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ville, & l'on embarque à mefure les chevaux & les bagages fur les bâtimens de tranfport qu'on leur a préparés. Selon toutes les apparences, cette expédition maritime, compofée de 400 bâtimens de transport & de 36 à 40 vaifleaux de guerre, fera voile de ce port fous 15 jours au plus tard. Le Sr. de Castejon, lieutenant-général & inspecteur général de la marine, eft commandant en chef de cette efcadre, & le Sr. O Reilly, lieutenant général & infpecteur-général d'infanterie, commandera les troupes de débarquement, qui font au nombre de 20 mille hommes, tant infanterie que cavalerie.

PORTUGAL.

LISBONNE (le 30 Mai. ) L'inauguration de la ftatue du roi, fe fit le 27 de ce mois, à la place du commerce, où elle fut pofée fur fon piédestal; il s'y trouvoit un concours prodigieux de fpectateurs. Le marquis de Pombal, l'amiral Don Jean, le cardinal da Cunha, les fecrétaires d'état, les ambaffadeurs & miniftres étrangers virent cette cérémonie des balcons d'un des nouveaux édifices qui ont été conftruits pour la décoration de cette place. On a déjà distribué des billets d'invitation aux miniftres étrangers & autres perfonnes de distinction, pour affifter aux fêtes qui fe donneront à cette occafion le 6 du mois prochain.

FRANC E.

VERSAILLES (le 4 Juillet.) Le roi a difpofé de la place de commandeur vacante dans l'ordre de St. Louis, par la mort du chevalier de Valliere, en faveur du comte Drummond de Melfort > maréchal-de-camp de fes armées, & ci-devant colonel du régiment Royal-Ecoffois,

S. Maj. aaccordé au comte de Barbançon, mer tre de-camp de cavalerie, la charge de colonellieutenant du régiment d'infanterie d'Orléans, va cante par la démiffion du comte de Montauzier; au marquis de Laval, colonel du régiment d'infanterie de Touraine, celle de colonel du régiment d'infanterie de Bourbonnois, vacante par la démiffion du marquis de Caupenne; au marquis de St. Simon-Maubleru, lieutenant-colonel du régiment provincial de Poitiers, celle du régiment de Touraine, infanterie; au marquis de Caupenne, le régiment provincial de Poitiers; au comte de Saint-Maime, capitaine dans le régiment de meftre-de camp général, cavalerie, la charge de colonel du régiment d'infanterie de Soiffonnois, vacante par la démission du baron de Juigné.

Le roi voulant témoigner aux deux chefs du régiment Royal-Comtois fa fatisfaction de leurs fervices, a donné au chevalier de la Motte Geffrard, lieutenant-colonel de ce corps, la lieutenance de roi des villes & château de St. Omer, vacante par la mort du Sr. de Cugnat, & au comte de Chemault, major, la place de lieutenant-colonel, vacante par la retraite du chevalier de la Motte.

S. M. a accordé les entrées de fa chambre au baron de Bezenyal.

Le 16 du mois dernier, Mgr. le comte d'Artois, qui avoit accompagné le roi depuis Reima jufqu'à Soiffons, quittà S. M. pour fe rendre ici, d'où il partit le 18, pour aller à Cambray voir fon régiment, & quelques régimens fuiffes qui ont dû fe trouver fur fon paffage. Ce prince, qui a voyagé incognito, & qui eft alle de Cambray vifiter quelques places de la Flandre, revint ici le 28.

Le 22, jour de l'octave de la fête-dieu, le roi, précédé de Monfieur, fuivi de la reine, de Mme.

& de Mme. Clotilde, accompagna la proceffion à l'églife de Notre-Dame.

Le 25, la cour prit le deuil pour 3 femaines, à l'occafion de la mort de la reine de Danemarck, Caroline-Mathilde, foeur du roi d'Angleterre.

Le 26, Sidi Abderhaman Bediri Aga, envoyé du pacha de Tripoli de Barbarie, prit congé du roi, après avoir préfenté à S. M., de la part de fon fouverain, plufieurs chameaux, chevaux, lions, tigres & moutons de Barbarie.

Le 29, la vicomteffe de Mérinville eut l'honneur d'être préfentée à L. M. par Mme. Sophie: 'de France, en qualité de dame pour accompagner cette princeffe. Le même jour, la princeffe deChimay, ci-devant dame du palais de la reine prêta ferment entre les mains de S. M., pour la place de dame d'atours, dont la ducheffe de Coffé avoit remis fa démiffion à la reine, La ducheffe de Luynes eut auffi l'honneur d'être préfentée à L. M. & à la famille royale, en qualité de dame du palais de la reine, à la place de la princeffe: de Chimay.

