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L E T T R E

De Messieurs les

ETATS GENERAUX

Des Provinces Unies, à la Reine de la Grande

Bretagne , que Mr.de Borsele leur Envoyé
Extraordinaire lui presenta dans une Au-
dience particuliere le 6. de Juin 1712.

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A le cours

Près toutes les preuves que

Votre

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de son glorieux Regne, de son grand pour le Bien public, & de son attachement à la cause commune des Hauts Alliez; après tant de marques, qu'Elle a eu la bonté de Nous donner de sa pretieuse affection, & de son amitié pour notre République; & après les assurances réiterées, "qu'Elle Nous a données & fait donner tout recemment des ses intentions de faire agir ses Troupes contre l'Ennemi commun, aussi long-temps que la Guerre ne sera pas terminée par une Paix générale ; il est impossible que nous ne soyons surpris & tou

chez

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par

chez des deux Déclarations que nous venons de recevoir, l'une après l'autre, de la part de Vôtre Majesté: La premiere

le Duc d'Ormond, vôtre Général, de ne pouvoir rien entreprendre sans vos nouveaux Ordres: l'autre par l'Evêque de Bristol, vôtre Plénipotentiaire au Congres d'Utrecht, de ce que Vêtre Majesté, voyant que Nous repondions fa mal aux avances qu’Ele Nous auroit faites, & que Nous ne voulions point concerter avec ses Miniftres au sujet de la Paix, Elle feroit ses affaires à part; &quElle estimoit de n'être plus dans aucune Oblie gation, quelle qu'elle puisse être, à notre égard.

Dés que nous avons été avertis de ces Déclarations, nous avons envoyé nos ore dres à nôtre Ministre, qui à l'honneur de rélider auprès de Vôtre Majefté, de lui répresenter les raisons de notre surprise & les conséquences de ces Déclarations ; & de la prier avec tout le respect que nous avons toûjours eu, & que nous conserve- . rons toûjours pour fa Personne Royale:, de vouloir donner d'autres ordres au Duc d'Ormond, afin qu'il puisse agir avec tou. te vigueur, suivant la raison de Guerre, & d'avoir la bonté d'entrer à nôtre égard,

dans loir

ces

dans d'autres sentimens , que ceux que l'Evêque de Bristol a déclarez à nos Plénipotentiaires à Utrecht.

Mais plus nous faisons attention à Déclarations, plus nous les trouvons importantes, & plus pous en apréhendons les suites : C'est pourquoi nous avons crû ne pouvoir nous dispenser de nous Adresler directement à Vôtre Majesté, par cerre Lettre , espérant qu'Elle y voudra bien donner l'attention que nous nous promettons, tant de sa grande prudence & lagerse, que de fon zéle fi renommé pour le bien public, & particulierement de son amitié & affection accoûtumée pour nous & pour notre République.

Nous protestons avant toutes choses qu'ayant toûjours eu pour Vôrre Majelté une véritable amitié, aussi bien qu'un trés grand respect, & un attachement liacere à tous ses interêts, avec un délir ardent de vivre avec V. M. dans une parfaitement bonne intelligence & union, Nous ayons encore les mêmes sentimens, & nous les conserverons toûjours, ne souhaitant rien plus, que d'en pouvoir donner à V.M. des preuves les plus convaincantes. Après quoi nous prions V.M. de vou

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loir refléchir ,. fuivant ses grandes lumieres, fi nous n'avons pas juste sujet d'être surpris de voir arrêter, par un ordre de la part de V. Majesté, donné à nôtre insçu, les operations de l'Armée des Alliez, la plus belle & la plus forte qui peut-être soit entrée en Campagne pendant tout le cours de la Guerre, & pourvûë de tout le nécessaire pour agir avec vigueur, & cela après qu'el. le avoit marché, fuivant la résolution prise de concert avec le Général de V. M. comme en présence de celle des Ennemis, avec une grande superiorité, tant en nombre qu'en qualité de Troupes, animées d'un noble courage & ardeur de bien faire; de forte que suivant toutes les aparences humaines, avec l'assistance Divine, que nous avons rellentie si clairement dans tant d'autres occasions, on auroit , soit par une Bataille, soit par des Siéges, pû remporter de grands avantages sur l'Ennemi, rendre la Cause des Alliez meilleure, & faciliter les Négociations de la Paix.

Nous nous fatons bien de l'esperance que le Duc d'Ormond a donnée, que dans peu de jours il attendoit d'autres ordres; mais nous voyons cependant avec douleur une occasion des plus belles passée, dans

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l'incertitude si elle sera bien auffi favorable ci-après, puis qu'on laisse aux Ennemis le temps de se fortifier & de se précautionner, pendant que l'Armée des Alliez refte dans. l'inaction, & consumant les Fourages tout à l'entour, ôte à soi-même les moyens de subGfter à l'avenir , dans des lieux, où, suivant les projets, les operations se devroient faire , ce qui pourroit rendre impossibles ci-après les entreprises , qui feroient fort praticables présentement, par ou toute la Campagne peut être renduë infructueuse, au préjudice inestimable de la cause com. mune de tous les Hauts Alliez.

Certainement, quand nous considerons l'Armée, telle qu'elle est, composée des Troupes de V. M. & des autres Alliez, jointes ensemble d'un commun concert, pour agir au plus grand avantage & avancement de la cause commune; & les assurances que V. M. nous a données par ses Lettres, par ses Ministres , & dernierement

son General le Duc d'Ormond, de ses intentions de faire agir fes Troupes avec leur vigueur ordinaire ; comme aussi les engagemens dans lesquels V. M. eft entrée, non seulement à nôtre égard, mais aussi, tant séparément que conjointement

avec

par

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