Page images
PDF
EPUB

M. Woeste répond au discours de M. Frère-Orban. L'orateur se couvre de la haute personnalité de M. Malou. Les membres qui suivaient la politique de l'illustre chef de la droite ont toujours voté les contingents de la guerre, quel que fût le ministère qui les réclamâl. S'ils ont repoussé un certain système de réserve, c'est parce qu'ils le croyaient compromettant pour le pays. Quant aux fortifications de la Meuse, la droite les a combattues quand l'idée en a été introduite à l'improviste par le général Liagre, et M. le ministre des finances n'était pas en désaccord. Mais, dans une question de ce genre, les circonstances extérieures peuvent jouer un rôle considérable.

L'attitude de la droite est aujourd'hui ce qu'elle a toujours été. En 1880, quand le général Liagre a parlé pour la première fois des fortifications de la Meuse, l'orateur a affirmé que la Belgique nc pouvait pas être le théâtre des hostilités. Il maintient cette opinion.

Dans un écrit récent et d'ailleurs remarquable, un fonctionnaire des affaires étrangères a jeté des doutes sur la sécurité de la neutralité belge. M. Woeste cite des passages de l'article de M. Banning. Selon ce publiciste, la neutralité en 1831 et 1839 était beaucoup plus efficace qu'aujourd'hui. Il faut regretter de telles assertions. La Belgique doit témoigner hautement de sa confiance dans les engagements des grandes puissances. D'après les traités, la Belgique a des obligations corollaires de celles que les puissances ont vis-à-vis d'elle. C'est là l'esprit et le texte même des traités des 18 articles et des 24 articles. Aucun traité n'est venu entamer depuis cette consécration de notre neutralité libre et spontanée de la part de l'Europe. La Belgique, qui ne peut être nuisible à aucun Etat et qui peut être utile à beaucoup, a toujours conservé loyalement l'altitude qui lui était imposée. Elle a le droit de se retourner vers ces puissances, et de leur dire J'ai rempli mes devoirs. Je puis compter sur vous.» Les faits confirment cette manière de voir, justifiée par le langage de lord Clarendon, en 1855, par l'intervention de l'Angleterre en faveur de la neutralité belge en 1870, et par la sympathie que nous avons trouvée alors à Berlin et à Paris. On cite, il est vrai, les articles de sir Charles Dilke, mais sa situation ne lui permet pas grande influence sur les conseils de son pays. Pour moi, j'ai confiance dans la protection de notre ancienne alliée et dans sa fidélité. Nous ne voulons, nous ne devons pas croire qu'une violation de notre neutralité soit possible. Personne n'y a intérêt ni la France, ni l'Allemagne.

D'après les chefs mêmes les plus compétents des deux armées, la neutralité belge couvre les deux frontières. Il est possible que dans ces derniers mois une opinion contraire ait pu se faire jour en Allemagne comme en France. En 1859, le général Chazal organisait notre défense nationale sur une seule base d'opérations, Anvers, avec l'utilisation des vieilles forteresses. Or, les ouvrages de Liège et de Namur, efficaces peut-être en 1859, se trouvent aujourd'hui, par les progrès de l'artillerie, devenus illusoires. De quoi s'agit-il done? De conserver le même système en tenant compte de la marche du temps? Est-ce là seulement le but du projet proposé? C'est ce qu'examine M. Woeste. La ligne de la Meuse est-elle devenue pour la Belgique une ligne d'opérations tellement importante qu'un système nouveau doive être substitué au camp retranché d'Anvers ? Alors, il faudrait s'occuper avec le même intérêt de la ligne de la Sambre, comme le préconisait M. le général Liagre. Le gouvernement devra s'en expliquer.

Deux hypothèses se présentent : ou une nation étrangère veut conquérir la Belgigue, ou elle veut traverser le pays pour aller à la rencontre de l'ennemi. Dans le premier cas, selon le système de 1859, sans abandonner le pays comme on l'a dit, Anvers était pour la royauté, pour le gouvernement, pour l'armée, un refuge presque inaccessible. S'agit-il encore une fois de changer ce système et de vouloir défendre le pays tout entier? Il nous faudrait alors trois armées au moins. Et nous n'en avons qu'une que nous ne devons pas disséminer. Ce système nouveau entraînerait le pays dans des dépenses nouvelles et tellement exagérées que l'orateur et ses amis ne pourraient jamais s'y rallier. Il faut que les principes de 1859 restent intacts. S'il ne s'agit que de créer au

contraire sur la Meuse des défenses simplement mises à la hauteur des développements de l'art de la guerre, l'orateur votera les crédits.

