Revue de Paris, Volume 5

Front Cover
Demengeot & Goodman, e.a., 1850
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Other editions - View all

Common terms and phrases

Popular passages

Page 2 - J'ignore si les contre-révolutionnaires nous forceront à changer la forme du gouvernement ; mais je sais bien que la monarchie très-limitée est celle qui nous convient le mieux aujourd'hui, vu la dépravation et la bassesse des suppôts de l'ancien régime, tous si portés à abuser des pouvoirs qui leur sont confiés. Avec de pareils hommes, une république fédérée dégénérerait bientôt en oligarchie. « On m'a souvent représenté comme un mortel ennemi de la royauté, et je prétends...
Page 241 - ... Tyr, qui l'avait employé, en avait fait présent à Soliman. Mais quelle était la patrie d'Adoniram ? nul ne le savait ! D'où venait-il ? mystère. Où avait-il approfondi les éléments d'un savoir si pratique, si profond et si varié ? on l'ignorait. Il semblait tout créer, tout deviner et tout faire. Quelle était son origine ? à quelle race appartenait-il ? c'était un secret, et le mieux gardé de tous : il ne souffrait point qu'on l'interrogeât à cet égard. Sa misanthropie le tenait...
Page 241 - Cependant l'âme inquiète d'Adoniram présidait avec une sorte de dédain à des œuvres si grandes. Accomplir une des sept merveilles du monde lui semblait une tâche mesquine. Plus l'ouvrage avançait, plus la faiblesse de la race humaine lui paraissait évidente, plus il gémissait sur l'insuffisance et sur les moyens bornés de ses contemporains. Ardent à concevoir, plus ardent à exécuter, Adoniram rêvait des travaux gigantesques ; son cerveau, bouillonnant comme une fournaise, enfantait...
Page 232 - ... Le soleil ne tarda pas à se lever, ravivant les lignes lointaines des rives et des promontoires, et à l'inStant même le canon retentit sur le port de Tophana. Du petit minaret situé au-dessus du téké, partit aussitôt une voix douce et mélancolique qui chantait : Allah akbar ! Allah akbar ! Allah akbar ! Je ne pus résister à une émotion étrange. Oui, Dieu est grand! Dieu est grand!... Et ces pauvres derviches, qui répètent invariablement ce verset sublime du haut de leur minaret,...
Page 2 - Ses mortels ennemis sont ses parens, ses ministres, les noirs et les ministériels de l'Assemblée nationale, les membres du club monarchique, les prêtres factieux et les autres suppôts du despotisme, car ils l'exposent continuellement par leurs machinations à perdre la confiance du peuple, et ils le poussent par leurs conseils à jouer la couronne, que j'affermis sur sa tête, en dévoilant leurs complots, en le pressant de les livrer au glaive des lois.
Page 3 - Quant à la personne de Louis XVI, je crois bien qu'il n'a que les défauts de son éducation, et que la nature en a fait une excellente pâte d'homme, qu'on aurait cité comme un digne citoyen s'il n'avait pas eu le malheur de naître sur le trône; mais, tel qu'il est, c'est, à tout prendre, le roi qu'il nous faut. Nous devons bénir le ciel de nous l'avoir donné , nous devons le prier de nous le conserver. Avec quelle sollicitude ne devons-nous donc pas le retenir parmi nous (1)!
Page 236 - Ramazan, m'emmenaient avec eux voir la fête continuelle qui devait durer trente lunes. Si la ville était illuminée splendidement, pour qui la regardait des hauteurs de Péra, ses rues intérieures me parurent encore plus éclatantes. Toutes les boutiques ouvertes, ornées de guirlandes et de vases de fleurs, radieuses à l'intérieur de glaces et de bougies, les marchandises artistement parées, les lanternes de couleur suspendues au dehors, les peintures et les dorures rafraîchies, les pâtissiers...
Page 10 - Capel, l'Ami du Peuple a l'honneur de vous donner avis qu'il est sur le point de renoncer à la folle entreprise de s'immoler au salut public, pour ne plus songer qu'à refaire sa fortune, s'étant réduit à la besace dans la poursuite de ce projet insensé, ayant même été dévalisé chez quelques citoyens auxquels il avait demandé asile.
Page 20 - L'orateur compare dans son discours les travaux du Fils de Marie avec ceux de l'Ami du peuple; les apôtres sont les Jacobins et les Cordeliers ; les publicains sont les boutiquiers, les pharisiens sont les aristocrates : Jésus est un prophète, et Marat est un Dieu.
Page 245 - En revoyant d'âge en âge ces symboles redoutables, on répétera qu'il exista jadis des génies audacieux. Ces gens-là songeaient-ils à la forme ? Ils s'en raillaient, et, forts de leurs inventions, ils pouvaient crier à celui qui créa tout : Ces êtres de granit, tu ne les devines point et tu n'oserais les animer. Mais le Dieu multiple de la nature vous a ployés sous le joug : la matière vous limite ; votre génie dégénéré se plonge dans les vulgarités de la forme ; l'art est perdu....

Bibliographic information