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» que la fermentation et les charensons se mettent dans » ces greniers parfaitement secs et aërés. Un fermier,

voisin du volcan de l'Etna , ( montagne célèbre de la s, Sicile , qui jette du feu l'avoit essayé une méthode . " encore plus sûre ; il enfermoit son bled dans un caveau w creusé dans le roc: cette méthode est infaillible ; mais "" n'est praticable que dans les pays de montagnes. Un ► de mes propres fermiers a fait par hazard une décou- verte en ce genre ; il avoit acheté un ancien four so bannal. Après une récolte abondante, se voyant plus » de bled que de greniers , il enferma le surplus des " grains dans ce four qu'il boucha complettement. Six » ans après, le bled lui manquant, il se souvint du sour, , le déboucha, et y trouva sa provision conservée de 19 manière qu'il n'y avoit pas un grain de perdu. L'air » humide qui s'échauffe dans un lieu renfermé, voilà le, " père des charensons, voilà le gâteur du bled. Il faut » aux grains, ou un passage continuel de l'air, ou point

l'air du tout .

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Livres nouveaux relatifs aux campagnes. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen, mise à la portée de tout le monde , et comparée avec les vrais principes de toute société ; par M. Charles Morel, imprimée chez Baudouin , imprimeur de l'assemblée nationale. C'est un excellent ouvrage , qui part d'un excellent principe, que l'auteur a mis à la tête de son livre : Plus les hommes sont éclairés , plus, ils sont soumis aux lois.

On s'abonne à Paris , chez DESENNE, Libraire au Palais-Royal, moyennant 7 liv. 4 sols par an.

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Suite de la Géographie universelle. Les habitans de la Suisse, dont nous avons donné une idée superficielle, mériteroient un portrait plus étendu et plus'accompli. Mais nos bons villageois , qui leur ressemblent par la simplicité et par le bon sens, se concenteront de les connoître par ces qualités-là. Nous devons cependant dire un mot sur une vettu' , qui est toute neuve parmi nous , et qui est depuis long-temps dans le cæur de ces estimables et braves montagnards. C'est cet amour pour leur pays natal, qui ne les abandonnc, en aucun pays du monde,

qui les attache , de loin, comme de près, à leurs rochers sauvages, à leurs maurs rustiques, à leurs lois maternelles. C'est cet inştinct qui les rappelle chez eux des régions les plus éloignées , qui dans cet gloignement les fait quels quefois tomber malades, et mourir de regret et de mélancolie. La douce égalité, l'union inaltérable, au milieu de laquelle ils ont été nourris dès le berceau, a laissé dans leur ame une impression que rien ne peut détruire, Il leur ca tevient sans cesse un

agréable souvenir , qui les attendrit et les jette
dans une rêverie , laquelle a donné lieu à ce mot si
connu : rêver à la Suisse. Les sensations vives et
fortes que leur enfance ą reçues de l'aspect si va-
rié et si frappant des Alpes, peuvent contribuer
aussi à leur faire trouver nos plaines trop unifor-
mes, et nos campagnes monotones. Quoi qu'il en.
soit, cet amouf machinal du pays. Cetta passion
naturelle qu'ils ont sucéç avec le lait et sespiréc
avec l'air, fonde et fortige en epx le patriotisme,
qui n'est autre chose que la préférence donnée à sa
patrie sur l'univers et sur soi-même. En voyageant dans
la Suisse, on voit éclater ce noble sentiment
dans les moindres paysans. Ils semblent s'agrandir
quand ils parlent de la Mère-Patrię. Vivre pour la
patrie , servir pour la patrie, payer pour la patrie,
mourir pour la patrie, sont des expressions qui
Iniment chaque phrase de leurs entretiens. Un ordre",
cnvoyé par la patrie à un Suisse qui seroit à mille
licues, le rameneroit sur-le-champ à son Canton er
à son devoir. Je demandois à un homme de ces
montagnes qui avoit plusieurs fils au service de la
France , s'il ne craignoit pas qu'ils ne perdissent leur'
patriotisme helvétique ? Non me tépondit-il, en
me montrant sa demeure adossée à un vieux rocher
je les ai nourris dedans, je bes'ai portés -dessus
ils n'oublicront

jamais notre vieux rocker et notre vieille? cabane. Enfin, pour achevet le portrait de la Suisse , je dirai que c'est le pays où l'on prend le plus aisém: ment deux grandes affections, le goût de la nature: et l'amour du peuple ou de l'humanité. +4,2015

