Page images
PDF
EPUB

cession de bâtir des forts dans lesquels ils ne vous permettront pas de mettre des hommes et des canons.

Quelle que fùt l'énergie, l'héroïsme de nos officiers et de nos soldats, ce n'est pas avec 6,000 hommes que vous défendriez ces forts contre 300,000 Prussieus qui déjeûneraient à Liège pour aller diner à Namur. C'est un appât que vous offrez à l'ennemi. On vous l'a dit, et je vous le répète, pendant qu'il en est temps encore.

L'orateur profile de l'occasion pour s'étendre avec gaieté sur les difficultés auxquelles a donné lieu entre la ville de Huy et le ministère de la guerre le fortin tombant en ruines qui orne cette localité. Il conjure le ministre de supprimer ces souricières. Si vous trouvez un fort nécessaire à Huy, faites-le au confluent de la Méhaigne et de la Meuse.

M. Nothomb a été vivement ému du discours de M. Waruant à la séance précédente. Quant à lui, après les explications si nettes de M. le général Pontus, il volera le projet sans aucune hésitation, sans réserves. Il examine ce qui se passe chez tous les peuples de l'Europe. Chacun n'a d'autre pensée que de se fortifier chez soi. Et quand les Chambres étrangères examinent les projets qu'on leur propose, elles y mettent plus de rapidité que nous. En Roumanie, en Italie, en Prusse, on a voté un nombre considérable de millions pour les fortifications en une seule séance. A ce propos, je dirai, sans attaquer personne, que les oraleurs belges manquent de discrétion.

L'orateur appuie les propositions du gouvernement avec la conviction la plus absolue.

Il rapproche l'opposition qui est faite aujourd'hui au gouvernement belge de celle qui a été faite à M. Thiers pour les fortifications de Paris. M. Guizot pourtant, mettant de côté toute question de parti, s'y ralliait.

Le député de Turnhout revient sur tous les développements déjà longuement exposés sur les avantages des fortifications de la Meuse. Il insiste sur le danger de l'excessive confiance qu'a témoignée M. Woeste dans Palliance anglaise. L'Angleterre peut à peine suffire à sa propre défense et elle n'interviendrait pas sur le continent.

M. Woeste. Ne disons pas de mal de l'Angleterre. C'est un intérêt national.

M. Nothomb. L'Angleterre est une grande nation; mais ses propres ministres avouent qu'elle n'a pas à celle heure des forces suffisantes pour défendre ses nationaux sur tous les points du globe où elle est attaquéc.

M. Woeste. Vous tenez un laugage extrêmement regrettable.

M. Pirmez. - Uu ministre, lord Randolph Churchill, a en effet tenu un pareil langage, mais c'est pour cela qu'il a dù rendre son portefeuille. M. Woeste.

[ocr errors]

Dans toutes les circonstances publiques, l'Angleterre a affirmé que nous pouvions compter sur son alliance armée.

M. Nothomb.

--

Je ne mets pas en doute les sympathies de l'Angleterre, mais il lui manque 500 mille soldats.

M. Frère-Orban.

faire.

[ocr errors]

L'Angleterre est assez grande pour savoir ce qu'elle doit

M. le prince de Chimay, ministre des affaires étrangères. L'Angleterre a toujours fait ce qu'elle a dû, quand elle l'a voulu. (Mouvement.)

-

M. Nothomb. Autant que vous, je respecte notre ancienne alliée. Mais je ne puis que constater ce que reconnaissent ses propres gouvernants. Nous savons que nous pouvons compter sur ses sympathies. Mais elles seraient nécessairement platoniques. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Voilà la vérité. M. Nothomb, de ces premisses, conclut à la nécessité inéluctable des fortifications de la Meuse. Suivant l'ordre de discussion. de M. le ministre de la guerre, le suivant même presque textuellement, M. Nothomb répète que nul n'a jamais songé à renoncer au système de concentration sous Anvers pour des opérations dispersées dont il ne nie pas le péril. La ligne de la Meuse est le complément même du camp retranché d'Anvers. L'orateur cite un des articles

de l'Indépendance belge sur la question. Il faut ou raser les vieilles forlifications ou en élever de nouvelles à la hauteur des conceptions nouvelles de l'art militaire. Les fortifications de la Meuse out été reconnues indispensables, comme où l'a dit hier, par M. le général Chazal, qui semble aujourd'hui en contradiction avec lui-même.

