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que nous ayons formé quelques conditions de la Paix à faire, que nous croyons nécessaires, les unes pour servir d'éclaircissement, & les autres pour la solidité de la Paix , & de nôtre sûreté ; nous avons chargé nos Plénipotentiaires d'Utrecht de communiquer nos considérations & remarques à ceux de vôtre Majesté, d'en confé rer avec eux, & de les ajuster tant qu'ils pouront; mais comme il se pourroit, que les Plénipotentiaires de vostre Majesté ne fuf. sent pas assez instruits'ny, autorisez à termi. ner de la maniére que nous le souhaiterions, - tous les points sur lesquels nous avons formé nos remarques, & que nous croyons nécessaires, & que cependant nous avons envie de menager le temps autant qu'il est possible, & que nous voulons agir en toutes maniéres ouvertementenyers vôtre Majesté, nous avons crû ne pouvoir mieux faire, que d'envoyer nos considérations, sur tous ces sujets au Sr. Borselen , nôtre Envoyé Extraordinaire pour qu'il ait l'honncur d'en faire part à vôtre Majesté, ou aux Commissaires, qu'il lui plaira d'ordonner, & afin que vôtre Majesté puisse être perluadée, que nôtre intention n'est nullement de differer, bien moins d'arrêter la con

clus clusion de la Paix en formant des difficultez, & afin que nous failions voir en même temps la grande & entiére confiance que nous mettons en vostre Majesté, nous sollmettons nos sentiments dans ces affaires quelques importantes & de quelque conséquence, qu'elles soient à ceux de vôtre Majesté,mettant nos interêts entre ses mains & priant très-humblement vostre Majesté de vouloir examiner nos considérations, & remarques, & d'envoier le plus promptement qu'il sera possible la deflus ses ordres, & fes Instructions à fes Plénipotentiaires à Utrecht, pour autant qu'ils ne pourroient n’estre pas encore instruits sur quelques uns des points, & articles, qui font les sujets de nos remarques, & puisque nous nouis confions entierement en la grande sagesso de vôtre Majesté, en son zele pour le bien public, & en lon affection pour nous, & pour notre République, nous nous con. formerons àu sentiment de votre Majesté fur ces points, fi tot que ses Plénipotentiaires les auront déclarez aux nôtres.

Après cette marque de confiance, nous ne pouvons pas doûter, que vôtre Majesté ne vueille prendre nos interets à cour, nous croions qu'il seroit fuperflu de renouveller

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à vôtre

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vôtre Majesté les affûrances de notre délir. ardant pour la Paix, de nos veritables inten. tions de nous joindre à Elle;& d'entrer dans fes mesures, & de nôtre ferme résolution de nous unir à Votre Majesté par un attachement inalterable , puisque nôtre désir eft de faire connoître le tout par les effects.

Cependant nous prions Dieu, Madame; de répandre fes Bénédictions sur les mesures que Vôtre Majestéa prises, & sur celles que nous voulons prendre avec Elle, & de combler fon Regnc de Bonheur, & de Gloire en conservant faPersonne sacrée longues années en santé, & profperité. A la

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Haye le

Décembre 1712.

ar

Reponse de la Reine Britannique. Hauts e Pnisants Seigneurs; nos bons Amisz,

Alliez & Confédérez.

les marques réelles & folides que pour votre Etat,par les efforts conjoints que nous n'avons ceflé de faire

traverser les intrigues de ceux, qui portez par leurs paflions & par leurs interets, ont tâché de Xous désunir d'avec nous, & enfin par cette douleur, dont nous avons été saisie quand quelque atteinte a parû être donnée à la bonne Harmonie qui subsistoit entre nous & vôtre République, il vous sera facile de juger de la joie que vôtre lettre du

pour

dona

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du. mois passé nous a fait refentir.

Notre Conduite a toajours roulé sur le mesme principe d’un délir sincere de conserver l'équilibre dans l'Europe & de procurer non seulement la sûreté, mais l'augmentation de vôtre Etat, ç'a été le Principal motif qui nous a porté à soûtenir une guerre aufli longue & aufli onéreufe

que celle, dont nous esperons d’être à la veille de sortir ; lorsque par les évenemens que la fage disposition de la Providence divine fait naître, il nous a parû plus que jamais né ceflaires d'écoutet les ouvertures faites de la part de la France, pour parvenir à une Paix générale, le même délir nous a porté avant toutes choses à vous donner com: munication de notre deslein, & à tacher de serrer dans une crise si importante, les noeuds de nôtre union, s'il étoit possible : plus étroitement que jamais.. Les affecte: rances donc que vous venez de recevoir du Comte de Strafford, & qui vous ont été : fi agréables, ne sont que la repetion de

celles que ce même Ministre vous a dorre nées en tant d'autres occasions de notre part, ce sont des asiûrances qui ne vous one jamais trompé & qui ne vous tromperont jamais, puis qu'elles partent du cveur d'une veritable amie, qui fait consister ses propres interets & ceux de la Religion en foûtenant les vôtres, & qui est également incapable de vous inviter à la Paix, ou de vous animer à la guerre dans aucun autre esprit. Vôtre résolution de prendre avec nous de nouveaux engagements sur la Succession & la Barriere, d'en faire un nouveau Traité, & de le conclure & ligner avant la Paix, ne peut manquer de produire les meilleurs effects & quand tout sujet de dispute fur les interets reciproques des deux Nations sera une fois levé, nous fee rons alors en état de concert avec vous de veiller à ceux de nos Alliez & de traiter plus utilement avec les Puissances, contre lesquelles nous avons fait la guerre. La faison de l'année & la conjoncture présente des affaires (les difficultez de laquelle doivent eftre attribuées à l'inaction dans laquelle on est resté au Congrès d'Utrecht, pendant que les Armées ont agi en Campagne) ne donne que très peu de temps pour

les

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