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grands maux, qu'on n'avoit que trop de raifon d'appréhender; outre que la Guarantie réciproque de la Succeffion, & de la Barriére étant ainfi expliquée, & corrigée fera non feulement une feureté additionelle aux deux Nations, & fera fincerement executée dans quelque temps, que ce foit & que le cas pourroit venir à exister, mais unira auffi plus que jamais les deux Nations par des liens d'amitié, & d'affection; au lieu que de l'autre côté l'Eftat ne pourroit attendre qu'une execution lente d'un Traité, qui felon le sentiment de la Nation étoit déclaré déshonorable, & préjudiciable pour elle; que de vouloir tenir ladite Nation dans une Obligation de la Nature que celle-cy, n'auroit d'autre effect que de fomenter la jaloufie, & la méfintelligence, qui poffiblement dans un temps, ou autre viendroient à éclater en une ruptu re ouverte; que les Conditions du nouveau Project conviendroient entre autres dans le 4. Article du Traité de Barriére que Sa Majesté étoit d'accord, que l'Estat pourroit mettre, tenir, augmenter, & diminuer comme il le trouveroit à propos fes Garnifons dans les Places fuivantes fçavoir Furnes, le Fort de Knock, Ipres,

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Menin, la Ville, & le Fort de Tournay, Mons, Charleroy, la Ville, & le Chateau de Dam, le Fort de Gand, la Perle, Philippe, & Damme; que le Fort St. Du nas attâché aux Fortifications de l'Eclufe pafferoit en proprieté à l'Eftat, & que le FortRodehaufen endeçà deGand fera rafé.

Qu'il eft dit dans le 9 Article que tous les revenus des Places cedées par la France, & qui n'ont pas appartenu à la Couronne d'Espagne du temps de la mort de Charles II. Roi d'Espagne, refteront à l'Estat pour le maintien de la Barriére, excepté ce qui eft néceffaire au Gouvernement civil des dittes Places, Villes, & Chatellenies; comme auffi un million de florins annuellement des revenus les plus clairs du refte des Pais-bas ; que pour ce qui regardoit Bonn, Huy, & Liege, cela fe devoit régler avec le Miniftre de l'Emper.& de l'Empire, mais que le fentiment de la Reine eftoit que la premiére eût Garnison Imperiale, & les deux autres, Garnison de l'Eftat.

Que la Reine enfin, non obftant tous les retardemens & les remises apportées par l'Estat, avoit neantmoins fufpendules Négociations; que S. Majefté croioit les Tom. II. L

avoir

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avoir retardées affez long-tems, & peutêtre trop long-temps felon la bonne Politique; qu'ainfi les offres, que S. Majesté venoit de faire par luy Sr. Comte Strafford, en qualité de fon Ambaffadeur, & Plénipotentiaire, étoient fon ultimatum, & que c'étoit laderniére fois, qu'Elle s'adresloit à LL.HH. PP. en cas qu'Elles formaffent de nouvelles remifes, & qu'Elles ne repondiffent point à la bonne intention de Sa Majefté, pour les propres interefts de P'Eftat.

Que S. Majefté avoit cependant chargé luy, Sr. Comte Strafford, de montrerla parfaite confiance que Sa Majefté vouloit avoir en LL. HH. PP.; que Sa Majesté fe trouvoit obligée non feulement felon la bonne politique, mais auffi en confidéra tion des grands fervices, que le Duc de Savoye a rendu à la caufe commune, & du péril qu'il a effuié par sa conftance, à cet égard, d'avoir foin non feulement de fa feureté, mais auffi de luy faire avoir pour dédommagement la Sicile, & les Païs en deçà des Alpes néceffaires pour mettre à couvert Exiles, & Feneftrelles, & pour couvrir le Piémont.

Que fa Succeffion après le Roy Philippe

étoit reconnuë par les Rénonciations; que Sa Majefté requéroit la concurrence de l'Eftat à tout ce qui eft promis à S. A. R., & que Sa Majefté demandoit en même temps, que l'Eftat fe joignît à Elle pour obliger l'Empereur à une neutralité pour l'Italie; & que Sa Majefté étoit re-. foluë d'en faire une condition par raport au tranfport des dittes Troupes; ce que Sa Majefté feroit, puifque fans cette Neutralité, l'Empereur inquieteroit toute l'Ita lie, & particuliérement le Duc de Savoye, un Miniftre de l'Empire en ayant déja me nacé un Miniftre du Duc de Savoye, & que cela engageroit certainement la Reyne & l'Eftat dans des troubles, & dans la Guerre d'Italie.

Que ledit Sr. Comte Strafford avoit en fuite lû aux Députez de LL HH. PP. une réponse donnée de la part de Sa Majefté au dernier Mémoire du Miniftre de l'Empereur à Londres, par laquelle le fentiment de Sa Majefté exprimé icy, fe trou

voit confirmé.

Que ledit Sr. Comte Strafford avoit deplus propofé, que Sa Majefté ayant appris d'ailleurs les préfens désordres dans les Pays-bas, avoit fait repaffer icy le Comte

d'Orrery pour y remedier, pour concerter là deffus avec l'Eftat, & pour veiller en tout à fon interêt, même pour reprendre la Régie commune avec les Députez de l'Eftat, & de la garder jufqu'à ce que la Reyne foit convenue avec LL. HH. PP. des conditions auxquelles on la tranfportera à l'Empereur; advertiffant neantmoins en même temps,que le Comte d'Orrery avoit ordre de ne rien faire en cecy,que felon qu'il trouveroit de la difpofition icy de fe joindre à

la Reine.

Qu'enfin ledit Comte Strafford avoit recapitulé briévement l'eflentiel de fon difcours fçavoir,de demander une prompte réfolution, fi l'Estat étoit porté, ou non de figner la Paix immédiatement, & fans plus de délay; & que Sa Majefté feroit obligée de figner la Paix fans l'Eftat, s'il attendoit plus long-temps, que deux ou trois femaines; que Sa Majefté étant affeurée que l'Eftat ne tardera pas de figner la Paix avec Elle, promettra de procurer à l'Eftat Tournay, laquelle avec bien d'autres Places ne feront point à efperer de laFrance,en cas que la Reyne figne la Paix feparément; que le plan de la Paix étoit à peu près celuy qui eft compris dans la Haranguc

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