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jets ne pourront y faire autur Commerce Sans Jon expreffe permission. Bien portònt-ils, fi bon leur femble, faire tedit Trafit, és Pais de tous autres Printes, Potentäts to Peuples, qui le leur voudront permettre, même bors lefdites Limites, fans que ledit Sieur Rei, Jes Officiers ou Sujets puis Jent leut y faite aróun empêchement. Véritablement; le nom des Indes ne se trouve point en

tout cela , les Ministres d'Espagne n'ayant pû étre portez à l'y admettre, mais cette omiffion

fut abondamment fupléé, premierement par un * Aếte de Protestation, qui-fui fait fur ce fujet le 21. Mars 1609., & signé tant des Ambaffadeurs de France & de la Grande-Bretagne, que par les Députez des Etats. Secondement par une # Déclaration particulière des Miniftres du Roi d'Efpagne & des Archiduce, donnée le 9. Avril jour de la Signature de la Trêve. Troisiemement par un $ Certificat des Ministres Mediateurs du même jour, portant, que tout ainfi, que les Sieurs Etats, & leurs Sujets ne pourront tráfiquer dans les Ports, Lieux, du Havres tenus par le Roi Catholique aux Indes, s'il ne permet, de même il ne Tea Toit pas loisible à ses Sujets de trafiquer aus Ports, Lieux, & Havres, que tiennent lesdits Sieurs États esdites Indes, fi ce n'est avec leur permiffion, d. que même si on entreprenoit quela que chose en ces Quartiers-, contre les Amis do Altiez defdits Etats, ils se reservent la lin berté de les secourir, sans qu'on puisse les accufer d'avoir violé la Trêve. Et enfin par un

Traie

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Aux Preuves Lett. P. + Aux Preuves Lett. R. $ Aux Preuves Lett. R.

* Traité de Garantie, conclu le 17. Juin luivant, entre le Roi Très-Chrétien, le Roi de la Grande-Bretagne, & Messieurs les Etats, pour le maintien de la Trêve en tous ses Points & Articles.

XXVIII. Malgré tout cela, il est certain que la Trêve ne fut point observée aux Indes. L'animosité qui regnoit toûjours entre les deux Nations, ne le peut permettre. Les hoftilitez y continuerent donc comme auparavant, & la Guerre génerale ayant recommencé par tout en 1621. les choses retournerent à leur premier état. Elle fut longue, sanglante, & mêlée de differens succès, jusqu'à ce que la Couronne de France s'étant déclarée en 1635. ce qui fur suivi en 1640. des foulevemens de Catalogne & de Portugal, & en 1646. & 47. des Troubles de Naples & de Palerme, celle d'Espagne se trouva extremement affoiblie & hors d'état de fournir à tant de Guerres à la fois. Elle prit donc le parti de rechercher la Paix avec les deux Puissances Alliées n'ayant pu reussir à les contenter l'une & lautre, elle se résolut à faire tout au monde, pour se débarafler au moins de la Guerre de Hollande qui avoit deja duré plus de soixante ans, & qui lui avoit couté des sommes im. 'menses.

XXIX. Messieurs les Etats instruits des sentimens du Roi Catholique , & jugeant qu'il étoit de leur interêt d'en profiter, plutôt que de s'opiniatrer à la continuation d'une Guerre,

qui ne pouvoit plus être bonne qu'à élever la France à une grandeur excelliye , ils se

dif * Aux Preuves Lett. So

&

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difpoferent serieusement à la Paix, & la firent à Munster le 30. Janvier 1648. Les Conditions qu'ils y ftipulerent pour leur Commerce des Indes, le trouvent toutes comprises dans les Articles V. & VI. du Traité, dont le premier concerne en géneral le Commerce des Indes Orientales & Occidentales , & l'autre celui des Indes Occidentales en particulier. Ce qu'ils ont de commun avec les Stipulaţions & Declarations de l'An 1609., font le maintien de la Liberté du Commerce des Indes Orientales & Occidentales, selon e, en conformité des O&trois sur ce deja donnez, & à donner dans la suite; la Confervation pleine entière de toutes les Poffeffions deja acquises, ou qu'ils pouroient encore acquerir par après, fans infraction du présent Traité, tant aux Indes Orientales qu'Occidentales, sur les Côtes d'Afie, en A. frique Ben Amerique , nommément au Brefil,

