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Supplement au petit Dictionnaire géographique. LE

jeune géographe-villageois , qui nous avoit demandé , si Thaïvement , l'explication des mots qu'il n'entendoit pas, nous envoye une liste nouveile de mots qu'il n'entend, dit-il, qu'ús deini. Il nous prie de les lui rendre aussi clairs que le jour : car j'ai ouï dire, ajoutei-il, que les demi-connoissances font plus de tort que l'ignorance absolue. Notre jeune disciple a raison ; et nous allons éclaircir les mots qu'il a le bon esprit de trouver obscurs. Les voici , dans l'ordre où il les a rangés lui-même. Quelques-uns semllent appartenir à l'astronomie plutôt qu'à la géographie ; mais comment bien connoitre la terre , sans connoître un peu le cic! doat clle faitpartie , et où elle circule ? ANNÉE :

ce mot, dérivé du latin , veut dire en cette langue , grand cercle; de même que le mot anneau , originaire de la même langue , veut dire , petit cercle. La terre, en effet , ayant achevé, autour du soleil , son tour circulaire , le commence aussitôt, ce qui produit le nouveau cercle, ou la nouvelle année. La nouvelle année commençoit autrefois au mois de Mars, et son commencement étoit, en tout lieu , un jour de fête et d'étrennes. Chaque peuple se réjouisscit et se couronnoit de fleurs avec la nature. Le père de famille recevoit les væux de ses enfans, et répondoit par des présens à leur tendresse. - Les Romains changèrent cet ordre antique, et placerent le nouvel an, au mois de janvier, appelé ainsi, parce qu'il étoit consacré au Dieu Janus, que l'on représentoit avec deux visages, l'un regardant l'année qui venoit d'expirer ; et l'autre , considérant l'année qui venoit d'éclore.

Mois : c'est encore un terme qui nous vient de la langue latine ; et il signifie mesure ; parce que l'année se divise en douze mois , qui renferment, chacun, le même nombre de jours à peu-près. Dans les premiers temps du monile , l'année se divisoit en dix mois seu. lement. C'est qu'alors on prenoit pour mesure, non pas le cours apparent du soleil que l'on n'avoit pas encore bien observé , mais selui de la lune , plus facile à suivre, et plus frappant par ses variations et ses vicissitudes. Or, les douze lunes qui se succident

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dans l'année , ne forment guères que dix de nos mois. Les peuples fauvages, découverts nouvellement dans les iles du Sud, coinptent leurs mois par, lunes. S'ils viennent à s'instruire , ils changeront, ainsi que nos ancêtres , une mesure irrégulière et incompletie ; et ils prendront le soleil, pour le diviseur des temps et le régulateur des années.

PHASES DE LA LUNE : ce sont ses périodes , ses temps fuccefiss d'obscurité et de lumière. Tandis que la terrre voyage autour du soleil, la lune voyage autour de la terre qui la mène avec elle , ainsi que

fa compagne, ou la suivante. Elle semble s'être donnec, s'être attachée à notre globe, pour nous servir de flambeau 80turne. Par la position, cette planète auxiliaire nous présente la même surface , plus ou moins éclairéc du soleil, selon qu'elle est plus ou moins exposée à ses rayons et à nos regards. Elle nous prête la lumière à mesure qu'elle la reçoit ; elle nous la dérobe à melure qu'elle la perd ; et c'ef-là ce qui produit le croissant, la plenitude et le déclin de cet aftre. C'est une glace immense, suspendue dans Ics cicux, et qui réfléchit sur nous comme un miroir mobile, lc soleil , absent pour nous , et présent pour elle. Les phases , ou les différentes périodes lunaires , calculées par les afironomes , servent à diriger les navigateurs instruits, et à rectifier les erreurs, cernant les degrés de longitude. Ainsi le flambeau des nuits semble étre, spécialement, le flambeau des, mers.