Dans la seconde hypothèse, celle où l'un des belligérants veut, en passant sur le territoire belge, gagner de vitesse l'autre belligérant, les fortifications proposées, comme s'en est expliqué M. le général Pontus dans la section centrale, auront pour effet d'empêcher ou de retarder ces tentatives de passage. Les réflexions que suscitera l'érection de ces nouvelles barrières seront la sauvegarde de notre territoire. La considération du temps à perdre l'emportera sur celle du temps que l'on chercherait à gagner.

L'armée étrangère d'ailleurs, qui songerait à traverser la Meuse, et qui risquerait ainsi de mettre contre elle, selon la direction choisie, l'armée hollandaise et l'armée belge, pourrait-elle manoeuvrer sans élever derrière elle des ouvrages, qui ne se forcent pas en un jour? L'orateur croit que, dans la pensée du gouvernement, on ne veut pas sortir du système de 1859, mais il s'est produit ce fait, c'est que beaucoup d'officiers y ont vu autre chose, c'est-à-dire la renonciation au camp retranché d'Anvers et l'inauguration d'une organisation nouvelle de la défense nationale.

Le général Brialmont lui-même n'a-t-il pas avoué que les projets nouveaux n'avaient d'autre motif que le doute survenu sur la certitude autrefois admise de l'intervention anglaise ? C'est sur ce point que la Chambre eût dû être avant tout éclairée.

Le système proposé se réduit à la création de 21 forts et fortins à Liège et à Namur. Il suffirait, dit-on, de 12,000 hommes pour leur défense. Malgré son incompétence militaire, l'orateur n'admet pas que cette poignée d'hommes, quels que soient les travaux de défense, puissent constituer une barrière suffisante. On l'affirme pourtant. Mais quelle responsabilité ne prend-on pas par une pareille affirmation? On affirme aussi qu'aucune autre aggravation de nos charges que l'aggravation du budget spécial, ne sera le résultat du vote des fortifications. M. Woeste croit à la bonne foi du ministre, - mais là encore il est en contradiction avec tous les officiers partisans des défenses nouvelles. L'orateur demande à être éclairé. Il ne l'est pas.

Il y a encore un autre point discutable. Est-il nécessaire de fortifier plusieurs points à la fois ? C'était l'objection de la section centrale. Pourquoi ne pas commencer par Liège et laisser Namur de côté ?

Le général Brialmont a souvent changé d'avis; en variant, il a prouvé sa sincérité, mais nous avons le droit d'être en défiance devant un général qui change aussi souvent. Sans doute, on a consulté treize généraux, mais la procédure a été telle que leur opinion n'est pas importante. On ne leur a donné connaissance des plans qu'à la séance même et l'on a emporté le vote en une seule délibération. Remarquez, du reste, que les généraux, le baron Vandermissen, Brassine et Wauvermans, font cette réserve que les fortifications en projet ne réalisent les conditions d'une bonne défense que si les effectifs de l'armée de campagne ne sont point amoindris. Ces réserves des généraux eussent dû amener un débat contradictoire. Mais non, on n'a demandé aux généraux qu'un acte de foi en le général Brialmont.

Dans ces conditions, j'entrevois dans l'avenir l'éventualité d'une demande d'augmentation des effectifs appuyée sur les forlifications de la Meuse et je tiens donc à préciser mon vote.

Je voterai les fortifications avec cette réserve formelle qu'on ne pourra pas arguer de mon vote pour demander une aggravation des charges personnelles. C'est une attitude de jésuite.

M. Bara.

-

M. Woeste.

[ocr errors]

Je précise seulement mon vote et j'explique que j'eusse voulu être éclairé par les délibérations d'une commission mixte.

M. Neujean.

M. Woeste.

Proposez sa réunion.

C'est un acte administratif et je ne veux pas empiéter sur les attributions du gouvernement.

