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Dorval pere. Crois-tu l'être en rendant hommage à la vertu que tu voulois deshonorer , & penfes-tu que Mademoiselle puisfe être fattée de la réparation que le crime est obligé de lui faire ?

Rose à Dorval fils. Relevez-vous, Monsieur , & soyez persuadé que j'ai tout oublié. : DORVAL fils. Ah ! Mademoifelle ; vous me confondez... Mon pere , je suis coupable, je l'avoue, mais pardonnez å ma jeuneffe & rendez-moi votre amitié que je mériterai désormais par la conduite la plus sage.

DORVAL pere. Je veux en avoir des preuves; mais attendez-vous à passer fix mois, un an peut-être, dans la retraite que je vous ai fait préparer.

Dorval fils. Oh ciel !

Rose. Ah! Monsieur, li j'ai quelque pouvoir sur vous, pardonnez tout-à-fait à M. votre fils... Vous l'aimez...

Dorval pere. Oui, je l'aime, & trop fans doute... Je n'ai que lui, je ne me fuis occupé que de son bonheur, vous voyez comme il m'en récompense... Je souffrirai d'en être privé; mais dûr - il m'en coûter les larmes les plus ameres, je

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ne changerai rien à la résolution que j'ai prise.

Dorval fils. Quoi! vous pourriez. .

Dorval pere. Oui, sans doute : ma tendrelle n'est point aveugle , & je ne sacrifierai pas à une lâche complaisance le repos de mes jours & la leçon utile qui telt nécessaire. Je ferai ce que dicle proverbe... Pour vous, Mademoiselle, ché. rillez toujours la vertu, elle sera votre bonheur ; je ne négligerai rien pour vous prouver mon estime & pour vous rendre service.

Dorval fils. Mais, mon pere...

Dorval pere. mais, mon fils, il faut que jeunelle se passe & se corrige.

L'explication da mor de la premiere énigme du Mercure de Juillet 1770, premier volume, est le papier ; celle de la seconde est la loterie ; celle de la troifiéme est le livre ou la livre numéraire & de poids; celle de la quatrieme est la gla. 'ce; celle de la cinquiéme est le foulier. Le mot du premier logogryphe est soulier, dans lequel on trouve Louis, Loire , viole, oie , livre, Sire & Roi, loi, us, verà soie, vers, Rose , fole, ris , aliment & ris, l'action de rire, roue , rue, rufe & olive; celui du second est Sept, dans lequel on lit es, eft, fep, le, fe, & , pet ; celui du croisiéme est écuffon, dans lequel sont renfermés écu moonoie, once ,

écu armure, noce, Noé, Cofne en Auxerrois, Cosé, maréchal de Brillac, Offen, bourg en Silésie, Efon , roi de Thessalie , pere de Jason , Son, Cone.''

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ÉN I GME Dis que des hommes téméraires €édant aux mouvemens d'un caur ambitieux, De cette égalité.qui les rendoit tous freres,

Jurerent de briser les liens précieux ;
L'intérêt, instrument du malheur qui m'accable,

Pere de tous les attentats,
A qui, pour tout ravir, du monstre de la fable

Il n'a manqué que les cent bras,

Et toi trop affreuse avarice,
Vous fites nos'malheurs & mon nom fut connu.

Depuis ce tems , lecteur , en tous lieux répandu, Orphelin, vagabond, enfant de l'injustice ,

Sans appui, sans amis, pleurant , indéfendu, J'attends pour m'en venger que le monde finiffe,

L'orgueil est mon premier bourreau, Le ce monstre odieux, qu'avec tant d'éloquence Combat, dans ses écrits, le célèbre Rousseau,

Principe de mon existence, Le luxe m'aflalline & creuse mon tombeau. La honte qui devroit, de celui qui m'outrage,

Couvrir le front injurieux,

Est mon éternel appanage, Er mon crime pourtant n'est qae celui des dieux.

Pour une ame comparissante

Je suis un spectacle touchant;
Mais du regard altier l'arrogance insultante

Ne voit en moi qu'un objet dégoûtant.
Toi-même,

o que mon nom maintenant intérefle
De ta faufle délicatesie
Peut-être en ce moment offensé-je les yeux.
Mais ne t'aveugle pas, un coup d'ail en arriere,

En te rappelant tes aïeux,
Pourra t'infinuer un avis falutaire,
Celui d'être sensible, humain & généreux.

Vous, dont la tendre bienfaisance

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D'un bisarre destin corrige les horreurs,
Vous , qui du malheureux avec indifférence

Ne voyez point couler les pleurs,
Mon nom, pour vous, à trouver est facile,

L'humanité l'a gravé dans vos cæurs;
Mais qu'il en est à la cour, à la ville,

Qui ne me connoîtront jamais ! Hommes cruels, envain mon image importune Se repéte à toute heure autour de leurs palais ! Insensibles aux pleurs, aux cris de l'infortunc,

Ils sont pour moi sans oreilles, sans yeux ; Pour en êgre iaconnu, le voile du myftere

Ne m'est pas nécessaire, Mon nom fera toujours un énigme pour eux.

Par M. de Lar.. fils, de Coutancesi

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A V T R E.
Envain, dit un vieux nouvelliste,

NV
Jelis & je relis maint & maint journaliste;

Aucun ne m'instruit du terrein Qu'occupoir l'ennemi dans la dernicre affaire, L'astronome se leve, & dir : lunette en main,

J'irai sous un autre hémisphere,

Bravant l'inconstance des mers,
Epier les écarts du monde planetaire,

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