"

Si des événements imprévus provoquaient des situations inattendues, on regretterait vivement d'avoir combattu des mesures qui seules peuvent sauvegarder notre territoire et notre nationalité. En admettant même qu'aucun des belligérants ne cède à la tentation d'aller au-devant de l'enuemi dans la vallée de la Meuse, ne peut-il pas arriver qu'une armée allemande, battue dans les Vosges, y vienne chercher refuge? L'orateur rapproche cette hypothèse possible de la situation du général Bourbaki obligé de franchir la frontière suisse. La guerre a ses fortunes ainsi que ses disgraces. » Les fortifications proje tées n'eussent-elles qu'une utilité problématique, il faudrait les voter quand même, parce qu'elles seront un gage de force de notre part. De même qu'un homme n'a jamais trop d'honneur, une nation ne saurait jamais trop donner de preuves de sa sécurité et de sa confiance en elle-même. On ne respecte que ceux qu'on juge capables de se faire respecter eux-mêmes. La condition des traités qui garantissent la neutralité belge, c'est que la Belgique fera toujours tous les sacrifices nécessaires pour imposer à chacun le respect de son territoire. L'orateur cite divers exemples pour démontrer que les pays neutres doivent asseoir leur neutralité sur des éléments de force matérielle. Il s'étend de la violation de la neutralité suisse en 1813 par les armées alliés, malgré l'opposition de l'empereur de Russie, jusqu'au récent bombardement d'Alexandrie. Il faut que la Belgique, par un grand effort, montre à l'Europe que ce n'est pas sur elle qu'on consentirà à laisser faire une pareille expérience.

M. Jules Warnant s'occupe spécialement des défenses de la ville de Liège. Les fortifications projetées comprennent, pour ainsi dire, tout l'arrondissement, Couvert d'usines et d'une agglomération telle qu'on n'ose songer à la situation qui lui serait faite par un investissement. Anvers a la mer. Mais quelle serait la situation de Liège et de la banlieue liégeoise en cas de guerre? Et a-t-on pu comprendre à ce point mal les réclamations du conseil communal que de l'avoir soupçonné de vouloir attirer sur la ville de pareils dangers? Nous avions définitivement adopté en 1859 le système de concentration sous Anvers. C'était la conséquence même du principe de la neutralité. Que s'est-il donc passé pour que ce même principe exige aujourd'hui que nous nous précipitions au-devant des envahisseurs? On prétend que c'est une obligation sous-entendue dans les traités. L'orateur demande à prendre connaissance de cette contrelettre dont personne, il y a deux ans, n'avait jamais entendu parler. C'est une interprétation nouvelle et qui nous entrainerait bien loin. Nous n'aurions plus que des obligations et aucuns droits. Ce serait à nous, par la force, d'arrêter l'ennemi. Mais ceux qui ont garanti notre neutralité, que feraient-ils dans l'entre-temps? Ils jugeraient les coups!

L'orateur n'admet pas, ne veut pas admettre qu'obligatoirement la Belgique soit contrainte à envoyer 100,000 Belges contre 300,000 Allemands ou 300,000 Français avec la certitude de l'écrasement et de la défaite ou de l'annexion au moins de son armée et de ses forteresses. Le jour où la Belgique est envahie, il n'y a plus de neutralité, à moins que les puissances garantes n'interviennent. Sinon, nous n'avons plus qu'à consulter notre intérêt. On l'a dit, le patriotisme. doit être égoïste. Notre seul devoir serait de sauver notre indépendance. Et comme l'a dit le général Brialmont lui-même, nous devons réserver nos forces pour les jeter dans la balance au moment décisif et du côté où notre intérêt national se trouvera garanti. D'ailleurs, Anvers même n'est pas complètement fortifié des travaux y sont encore nécessaires. Terminez-les, au moins avant d'en entamer de nouveaux autre part.