L'orateur termine en recommandant au gouvernement d'accorder des indemnités aux propriétaires à raison des servitudes militaires des nouveaux forts.

Qu'il n'écoute pas les subtilités des légistes, mais juge en équité. Il n'est pas juste qu'un citoyen subisse un dommage sans être indemnisé.

L'honorable membre formule un amendement dans ce seus. J'espère, dit-il, que le ministre se ralliera à l'amendement et me permettra ainsi de voter le projet.

Séance du 6 juin. M le général Pontus, ministre de la guerre.. L'opposition accuse les projets que nous avons présentés de chauger notre système de défense de 1859. Il ne faut pas confondre le système de la concentration avec celui de la concentration absolue. Ce dernier système n'a jamais été dans la pensée des hommes de 1859; il est tout nouveau. Le 25 juillet 1858, le général Renard combattait déjà devant la Chambre la concentration absolue. Et, deux jours après, M. Frère-Orban protestait, dans une éloquente interruption, contre un système qui, poussé jusqu'au bout, ne laissait à l'armée belge d'autre attitude possible que la fuite obligatoire. Et plus tard encore, en 1869, le même général Renard protestait avec énergie contre l'abandon des fortifications de Namur et de Liège; en tout temps, tous les cabinets qui se sont succédé se sont préoccupés du maintien du système de défense de là Meuse, saus infirmer en rien le système de concentration sous Anvers.

L'honorable ministre de la guerre se défend d'avoir mal traduit la pensée du général Chazal.

Le général Chazal s'est prononcé contre le désarmement de Namur. Le ministre prévoit le cas où la neutralité belge serait violée : nous bornerionsnous à nous réfugier dans le camp retranché d'Anvers et à attendre sans agir dans la vallée, devenue un champ de bataille, qu'elles s'y soient rencontrées? L'ne telle attitude peut-elle être digne du peuple et de l'armée belges? Le général Chazal s'est indigné quand on l'a pu soupçonner d'avoir une pareille pensée. Il cite quelques exemples cités naguère par le général Chazal lui-même, sur la défense du Portugal et de la Dalmatie, pendant les campagnes du premier Empire.

Le système de Lara en Dalmatie, analogue à celui d'Anvers dans notre pays, servait à M. le général Chazal d'argument pour démontrer la nécessité de conserver des têtes de pont sur la route d'invasion, u'eussent-elles encore d'autre resultat que d'empêcher le « bon public » de s'abandonner au découragement. S'il est, d'une part, bien établi que nul n'a voulu, dans le passé, anéantir ce qui reste des défenses de la Meuse, il est non moins exact que la guerre francoallemande de 1870 a singulièrement changé les situations d'autrefois. La France et l'Allemagne ont hérissé de forteresses leurs frontières, et pour le général Pontus, malgré sa foi robuste dans la garantie des traités, l'idée que l'un des belligérants peut avoir celle de traverser le territoire belge, n'est pas une chimère. Il examine tour à tour les avantages que l'accès de la vallée de la Meuse aurait pour une armée allemande et pour une armée française.

Il ne faut pas laisser à nos voisins cette tentation. C'est sur la Meuse que nous devons défendre notre neutralité, et, ne l'oublions pas, notre neutralité violée, ce serait, comme on l'a dit, inévitablement notre indépendance perdue. L'honorable chef du cabinet a rappelé l'autre jour le prix que les puissances étrangères attachent au succès de la proposition. Pourquoi M. Frère est-il seul à les croire inutiles, dangereuses, inefficaces? L'orateur examine de près la situation des ponts de la Meuse. Avec les fortifications actuelles, huit restent à la disposition de l'ennemi. Le système nouveau n'en laisse que deux, qu'il est facile de faire sauter.

