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Rousseau écrivoient, ils ne se doutoient pas eux-mêmes des effets prodigieux qui devoient en résulter quarante ans après (1).

Code politique de politique de la France, ou collection des décrets de l'assemblée nationale; cette épigraphe, (je viens après mille ans, changer ces lois grossières), format in-16; il en a déja paru cinq vo-1 lumes, et il en paroîtra un volume de mois en mois, jusqu'à la fin de la législature, la collection; des cinq vol. 10 liv.; chaque vol. contient une table chronologique, avec la mention, la date de sanction, accéptation ou promulgation des décrets.

(1) L'écrit contre le duel, dont fa majefté polonoise daigne parler avec éloge, étant d'un des collaborateurs de la Feuille Villageoife, M. Grouvelle, nous devons ici, en fon nom, offrir au roi de Pologne toute la reconnoiffance qu'inspire un fuffrage tel que le fien. Quel malheur pour le peuple polonois, d'être efclave "d'une nobleffe qui lui rend prefque inutile l'humanité et le génie de fon monarque !

On s'abonne à Paris, chez DESENNE, Libraire au Palais Royal, moyennant 7 liv. 4 sols par année.

MESSIEURS les Souscripteurs qui auront des réclamations à faire, sont priés d'indiquer avec précision le numéro qui se trouve sur leur adresse.

ANNÉE

DE LA

FEUILLE VILLAGEOISE.

QUATORZIÈME SEMAINE.
Jeudi 30 Décembre 1790.

Lettre aux Rédacteurs de la Feuille Villageoise.

MESSIEURS,

Permettez-moi de vous faire observer une faute d'exactitude d'une de yos feuilles, (c'est le n°. 10,) dans laquelle vous dites, à la partie géographique, que la révolution annuelle de la terre, autour du soleil, est de trois cents soixante-cinq jours et quelques minutes, qui, supputées, composent un jour de plus au bout de quatre ans. Cela n'est pas exact, et pourroit venir d'un copiste peu attentif : voici le fait plus juste. La révolution annuelle de la terre, autour du soleil, se fait en 365 jours, 5 heures, 48 minutes, 49 secondes : on voit par-là qu'il manque environ onze minutes tous les ans pour completter les six heures, qui, au bout de quatre ans obligent d'ajouter un jour de plus à

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l'année; mais ces onze minutes de moins par année font une somme, au bout d'environ deux cents ans, et il y aura alors une époque où le jour intercalaire n'aura pas lieu.

Si je vous fais cette observation, messieurs, c'est que je serois fâché que de si excellens et si utiles écri vains laissassent une faute grave dans un écrit qu'accompagne presque toujours la justesse, la clarté et la vérité. Si je savois que vous voulussiez mettre dans vos feuilles quelques observations utiles pour la campagne, relatives à l'astronomie, je me ferois un plaisir de vous les communiquer.

J'ai l'honneur, etc.

PASQUIER, peintre du roi, aux galeries du Louvre.

Réponse.

Nous profitons de la remarque, et nous la publions avec reconnoissance, pour servir d'errata (1).

(1) Nos leçons de géographie, continuées pendant six mois, suffiront pour donner aux habitans de la campagne une idée juste et précise des différens pays qu'il importe de connoître.

Cette instruction finie, nous passerons à celle de l'Histoire de France qui doit intéresser encore plus nos lecteurs, et que nous rédigerons règne par règne, époque par époque, en développant les causes secrètes qui ont, tantôt élevé, tantôt abaissé la nation françoise.

Supplément au petit Dictionnaire géographique.

LE

E jeune géographe-villageois, qui nous avoit demandé, si naïvement, l'explication des mots qu'il n'entendoit pas, nous envoye une liste nouvelle de mots qu'il n'entend, dit-il, qu'à demi. Il nous prie de les lui rendre aussi clairs que le jour : car j'ai ouï dire, ajoutet-il, que les demi-connoissances font plus de tort que l'ignorance absolue. Notre jeune disciple a raison, et nous allons éclaircir les mots qu'il a le bon esprit de trouver obscurs. Les voici, dans l'ordre où il les a rangés lui-même. Quelques-uns semblent appartenir à l'astronomie plutôt qu'à la géographie ; mais comment bien connoître la terre, sans connoître un peu le ciel dont elle fait partie, et où elle circule ?