ARCHI. DIPL. 1887. 2 SÉRIE, T. XXIII (85)

8

M. de Bruyn, rapporteur, avoue une certaine incompétence pour traiter ces questions. Mais, en pareil cas, que fàire? Se laisser guider par son bon sens. C'est sans grand enthousiasme que nous venons vous proposer de voter des fortifications qui coûteront fort cher. Mais nous les proposons parce que nous les croyons indispensables.

La nécessité en a été démontrée par les écrits militaires qui ont paru non seulement en Belgique, mais à l'étranger.

Le gouvernement a fait son devoir en proposant les crédits. Il n'a pas abandonné le système de concentration de 1859 établi sous les auspices de M. Frère. Et aujourd'hui c'est le système de concentration développé vers Liège et Namur qu'il défend contre M. Frère, ce système qui fut l'ouvre commune de M. Frère et du général Chazal, car, l'honorable membre l'a dit, sa part de collaboration fut aussi grande que celle du général Chazal. Ceci me fournit l'occasion de rendre homniage à ses connaissances en stratégie.

[ocr errors]

-

M. Frère. Je vous remercie. Mais ma part de collaboration était de fournir les fonds, plus de 50 millions. Ce n'est pas rien.

M. de Bruyn. Moi, je trouve étrange que M. Frère appelle les fortifications d'Anvers son œuvre commune à lui et au général Chazal et ne cite même pas M. Brialmont. Or, c'est l'auteur des fortifications d'Anvers qui réclame celles de Liège et de Namur.

Il ne faudrait jamais, messieurs, dans les questions nationales, faire intervenir la politique.

(Suit une discussion sans intérêt pour l'extérieur.)

Séance du 9 juin.

et de Kerchove; elle époques.

Ont pris part à la discussion: MM. Beernaert, Neujean a surtout porté sur l'attitude des partis à différentes

Séance du 10 juin. M. de Burlet, tout en se déclarant complètement incompétent en matière militaire, regrette que des considérations politiques aient obscurci à plaisir un débat qui met en question l'indépendance nationale. D'après les traités qui ont constitué notre neutralité, nous devons, les premiers, sans attendre personne, faire obstacle à l'invasion de notre pays. En vertu du traité des 18 articles, c'est là un devoir strict, absolu, pour la Belgique. Les puissances garantes de notre neutralité doivent n'avoir qu'à nous prêter appui et nous trouver déjà organisées. Laissons de côté, pour arriver à ce but, les moyens utopiques, comine l'appel de la garde civique, comme la levée en masse. Considérons froidement et sérieusement la question. Les nouvelles frontières franco-allemandes se sont respectivement tellement fortifiées que la pénétration par la force est devenue presque impossible de part et d'autre. L'orateur revient sur l'altitude déjà discutée du conseil communal de Liège et l'interprète, ma'gré les protestations de M. Frère et des députés de Liège, comme une approbation des projets, au temps où l'intérêt de parti ne dominait pas encore la question. I emprunte de nombreuses citations à la récente brochure de M. Arendt, directeur général au ministère des affaires étrangères. Lorsqu'en 1859, on a adopté le système de la concentration sous Anvers, le maintien des défenses de la Meuse en faisait partie intégrante. Aujourd'hui que le gouvernement, sous l'impulsion de l'éminent général Brialment, veut simplement mettre à la hauteur des circonstances et des progrès de l'art militaire le même système, on l'accuse de vouloir tout changer, on taxe même le général Brialmont d'inconsistance. On oublie que l'homme absurde est celui qui ne change jamais.