Prévoyant l'hypothèse cù la violation viendrait de l'armée allemande, le ministre expose que les fortifications proposées lui donneraient fort à réfléchir et pourraient l'arrêter assez longtemps pour que la France ait le temps d'en tirer un sérieux avantage. Ce que l'on demande à faire de Namur et de Liège, cesont des places d'arrêt — arrêt pour l'ennemi - et des têtes de pont, des points d'appui, des pivots de manoeuvres pour l'armée nationale ou ses alliés. Les fortifications seront donc utiles, contrairement à l'affirmation de M. Frère. Le

ministre examine, pour suivre le chef de l'opposition dans sa trilogie, si elles seront inefficaces. On veut prévoir que nos forts seront mal gardés, que l'ennemi se glissera facilement, la nuit surtout, dans les intervalles qui sépareront les travaux. L'observation qui a été faite peut s'appliquer à tous les travaux de défense modernes. Et l'on oublie trop que les troupes assez importantes pour surprendre dans ces conditions de supériorité un de nos forts occupent ellesmêmes une superficie trop étendue pour que leur marche ne soit pas promptement signalée. L'erreur de M. Frère est de croire que ces fortifications vont nous forcer à changer tous nos plans et à constituer une armée de campagne beaucoup plus considérable. Nous voulons donner plus d'ampleur aux défenses de Liège et de Namur sans rien changer à l'organisation actuelle: nous ne pensons même pas avoir à augmenter dans de vastes proportions leurs garnisons. La question de la réserve de l'armée, du service militaire plus ou moins étendu, n'a pas à être mêlé avec nos projets de fortifications de la Meuse. Le ministre, rappelant la magnifique campagne du Nord du général Faidherbe en 1870, avec une armée si inférieure en nombre et composée d'éléments si disparates, attribue ses succès au soutien, au point d'appui qu'il a trouvé dans les places fortes du Nord, de la Somme et du Pas-de-Calais. C'est une erreur de croire que l'on peut faire la guerre sans places fortes. Les travaux projetés seront donc efficaces.

Une troisième accusation les atteint ils seraient dangereux.

Ils seraient dangereux, d'abord parce qu'ils ne couvriraient pas suffisamment les villes qu'ils doivent entourer. Le ministre expose que les projets sont à la hauteur des derniers progrès du génie militaire. Leur éloignement dépasse de près de 2,000 mètres tout ce qui a été fait dans les dernières années en Allemagne et en France. Quels sont les autres dangers auxquels nous exposeraient les fortifications de la Meuse? M. Frère dit qu'elles appelleront sur nous la foudre. Langage qui n'est pas nouveau et que M. Dumortier tenait en 1859 au sujet d'Anvers en répondant au général Chazal : «En faisant, dit-il, d'Anvers une forteresse de premier ordre, vous éveillerez les appétits, vous appellerez l'intervention de l'étranger.

[ocr errors]

Ce qu'on craint surtout, a-t-il été dit, c'est l'éparpillement de nos forces. Le ministre expose que l'armée compte en plus qu'en 1870, 3 régiments d'infanterie, 3 régiments de cavalerie, 1 d'artillerie, etc., etc. Nous avons 50 bouches à feu de plus. Les services sont parfaitement organisés. La situation de l'armée est incomparable, et nous sommes en mesure de parer à toutes les éventualités, sans que les fortifications nouvelles distrayent même de notre effectif l'augmentation que nous y avons réalisée depuis quinze ans. M. Frère a donc des craintes inutiles. S'il a cru que le général Brialmont avait voulu déplacer notre camp retranché d'Anvers ou le dédoubler pour le porter sur la ligne de la Meuse, il s'est étrangement trompé. Ce serait là, en effet, une dissémination dont nous ne voulons pas. Encore une fois, il ne s'agit que de créer deux fortes et solides places d'arrêt qui complètent, consolident, loin de l'ébranler, notre système de défense.

Le 16 août 1859, M. le général Chazal, dont on a cité le discours, était loin de viser les fortifications de Liège et de Namur, puisque le lendemain, comme le ministre l'a déjà dit, il insistait sur la nécessité de leur conservation.

On a supposé le cas où les belligérants qui franchiraient notre frontière et violeraient notre neutralité, prendraient une autre voie que Liège et Namur. Dans ce cas, quelle utilité aux dépenses que nous allons faire? Mais alors, avec cet argument, toutes les fortifications quelconques seraient condamnées à l'avance.

Singulière logique ! la preuve qu'elles existent, et qu'on les craint, c'est qu'on les tourne. En serviront-elles moins de point d'appui à notre armée de campagne ?

