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Er mes nobles travaux instruiront l'Univers.
Pour moi je chercherai l'immédiate cause

Des efters de l'attraction,
Dit un esprit superbe , & qui, de toute chofe,

Prétend afsigner la raison. Quittons l'homine , lecteur, & paflons à la fen

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me.

Qui pourroir expliquer les divers mouvemens

Que je fais naître dans son ame?
C'est la naïve Agnès, à l'âge de treize ans,
Qui, du monde galant, ignorant le langage,

A fa maman qui sottement rougit, Demande innocemment, qu'est-ce qu'un pucela

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ge?

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C'est la frivole Eglé qui, de cæur & d'esprit,

Toute entiere å la bagatelle,

Au nom d'une mode nouvelle, S'intrigue & veut sçavoir ou s'en fait le débit.

C'est la médisante Belise

Qui, pour égaïer son loisir, De l'histoire du jour exige qu'on l'instruise. Enfin... mais répondons, lecteur, à con delir;

En deux mots voici ma devise.
Fille de la science ou de l'oisiveté,
Urile passion, ridicule manie,

Imprudence, méchanceté,
Le mal en moi se trouve ainsi que la bonté;
Mais ne m'impute pas cette bisarrerie,

Elle a la source dans ton cæur:

Honnête ou vicieux , je suis ce qu'il veut être,
Et ce sont les penchans qui reglent ma valeur.
Apprends mon origine & tu vas me connoître:
Aux perfides accens du serpent séducteur,
Oubliant de son Dieu la terrible défenses

Eve me conçut dans son fein ;
Devois-je, helas! par ma naissance
Donner la mort au genre

bumain !
Par le même.

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AU TRE.
D. cing pieds je suis composée , ,
Pour mon usage il m'en faut deux;
Si par malheur j'en suis privée,
Lois mon bonheur devient douteux.
Car courir eft mon premier vice,
Souvent aulli me trouve. t-on:
Quiconque veur entrer en lice
A beaucoup plus tort que raison.
Enfin, lecteur, pour tout te re
On pourroit me prêter deux sens;
Dans l'un des deux il faut me fuir,
Dans le second... tu me comprends.
Je ne change jamais mon nom
Sans changer de condition.

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LOGO GR Y P H E.
Les plus fameux guerriers qu'on ait vus sur la

terre
Ne feroient pas connus sans moi.
Je me nourris de fang, je ne vis qu'à la guerre ;
Je répands eo cenr lieux l'épouvante & l'effroi.
Je réunis souvent le fils avec le

pere ;
Je fais trembler les potentats;

On me maudit, on me révére ;
Je cause, quelquefois, la chûte des états.

Lecteur, si tu me décomposes,
Tu trouveras en moi la couleur d'un cheval;

L'endroit où la nuit tu reposes;
Un plaisir dont le règne est dans le carnaval;
Le nom d'un dieu païen qu'on lit dans Athalic;
Ce qui le plus souvent termine un opéra;

Si cu mers à la loterie,
Ce que pour ton argent on te distribuera ;
Ce qu'au jeu de billard à faire l'on s'applique,

Un sectateur Mahometan;
Un terme de marine; un terme de musique ;
Un mot anglois qu'un milord ducentend.
Lorsqu'avec plus de soin, encore, on m'étudie,
J'offre ce qui nourrit quand on est au berceau ;
Pour traverser les airs ce qui sert à l'oiscau;
Ce qui cause souvent plus d'une maladie ;

Ce

1770. 73 Ce qui reste du vin dans le fond du tonneau ;

Ce qui parcourt le jeu de paumes
Ce qu'on met lur le dos d'une bête de lomme;

Une plante quite nourrit;
Une autre dont la force excite l'appetit;
Un impôt très-connu dont il faut qu'on s'acquitte;

La femelle du sanglier;
L'endroit enfin ou plus d'un parasite

Se met sans le faire prier.
Si tu veux que je t'offre à coup sûr la victoire,

Sans te causer grandembarras,

Ouvre les fastes de l'histoire,
En centendroits divers, lecteur, tu me veras.

Par M. d'Azemar.

À U T R E.
Je présente en ces vers au lecteur curieux

Un mor charmant, un mot fait pour les cieux ; Mais qui, souvent, devient le nom d'une mos

telle: J'en connois une aussi sage que belle, · Dent le génie & l'éclat radieux Feroient penser qu'il fut formé pour elle.

ami lecteur , exprime dans son tout Une plante, une fecte illuftre en médecine : En le décomposant, le principe du goût, 11. Vol.

D

Ce mot,

Un fleuve qui , long-tems, cacha son origine,
Une graine, un légume, un assez vilain mal,

Ce qu'un triangle enferme en son essence,

L'habillement de la premiere enfance,
Aux habirans des caux un instrument fatal,
Ce dont un capucin ne connoît pas l'usage,
Une pomme, une écorce, un mauvais fruit fau.

vage,
Ecla mesure & le produit du tems,

Le roi des airs, ce qui fond dans la plaine
Aufli-tôt que zéphir annonce le printems,
Le charme de tes vers , ô divin la Fontaine !

Charme ignoré de maint rimeur,
L'habitant du céleste empire,

Le residu d'une douce liqueur,
La raine des oiseaux, un terme de satyre.,

Mon cher lecteur, c'est aflez vous en dire.

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A V T R E. Nous

ous sommes deux & nous sommes jumeaux,
Qui l'un & l'autre, avant de naître,
A notre mere en pleurs causons beaucoup de maux

Ami lecteur, li tu veux me connaître,
Ne crois pas que, pour me trouvçr,
Tu doives loin m'aller chercher.
Chaque jour je te rends Service,

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