bureaux de Puzy, au lieu de M. Vernhettes. 490

-M. Boullenger, procureur général à Rouen, est nommé président de la Cour royale d'Amiens, en remplacement de M. de Mouchy, démissionnaire; at M. Decaïeux, procureur du Roi au tribunal de première instance de cette ville.

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- MM. Farez, Rousselin, Thil, Gilbert-Boucher et Joly, sont nommés procureurs généraux à Douai, à Caen, à Amiens, à Poitiers et à Montpellier.

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M. Henri Barbet est nommé maire de Rouen, en remplacement de M. Martainville.

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MM. Tailland père, avocat à Reims, et Fabvier, avocat à

Nanci (et frère du colonel), sont nommés procureurs généraux près les cours royales de ces villes, en remplacement de MM. Baslard de l'Etang et Bresson.

Il paroît certain que M. de Polignac vient d'être arrêté à Granville avec une autre personue, qu'on croit être M. de Montbel.

- M. Nichols, contrôleur-général de la maison de MADAME, duchesse de Berri, a publié une lettre pour démentir le bruit que celte princesse avoit laissé pour 6 millions de dettes. Il affirme que S. A. R. ne devoit pas la vingtième partie de cette somme; qu'il s'occupe de liquider ces créances courantes, et qu'on auroit du se rappeler, au surplus, que la propriété de Rosny, et les ef-, fets mobiliers de MADAME à Saint-Cloud, répondoient bien de ces petites créances.

M. le duc de Montmorency-Laval a écrit au président de la chambre des pairs que son attachement à la famille renversée du trône, et sa fidélité à la Charte telle que Louis XVIII l'a établie, ne lui permettent plus de prendre part aux délibérations de la chambre des pairs, et qu'il ne sauroit prêter le nouveau serment. M. le marquis de Chabannes, autre pair, a écrit au chancelier pour le prier de faire connoître que, s'il se fût trouvé à la chambre le 7, il auroit voté comme ceux de ses collègues qui se sont basés sur le principe de la légitimité, et qu'en remerciant le lieutenant-général d'avoir concouru au rétablissement de l'ordre, il n'auroit pas craint de le supplier de suivre l'exemple d'un de ses aïeux, qui conserva un roi enfant à la France.

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- M. le marquis de Rougé, pair de France, a fait mettre dans les journaux une lettre pour expliquer les motifs qui l'ont engagé à prêter le serment requis et à continuer d'assister à la chambre. Il croit par cette résolution contribuer au maintien de l'ordre et à sauver la France de l'anarchie, et entrer de cette manière dans les désirs de la famille royale, à laquelle il ne cessera d'être at

taché.

-M. le comte de Labourdonnaye-Blossac, pair de France, qui est absent de Paris, a déclaré qu'il auroit protesté contre la declaration du, et que son ancien serment lui fait un devoir de ne plus assister à la chambre.

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M. le comte de Suzannet, pair de France nominé par Charles X, a protesté contre la mesure qui lui enlève des droits inviolables et sacrés; il a protesté en même temps de son dévouement à la légitimité, et de son respect pour l'ancienne Charte.

- Le 16 août, la cour de cassation a tenu une audience solennelle pour la prestation du serment. M. Mourre, procureur général, a prononcé un discours, dans lequel il a rendu hommage aux nobles qualités de Charles X, et a exprimé sa douleur sur les infortunes de ce prince trompé par des ministres sans discernement.

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