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de côté et d'autre. J. C. séul tonde son église; ët uñi Dieu avoit-il besoin d'un décret pour la rendre plus stable et plus solide ! Ce Dieu nous enseigne l'obéissance, aux puissances qui nous gouvernent, fussent-elles mêmé hérétiques. Or, mes ciers paroissiens, les augusles représentans de la nation françoise connoissent et sententcombien leur bonheur est aitaché à la profession de notre religion. Les marcues extérieures avec l'esquelles ils écifient le peuple , sont un sûr garant de la pureté des sentimens religieux dont la plupart sont änimés; et lorsqu'ils ont exigé de tous, et chacun des ecclésiastiques fonctionnaires publics, le serment d'adhérer à leurs décrets , ils n'ont jamais eu l'impie et puérile prétention de nous faire renoncer à une religion pour laquelle , à Theure inême, je sacrifieróis må vie plutôt que de l'abandonner.

- Approchez, Messieurs les officiers municipaux ; je vous en prie, c'est pardévant vous , et én votre présence , mes chers paroissie iis , que je veux prouver que je suis bon François : la prestation d'un pareil šerinent ne peut que m'être agréable : més sentimens sur la constitutioti françoise vous sont connus , ils ne sont pas douteux. Je l'admire cette sublime constitution autant que je plains ses détracteurs.

1. Ainsi donc, Messieurs, je jure de veiller avec soin aus fidèles dont la direction m'est confiée. - Je jure d'être fidèle à la nation, à la loi , et au roi.

Je jure de maintenir de tout mon pouvoir la constitution françoise , acceptée et sanctionnée par le roi, et notamment les décrets relatifs à la constitution civile du clergé. Duquel serment, Messieurs, je vous prie de vouloir bien me donner acte ».

Conclusion. Tout ce qu'on a lu en faveur du serment civique, prouve le bon esprit de ceux qui l'ont prêté.

Veut-on connoître l'esprit bigot ct misérable de ceux qui l'ont refusé ? qu'on lise la lettre suivante.

Elle est d'un curé Flamand, qui eût été plus digne d'être un moine Brabançon ou un inquisiteur Espagnol. Son neveu lui avoit adressé une exhortation respec

avez

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tueuse et raisonnée sur la constitution civile du clergé. Dans ce mémoire on séparoit fort bien le dogme d'avet la discipline , les intérêts d'avec les sacremens , le culte divin d'avec l'ordre public. Confondant tout, ou plutôt ne voyant dans le monde que l'église , et dans l'église que le pape et les évêques, l'oncle imbacille et fanatique traite son neveu

de libertin', l'assemblée nationale de juive, et la décrépite superstition de vierge. Sa lettre est un chef-d'æuvre de radotage belgique. Nous n'avons pas voulu y changer l'ortographe. L'auteur écrit comme il raisonne ; et il a été choisi pour curé ! voilà un peuple en bonnes mains ! Après cela que l'on doute encore s'il falloit réformer le clergé !

CHER NE VEUX, 66 Vous me dites que je ne risque rien de prêter le serment civique , je vous dis que vous ne savez ce que vous dites ou bien vous bliez les principes qu'on vous a enseignez dans votre naissance : vous savez sans doute que le pape et les évêques doivent nous gouverner et non pas les municipalités, districts, ect. ; que l'assemblée nationale n'a le droit de donner des pouvoirs spirituels, d'absoudre les péchés , qui est l'hérésie de Luther; que les simples prêtres ne sont pas au dessus des évêques : qu'il y a une différence entre la puissance temporelle et ecclésiastique qui est l'hérésie de Richer de 1712. Votre mémoire est vraiement ladite hérésie. j'aime mieux mourir de faim que de prêter ce serment, en un mot, mourir de faim avec Jesus-Christ (dont l'assemblée nationale a en horreur le nom) que d'être riche avec Judas; comment est composée cette assemblée nationale? d'un juif président, d'un Barnave protestant, d'un nombre d'irréligionaire ; et vous croyez à ces gens là plutôt qu'à toute l'église Gallicane qui a été toujours vierge dans la foi depuis Clovis. Notre pays conservera toujours notre religion et la puissance de l'église. Nos peuples sont disposés à refuser ledit serment, et signer de leur sang leur opposition ; ainsi il ne me manquera jamais de rien, nous ne deviendrons pas l'Angleterre et la Hollandre, comme pense peut-être l'assemblée tumulteuze nationale. Je n'ay jamais dit tant; mais à présent, voyant qu'ils en veulent à la religion, et qu'ils veuillent nous faire chismiastique et hérétique, et nous faire remplacer par des chismatiques, ils trouveront de la résistance ; car je peux vous dire que le premier -prêtre qui viendra me remplacer, sera tué avant d'arriver à ma maison, ainsi que des autres paroisses voi

.sines 99.

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Adieu , cher neveux, etc.

Signé P. C...., curé d'E.... (*). Maintenant croirons-nous que les sages et bons Flamands servent la fureur de ce prêtre ignorant, si bien décidé à faire assassiner son successeur? Ce n'est pas là un pasteur, c'est le loup-berger.

