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REPRESENTATION

De la Chambre de communes à la Reine.

Tres-GRACIEUSE SOUVERAINE,

Qus, les très foûmis & très fideles Su

jets de Vôtre Majesté, les Communes de la Grande Bretagne assemblées en Parlement, n'ayant rien tant à ceur, que de mettre Vôtre Majesté en état de terminer cette longue & onereuse Guerre par une heureuse & honorable Conclusion, avons reflêchi mů. rement sur les moyens qu'il y auroit d'employer avec plus de fruit, les Subsides nécessaires que nous devons fournir, & sur la maniere dont la Cause Commune pourroit être foutenuë avec plus d'efficace par la force reünie de tous les Alliez. Nous avons cru être obligez, par notre devoir à l'égard de Vôtre Majesté, & pour répondre à la confiance qu'on met en nous de nous informer du veritable état de la Guerre dans toutes ses Parties ; Nous avons examiné les Trairez qu'il y a entre Vôrre Majesté & vos Allicz, & jusqu’où l'on s'eft aquité de ces Engagemens de part & d'autre; Nous avons confideré les differens interêts des Alliez dans le

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succès de cette Guerre & ce que chacun d'eux a contribué pour la soutenir ; Nous avons tâché, avec tout le soin; & toute la di. ligence dont nous sommes capables d'en découvrir la nature, l'étenduë & la dépense, afin qu'après avoir fait une exacte comparaison de ce qu'il en doit coûter avec nos propres forces, nous puissions si bien proportionner l'un aux autres, que vos Sujets ne continuent pas d'être chargez au delà de ce qui est juste & raisonnable, & que nous ne trompions pas Vôtre Majesté, vos Allicz, ou fious mêmes, par des engagemens, dont la Nation ne sauroit s'aquiter dans l'état où elle se trouve..

Les Papiers, que Vôtre Majesté a eu la bonté de nous faire communiquer, sur nos très-humbles instances, nous ont donné tou.' . te l'information requise à l'égard de toutes les particularitéz que nous avons examinées; & lorsque nous aurons exposé nos Remarques là-dessus à Vôtre Majesté, avec nos lièshumbles Avis, nous esperons d'en recueillir cet heureux fruit; Que si les bons & généreyxatrems de Vôtre Majesté, pour obteanir une Paix sûre & durable, venoient à é. chouër malheureusement, par l'opiniâtreté de l'Enpemi, ou de quelque autre maniere une veritable connoissance de ce qui s'est palle

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jur.

jusques-ici dans la conduite de la Guerre', servira de bon fondement pour la pousser à l'avenir avec plus de ménage & d'égalité.

Afin d'avoir une vûë plus parfaite de ce que nous nous proposons, & d'être en état de l'exposer dans tout son jour aux yeux de Vôtre Majesté, nous avons crû qu'il étoit à propos de remonter jusques aư commence

ment de la Guerre, & qu'il nous soit permis . de relever ici les motifs & les raisons qui en

gigérent d'abord Sa Majesté defunte le Roi Guillaume à y entrer. Le Traité de la Grande-Alliance dit que ce fut pour maintenir les prétentions de Sa Majesté Imperiale,qui étoit alors actuellement en Guerre avec le Roi des François, qui avoit envahi toute la Monarchie d'Espagne en faveur de son petit-Filsle Duc d'Anjou ; & pour assister les Etats Généraux, qui, par la perte de leur Barriére contre la France, se trouvoient dans le mê. me ou un plus dangereux état, que s'ils étoie ent actuellement envahis. Comme ce furent les juttes motifs, qu'on eut pour l'entreprise de cette Guerre, aussi le but qu'on se proposa d'obtenir par-là écoir également fage & honorable. Car on voit par l'Article VIII. de ce même Traité, qu'il tendoit à procuper une satisfaction juste & raisonnable pour Sa Majesté Imperiale, & une sûreté suffilante

pour

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pour les Päis, les Provinces, la Navigation, & le Commerce des sujets du Roi de la Gran

de-Bretagne & des Etats Généraux; à prendre Filet de de bonnes mesures afin que les deux Royauvre et mes de France & d'Espagne ne fussent jamais IN E unis sous le même Gouvernement, & er oil, particulier, afin que les François ne posse

dassent jamais les Indes Occidentales qui rear foite' levent de la Couronne d'Espagne, ou qu'ils se ne pusfent point y trafiquer , sous quelques untes prétexte que ce pút-être;. à conserver en fin del aux sujets du Roi de la Grande-Bretagne

& à ceux.des Etats Généraux, tous les droits clegi & privileges qu'ils avoient à l'égard du ComEclel merce dans tous les Païs de la Domination utebal d'Espagne, avant la mort de Charles II. Rok Det d'Eipagne , .foit en vertu de quelque Traité g.

Accord, Ulage, ou de toute autre maniére urbe que ce fut. Pour venir à bout de ces Fins,

les trois Puissances Alliées s'obligerent à s'entr'aider mutuellement de toutes leurs forces ga fuivant la proportion qui seroit specifice dans on Traité particulier qu'Elles feroient dans la suite : Nous ne trouvons pas qu'aucuri

Traité de cette nature ait jamais été ratifié sa ciellt mais il paroit qu'il y eut un Traité concleg å pros pro qui engageoit réciproquement les parties inr tereflées

& qui ségloir ce que la Grande Buccagne de post fournir : Les termes adscre

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accord portoient, que pour le service de Terre, "Sa Majesté Imperiale fourniroit quatre-vingt dix mille hommes, le Roi de la Grande-Bretagne quarante mille , & les Etats Généraux cent deux mille, dont quarante deux mille seroient employez dans leurs Garnisons , & les autres foixante mille agiroient en Campagne contre l'Ennemi commun; & qu'à l'égard des Operations mili. taires sur Mer, elles se feroient conjointement par la Grande-Bretagne & les Etats Généraux, c'est-à-dire que la premiére fourniroit les 5. 8mes. pour fa quote part des Vailfeaux , & les Etats les 3. 8mes.

La Guerre commença sur ce pié dès l'année 1702. & alors toute la dépense annuelle pour l'Angleterre montoit à trois millions, sept cens lix mille quatre cens quatre vingt quatorze livres fterling; charge fort confiderable , à ce que croient les Sujets de Vôtre Majefté, après le court intervalle de repos dont ils avoient jouï depuis le fardeau de la Guerre précedente ; mais avec tout cela bien moderée, eu égard au Poids qu'ils ont foutenu dans la suite ; Du moins il påroit, par les Comptes délivrez à vos Communes, que les sommes requises , pour continuer le fervice de cette année sur le même pié que celui de la précedente, reviennent à plus

de

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