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anciennes alliances et les garanties les plus solemnelles à de nouveaux engagemens, en accordant des secours effectifs à l'injuste agresseur. Cette conduite des cours de Londres et de Berlin découvrant manifestement le parti qu'elles ont pris de rompre entièrement, et de concert, tous les liens des alliances respectives qui subsistoient ci-devant entre les hautes parties contractantes et elles, et faisant connoître évidemment que le roi de Prusse persiste toujours dans la maxime qu'il a adoptée, d'étendre de plus en plus sa puissance sur celle de ses voisins, de sorte qu'on espéreroit en vain de parvenir à une paix solide et assurée, tant qu'il dépendra de lui de la troubler par la force de ses armes; Sa Majesté l'ImpératriceReine, comme partie attaquée, et Sa Majesté trèschrétienne, tant en qualité d'alliée et d'auxiliaire de Sa dite Majesté impériale et royale, que de garante des traités de Westphalie, se trouvant également provoquées par la susdite invasion de la Saxe et de la Bohème, ont résolu d'unir leurs armes, non-seulement pour repousser la violence de l'agresseur et s'opposer aux efforts que ses alliés feroient en sa faveur, ainsi que pour procurer aux deux puissances attaquées une pleine satisfaction pour le passé et des sûretés suffisantes pour l'avenir; mais aussi pour assurer le repos général de l'Europe et le repos particulier de l'Empire, en réduisant la puissance du roi de Prusse dans de telles bornes, qu'il ne soit plus en son pouvoir de troubler à l'avenir la tranquillité publique. A cet effet, Leurs dites Majestés, ayant jugé qu'il leur étoit nécessaire de s'unir encore plus étroitement par un nouveau traité, et de convenir plus particulièrement entre elles des moyens de parvenir au but qu'elles se proposent; S. M. très-chrétienne a

nommé et autorisé les très-illustres et les très-excellens seigneurs ANTOINE - LOUIS ROUILLÉ, CHEVALIER, COMTE DE JOUY ET DE FONTAINE-GUERIN, conseiller en tous les conseils de Sa Majesté, ministre et secré taire d'état de ses commandemens et finances, commandeur et grand trésorier de ses ordres, et FRANÇOISJOACHIM DE PIERRE DE BERNIS, comte de Lyon, abbé commendataire de l'abbaye royale de St. Médard de Soissons, l'un des quarante de l'académie françoise, et ministre d'état de Sa Majesté; et Sa Majesté l'Impératrice-Reine d'Hongrie et de Bohème a pareillement nommé et autorisé le très-illustre et très-excellent seigneur GEORGE, COMTE DU SAINT EMPIRE ROMAIN DE STAHREMBERG, conseiller actuel du suprême conseil aulique de l'Empire, chambellan de Leurs Majestés impériales, et leur ministre plénipotentiaire auprès de S. M. très-chrétienne: lesquels, après s'être dûment communiqué leurs pleins-pouvoirs en bonne forme, dont les copies sont ajoutées à la fin du présent traité, et après avoir conféré entre eux, sont convenus des articles suivans.

ARTICLE I.

S. M. l'Impératrice-Reine d'Hongrie et de Bohème se trouvant attaquée par des forces si considérables, que le secours de vingt-quatre mille hommes, stipulé par le traité de Versailles du 1 mai de l'an 1756, seroit insuffisant pour parvenir au but commun que les hautes parties contractantes se proposent, et dont les objets sont détaillés dans les articles suivans, S. M. trèschrétienne s'engage et promet, de la manière la plus solemnelle et la plus obligatoire que faire se peut, primo, d'envoyer à Sa Majesté l'Impératrice-Reine,

au plutôt, un corps de troupes composé de quatre mille Bavarois et de six mille Wurtembergeois, et de les entretenir à la disposition de S. M. l'ImpératriceReine, pendant tout le cours de la guerre entre Sa dite Majesté impériale et royale et le roi de Prusse, à la solde et aux frais de la France; ou bien, și quel que obstacle imprévu empêchoit S. M. très-chrétienne de fournir lesdites troupes de Bavière et de Wurtemberg, d'y suppléer par un nombre égal d'autres troupes allemandes; et secundo, de faire agir cent et cinq mille hommes, tant de ses propres troupes que de celles qui seront à sa solde, aussi pendant tout le cours de ladite guerre, pour être employés pendant la campagne de la présente année mil sept cent cinquantesept, de la façon dont il en a été convenu par une convention séparée, laquelle est censée faire partie du présent traité, comme si elle y étoit insérée de mot à mot, et pendant le reste de la guerre, en conséquence de ce qui sera réglé et convenu à cet égard par la suite entre les hautes parties contractantes.