Voilà pourtant les atrocités stupides qui passent par la tête de quelques curés. Voulez-vous connoître les raisonnemens des évêques ? En voici un assez plaisant:

Les évêques disent qu'on ne peut pas délibérer sur le sort des évêques , sans consulter l'église ; et quand on leur demande ce qu'ils entendent par l'église , ils répondent que c'est les évêques : ensorte que , selon eux, on ne peut rien décréter sur les évêques que de l'aveu des évêques. C'est comme si les colonels disoient qu'on ne peut faire une loi sur les colonels, sans leur avis. Il faudroit donc laisser les juges régler la justice, les soldats régler la discipline. Alors à quoi serviroit une assemblée nationale? Ce seroit un plaisant gouvernement que celui où chacun feroit les lois qui doivent Le gouverner.

L'église , c'est l'assemblée des fidèles : les fidèles sont les citoyens : ainsi l'église, c'est la nation. Ainsi quand on a la volonté de la nation, on a la volonté de l'église.

Voilà ce qu'on peut répondre aux évêques. Mais il est çnçore plus simple d'en nommer d'autres.

L'original de cette icttre est catre nos mains,

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Recettes contre une ancienne Maladie que les Histo

riens appellent FANATISME. LE FANATISME est une maladie à laquelle nos bisayeuls , et leurs bisayeuls étoient fort sujets. Elle a règné pendant plusieurs siècles, mais elle a passé comme celles des démoniaques et des sorciers, et comme la lèpre et la maladie de Saint-Fiacre. Quand l'accès prenoit un de ces malades de fanatisme, ses yeux étinceloient de fureur, il prenoit des armes it massacroit ses meilleurs amis , il se jetoit sur tous ceux qui se portoient bien , et souvent il les brûloit en place publique. Il ne parloit que d'enfer, de malédiction, d'excommunication et d'anathême. Cette espèce de rage étoit épidémique, comme celle que les sayans nomment hydrophobie : un malade mordu en mordoit cent autres ; et enfin tout le pays étoit pestiféré. Alors des gens d'esprit, des fourbes habiles se mettoient à la tête de cette foule de sots, ils en faisoient des régimens, ils les faisoient battre les uns contre les autres, et quand on étoit las de tuer, de massacrer, de voler et de violer, les chefs se partageoient entr'eux les dépouilles , ils avoient des couronnes, des mitres, des palais et des maîtresses, et ils régnoient sur des ruines.

Cette maladie n'est pas nouvelle en Europe. Elle y a jadis coûté la vie à sept ou huit millions d'hommes. Un fameux médecin, qu'on nomme BONSENS, a trouvé plusieurs préservatifs pour s'en garantir. L'une de ces recettes consiste dans ce peu de mots : DÉFIONS-NOUS DE CEUX QUI PRECHENT LE MEURTRE AU NOM DE Dieu. Dites seulement ces paroles tous les matins à jeun; et vous échapperez au venin.

Seconde recette. Portez toujours dans votre poche, cette petite devise : 66 LE PARADIS, C'EST D’ÉTRE LIBRE. L'ENFER, C'EST DE PAYER LA DÎME.

La troisième précaution pour écarter les enragés fanatiques ou guérir leur morsure, c'est de lire régulièrement la FEUILLE VILLAGEOISE: Cette drogue-là dispense de toutes les autres.

ASSEMBLÉE NATIONALE." Dans aucun temps , chez: aucune nation ,

aucun

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.corps législatif n'a eu tant et d'aussi grands travaux. Faire la constitution , cette seule tâche demandoit les efforts d'une assemblée entière. Faire les lois et tous les règlemens relatifs à la justice , à l'armée , aux finances, etc. ; c'étoit encore assez pour consumer toutes les forces d'une autre législature. Terminer toutes les affaires qu'entraînoient les réformes et les suppressions, cet immense travail eût autrefois coûté trente années au gouvernement, et seul exigeoit encore une grande réunion des plus profonds législateurs. On croit vulgairement qu'il y a eu plusieurs Hercules , dont les travaux ont été attribués à un seul. On pourra croire un jour la même chose de l'assemblée nationale : car elle a fait l'ouvrage de plusieurs.

Depuis quinze jours, de nombreux décrets ont été rendus. La plupart tiennent aux détails des différentes parties de l'administration. Nous allons donner l'idée de ces principaux décrets.

Liberté du commerce.. Une compagnie de commerçans avoit obtenu du gouvernement ancien le droit de faire seule le commerce avec les habitáns d'une partie de l'Afrique, qu'on nomme, le Sénégal. Chose absurde. et odieuse ! Car si le commerce est avantageux, il faut que toute la nation puisse profiter de ses avantages. Si l'homme est libre, le commerce doit l'être. Supposez que deux ou trois cultivateurs eussent eux seuls le droit de vendre au marché, tous les autres mourroient de faim, ou seroient les esclaves des premiers. C'est-là ce qu'on appelle des privilèges exclusifs ou autrement des monopoles. L'assemblée nationale a encore supprimé celuici, et déclaré que le commerce du Sénégal est libre pour tous les François.

Distribution des petits assignats. Les petits assignats avoient été délivrés en partie; mais comme ils sont plus commodes que

les assignats de plus grosse somme, des hommes avides ont essayé de les accaparer , pour les échanger ensuite avec profit contre les autres. Ce commerce nuisible, cez agiotage ,

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