ÉTOILE OLAIRE : on nomme ainsi une étoile fixe, ou plutôt une confellation , un assemblage d'étoiles qui se montrent, toutes les nuits, à la même place du ciel, vers la partie Boréale, ou dů Nord. Avant la découverte de la Boussole , la vue de cette étoile indiquoit aux navigateurs quellc étoit la direction de leur vaisseau , et s'il avançoit vers le Nord , ou vers le Midi. Mais quand le ciel étoit couvert de nuages, le pilote perdoit la tramontane , c'est-à-dire la vue de l'étoile polaire, et alors , incertain de fa route , il erroit au hazard.

BOUSSOLE : cadran , dont l'aiguille est aimantée, c'est-à-dire , a été passée sur la pierre d'aimant. Cette pierre a la propriété d'attirer le fer , et de lui communiquer la force de saisir, de soulever les parties de ce métal qu'il vient à toucher. Cette propriété ines. plicable s'appelle magnetisme , ou attraction magnétique. La pierre

con.

d'aimant elt douée d'un autre privilège non inoins singulier. Elle a deux points opposés que l'on nomme ses deux pôles, et dont l'un se tourne sans cesse vers le nord , et l'autre par conséquent vers le midi. C'est pas cette puissance que l'aiguille aimantée s'est rendue utile à la navigation. Placée en équilibre sur un pivot, elle se meut, elle s'agite quelques momens , et se repose enfin immobile , mais en tournant vers le nord , fa pointe aimantéc et fidelle. C'est, pour ainsi dire , une étoile polaire , visible à chaque inftant, et que le pilote et le voyageur peuvent consulter à chaque pas. L'antiquité u'a pas connu la bouffole. Les Chinois qui l'ont possédée les premiers, n'en ont pas fait un grand usage. Les Génois, à qui on l'apporta , vers le quiuzième siècle, en ont mieux profié. C'eh par elle que Christophe Colomó eit parvenu à découvrir lan:érique : le courage d'un homme et le mouvement d'une aiguille, nous ont valu un monde.

PHÉNOMÈNE : tout ce qui apparoît de nouveau dans l'air , dans le ciel , dans la nature, dans la société ; tout effet surprenant dont on ignore la cause ; tout miracle naturil, moral, ou physique ; tout évènement frappant et rare. Le plus grand phénomène de ce fiècle, c'est la révolution françoise. Le plus grand phénomène des duits , c'est l'aurore boréale qui semble un incendie, allumé dans le ciel, et flamboyant sur l'horizon du nord. Le plus grand plieno. mène de l'océan, c'eit de voir quelqucfois , dans une nuit tranquille, toute sa surface illuminée par des milliards de phospliores ou de corpuscules luisans. Le plus grand phénomène des inontagnes, ce sont les Volcans dont les feux se communiquent sous tcrre à de prodigieuses distances, par exemple, quand l'Eina brûle en Sicile, l'Hécla, dit-on, cesse de brûler en Irlande ; et fi l'on voii fotomer l'Hécla, on voit l'Etna s'obscurcir et s'éteindre,

OURAGAN : mot emprunté de l'Indien, ei qui se dit d'une iempête violenie, accompagnée de tourbillons et de coups de vert. Ces coups de vent sont fréquens et terribles sur l'Océan atlantique, ou des Indes. Ils sont encore plus redoutables dans les iles méridionales de l'Amérique, où quelquefois ils parcourent et bouleversent , une ou deux minutes , les cités , les ports , et les plantations les plus éloignées , comme les plus florislautos.

TROMDE : colonne d'air , qui tout-à-coup paroît fur

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mer

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s'ávance , et se promène, en tournant avec rapidité, et en creusant les flots", et même en les pompant, de manière que l'on a cru ap. percevoir quelquefois le fond de l'Océan. Malheur au vaisseau qui est rencontré par une de ces colonnes errantes : elles se brisent sur lui, l'inondent des lots qu'elles portent, et le submergent. Pour les écarter du vaisseau, dès qu'on les voit venir sur lui , on se hâte de tirer contre elles un coup de canon , qui les ouvrant, les disperse soudain , ou les résoud en pluie légère.