ARTICLE II.

Pour procurer à Sa Majesté l'Impératrice-Reine d'Hongrie et de Bohème les moyens de pousser de son côté la guerre avec plus de vigueur, et pour accélérer ainsi le retour de la paix, S. M. très-chrétienne s'engage et promet, de la façon la plus solemnelle et la plus obligatoire, de fournir à Sa dite Majesté impériale et royale, pendant tout le tems que durera la guerre dans laquelle elle se trouve actuellement engagée contre le roi de Prusse, un subside annuel de douze millions de florins, argent d'Allemagne. Ce subside commencera à courir du premier du mois de

mars de la présente année; et il sera payé aux ordres de Sa Majesté l'Impératrice-Reine, et à compte du susdit subside annuel, immédiatement après l'échange des ratifications du présent traité, la somme de deux millions de florins. Les dix millions de florins restans de la première année seront payés successivement et de mois en mois, à commencer un mois après l'échange des ratifications du présent traité jusqu'à la fin du mois de février de l'an 1758. La première année du subside se trouvant alors écoulée, les payemens ultérieurs se feront toujours successivement de mois en mois, et, autant qu'il sera possible, par portions égales, de façon que, pour la première année, aussi bien que pour les suivantes, chaque quart du subside annuel se trouve toujours entièrement payé dans l'espace et avant la fin de chaques trois mois, sans que ledit subside puisse être interrompu ou discontinué pour aucun motif, ni même à l'occasion d'une trêve ou suspension d'hostilités, (à moins que ladite trêve ou suspension ne fût prolongée au delà de l'espace d'un an), auquel cas les hautes parties contractantes s'arrangeroient à cet égard, et sans que S. M. trèschrétienne puisse jamais, et quelque soit l'issue de la guerre, en inférer aucune prétention à la charge de S. M. l'Impératrice-Reine, soit à titre de remboursement, soit sous tout autre prétexte quelconque.

ARTICLE I I I.

S. M. très-chrétienne s'engage et promet à S. M. l'Impératrice-Reine, de la manière la plus obligatoire et la plus solemnelle que faire se peut, de continuer les secours de troupes et d'argent ci-dessus énoncés jusqu'à ce que Sa dite Majesté l'Impératrice-Reine ait

été mise en possession tranquille et assurée, par un traité conclu avec le roi de Prusse et garanti par S. M. très-chrétienne, ainsi que par toutes les puissances accédantes au présent traité, du duché de Silésie et du comté de Glatz, en leur entier, avec toutes leurs dépendances, appartenances, droits et prérogatives quelconques, et tels qu'ils ont été ci-devant possédés par la sérénissime maison archiducale d'Autriche; pour être lesdits états possédés en pleine souveraineté et propriété par S. M. l'Impératrice-Reine et ses héritiers, à perpétuité, suivant l'ordre de succession établi dans ladite sérénissime maison archiducale d'Autriche.

ARTICLE IV.

De plus S. M. l'Impératrice -Reine sera mise en possession réelle, tranquille et assurée, de la principauté de Crossen, avec toutes ses appartenances, droits et prérogatives quelconques, et d'une étendue de pays à sa convenance qui soit située à portée de ses états héréditaires. Les présens possesseurs desdits pays en seront dédommagés au moyen d'un échange dont on conviendra, et qui sera pris sur les états du roi de Prusse et tout ce qui doit être ainsi acquis, échangé et transferé, conformément aux dispositions du présent article, sera respectivement transféré, assuré et garanti tant à S. M. l'Impératrice-Reine qu'aux susdits présens possesseurs, de la même manière que le duché de Silésie et le comté de Glatz seront et doivent être transférés, assurés et garantis à sa susdite Majesté l'Impératrice-Reine, en vertu des stipulations de l'article précédent, S. M. très-chrétienne contractant formellement à cet égard les mêmes engagemens qu'elle a pris par ledit article trois du présent traité.

ARTICLE V.

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