Le projet du gouvernement actuel a été une arme aux mains du parti libéral. L'orateur rappelle les métamorphoses de la presse d'opposition au sujet de cette question. Il fait le tableau des désastres qui menaceraient la vallée de la Meuse si, devant une invasion étrangère, elle se trouvait désemparée. Nous n'aurions plus d'autre ressource que de faire sauter les ouvrages qui existent actuellement et de perdre en quelques heures tout le prix des dépenses qu'ils nous

ont si longtemps coûtées. Un avertissement providentiel nous a été donné. N'y restons pas sourds.

M. Hanssens regrette que tout le côté diplomatique de la question ait passé par-dessus la tête de la Chambre. C'était pourtant à son sens le principal. Quant au côté militaire, il y a en Belgique un comité de défense spécialemant nommé par le Roi. Quand l'a-t-on convoqué? Où et comment a-t-il été appelé à donner son avis? En tout cas, il n'en reste pas trace. Le chef d'état-major de l'armée était en même temps l'auteur du projet, et l'orateur ne pense pas que le général Beernaert (rires), quelle que soit l'universalité de ses connaissances, ait éclairé tous les points obscurs du projet. Des bancs de la droite même sont parties des questions auxquelles il n'a pas été, quoi qu'on en dise, répondu. Sous le régime parlementaire, il semble à l'orateur qu'il ne devrait pas y avoir de mystères entre le Parlement et le gouvernement. C'est ce secret trop bien gardé, c'est cette inconnue qui pèse sur la présente délibération. Nous avons été des premiers à soutenir les mesures que le gouvernement veut prendre aujourd'hui; mais nous soutenions en même temps l'augmentation de l'armée, le service personnel.

M. Thonissen, ministre de l'intérieur, fait l'historique de la dissolution du royaume des Pays-Bas et de la constitution de la Belgique indépendante. Dans le Congrès de 1830, notre pays, né de la veille, a pris vis-à-vis de l'Europe des engagements solennels. La plus importante des missions qui nous a été confiée a été de constituer une barrière entre la France et l'Allemagne.

Le 14 décembre 1831, ces engagements ont été réitérés. C'est donc notre devoir étroit que nous remplissons lorsque nous mettons nos forces militaires au niveau de la science moderne et que nous élevons des travaux destinés à renforcer cette barrière dont la garde nous a été confiée.

La conférence de Londres eût-elle gardé le silence sur ce point, le droit international établit nettement le devoir des neutres. En cas de guerre, a-t-on prétendu, la Belgique armée et les corps constitués n'auraient qu'à se réfugier dans Anvers. Eh bien, ce n'est pas là là neutralité. Le peuple neutre n'a pas le droit de se retirer sans combattre.

M. Coomans interrompt avec persistance.

M. Thonissen. Mais laissez-moi donc tranquille. C'est insupportable. (Approbation de tous les côtés).

Citer les auteurs n'est rien, messieurs, il faut voir quelle est leur autorité. Quand ils citent le passé et le présent et en concluent des règles uniformes, cela devient très sérieux. Je puis m'appuyer sur un auteur de ce genre, que j'ai vu citer dans tous les congrès, le professeur Bluntschli, de Heidelberg. Or que dit Bluntschli? Qu'un Etat neutre, incapable de défendre sa neutralitě, a perdu sa neutralité, qu'on peut la violer.

C'est un principe parfaitement admis. Et la question a été jugée en Belgique, elle a été jugée en 1870. Que fit M. d'Anethan? Il fit connaltre à la nation et à l'armée que le territoire serait énergiquement défendu, et notre armée partit pour la frontière.

On exagère la faiblesse de l'armée belge. On dit: Que voulez-vous faire contre une armée de cinq cent mille hommes? On oublie que pour mettre en bataille une armée de cinq cent mille hommes, il faut six lieues. Une armée de cent mille hommes bien exercés pourrait donc faire bien du mal à une pareille armée.

La France, en 1870, est restée fidèle à ses engagements diplomatiques. Mais, au moment de la guerre, elle nous a demandé si nous étions en état d'empêcher toute violation de notre territoire. Nous avons répondu que oui. Et elle à cru à notre affirmation.