Le ministre, sans entrer, on le comprend, dans trop de détails, affirme que le type des forts qui seront construits sera digne du sacrifice que le pays se sera imposé. Encore une fois, il le déclare solennellement, il ne s'agit pas de changer

rien au système de concentration sous Anvers, mais de mettre à la hauteur de la science militaire moderne, des progrès de l'artillerie, la défense de la ligne de la Meuse que toutes les compétenees militaires, y compris le général Chazal, ont toujours et à juste titre, voulu conserver.

Arrivant aux questions posées par M. Houzeau à M. Beernaert à une dernière séance, le ministre dit avoir nettement répondu, dans la troisième section, à la question des effectifs nécessaires à la défense de ces fortifications. Ces effectifs sont de peu d'importance. C'est là un des bénéfices de la méthode nouvelle que de pouvoir mettre en état de défense réelle et efficace un grand espace avec des forces relativement faibles. N'est-ce donc rien aussi que de mettre à l'abri du bombardement des cités riches, industrielles, peuplées comme Liège et Namur ?

On a eu tort de parler des variations du général Brialmont. Mais dans l'art de l'ingénieur militaire, c'est une nécessité de varier. Chaque découverte nouvelle doit amener une variation même et surtout dans l'esprit d'un homme supérieur. Le ministre s'indigne des expressions dont on s'est servi vis-à-vis d'un homme comme le général Brialmont, reconnu par tous, en Belgique et ailleurs, comme une lumière et comme une des gloires de notre pays. (Vive approbation.)

Le ministre donne lecture d'une lettre du général Brialmout qui dit, dans les termes les plus nets, qu'il n'a jamais entendu renoncer au système d'Anvers et qui confirme, en ce qui concerne les garnisons des forts de la Meuse, qu'elles ne nécessiteront pas une sérieuse augmentation d'effectifs, même en cas de guerre.

Notre mobilisation, en cas de guerre, nous donnerait avec le système actuel, 137,000 hommes. En 1870, l'armée était de beaucoup moindre et le déchet beaucoup plus considérable qu'il ne serait aujourd'hui, à cause d'une quantité de mesures prises depuis lors. La liste des indisponibles a diminué dans des proportions très rassurantės.

Le ministère cile comme exemple le rappel qu'il vient de faire de deux classes il y a une proportion infime d'absences. Enfin, 90 p. cent des permissionnaires sont rentrés d'eux-mêmes à leurs régiments. (Murmures approbatifs.) Tout cela en dix jours.

Si la loi le lui permettait, dit le ministre, il rappellerait un jour, en une fois, toutes les classes.

Alors on ne discuterait plus nos contingents. Et l'on verrait que les effectifs nécessaires à la défense des travaux nouveaux nous laissent intacte une armée de campagne à la hauteur de sa mission.

M. Joseph Warnant ne veut pas reprendre point par point le discours de M. le ministre de la guerre. L'honorable député de Huy croit sérieusement que l'idéal pour la Belgique serait d'avoir en même temps le camp retranché d'Anvers, les fortifications de Liège et de Namur et une armée mobile de 100,000 hommes. Mais comme il ne croit pas, avec les effectifs et l'organisation actuelle du service militaire, que ces trois choses sont possibles en même temps, il pense comme M. Frère-Orban que ces fortifications ne peuvent, dans l'état actuel, qu'ajouter à la défense nationale un péril nouveau. Si e les sont attaquées, il faudra les défendre, et, pour les défendre, vous désorganiserez votre arméc. Oui, c'est une illusion et la plus dangereuse de toutes, pour le pays, que de croire qu'avec le nombre d'hommes dont vous disposerez, vous pourrez suffire à la tâche dont vous assumez trop légèrement la responsabilité. Vous avez beau gonfler vos chiffres et diminuer vos déchets, votre chiffre de 130,000, nous n'y croyons pas. Ecoutez donc ce que vous disent tout bas vos généraux qui sont des hommes de talent et des patriotes. Ecoutez M. Brialmont, écoutez M. Vandermissen qui vous ont répété qu'il vous fallait plus d'hommes, de chevaux, d'autres canons, d'autres fusils. Faites tout cela. Nous le voulons bien. Mais pas de réticences, pour plaire à M. Woeste et à ses amis. Ne faites pas à votre majorité cette con

« PreviousContinue »