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Suite de la Géographie Universelle.

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N jeune paysan du département du Bas-Rhin nous écrit une lettre, dans laquelle , avec cette naïveté qui distingue les bons Alsaciens, il nous dit qu'il étudie la langue françoise dans notre Feuille Villageoise, et qu'il apprend par cæur nos articles de géographie , parce que son esprit aime à voyager. Il se plaint seulement de ce que plusieurs mots géographiques. l'arrêtent en si beau chemin ; et comme il n'a , dit-il , aucun maître, ni aucun dictionnaire qui lui explique ces termes inconnus , il nous en envoye la liste, en nous priant de mettre , à côté de chaque mot obscur, une description claire. Nous allons satisfaire notre jeune disciple , au risque d'ennuyer ceux de nos lecteurs qui sont plus avancés que lui en géographie.

GÉOGRAPHIE : mot qui vient du grec et qui signifie , description de la terre. Cette science marque la position , les distances, tous les rapports différens des différens pays. L'instinct de l'animal se borne à connoître l'enceinte qu'il habite. L'esprit de l'homme veut allifter aux travaux et vigter la demeure de tous ses semblables.

Lieu : la place d'un peuple, d'un objet, d'un évènement.
ESPACE : l'étendue d'un lieu et celle des temps.

CERCLE : espace rond : avec un point central, et une circonférence plus ou moins grande.

Centre : le milieu d'un espace ou d'un corps. La capitale d'un empire en est le centre.

CIRCONFÉRENCE : le tour d'un cercle , l'enceinte d'un lieu. Toutes les frontières d'un état composent et renferment sa 'circonférence.

CYCLE : la période , c'est-à-dire l'espace des années , après lesquelles une révolution achevée recommence, et une planète se retrouve à la même place d'où elle est partie. Le cycle follire est de vingt-huit ans ; le cycle lunaire de dix-neuf.

ÉPOQUE : l'instant, ou le jour, ou l'année, ou même le liècle des évènemens mémorables.

CARTE GÉOGRAPHIQUE : représentation des lieux habités, des lieux inhabités , avec une échelle , c'est-à-dire une graduation qui

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melure leur étendue, et avec une indication exacte des points du ciel auxquels ils correspondent.

Ciel : L'espace où circulent toutes les planètes que nous connoissons ; l'espace où se montrent tous les soleils nommés étoiles fixes ; l'espace où sont cachés des milliards de foleils inconnus et des milliards de planètes invilibles.

ZODIAQUE : L'annéc , ou le cercle que le soleil est supposé parcourir , et qui se divise en douze constellations, en douze figues, marqués dans tous les almanachs. Ces signes, symboles des saisons et des travaux , furent inventés par les Indiens , copiés par les Grecs , enseignés par les Arabes , et adoptés par tous les peuples modernes. •

SPHÈRE : Figure arrondie telle qu’unc' boule, ou bien ovale telle qu'un cuf. C'est la forme des planètes. C'est celle du globe que nous habitons.

HÉMISPHÈRE : La moitié de la sphère , ou la moitié du globe terrestre. L'Europe , l'Asie et l'Afrique sont dans un hémisphère ; et le Nouveau-Monde ou l'Amérique est dans un autre. M. de Calonne, dans le discours qu'il prononça devant lassemblée des notables, parlant de Jérusalem, la plaça dans le nouvel hémisphère , c'est-àdire en Amérique. Cela prouve, combien il importe aux ministres, comme aux paysans, de s'instruire du sens véritable des mots.

ATMOSPHÈRE : La male d'air qui environne le globe et où se forment les brouillards, les nuages, les tempêtes et les météores , c'et-à-dire les accidens de lumière ou de flamme qui étonnent nos regards. L'air, en circulant autour de la terre, et en s'inGnuant dans les moindres ouvertures , contribue à la vie par la respiration. Do a démontre que les plantes elles-mêmes. refpirent en végétant. Le fluidę aërien eft donc le véhicule ou le fleuve de la vie. Les savans font parveņus à peser l'air , malgré sa légèreté, et à le mesurer malgré son étendue. L'atmosphère s'élève par-tout à, quinze lieues au deffus de notre globe,

AXE DE LA TERRE: Unc ligne imaginaire que l'on suppose traverser le milieu de notre globe, et sur laquelle on suppose que porte la terre , ainsi qu'une rouc porte sur son essieu. On dit que l'axe de la terre eft incline , parce qu'en tournant autour du soleil, elle penchac vers lui d'un côté. On attçibue cette inclinaison au poids

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inégal des deux moitiés du globe, dont l'unc eft ouverte, par une plus grande étendue de l'océan , et dont l'autre eft chargée d'une plus grande élévation de montagne.

EQUATEUR OU LIGNE EQUINOXIALE : autre ligne imaginaire par laquelle on entend tout l'espace terrestre et maritime où les jours et les nuits ont une durée égalę. Paffer la ligne , veut dire traverser les régions ou les mers situées sous l'équateur.

ZONES : les régions ou les mers, plus ou moins froides, plus ou moins brûlantes, qui s'étendent, depuis la ligne équinoxiale , jus. qu'aux extrémités du monde.