CATARACTE : un torrent , ou un fleuve qui se précipite d'une montagne élevée, dans un profond abime. Le Nil, vers sa source, en Ethyopie, tombe ainsi, de deux cent pieds de hauteur. Le Aeuve Saint-Laurent'; en Amérique , tombe encore de plus haut, et cotte cataracte est connue .sous le nom du saut de Niagar. La plus remarquable de ces cataractes, c'est celle du Fleuve jaune , las principale rivière de la Chine. Quoique la chute de ce fleuve soit sort rapide , les bateliers Chinois se confiant à leur adresse et à la fortune , se laissent aller , eux et leurs bateaux , au courant qui les entraine. On les voit , presque au inême instant, sur le rocher, dans l'air, et au milieu du vallon , où lancés d'un seul trait, et déposés comme par miracle , ils poursuivent en riant une route paisible.

EL BOUCHURE : Le torme où finit la course d'un fleuve, et le kanal par lequel il se jette dans la mer. Le Danube arrive dans la mer Noire par sept embouchures. Le Nil entre dans la Méditerranée par neuf ou dix au moins. L'emboachure de la rivière des Amazones , en Amérique, est si vaste qu'elle semble porter à l'Océan , non pas an fleuve, mais une mer. Le Nouveau Monde est un continent tout neuf, dans lequel las rivières , les lacs et les montagnes conservent Icur grandcur primitive , parce que les siècles n'ont pu encore les dégrader , ni les appauvrir,

CONPLUENT : La jonction de deux rivières : celle des deux , qui ast moins considérable , perd alors son nom, avec son lit; et l'autre, gardant le sien , continue de recueillir , dans sa marche , tous les petits fleuves du canton.

RIVE DROITE OU GAUCHE D'UNE RIVIÈRE : La rive droite est celle qui est sur la droite du courant; et la sive gauche est celle qui est de l'opposite.

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mer,

ARCHIPEL : Étendue de mer, entrecoupée de plusieurs iles. Telle est la mer où sont éparses les Antilles , c'est-à-dire nos colonies de l'Amérique. Telle étoit aussi la mer Egée , peuplée de tant d'iles fameoses qui étoient la richesse des Grecs. Elles ont gardé, sous les Turcs eux-mêmes, leur antiqne industrie. Le génie commercial, et la liberté maritime , ne meurent jamais dans un peuple insulaire.

PHARE : Grand fanal, élevé sur une tour, ou sur une roche, et allumé chaque nuit, pour éclairer les vaisseaux qui font voile vers un port. Le phare d'Alexandrie est le plus célèbre des fanaux anciens. Le phare de Messine est le plus célébre des modernes.

ECUEILS : Rochers qui bordent la ou qui s'élèvent de son scin , ou qui sont à fleur-d'eau , et contre lesquels on fait naufrage, On nomme écueils aussi des bancs de sable, sur lesquels un vaisseau risque d'échouer. Les cartes de marine ont soin de marquer tous les ccueils reconnus. Mais l'imprudence s'y expose souvent, et la tempête ļ précipite quelquefois nocher le plus attentif.

CAP ou PROMONTOIRE : Pointe de terre élevée et avancée sur la mer , qu'elle semble dominer. On appelle , doubler un Cap, de le passer et voguer au-delà. Pour naviguer vers l'Inde , il faut doubler le сар

de Bonne-Espérance , nommé ainsi par les Portugais, qui ayant franchi les premiers ce cap orageux, le regardèrent comme un témoin de leur courage et comme un présage de leurs conquêtes.

SUD: Le côté du midi. De-là nous arrivent les vents brûlans et orageux : ils commencent par le -zéphir , et ils finissent par le ton

ncire.

SEPTENTRION : Le côté du nord ; c'est celui qui nous envoye les frimats, la neige , la gelée, et tout le cortège des llivers.

Est : Le côté de l'orient. Les vents qui partent de là sont purs, et ils amènent ces jours sereins qui embellissent la froidure et qui tempèrent les chaleurs.

Ouest : Le côté de l'occident. Comme l'Europe est environnée à l'ouest par l'océan, les vents qui souflent de ce point-la, chargés de vapeurs maritimes ,

sont pesans,

nébuleux, humides et mal sains.

CLIMAT : Température d'un pays mélangée des influencce du ciel et de la terre , c'est-à-dire des exhalaisons qui sorteni du sol natal et des nuces que l'air apporte des rivages lointains. Les climans

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