ANNÉE ce mot, dérivé du latin, veut dire en cette langue, grand cercle; de même que le mot anneau, originaire de la même langue, veut dire, petit cercle. La terre, en effet, ayant achevé, autour du soleil, son tour circulaire, le commence aussitôt, ce qui produit le nouveau cercle, ou la nouvelle année. La nouvelle année commençoit autrefois au mois de Mars, et son commencement étoit, en tout lieu, un jour de fête et d'étrennes. Chaque peuple se réjouisscit et se couronnoit de fleurs avec la nature. Le père de famille recevoit les vœux de ses enfans, et répondoit par des présens à leur tendresse. Les Romains changèrent cet ordre antique, et placèrent le nouvel an, au mois de Janvier, appelé ainsi, parce qu'il étoit consacré au Dieu Janus, que l'on représentoit avec deux visages l'un regardant l'année qui venoit d'expirer; et l'autre, considérant l'année qui venoit d'éclore.

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Mois c'est encore un terme qui nous vient de la langue latine; et il signific mesure ; parce que l'année se divise en douze mois, qui renferment, chacun, le même nombre de jours à peu-près. Dans les premiers temps du monde, l'année se divisoit en dix mois seulement. C'est qu'alors on prenoit pour mesure, non pas le cours apparent du soleil que l'on n'avoit pas encore bien observé, mais selui de la lune, plus facile à suivre, et plus frappant par ses variations et ses vicissitudes. Or, les douze lunes qui se succèdent

O

dans l'année, ne forment guères que dix de nos mois. Les peuples
fauvages, découverts nouvellement dans les îles du Sud, comptent
leurs mois par, lunes. S'ils viennent à s'inftruire, ils changeront,
ainfi que nos ancêtres, une mefure irrégulière et incomplette ;
et ils prendront le foleil, pour le divifeur des temps et le régulateur
des années.

PHASES DE LA LUNE: ce sont ses périodes, ses temps succeffifi
d'obfcurité et de lumière. Tandis que la terrre voyage autour du
foleil, la lune voyage autour de la terre qui la mène avec elle,
ainfi que
fa compagne, ou fa fuivante. Elle femble s'être donnée,
s'être attachée à notre globe, pour nous fervir de flambeau noc-
turne. Par fa pofition, cette planète auxiliaire nous préfente la
même surface, plus ou moins éclairée du foleil, felon qu'elle eft
plus ou moins expofée à fes rayons et à nos regards. Elle nous prête
la lumière à mefure qu'elle la reçoit; elle nous la dérobe à mesare
qu'elle la perd; et c'eft-là ce qui produit le croiffant, la plénitude
et le déclin de cet aftre. C'eft une glace immense, suspendue dans
les cieux, et qui réfléchit sur nous, comme un miroir mobile, le
foleil, abfent pour nous, et préfent pour elle. Les phases, ou les
différentes périodes lunaires, calculées par les afronomes, fervent
à diriger les navigateurs inftruits, et à rectifier les erreurs, con-
cernant les degrés de longitude. Ainfi le flambeau des nuits femble
Etre, spécialement, le flambeau des mers.

Yv

ÉTOILE POLAIRE: on nomme ainfi une étoile fixe, ou plutôt une confellation, un affemblage d'étoiles qui fe montrent, toutes les nuits, à la même place du ciel, vers la partie Boréale, ou dù Nord. Avant la découverte de la Bouffole, la vue de cette étoile indiquoit aux navigateurs quelle étoit la direction de leur vaiffeau, et s'il avançoit vers le Nord, ou vers le Midi. Mais quand le ciel étoit couvert de nuages, le pilote perdoit la tramontane, c'est-à-dire la vue de l'étoile polaire, et alors, incertain de fa route, il erroit au hazard.

BOUSSOLE: cadran, dont l'aiguille eft aimantée, c'est-à-dire, a été paffée fur la pierre d'aimant. Cette pierre a la propriété d'attirer le fer, et de lui communiquer la force de faifir, de foulever les parties de ce métal qu'il vient à toucher. Cette propriété inexplicable s'appelle magnétifme, au attraction magnétique. La pierre

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