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pourtant, que vous vouluslicz faire donner une reparation raisonnable: sur quoy Mr. Menager repondit, j'ay envoyé mon Gentilhomme chez vous, M., pour vous dire, que j'avois examiné mes Domestiques, & qu'ils avoient tous nié le fait , dont on les accusoit; que j'étois prêt aussi d'envoyer mon Suisse chez vous, pour prendre information si quelqu'un de mes Domestiques étoit coupable" du fait en question: sur quoy le Comte de Rechteren repliqua, quelle apparence y a-t-il Mr. que les Laquais de Mr. de Moermont & les miens eussent accusé vos Domestiques à faux ? vôtre Suiffe eft aussi bien coupable que les autres : ainsi vous n'avez qu'à les confronter ensemble, comme l'on est convenu, & témoigner à vos Domestiques que vous voulez sçavoir la verité, alors elle se de. couvrira bien-tôt. Surquoy Mr. Menager repondit, que de cette maniere, les uns feroient les accusateurs & les autres le nieroient, qu'il ne vouloit point ce bruit dans sa maison, ni s'eriger en juge dans cette affaire , surquoy le Comte de Rechteren dit, c'est pourtant à vous Mr. de tenir vos Domestiques dans leur devoir; & pour ce qui regarde le bruit , l'on aura bon soin

que

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ter,

que la confrontation se faffe du côté de nos Laquais avec tout le respect & l'ordre ima, ginable : sur quoy Mr. Menager a repeté encore; qu'il avoit examiné ses Domestiques, & qu'ils avoient tous nié le fair, dont on les accusoit, qu'il ne vouloit plus de bruit dans sa maison pour les confron

ni s'eriger en juge dans cette affaire. Sur ces entrefaites Mr. Buys dit aussi à Mr. Menager, que sans doute les Domestiques avoient tort, d'aurant que les Laquais à luy s'étoient plaints aufli, que ses Domestiques les avoient liflez, & luy avoient demandé permission de s'en vanger, & qu’ains selon luy, il devoit nous donner reparation ; mais Mr. Menager perfista toûjours dans la negative: fi bien, que le Comte de Rechteren dit à la fin, vous ne voulez donc pas donner de reparation, Mr., il suffit, & il faut donc commettre les Laquais, qu'ils vuident leur querelle en semble.

Surquoy le discours étant fini, & le Comte de Rechteren confiderant qu'on avoit deja envoyé deux fois le Secretaire à Mr. Menager pour obtenir une reparation raisonnable ; que pour cet effet il venoit la luy demander luy-même en des termes obligeants & honnétes, & qu'aina, il avoit usé de toute sorte de douceur & de civilité, pour l'obtenir; mais qu'au lieu d'y repon- . dre, & satisfaire à l'equité, au reglement de Police Art. 8. comme sub D., & à la promesse faite par Mr. Menager, même dans la premiere reponse, il venoit encore de la refuser absolument, & qu'ainsi il n'y avoit plus rien à esperer de ce côté là. Que cependant ses Laquais le pressoient journellement à leur vouloir procurer une repara. tion raisonnable de l'affront receu, ou bien de leur vouloir pti mettre de demēser leurs. querelles eux-mêmes, dit à la fin à ses Laquais, qu'aprés toutes les peines qu'il avoit prises, il n'avoit pu tirer aucune reparation de Mr. Menager , & qu'aioli ils pourroient vuider leurs querelles eux-mêmes.

Apres quoy s'étant encore promenez un peu ensemble, un des Laquais de Mr. Me. nager, accompagné de quatre autres, se vint plaindre, qu'un des L'aquais du Comte de Rechteren l'avoit insulté, surquoy les Laquais du Comte de Rechteren s'aprochant aussi, l'accusé dit, qu'il étoit vray, qu'il luy avoit donné un soufletou deux au visage, mais qu'il étoit vray aufli , que celuy-là étoit un de ceux qui les avoient

liflez,

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fflez, ce qui n'a pas été nié dudit Laquais de Mr. Menager,

qui se plaignit: sur quoy le Comte de Rechteren dit a ce Laquais de Mr. Menager, voilà ce que c'est, que d'insulter les gens, & ne vouloir pas

donner reparation; & il avoue au reste, ce que Mr. Menager avance dans le 25. Art: de son Factum, d'avoir poursuivi son discours, & dit, que toutes les fois qu'ils le feroient, il les recompenseroit , & s'ils ne le faisoient pas, qu'il les chasseroit.

Je soussigné declare que la déclaration du fait susmentionné eft er substance conforme à la verité, en foy de quoy j'ai Ggné celle-ci de ma main propre &j'ai apposé le cachet de mes armes.

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1

(L.S.)

Le Comte de Rechteren.

Exhib. le 5. Septembre 1712.

A.

Q

Ue le Comte de Rechteren passant

environ les dix heures du matin le 27. Juillet 1712. dans le quartier de Monsieur Menager Plenipotentiaire de France, quelques uns de ses Domestiques étant devant la porte, ont frappé dans les mains, & montré au doigt aux Domestiques du

jura

/

susdit Comte, & les ont offensés par plu. sicurs gestes indignes d'une maniere outrageante: qu'une heure après, le Comte de Rechteren repafsant avec Monsieur de Moermont, l'on a eu l'insolence de recommencer les mêmes gestes scandaleux & indecepts, & comme ces deux Meffieurs ne peuvent regarder cette affaire qu'avec raport à leur caractére, & par consequent d'en être sensibles, comme étant auffi contre le Reglement de Police fait pour la methode des Conferences à Utrecht , & ce qui en depend; Ils prient très-inftam. ment Monsieur Menager, de vouloir danner correction à ces insolents à la satisfaction de ces deux Mefficurs, afio qu'ils ne soient forcés de se faire eux-mêmes justice, avec offre, que dans pareil cas ils en useront de même envers Mr. Menager, & tous les autres Miniftres.

Rumpf.

Exbib les Septembre 1712.

E soussigné Secretaire de leurs Hautes

Puillances pour la negociation de Paix Utrecht, certifie & declare, qu'ayant été

le

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