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puiffe être, puiffe avoir une autre opinion d’E les fi non que la conservation du repos public leur est autant à cœur qu'à qui que ce soit , qu'elles peuvent temoigner avec verité qu'elles ont apris, que la Paix entre Sa Majefté Imperiale & Sa Majesté Catholique a été concluë fans qu'elles en aient pris aucune jalousie ni aucun ombrage, & qu'autant que Sa Majesté Catholique a bien voulu facrifier quelques uns de ses propres interêts à la tranquilité publique, elles regardent ce sacrifice comme un effet de l'Esprit pacifique de Sa Majefté. & comme une action très-louable.

Qu'elles souhaitent de tout leur cour que cette paix ensemble avec le repos public puisse subafter longues années. Que ce n'est

pas cette Paix ni le Traité par lequel elle a été conclue, qui leur a causé quelque incuietude, mais qu'elle vient du Traité de Commerce, conclu après ladite Paix entr Sa Majesté Imperiale & Sa Majefté. Catholique, & des engagemens qui ont suivi cette paix, parce que par là Sadite Majesté a trouyé bon de facrifier 'non seulement ses propres interêts, mais aussi ceux d'aụtrui, particulie; rement ceux de la Republique & cela dans un Point Geflentiel & aulli sensible qu'est le Commerce des Pais-Bas Autrichiens aux Indes, ce

qui tend au: prejudice extrême de la Republi que tant par raport au dommage, qu'elle souffre, que par raport à la contravention , qui en resulte au Traité de Münster & à celui qui fut conclû à Utrecht entre Sa Majesté & Leurs Hautes Puissances, le 26. Juin 1714. lequel a pour Baze-le Traité de Munster, & quoi qu'il soit alegué dans ledit Memoire que Sadite Majesté à l'égard de la susdite Contravene tion, ne feroit plus dans le méme sentiment dans lequel Elle étoit avant la Paix concluz avec l'Empereur, que pourtant ce Point n'est pas change de nature; LL.HH. PP. ne peuvert point changer dų sentimient, par lequel Elles ont envisagé la susmentionnée Navigation aux Indes, comme une contraventioni très-prejudiciable à elles, aux Traitez,& particulieremert à ceux qui subGitent entré Sa Majesté Cath & elles, ainli qu'il est expreflement porté par l'Article 9. du Traité d'Utrecht que ni Sa Majesté ini leurs Hautes Puissances ne consentiront à aucun Traité qui puisse aporter du dommag: à l'un ou à l'autre, à quoi LL. HH. PP. croient être contraires les engagemens pris par Sa Majesté par raport au Commerce d'Oitende aux Indes.

Que Leurs Hautes Puissances par leur Re. solution du 24. Janvier dernier ont temoigré la haute estime qu'elles ont pour l'Amitié de Sa Majesté Catholique, qu'elles le repetentsar les presentes & qu'elles tacheront par tout ce qui est en leur pouvoir de conserver cette Amitié de Sa Majesté. A l'égard de l'observation des Traitez, L. H. P. la regardent comme un effet de l'équité li renommé de S. M. & de ses louables intentions ; que pourtant elles ont sujet de se plaindre qu'à l'égard de la Republique ces louables intentions de Sa Ma. jefté ne sont pas suivies exactement par tout dans les Royaumes & Païs de Sa Majesté & par ses Officiers ; vû qu'autrement elles n'auroient point été obligées de se plaindre si louvent du tort qui a été fait en plusieurs manières à leurs sujets & Marchands tant en Eipa

gne

gne qu'en pleine Mér depuis la dernière paix lans qu'elles en aičné pů obtenir la réparation qu'elles avoient lieu d'espérer & d'attendre de la grande équité de Sa Majesté & de fon exactitude dáns l'oblervation des Traitez, mais qu'elles veuleni ctotre, que l'exactitude fupofée pour le passé, leut servira de garand d'une plus grande exactitude dans l'avenir.

