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fixé dans l'année 1668. Les treize Cantons , s'ils étoient en

guerre , augmenteroient cette petite armée , chacun en portion du contingent particulier qu'il est obligé de fournir , et du besoin d'hommes qui seroient nécessaires pour repousser les ennemis.

Villes capitales des principaux états de l'Europe.

France.
Paris. Sicile.

Palerme.
Espagne. Madrid. Autriche.

Vienne.
Angleterre. Londres. Savoie.

Chambéry.
Prusse.
Berlin. Piémont.

Turin.
Russie.

Petersbourg. Suède. Stockolm.
Turquie. Constantinople. Danemarck. Copenhague.
Portugal.

Lisbonne. Hollande. Amsterdam.
Pologne.
Varsovie. Saxe.

Dresde.

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Livres nouveaux relatifs aux Campagnes.

Trois petits volumes de la Bibliothèque des villages ont paru, et chacun renferme des choses intéressantes. Le troisième volume est le plus instructif pour les Pay

Il roule tout entier sur les procès qui sont, après la grêle, le plus grand fléau des villages.

şans.

A N N É E

DE LA

FEUILLE

VILLA GEOISE.

TROISIEME SEMAINE.

Jeudi 14 octobre 1790.

trouve

Suite de la Géographie universelle. LE plus beau pays de l'Europe se ruiné par le despotisme du souverain , et par l'ignorance des sujets. C'est ce que l'on a vu dans l'article précédent , qui a offert un tableau de la Turquie. Nous allons offrir un tableau tout opposé, un véritable Contraste , dans la Suisse. La liberté et l'industrie ont fertilisé ses arides montagnes. Les treize Cantons , divisés de croyance , mais unis de patriotisme , sont défendus par leurs vertus, encore mieux que par les Alpes. Les lois y sont simples et justes , ainsi que les habitans. La rigueur des hivers n'empêche pas les Suisses montagnards de cultiver les vallons enfermés par leurs rochers, de soigner leurs troupeaux dans des étables saines , de s'occuper dans leurs maisons rustiques de différens ouvrages , tels que la filature, la menuiserie , la tisseranderie , l'horlogerie même. On trouve, çà et là , des paysans Suisses , habiles dans les arts mécaniques. On en trouve beaucoup d'instruits par des lectures édifiantes et solides. Plusieurs pères de famille expliquent eux - mêmes à leurs enfans la bible , l'évangile, l'histoire de leur

pays , celle même des Grecs et des Romains; et
quoique ce peuple ait la réputation d'aimer un peu
à boire , il est rare , sur - tout dans les cantons
réformés , qu'il aille au cabaret le dimanche. Nul
peuple enfin ne connoît mieux le prix de la liberté ,
celui du travail, et celui de l'instruction. On ne
doit excepter qu'une race malheureuse qui existe
dans une partie du Valais et autour de la ville de
Sion, capitale des Valaisans. Cette race s'appelle, les
Cretins ou les Idiots. Dès leur naissance , ils tomben
dans une langueur et une imbécillité qui durent
toute la vie. On les voit couchés dans les rues ,
ou étendus sur des rocs , se tenir tout le jour
immobiles aux rayons du soleil , la tête renversée ,
la langue pendante et les yeux stupidement ouverts.
Quelques-uns sont tout-à-fait sourds et muets;
d'autres sont réduits à une sensibilité pureinent
animale. Tous sont incapables de se conduire. Les
habitans du Valais regardent ces Cretins , nes
parmi eux, comme des innocens , recommandés
par le ciel et l'humanité. Ils leur rendent les soins
les plus touchans. Les enfans n'osent les insulter ,
et les vieillards les respectent. C'est un des traits
qui montrent le mieux la bonhommie helvétique.
Le Valais se distingue en haut et bas Valais. Le
premier est souverain du second. Leur pays est
divisé en six départemens , gouvernés par autant
de baillis , qui quelquefois ont voulu faire les petits
despotes , et qui ont excité, comme aujourd'hui ,
de justes , et cependant terribles insurrections.

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LE PAYS AN ET SON SEIGN E U P.

Dialogue. Uxpaysan des bords de la Loire disoit, il y a quelques mois, à son seigneur (car il y avoit encore alors des seigneurs ) : vous aimez , Monsieur , la révolution actuelle, et je ne crains point de vous exposer les sentimens qu'elle m'a fait éprouver. Je ne sais cominent elle m'inspire le, desir de m'instruire et de m'éclairer. Je. remarque que , hors les personnes qui ci-devant se faisoient riches à nos dépens, ceux qui ont le plus d'esprisma et qui ont lû davantage, sont ceux qui aiment le plus la révolution. Il y en a parmi eux qui diseat, que c'est sur-tout à une chose, que l'assemblée nationale ap. . pelle la déclaration des droits, que nous devons la liberté dont nous allons jouir, et le bonheur de pouvoir le transmettre à nos enfans. Un de ces Messieurs, qui n'a point honte de causer avec les paya sans , nous racontoit qu'il étoit présent à l'assemblée nationale lorsque ceite déclaration y fut faite , et qu'il y avoit un fort parti dans l'assemblée qui ne le vouloit pas. Cela me fait bien penser qu'ils ne vouloient pas que nous connussions nos droits, de peur qu'il ne nous vînt le desir de nous les faire rendre

par ceux qui nous les ont pris. J'ai donc voulu lire cette claration des droits ; mais je vous avoue , Monsieur , que je ne l'ai pas bien entendue ; il y a des

y a des mots qui sont au dessus de ma portée , car elle a été faite par des gens qui ont plus d'esprit que moi. Vous me rendriez un bien grand service si vous vouliez me l'expliquer , et me faire voir comment elle pourra

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servir à mes enfans et à leurs enfans, pour conserver la liberté; car ce seroit la première chose que je leur ferois apprendre.

Je ne l'ai point ici, lui dit le seigneur, je vous l'expliquerai un autre jour; mais nous pouvons en causer quelques momens. Vous avez du loisir , allons nous asseoir sous ce berceau , où nous ne serons point interrompus.

Mon bon ami , dit alors le seigneur, l'état de liaison où nous vivons nous tous qui sommes dans ce village, dans la province , dans le royaume, s'appelle l’étai de la société, au contraire des hommes qui vivent seuls dans les bois, et qu'on appelle solitaires quand ils ont quitté la société , et sauvages quand ils ne * l'ont jamais connue. L'homme n'est pas fait pour vivre dans la solitude ; le sauvage ne l'est pas long-tems. Les hommes ont besoin de se rapprocher les uns des autres , ou pour s'aider ou pour se défendre réciproquement : ainsi l'état de société est bien ancien et bien vieux. Il y a peut-être trois mille ans qu'il y a des sociétés dans ce pays ; il y en a quatorze cents que la société que nous appelous le royaume de France subsiste , et il faut espérer qu'elle subsistera encore longtemps.

Vous comprenez, mon ami, que quand des hom. mes se réunissent pour se dire les uns aux autres : faisons une société, ils ne s'y jettent pas au hasard , et sans faire leurs conditions. Ils conviennent entre eux de quelque chose : je suppose qu'ils ont des champs des possessions , et ce qu'on appelle des propriétés ; ils se promettent de s'aider et de se soutenir les uns aux autres ; de se réunir

pour

défendre

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