& l'inclusion exprese dans ledit Traité de fons lês Poteniars Nations du Peuples , avec lesquels lesdits Seigneurs Etats, ou ceux de la Societé des Indes Orientales de Occidentales, en leur nom, étoient en Amitié & Alliance. Mais outre cec avantage, qui du tems de la Trève avoit été cru fort considerable, Messieurs les Erars obinrent du Roi d'Espagne Arl. V. Que les Lieux du Places, qui avoient été pris, ou occupez sur eux par les Portugais, depuis l'an 1641. feroient cenfez compris entre leurs possessions acTuelles; & Art. VI. que les sujets da Habitans des Royaumes, Provinces da Terres de Sa Majesté catholique, s'abstiendront non seulement de Navigeer & trafiquer dans toutes les Havres , Lieux & Places poffedées par eux aux Indes Orcidentales, mais aussi dans ceux, qui leur avoient Torke 111.

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été pris for enlevez au 'Bresil par les Portugais depuis l'année susdite 1641. & même dans toutes les autres places actuellement poffedées par lesdits Portngais aussi long-tems qu'elles seroient en leur puissance L'Article V. accorde aulli à tous leurs Directeurs de la Societé des Indes, tant Orientales qu'Ocridentales des Provinces-Unies, e à leurs Ministres, Officiers , baut du bas Soldats, & Matelots a&tuels, ou congediez, présens. Ou avenir, la liberté entiere de pouvoir voyager; trafiquer, frequenter dans tous les Pais de Pobéissance du Roi Catholique en Europe, sans aucun empêchement. Et pour conclusion il y est expreflèment conditionné du ftipulé, que les Espagnols retiendront leur Navigation en telle manière , qu'ils la tiennent pour le présent ès Indes Orientales, sans le pouvoir étendre plus avant.

XXX. C'est de cette Clause qu'il est principalement question aujourd'hui , entre la Compagnie des Indes Orientales de Hollande, & celle du Pais-Bas Autricien. Et comme il est fort necessaire pour en juger sainement, d'être exactement informé de l'état de la Nation Belgique, sous la Domination de ses légitimes Princes, & Seigneurs de la Maison d'Autriche, sur tout par raport au Commerce des Indes, depuis le tems de leur Découverte jufqu'à present, il est de notre devoir d'en donner ici une brieve exposition.

XXXI. On ne sçait pas quelle raison pût engager le Roi Ferdinand le Catholique, à demander, ou même à recevoir du Pape Alexandre VI. la Donation du nouveau Monde, pour ses seuls Castillans, à l'exclusion de ses propres Sujers; Arragonois, Valenciens, & Catalans. Peut-être crut-il que la situation

de

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legen de leurs Ports sur la Mediterranée, les ren

droit moins proprǝs à ces Navigations, à a cause du tour, qu'ils eussent été obligez de

faire le long de cette Côte , & par le Détroit

de Gibraltar, avant de pouvoir gagner la pleiHO ne Mer. Peut-être aulli, & c'est ce qui paad roit le plus vrai-semblable, que les Aragonois

de ce tems-là, inexperts aux Navigations de long cours, ne se soucierent pas eux-mêmes d'y avoir part. Quoiqu'il en soit, la Bulle eft

exclusive à tous autres Rois, Peuples, & NaSol tions , & il la fit observer comme telle , fi 11 long-tems qu'il vêcut, dans toute sa Domina

tion, qui, dès l'An 1555. s'étendoit sur les

Royaumes de Naples & de Sicile. is

XXXII. Charles , son Petit-fils, parvenu après la mort au Gouvernement de la Monarchie , laissa les choses sur le pied où il les avoit trouvées. Il étoit pourtant né en Flandres, il y avoit éré nourri , les Provina ces du Païs-Bas lui apartenoient de Droit Paternel, & il les aimoit d'une affection particuliere. On ne doit pas douter, qu'il ne les eût volontiers associées aux Decouvertes des

Indes, si elles-mémes l'eufsent fouhaité. Mais But

pour peu qu'on fasse réflexion à la richelle du Commerce dont ces Peuples étoient alors uniques Poffesseurs, on comprendra aisement ,

qu'ils n'avoient pas sujet de porter envie à celui-là. Ils regardoient les Castillans comme des avanturiers, qui n'ayant que la Cape & l'Epée, ne faisoient pas mal d'aller chercher fortune en ces Regions fauvages & éloignées; & la chose du monde à quoi ils pensoient le moins, c'étoit d'en partager avec eux les travaux, & les périls.

XXXIII.

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