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devoir

у influer plus qu'un autre ; il a du moins plus d'intérêt à la défendre. (1)

D. Combien y a-t-il de sortes de contributions ?
R, La contribution directe et la contribution indirecte,
D. Quelle est la contribution directe ?
R. L'impôt mis sur les biens ou sur les personnes.
D. Qu'elle est la contribution indirecte ?

R. L'impôt mis sur les consommations, ou les donrées, ou le luxe.

D. Pourquoi taxer les consommations ?
R. Pour que les cultivateurs soient moins taxés.
D. Comment l'impôt doit-il être réparti ?

R. D'une manière égale , c'est-à-dire , d'une manière proportionnée au plus ou moins de richesse ; la proportion est, en ce point, la seule égalité naturelle.

D. Pourquoi donc y avoit-il des riches qui payoient, à proportion , moins que les pauvres ?

R. Par un abus que l'on appelloit privilége, et qui a été révoqué par l'assemblée nationale.

D. Celui qui manque de payer sa part de contribution , est-il bien coupable ? R. Il vole la patrie. D. Et celui qui fait la contrebande? R. Il fraude la nation,

D. Doit-on payer les dixmes, les cens, les rentes , les champarts , sur qui les possesseurs des terres ont compté en les achetant ? R. L'assemblée nationale a conservé les cens ,

les rentes , les champarts et les dixmes qu'on appelloit inféodées ; mais elle permet qu'on les rachète : jusqu'au moment de ce rachat on ne peut manquer de les payer sans manquer à la probité et à la loi.

11) Celui qui n'a rien au monde est toujours prêt à le troubler. Dans le pillage de Berg-op-Zoom , un soldat prit sous sa protection une jolie maisonnette. On lui demanda pourquoi ; c'est, réponditil, que j'en ai une qui lui ressemble j'ai cru voir mes enfatis

à la

pors.

D. Et les dixmés que l'on payoit aux ecclésiastiques ?

R. Il étoit bien juste qu'ils eussent de quoi vivre ; mais, comme ces dixmes étoient excessivement onereuses , l'assemblée nationale les a supprimées et remplacées par des honoraires suffisans.

D. Et la main-morte , et les banalités, et les péages , et les corvées ?

*R. Abolies sans rétour, anéanties sans exception , ainsi que les distinctions injustes , ainsi que les titres orgueilleux', ainsi que les privilèges destructifs.

D. Et les privilèges des provinces?

R. Le patriotisme a commencé par y renoncer , et l'assemblée nationale n'a pas eu de peine à les plier ensuite à la loi commune. Elle a fait plus : par une division, aussi utile que savante, elle a partagé toutes ces provinces inégales , en quatre-vingt-trois départemens à peu près égaux. : D. Pourquoi cette règle d'égalité dans la division des provinces ?

R. Pour faciliter cette administration égale qui caractérise un gouvernement libre.”,..

D. La liberté et la règle vont donc toujours ensemble?
R. Malheur au peuple qui veut les séparer!
D. Que lui arriveroit-il?

R. Il ne sortiroit de l'esclavage que pour tomber dans l'anarchie , et il ne sortiroit de l'anarchie que pour tomber plus bas dans l'esclavage. D. La loi est donc une divinité bienfaisante?

R. Elle fait prospérer les villes et fleurir les campagnes.

Événemens. LONDRES. Le peuple anglois témoigne l'e desir de vivre en paix'avec nous. Notre intérêt le touche', et le sien aussi. Ce n'est point dans le moment où une nation se relève qu'il est généreux ou prudent de l'attaquer. L'Angleterre pense mieux que ses ministres ; elle

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prévoit qu'une guerre nouvelle l'exposeroit à d'excessives dépenses et à de terribles représailles. Si sa flotte sort; sa banqueroute arrive.

CONSTANTINOPLE. Le grand Seigneur fait de nouveaux préparatifs contre la Russie. Il est excité , dit-on , par le ministère anglois. M. Pitt arme le Levant, soulève le Nord, subjugue l'Inde , menace l'Espagne , trouble peut-être la France: quel sera le fruit d'une politique si tracassière? De liguer l'Europe contre l'Angleterre. L'Angleterre pourroit jouer un plus beau rôle, celui de pacifier les peuples.