Qué cependant Leurs Hautes Puissances re. gardent l'offre réitcrée de la Mediation de Sá Majesté pour accommoder les differens aŭ fujet du Commerce d'Oftende aux Indes comme une marque de l'amour de Sa Majesté pour la Paix, & de fon Amitié envers la Re publique, dont elles lui sont très obligées, mais que le fcrupule ou la difficulté, qu'elles ont eu, reste toujours, favoir Sa Majesté poúra roit emploier la Mediation avec cette impartialité qui est require dans un Mediateur après qu'elle est entrée dans un å fort & G étroit engagement avec Sa Maj. Imp. pour le maintien du Commerce doftende aux Indes, les quel Coihimerce & l'Infraction faite păr-lá aut Traitez font le sujet principal de leurs Gries. Qu'll ne fera pas necessaire d'examiner a lc cas de la Mediation de la France, & de la Grande - Bretagne alleguée dans le furdit Me moire quadre avec le cas dont il s'agit ici. Mais que fuppofè qué ledit cas s'accorde en toutes fes parties avec celui d'a present, Sa Majestě le Roi d'Espagne vient d'aprendre à Leurs Hautes Puissances combien difficilement cette Mediation pourroit reulir. Sa Majesté aban donnant la Mediation de la France & de la Grande-Bretagne après l'avoir accepté, & après qu'elle a été en train, a jugé à propos de faire

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fes condicions avec Sa Majesté Imperiale fans se servir de cette Mediation. Qu'outre cela, Leurs Hautes Puissances ne peuvent pas sans leur très-grand prejudice entrer en Negociation fur lesdits differens, sur un pied, par lequel on supose que le Grief restera ; mais qu'on cherchera des équivalens par lesquels le prejudice que l'Etat fouffre par - là pourrol être diminué ou ôté: que Leurs Hautes Puil. sances envifagent l'infraction des Traitez comme un Article , qui ne peut-être bonifié par. aucun équivalent, vů que de l'observation & de l'execution des Traitez depend toute la sua recé que les Princes & Ecats ont les uns à l'é: gard des autres, & qu'on ne pourroit plus compter sur des conventions à faire, fi celles, qui font faites-, n'étoient point maintenuës qu'autrement Leurs

Hautes Puiffances avouent volontiers, que les Precedens Traitez n'empêchent pas qu'on ne puissc en faire de nouveaux,, pourvú qu'on pose pour fondement que par ces nouveaux Traitez il ne soit rien change aux precedens, que du consentement de ceux qui y font interelles, fans laquelle regle, tous tes Traitez font rendus inutiles.

Qu'outre cela elles conviennent auffi vos lonciers que Sa Majesté le Roi d'Espagne. a un qulsi grand pouvoir , particulierement par raport à les riches possessions aux Indes, qu'aucun autre Prince, pour pouvoir dona rier route forte de dedommagemens, s'il ne sagiffoit que de la reparation de quelques Dommages; mais que comme il vient d'être Nic; il ne s'agit point ici uniquement de quel. que perte ou Dommage. Qu'ainsi elles veulent bien croire que la pre

sente

ces

sente Amitié entre Sa Majefté Imperiale & Så Majesté Catholique eft 11 grande que Sa Mam jesté Imperiale, par Amitie pour Sa Majesté Catholique, voudra faire beaucoup, & que c'est pour cette raison, que Leurs Hautes Puislanpar

leur Résolution du 24. Janvier dernier ont prié & prient encore amiablement. Sadite Majesté, qu'elle veuille avoir la bonté d'emploier ses puissants offices auprès de Sa MajeAté Imperiale pour que le Commerce des ParisFas Autrichiens vienne à cefler; afin que parlà le Grief, qui cause les presentes difficultez foit redreffé, que s'il faut pour y parvenir que l'on falle quelques pas en avant, L. H. P: ne pretendent pas que ce soit S. M. I. qui les fafde la première, mais qu'Elles feront toûjours prêtes de faire les premiers pas, & d'avancer non seulement à moitié, mais au bout du chemin, pourvû qu'elles puissent feulement voir, que par là les choses pouront parvenir à une bonne fin; car Leurs Hautes Puissances ne fa vent pas d'avoir jamais manqué de rendre à Sa Majesté Imperiale l'honneur qui lui est dû, & autant qu'elle peut attendre d'un Etat Souverain: qu’ainsi Elles conserveront toujours, le même respect pour Sa Majesté Imperiale. Que Leurs Hautes Puissances ont examiné avec attention les propositions. & offres contenus dans ces deux points.

Premierement que Sa Majesté Catholique s'offre de faire reparer le dommage & le prejudice que les sujets de l'Etat pretendent souffrir de quelque Traité fait anterieurement par l'Espagne; Ét en second lieu, que Sa Majefté s'offre de s'interposer auprès de Sa Majesté Imperiale pour accommoder les differens à

l'amia,

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