Page images
PDF
EPUB

Portugal, et il représentait les Portugais qui la repoussent comme des sujets fidèles du roi légitime; assertions appuyées par M. de Berthier, et combattues par M. le président du conseil des ministres. M. Hyde de Neuville, qui parut ensuite à la tribune, demandait que la Chambre signalât dans son adresse la désapprobation des causes qui ont amené les troubles du Portugal. L'amendement de M. de La Bourdonnaye, combattu par M. Sébastiani, ayant été rejeté, M. Casimir Perier en présenta un autre, conçu dans une opinion tout opposée. Il exprimait le vœu de voir établir un ordre légal en 'Espagne, seul moyen de préserver la Péninsule des malheurs qui la menacent.

a La cause première du mnal, dont les conséquences se font sentir à la fiu, disait l'honorable orateur, est toute, Messieurs, dans l'occupation de l'Es pagne : une fois réalisée, le tort du ministère, tort immense, puisque les événemens présens en découlent, est de n'avoir pas eu le talent ou le courage de faire servir cette occupation à atteindre le but qu'il s'était proposé.

"

J'ai écouté, depuis deux jours, avec attention, ceux de nos collègues qui ont poussé le ministère à faire, malgré lui, la guerre d'Espagne. Évitant de se replacer sur ce terrain où ils nous ont si imprudemment engagés, ils se sont bornés à parler des événemens du Portugal, et surtout de l'arrivée des Anglais dans la Peninsule. On attente à notre honneur, ont-ils dit; nous abandonnons notre allié le roi d'Espagne, en sacrifiant la politique de Louis XIV à la politique anglaise. S'il en est ainsi, Messieurs, nous n'avons qu'un moyen de ven ger tant d'outrages, c'est de nous battre; mais si j'ai kien entendu, nul de ces orateurs n'a pris de conclusions formelles, nul n'a osé prononcer le mot de guerre et n'a présenté d'amendemens. Ces assertions, ces faits sont done inexacts, on les orateurs se montrent peu conséquens avec eux-mêmes, car une conclusion était inévitable, et ils devaient ouvertement demander la guerre. (Plusieurs voix. Nous n'avons pas demandé la guerre!) »

[ocr errors]

Après cette assertion, repoussée par l'opposition de droite, M. Casimir Perier reprochait au gouvernement espagnol l'ingratitude par laquelle il avait répondu aux bienfaits de la France, et au ministère français d'avoir trop fait de sacrifices. Il demandait enfin qu'on insérât dans l'adresse deux paragraphes ainsi

conçus :

«La chambre est persuadée que V. M., eu se concertant avec ses allies, parviendra à empêcher que ces troubles ne compromettent la paix entre l'Espagne et le Portugal, et n'étendent plus loin leur funeste influence.

La chambre espère que les efforts de V. M., unis à ceux de ses alliés, parviendront à obtenir des garanties solides contre le renouvellement de ces troubles..

[ocr errors]

Cet amendement rejeté, M. Benjamin Constant en proposa un autre dans le même sens et qui eut le même sort.

De l'autre côté de la Chambre, ou voulait qu'elle exprimât son mécontentement sur la manière dont M. Canning avait considéré l'intervention de la France dans les troubles de l'Espagne. M. de Bouville et M. Hyde de Neuville proposaient des amendemens conçus dans cette opinion (1); mais, après bien des débats, l'ensemble de l'adresse rédigée par ia commission fut adopté, sauf tele léger changement indiqué, à une majorité qu'on assure avoir été de 200 voix sur 230 votans. Elle fut présentée le même jour au Roi, dont la réponse mérite d'être conservée:

[ocr errors][ocr errors]

Je reçois toujours avec la même satisfaction l'expression des sentimens de ⚫la Chambre des députés.

« Je vois avec un grand plaisir qu'elle entre dans mes vues, et qu'elle exa⚫ minera avec autant de soin que d'attention les lois importantes que j'ai fait ⚫ préparer pour le bonheur de la France.

Vous désirez la paix, Messieurs. Personne ne la désire plus sincèrement que moi. Les efforts que je fais pour la conserver sont dirigés par mon

" cœur.

J'aime à vous annoncer que mes espérances à cet égard deviennent chaque jour plus fondées. Si la divine Providence en ordonnait jamais autrement, comptez sur moi, Messieurs, comme je compte sur vous, comme je compte sur tous mes fidèles sujets; et soyez sûrs que l'honneur de la France restera par et intact comme il l'a toujours été. »

(1) On verra au chapitre de la Grande-Bretagne quelles étaient les expressions du discours de M. Canning qui avaient dù choquer les membres de l'opposition royaliste, et comment ce ministre les a depuis corrigées ou rectifiées.

[blocks in formation]

ciation sur la navigation du Rhin. AUTRICHE. Maladie de l'empereur. Voyage à Lambach, Conférences diplomatiques au château du JoannisSaite des délibérations de la diete

berg.

[ocr errors]

Congrès de famille à Vienne.

de Hongrie. Représentations des deux Chambres et résolutions impériales. Difficultes élevées sur le quantum des contributions.

[ocr errors]

- EmpruntPRUSSE. Jugement dn tribunal de Breslau sur les menées démagogiques. Actes du gouvernement. - Convocation des états du Bas-Rhin; représentations relatives à l'introduction des lois prussiennes. BAVIERE Actes du gouvernement. WURTEMBERG. Ouverture de la session des états

- ÉTATS DIVERS. Session d'états lans divers pays. Budget de Qnerelle de famille dans la Hesse électorale. - P.ègle

du royaume. Hesse Darmstadt.