Soissons. L'évêque , sommé par la municipalité , de prêter le serment civique , a répondu qu'il attendoit la permission du pape. La permission du pape pour être bon François ! Il ajoute que la HIÉRARCHIE ecclésiastique, n'est dépendante d'aucun POUVOIR HUMAIN. Ainsi lorsqu'il devient nécessaire de réformer cette hiérarchie , il faudra qu'une puissance descende du ciel tout exprès. L'évêque de Soissons imite, non pas les apôtres qui se soumettoient aux lois, mais les prélats qui en aucun temps n'ont voulu se soumettre aux réformes. Ils recouroient aux papes contre les rois , aux rois contre les papes, aux conciles contre les synodes, aux puissances célestes contre les conciles. Voilà ce que

HIERARCHIE. Macon. La garde nationale a saisi , dans un château voisin , des malles , remplies d'armes , de munitions , d'uniformes. Elle a , en même temps, arrêté le possesseur du château , M. Mignon de Bussey qui enrolloit, dit-on, beaucoup de mécontens. Est-il possible que rien ne puisse corriger ni détromper de la chimère de la contre-révolution ?

SAINT-CLAUDE. Les gardes nationales du Mont-Jura ont fait la capture de trois mille aunes de mousselines qui entroient en fraude dans le royaume. Ils ont demandé à l'assemblée nationale ce qu'ils devoient en faire. Dans le temps du despotisme , un contrebandier étoit un homme hardi qui vivoit d'industrie et d'abus. Sous le règne des lois un contrebandier n'est plus qu'un lâche escroc,qui vit, de fraude et de larcin.

Paris. Il s'est commis, un meurtre horrible. On a

c'est que

égorgé dans leur chambre, une clame et sa gouvernante. L'abominable assassin n'est point encore découvert; el le public se livre à des conjectures et à des soupçons qui peuvent compromettre l'innocence.

L'assemblée nationale a donné une violente secousse à nos ministres. Comme on les accuse de ne pas marcher droit dans la révolution, et de retarder au contraire , la marche des choses, il a été proposé d'avertir le roi que ses ministres avoient ENCOURU LA MEFIANCE FUBLIQUE. Cette proposition a été rejettée à la majorité de soixante-trois voix. Les ministres ont écrit au roi pour invoquer son témoignage et pour donner leur démission. Le roi s'est empressé de leur accorder le témoignage, mais il n'a pas encore accepté la démission.

De nouveaux commissaires ont été envoyés à Brest pour y appaiser les troubles de l'escadre. Beaucoup de gens ont peur que le ministère anglois ne profite de ces troubles. Mais qu'on se rassure. Le premier coup de canon que tireroit l'Angleterre , remettroit l'ordre parmi les matelots. Ils ne se sont révoltés qu'à cause d'un article du code pénal, qui leur a paru déshonorant et qu'il est facile de changer. Des hommes si sensibles à la seule apparence du déshonneur , voudroient-ils déserter ou fuir devant l'ennemi?

L'assemblée nationale a décidé que le pavillon francois changeroit la couleur blanche contre la couleur nationale. Ce changement de couleur contribuera à celui des sentimens ; et aussitôt que le drapeau national sera arboré sur les vaisseaux, il avertira tout marin aristocrate de devenir patriote ou de s'éloigner.

L'assemblée nationale continue de travailler avec sagesse au salutaire et juste établissement de l'impôt. Celui qui doit être assis sur les biens-fonds, ne sera levé que sur leur produit net , c'est-à-dire , en défalquant tout ce qui est employé en avances de culture et en frais de réparations. Il a été décrété que l'impôt sera mis aussi sur les domestiques, les équipages , et cette partie du luxe qui doit contribuer aux charges autant qu'elle sert à la vanité.

Plusieurs lettres, arrivées de plusieurs villes, annon

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cent que l'on y à pris des mesures pour faciliter le cours des assignats. On a ouvert, dans ces villes des bureaux de secours ou d'échange On y reçoit les assignats. On donne, à leur place, plusieurs , petits billets de petites sommes. Ces billets circulent de confiance. Quand un marchand en a reçu' pour la valeur d'un gros assignat, il les rapporte au bureau qui les échange. C'est une méthode heureuse et facile pour s'affranchir de la tyrannie des vendeurs d'argent, jusqu'à ce que les petits assignats viennent rendre l'argent moins nécessaire, ou plus commun.

La vente des biens , ci-devant ecclésiastiques , commencé ; et l'on vient d'adjuger deux maisons au plus offrant. L'affluence des acheteurs a été grande: celle des spectateurs n'étoit pas moindre : ils écoient curieux de voit le début d'une opération qui doit libérer le royaume. De toute part yiennent des soumissions, des engagemens, pour acheter ces biens, les meilleurs qui soient en France. Jamais l'Europe n'a vu s'ouvrir une foire plus accréditée , ni un marché plus profitable.

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On s'abonne a Paris chez DESENNE, Libraire au Palais-Royal ; et en Province, chez les principaux Libraires et chez les Directeurs de la Poste, pour 7 liv. 4 sols par an ; l'abonnement ne peut être moins d'une année. On prévient les Souscripteurs qu'il faut affranchir les lettres et le port de l'argent; et on les prie de vouloir bien circonstancier l'adresse de chaque Village, pour éviter la ressemblance des noms.

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