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Paix générale; car il eft clair, qu'on ne pouvoit attendre aucun fucces de ces dernieres Négociations, jufqu'à ce qu'on eût reglé certains Articles Préliminaires, qui leur ferviffent de fondement: Que ce fut aufli pour cela que le Préfident Rouillé fe rendit à la Haye, & le Marquis de Torci enfuite; qu'on convint avec eux des Articles Préliminaires, qui furent fignez le 28. Mai de cette Année par les Plénipotentiaires de Sa Majetté Imperiale, ceux de Sa Majefté la Reine de la Grande-Bretagne, & ceux de Leurs Hautes Puiffances, & qui furent d'abord ratifiez par Sadite Majefté Britannique & cet Etat:

Que le Roi T. C. n'aiant pas voulu aprouver lefdits Préliminaires, à caufe de l'Article XXXVII. on avoit rompu là-deffus les Négociations; mais que fur de nouvelles inftances de fa part, on les avoit reprises par la voie des Lettres, pour tâcher de lever les difficultez qui regardoient ledit Article, foit par un Equivalent, ou par quelque autre moien; & que ce fut l'unique fujet des nouvelles Négociations qui s'enfuivirent, puis qu'on affûroit de la part du Roi de France, qu'il aprouveroit, & qu'il ratifieroit même tous les autres Articles, dès qu'on feroit convenu de quelque chofe fur le XXXVII: Que ce fut le feul motif du Voiage de Mr.

Pette

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Pettecum; parce que les Lettres n'avoient rien avancé là-deffus, & que la Cour de Fran ce fit des inftances réiterées, afin que ledit Sieur Pettecum y pût aller, pour voir fi fa. préfence n'aideroit pas à trouver quelque expédient, capable de furmonter les difficultez qu'il y avoit à l'égard dudit Article. Mais comme, par la Réponse qu'il en a reçue, il eft évident que la France abandonne lefdits Préliminaires, qu'elle les renverfe d'un bout à l'autre, & qu'elle parle d'entrer en nego ciation pour la Paix, fans faire aucune men tion de Préliminaires; ce qui ruïne le Fondement qu'on avoit déja pofé, de même que le but des Alliez, qui vouloient s'affûrer de certains Articles, & de leur execution, avant que de traiter de la Paix dans les formes, & de la conclure; C'est pourquoi lefdits Députez font d'avis: Qu'on doit infifter, de la part des Alliez, fur les Fondemens qu'om avoit pofé de concert, & avec leur aproba tion; & qu'on doit déclarer auffi d'un commun accord, Que pour les raifons fufdites, la Réponse que le Sieur Pettecum a portée n'eft point fatisfaifante; & qu'on doit s'en tenir auxdits Articles Préliminaires, puis que -la France ne fait aucune difficulté que fur le XXXVII. & que Vos Hautes Puiffances ont été d'opinion, avec vos Alliez, qu'or pour6 3

Loit

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roit chercher là-deffus un Expédient qui fa tisferoit toutes les Parties intéreffées.

Après avoir donc ouice raport & confideré, Que bien que tous les Seigneurs Députez des Provinces refpectives croient unanimement, que, pour les bonnes & capitales raifons ci-deffus alleguées, en doit fuivre à tous égards l'Auis de leurs Députez; cependant ils comptent qu'il aura plus de for. ce & d'efficace, s'il eft foutenu de la Refo lution unanime de tous les Membres de l'U. nion. C'eft pourquoi il eft trouvé à propos, & refolu, Qu'on en avertira par Lettres les Seigneurs Etats des Provinces refpectives, & qu'on leur repréfentera, Que le Sieur Pette. cum, qui, à la requête & fur les inftances réiterées de la France, avoir obtenu la permiffion, de l'avû des Alliez, de ferendre à cette Cour, pour voir fi l'on pourroit trouver quelque Expédient qui put lever les dif ficultez qu'il y avoit fur le XXXVII. Arti cle des Préliminaires, en eft révenu, contre l'atenté générale, non feulement fans en a voir raporté un Expédient de cette nature, mais auffi avec une Réponse, où l'on ne dit pas un mot des Propofitions qu'on avoit fai、 tes ici depuis quelque temps, & où l'on abandonne les Fondemens, dont on étoit convenu de part & d'autre, comme il a été dit, de

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de même qu'avec une Offre d'entrer en Négociation pour la Paix, fans rien ajuster ni regler d'avance: Offre, qu'on à toûjours D cru dangereufe, que les Alliez ne doivent pas admettre, & qui eft oppofée à la Déclaration, que la France a toûjours faite, depuis qu'on eut convenu des Préliminaires, & même par fes dernieres Dépêches, favoir, Que tous ces Articles Préliminaires feroient fermes & inébranlables, tels qu'on les avoit reglez, à la referve de certaines alterations dans les Termes de l'execution, que la fuite du temps avoit rendues néceffaires, fi l'on en exceptoit le XXXVII. Article tout feul: Qu'on ne peut inferer autre chofe de cette maniere d'agir, fi ce n'eft que l'Ennemi n'eft Pas difpofé à traiter de bonne foi, pour en venir à une Paix ferme & folide, qu'on ne doit avoir aucun égard aux affûrances, qu'il donne de fes bonnes intentions là deffus, puis que les effets s'accordent fi peu avec fes paroles; mais que toutes les démarches vont plûtôt à femer des jaloufies & la mefin telligence entre les Alliez, pendant qu'il eft refolu de continuer la Guerre, comme toutes les Nouvelles publiques le difent; qu'il paroit aufli d'ailleurs, & qu'on doit l'inferer des préparatifs qu'il fait par tout, avec plus de foin, & d'aplication que jamais.

Il s'enfuit néceffairement de là, qu'il eft de la prudence des Alliez, de ne fe laiffer pas donner le change, par les proteftations genérales que l'Ennemi fait de fa bonne dif pofition à la Paix, ni par aucune foible apparence qui tourne de ce côté-là, & de ne rien diminuer du foin qu'il faut prendre de tous les préparatifs néceffaires pour foutenir & pouffer vigoureufement cette Guerre, dans F'efperance que Dieu continuera de les favo rifer de fa protection: Mais il eft aujourd'hui plus néceffaire que jamais, que tous les Mem bres de l'Union agiffent de concert, avec le même courage & la même conftance, pour travailler à tous ces préparatifs & foutenir une Guerre, où Dieu a, d'une façon fimiraculeufe, béni les Armes des Alliez de tant de glorieux fuccès; pour l'amener à une bonne fin, & ne perdre pas les Conquêtes & les Avantages qu'ils ont obtenu à travers tant de périls, & qui leur ont coûté tant de fang & de fi valtes tréfors: Qu'il taur fur tout faire au plus vite les derniers éforts, pour être en état de commencer de bonne heure la Campagne prochaine, &de la pouffer vigoureusement, avant que les Ennemis y puiffent paroître: Que dans cette vûë, on priera les Seigneurs Etats des Provinces refpectives, qui n'ont pas donné jufques-iei

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leur.

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