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sens ,

LETTRE d'un Curé de Normandie, aux Rédacteurs de

la Feuille Villageoise. M E SSI E U RS, J'ai lu votre prospectus, et j'ai tout de suite souscrit pour votre feuille , que je com pie bien prêter , expliquer, commenter à mes bons paroissiens. Ne croyez-pas qu'ils soient dépourvus d'intelligence , et qu'il faille des dictionnaires ou des académies pour se faire entendre par eux. Vous autres savans des villes , vous regardez les habitans de la campagne , comme des ignorans, aussi brutes que leurs troupeaux. Vous croyez que Dieu n'a donné le génie qu'aux citadins, et qu'il a réservé la foi, ou même la sottise aux paysans. Combien vous vous trompez ! le bon

il est vrai, compose notre apanage ; mais le bon sens, raisonne et combine quelquefois mieux que ne peut le faire l'esprit frivole et gâté des villes. Apprenez , Messieurs, que nos villageois savent fort bien lire tous les décrets de l'assemblée nationale, et distinguer la nouvelle fabrique de la vieille. Ainsi dispensez-vous de leur épeler chaque lettre, et de leur enseigner un alphabet qu'ils pourroient souvent enseigner eux-mêmes à plusieurs de vos aristocrates, de vos discoureurs.

La révolution , Messieurs ; nous a bien avancés ; nous sommes mûrs pour vos leçons. Choisissez seulement celles dont nous avons un véritable besoin ; n'allez pas traiter des objets que nous connoissons mieux que vous. Je me souviens de l'ancien Seigneur de notre village ; il reprochoit à notre maître-d’école,

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qui est bon arpenteur , d'avoir mal mesuré son domaine ; tout en parlant de mesure , il confondoit les toises avec les coudées. L'arpenteur alla chercher sa toise , et se mit à mesurer le seigneur qui lui demanda ce qu'il faisoit : je regarde, dit-il, sur ma toise combien vous avez de coudées : j'ai voulu faire l'entendu , dit le seigneur, et tu fais l'insolent. Sans être ni l'un ni l'autre , Messieurs , je finis en bon curé, par un sermon en trois points. Soyez clairs, premier point ; soyez utiles , deuxième point; soyez intéressans, troisième point; instruisez-nous, ne nous ennuyez pas, sans quoi vos disciples préféreront la feuille de la vigne à votre feuille.

Nous avons reçu un grand nombre de lettres de Messieurs les Curés et Vicaires.; elles sont reinplies d'un zèle pastoral qui a charmé le nôtre. De temps en temps nous insérerons dans notre feuille quelques-unes de ces lettres, afin de détromper un certain public qui croit que les paysans et les pasteurs même sont bien loin de la vraie lumière.

Un maire villageois nous a écrit aussi pour nous demander un catéchisme de toute la constitution, afin, dit-il, d'être le catéchisme de mon village. Un pareil catéchisme , n'est pas chose facile : il exige une précision, une clarté, une exactitude parfaites. Un Député à l'assemblée nationale , connu par ses bons principes et par son assiduité aux séances délibératives, en a composé un qui nous a paru tout réunir et tout expliquer. Nous le donnerons dans la feuille prochaine.

Dans le dialogue sụivant, nous avons laissé le mot seigneur , par une dernière complaisance pour l'habitude' où sont encore les paysans d’employer ce vieux mot. Nous les prévenons que désormais nous retrancherons ce titre féodal.

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