Le même jour 29, le roi, accompagné de Monfieur & de Mgr. le comte d'Artois, fe rendit à la plaine de Marly, où S. M. arriva vers les 6 heures du foir. Elle paffa en revue les quatre compagnies de fes gardes du corps, ainfi que les grenadiers à cheval. Le roi, Monfieur & Mgr. le comte d'Artois traverferent d'abord les rangs. Les défilés fe firent enfuite devant eux, ainfi que devant la reine & Madame, qui avoient honoré ces troupes de leur préfence. Mme. Clotilde & Mme. Elifabeth y étoient également préfentes. Un grand concours de feigneurs & de dames de la cour fe trouva à cette revue.

PARIS (le 6 Juillet.) Un arrêt du confeil d'état du roi, en date, du 2 Juin, fufpend la perception des droits d'octrois des villes fur les grains, far

rines & pain; défend aux exécuteurs de la hautejuftice, d'exiger aucunes rétributions, foit en nature, foit en argent, fur les grains & farines dans tous les lieux où elles ont été en usage jufqu'à préfent.

Il paroit une ordonnance du roi fur l'exercice de l'infanterie françoife; elle eft datée du 30 Mai dernier. On y a joint des cartes en grande quanti té, pour repréfenter les diverfes évolutions des troupes dans toutes les circonstances où elles peu, vent fe trouver.

Le roi a nommé l'abbé Defaunays, garde des livres imprimés de fa bibliotheque, à la place du feu Sr. Capperonnier.

Le pape, fur la demande du roi, a nommé l'ab bé Perreau, ancien vicaire-général & préfet apof tolique des colonies, à l'évêché in partibus de Tricomie en Paleftine, & le pere de la Roque, religieux Barnabite & vifiteur-général de fon or dre, à l'évêché in partibus d'Eumene, dans la Grande-Phrygie.

La ville de Paris a réformé l'ufage antique d'un feu d'artifice la veille de la St. Jean. On dit que cette cérémonie fera fuivie de la fuppreffion de plufieurs autres dépenfes inutiles.

Dans le nombre des graces accordées par le roi à l'occafion de fon facre, le Sr. Villeraze de Caftelnau a obtenu la fienne. On peut fe rappeller fon crime envers le Sr. le Franc, député du Languedoc, qu'il tua d'un coup de couteau à table, chez le commandant de Beziers. (Voyez. 2me. quinz. de Juin 1772, pag. 55, & la tre. de Juillet, même année, pag. 62.)

Le parlement s'étant affemblé le 27 du mois dernier, les princes & pairs y féants, il y fut queftion de ce qui s'est paffé à la cour des aides le 31 Mai dernier. On y fit un long arrêté ( que nous rapporterons l'ordinaire prochain) concernant

>

les prérogatives accordées à la cour des aides par la déclaration du roi du 28 Mai, (laquelle fe trouvera ci-deffous).

Dans la même féance, la cour des pairs ayant pris en délibération l'affaire du maréchal de Richelieu, ftatua fur les décrets de prise de corps contre les Srs. Vedel, Benavent & la veuve le Roi, qui furent remis en liberté ; leurs décrets furent changés en ajournement perfonnel, & celui de l'abbé de Villeneuve en affigné pour être oui.

Quoique le marquifat de Brunoy appartienne maintenant à Monfieur, frere du roi, le marquis de ce nom, poffeffeur actuel, qui doit y habiter jufqu'à la fin d'Octobre prochain, y devoit faire encore le jour de la fête dieu une proceffion des plus brillantes; mais elle a manqué. Il a fait présent à l'églife de fa paroiffe d'un foleil garni de diamans, qu'on eftime au moins 400 mille livres. Il comptoit aller à Rome pour y gagner les indulgences du jubilé: il avoit même formé le deffein d'alher à pied en pélerinage jufqu'à Jérufalem, avec 40 à 50 jeunes gens; mais le banquier qui devoit lui faire toucher de l'argent dans les villes où il auroit paffé, a voulu prendre fes furetés; on dit qu'il a découvert un vuide confidérable dans la fortune de ce marquis, & c'eft ce qui a déterminé fa famille à folliciter fon interdiction. Le marquis de Brunoy s'étoit oppofé, comme on l'a dit', à l'arrêt du parlement, & il fe propofoit de mettre tout en ufage pour le faire annuller; mais, par un retour fur lui-même, ayant fenti la néceffité de mettre un frein aux folles dépenses dont il est la victime, it vient de donner main levée de fon oppofition, & de fe mettre fous la fauve-garde du parlement,

Pour coopérer & pour fe conformer aux intentions du roi confignées dans l'arrêt de fon con

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