Mais dire que, dès que nous entendrons le tambour ennemi, nous nous réfugierons dans Anvers, c'est tenir un langage dégradant contre lequel je proteste. La forteresse d'Anvers est une garantie immense pour l'avenir du pays. Mais

l'armée belge doit prendre pour point d'appui une forteresse située à l'extrémité du pays. Dans ces conditions, pas un général intelligent ne s'aventurerait au delà de Tirlemont ou de Wavre. Il faut à nos généraux un point d'appui sur la Meuse pour pouvoir manoeuvrer en liberté.

Aucune puissance étrangère n'a agi sur nous d'aucune façon. Qu'auriez-vous dit si nous avions demandé aux puissances étrangères la permission de fortifier le pays? M. Frère.

-

On vous mettrait en accusation.

M. Thonissen. — Mais pouvons-nous dire à l'Europe: Nous laissons la moitié du pays sans défense et cette position si importante de la Meuse ne sera pas défendue.

Nous avons confiance dans la loyauté du gouvernement français et dans la loyauté absolue du gouvernement allemand, mais nous devons prévoir l'averir. La guerre a ses tentations auxquelles les peuples les plus loyaux ne savent pas toujours résister.

Une de ces tentations pourrait bien surgir dans le cas d'un conflit entre la France et l'Alleinage, celle de passer par notre pays.

L'orateur s'attache à démontrer que les conditions géographiques, la disposition de places fortes, etc., rendent cette hypothèse vraisemblable.

Le premier devoir du pays est de faire acte d'énergie. En volant 19 millions pour les forts de la Meuse, nous disons à l'Europe que nous sommes décidés à combattre jusqu'au dernier souffle pour défendre notre indépendance.

M. Thibaut. Il serait insensé de nous reposer mollement sur la foi des traités.

L'honorable membre votera le projet de loi.

Séance du 14 juin. Après un vif débat tout personnel entre le chef du ministère et le chef de l'opposition, quelques déclarations sont faites pour expliquer le vote.

M. Guillery votera les fortifications de la Meuse avec quelques-uns de ses amis. Il regrette que le débat n'ait pas eu toute la grandeur que comportait la question. Ce débat, il faudra le provoquer à bref délai. L'état de nos forteresses. l'organisation de notre armée, le service personnel, voila ce qu'il fallait grouper en une solennelle discussion. Isolées du reste, les fortifications de la Meuse sont devenues presque une question de parti. La défense nationale est indivisible. Il faut que d'ici à quelques jours le service personnel soit, à son tour, l'objet de nos délibérations. C'a été le cri qui nous est revenu partout, dans cette grande enquête où nous avons senti les souffrances de près. Les ouvriers nous ont dit: Nous ne sommes pas de la chair à canon, nous voulons servir la patrie; mais pas avec les laquais, ni comme des laquais.

Pour l'honorable député de Bruxelles, les fortifications de la Meuse sont indispensables même pour que nos milices puissent rejoindre leur corps. Il est évident que l'état actuel de l'armée est défectueux. Il y a beaucoup à faire, même, comme on l'a dit, à Anvers; mais les forts de la Meuse seraient de toute façon un point d'appui: une forteresse est une force, et l'orateur cite le mot du maréchal de Moltke: « Metz vaut une armée de 100,000 hommes. »

L'Europe attend de la Belgique une affirmation de son existence. Qu'elle dise bien haut qu'elle veut être indépendante et libre, elle le sera. Quelles que soient les combinaisons de la politique européenne, il faut s'attendre à ce que l'on nous demande un jour comme dans le passé : « Etes-vous prêts à défendre votre neutralité?» Il faut que ce jour-là nous puissions hautement répondre: Oui, ne dussions-nous compter sur l'appui de personne. (Marques d'approbation).

M. Begerem, au nom des dissidents de la droite, combat les crédits. Il blâme la tendance du budget à tout sacrifier aux dépenses militaires. L'armée est suffisante, et les défenses actuelles aussi. Il se défie de la pente où le vole du

« PreviousContinue »