[ocr errors]
[ocr errors]

ment de la succesion de Saxe-Gotha,

La diète germanique, qui reprit ses séances le 26 janvier, sous la présidence du ministre de Prusse (M. de Nagler), en l'absence de M. de Munch-Bellinghausen, avait à délibérer cette année des objets les plus importans aux intérêts généraux et particuliers de la confédération. Des difficultés graves s'étaient élevées sur la construction et l'occupation des forteresses; les ministres de Bavière, du Wurtemberg et des Pays-Bas y avaient témoigné quelque opposition aux vues des puissances prépondérantes. On devait remettre sur le tapis ia question de savoir s'il était nécessaire de prolonger l'existence de la commission centrale de Mayence, dont plusieurs états germaniques avaient demandé la suppression. Enfin, l'affaire la plus difficile à régler peut-être était celle de la navigation du Rhin, pour laquelle une commission spéciale avait également été établie à Mayence... C'était de quoi occuper les nouvellistes de

toute l'Europe. Mais la résolution de 1824 a trompé leur avide curiosité; les délibérations les plus importantes ont été mises au protocole secret de la diète; il n'en a transpiré que des affaires insignifiantes, de petites contestations d'intérêt entre quelques membres souverains de la diète, comme celle de Bade avec la Bavière, concernant les créances du Palatinat, et les éternelles réclamations des créanciers de l'ancien royaume de Westphalie, renvoyées, pour cause ou raison d'incompétence de la diète, aux gouvernemens intéressés, à la commission mixte établie à Berlin... Ces résultats ne valent pas que l'histoire s'y arrête.

La diète a fait connaître au public que M. le baron d'Anstett, ministre russe accrédité auprès d'elle, lui avait donné communication des événemens de Pétersbourg et de Kiew, du rapport de la commission d'enquête de Pétersbourg et des actes qui l'ont suivi, et il n'est pas sans intérêt de rapporter ici une partie de la réponse que fit le président de la diète à l'une de ces communications, datée du 3-15 juillet.

Si un gouvernement glorieux et paternel, dit S. Exc., tel que celui de S. M. l'empereur Alexandre, d'illustre mémoire, a pu être l'objet de complots criminels, comme ceux que décrit la commission d'enquête de Pétersbourg dans son rapport rédigé avec autant de calme que de clarté, on ne peut plus avoir de doute sur le danger dont les principes faux et pervers de quelques hommes peuvent menacer la tranquillité et le bien-être des plus puissans empires..

Quant à l'affaire des forteresses, le roi des Pays-Bas avait manifesté une forte opposition à la remise de celle de Luxembourg, qui fut néanmoins opérée le 13 mars, dans les mains de MM, les lieutenans-généraux de Wollzogen et de Hümber, commissaires nommés par la commission militaire de la diète. La forteresse reçut pour gouverneur S. A. le prince Gustave de Hesse-Hombourg, général au service de Prusse, et pour commandant le colonel prussien Dumoulin, et on a remarqué qu'aucun militaire ou fonctionnaire des Pays-Bas n'avait paru aux repas de cérémonie donnés à cette

occasion.

Il existait encore quelques difficultés relativement à la forteresse de Landau, et on a des raisons de croire que le nouveau ministre

[ocr errors]

de Bavière à la diète (le baron de Lerchenfeld) a soutenu les intérêts nationaux plus fortement que son prédécesseur.

On trouvera dans l'histoire particulière de la Prusse des détails sur les associations secrètes, qui peuvent servir à expliquer les motifs de la continuation de la commission centrale de Mayence, dont l'existence a cessé d'inquiéter, parce que son esprit de modération et de justice a été généralement reconnu.

Enfin, après six mois de délibérations sans résultat public important, la diète s'est ajournée (14 août) pour quatre mois, à con ter du 1er septembre...

On pourrait regarder comme une suite des délibérations de la diete germanique les conférences diplomatiques ouvertes un mois avant sa clôture, et terminées quelques jours après au château du Joannisberg, chez M. le prince de Metternich... Là s'étaient rendus le président de la diète et plusieurs ministres ou ambassadeurs des premières puissances (1).

De tous les objets qui durent être traités dans les conférences de ce voyage qui dura encore six semaines (de la fin de juillet au commencement de septembre), un seul a laissé dans les documens publiés des traces ou des données assez authentiques pour être recueillies par l'histoire contemporaine. C'est le dissentiment élevé au sujet de la navigation du Rhin.

L'art. 5 du traité de Paris (30 mai 1814) avait stipulé la liberté de la navigation sur le Rhin jusqu'à la mer, et laissé à un futur congrès le soin de fixer les principes d'après lesquels on pourrait régler les droits à lever par les états riverains de la manière

(1) Les journaux du temps ont nommé M. le comte de Bernstorf, ministre des relations extérieures de Prusse; M. le prince de Hatzfeld, ministre de Prusse à Vienne; M. le comte de Caraman, ambassadeur de France, et M. le bailli de Tatischef, ministre de Russie près la même cour; M. le baron de Berstett, ministre des relations extérieures de Bade; M. le baron de MunchBellinghausen, ministre d'Autriche, présidant la diète germanique, M. de Lerchenfeld, ministre de Bavière; M. le baron d'Otterstedt, ministre de Prusse près la confédération helvétique; et plasieurs autres ministres d'état des pays voisins, tels que celui de Darmstadt, celui de Nassau, etc.

« PreviousContinue »