PÔLE : ces extrémités du monde qui ressemblent aux extrémités d'un auf, un peu applaties et diminnant par degrés. Les deux pôles , également éloignés du soleil qui les éclaire à peine', font glacés et inhabitables. Nul homme , nul animal, nulle plante , nul être enfin n'y fauroit vivre ou végéter. La nature , en ces lieux , loin de ressusciter le monde , semble morte avec lui.

Degrés : mesure de distance, en latitude et en longitude. Les degrés de latitude fe mesurent du nord au midi, et ces degrés sont de vingt lieues sur mer et de vingt-cinq fur terre. Les degrés de longitude fe mesurent d'orient en occident, mais ils n'ont point d'étendue fixe : sous l'équateur ils font égaux aux degrés de latîtude : en s'approchant des pôles , le volume de la terre diminuant , chaque degré de longitude fe retrécit à proportion. C'est en comptant ces degrés , que ron évalue le cours du soleil. Il emploie une hcure à parcourir quinze degrés ou trois cent lieues. Ainsi le hameau qui se trouve placé å trois cent lieues plus près du levant qu'un autre hameau, voit naître le jour et arriver la nuit une heure plus tôt que le fecond. Chaque degré en longitude, c'est-à-dire du levant du couchant, eft donc parcourű par le soleil en quatre minutes. Nous nous servons ici du langage vulgaire : car chacun sait aujour. d'hui

que le soleil est fixe et que c'est la terre qui tourne. Nos yeux, en jugeant le contraire , sont trompés par le mouvement apparent , de la même manière que l'on se trompe , lorsqu'étant dans un bateau qui s'éloigne du rivage, on croit voir le rivage füir et le bateau rester immobile.

HORIZON : toute l'étendue de ciel, de terre et de mer que l'on peut diftinguer du haut d'une montagne ou du nilieu d'une plaide On donne particulièrement le nom d'horizon à cette partie circulaire du ciel, qui, se courbant en quelque sorte, semble toucher et Gnir de tout côté à l'extrémité des pays que nous embrassons, par la vue.

Pic : un mont inacceslible , terminé en pointe , en aiguille , et qui paroissant fendre la nue et confiner avec la voûte céleste fe montre de loin conme une perspective élevée. Le pic d'Adam s'apperçoit à cinquante lieues , et le pic de Ténériffe à soixante.

VOLCANS : gouffres profonds , remplis de soufre et de bitume , qui s'ouvrent et s'enflamment dans le creux de la terre ou dans le creux des montagnes voisines de la mer , et qui avec des fecousses terribles et un bruit effrayant , vomissent des tourbillons de feu, des amas de pierres calcinées, et des torrens de lave, c'est-à-dire de soufre et de bitume fondu et bouillonnant. L'Etna en Sicile est un volcan dont le sommet est couvert de flammes , la pente chargée de neiges, et le pied revêtu de vignobles floriflans. GLAGIERS : montagnes immenses de neiges et de glaçons ,

entarsées fur les montagnes les plus élevées de la Suisse , de la Savoie et du Dauphiné. L'air circulant autour du globe, étant plus froid , à mesure

que l'on monte au dessus des plaines, la pluie qui tombe sur ces hauteurs, s'y durcit en neige , en glaçon, que l'été le plus brûlant ne peut parvenir à fondre. Mais la partie de ces glaciers , qui est plus proche de la terre et des vallées, se distillant par la chaleur, produit des lacs considérables , tels que celụi de Genève, et de grands {euves, tels que le Pô , le Rhône et le Rhin, qui tous les trois descendent des glaciers voisins du Mont Saint-Godard.

OCÉAN : cette iner, presque sans bornes, moitié connue , moitié inconnue , qui environne le globe de toute part, qui reçoit dans son sein le tribut de tous les fleuves , et où le soleil pompe de continuelles vapeurs que l'air disperse et fait retomber en pluies sur toutes les régions de la terre.

MÉDITERRANÉB : une mer , infiniment moins vaste , qui côtoye l'Afrique , traverse l'Europe , et va, depuis le détroit de Gibraltar, forteresse qui appartient à l'Angleterre , jusqu'au détroit des Darda. nelles , forteresse qui appartient à la Turquie.

DÉTROIT : espace étroit, ou bras maritime, qui joint deux mers et qui sépare deux terres. Le pas de Calais, ou le canal de la Manche, est un détroit , resserré entre les côtes de la France et celles, de l'Angleterre , et communiquant, d'une part à l'océan, et de l'autre à la mer du nord..

FLUX ET REFLUX : un mouvement qui élève les flors de l'océan, suivi d'un mouvement opposé qui les abaisse. Dans leur élévation , les Aots se répandent sur le rivage. Dans leur abaissement, ils se rétirent. La Méditerranée n'est point sujette à ces deux mouvemens que l'océan éprouve à des heures réglées, et que les astronomes attribuent à l'action combinée du soleil et de la lune. Un écrivain a essayé d'expliquer ce phénomène, cette fingularité de l'océan , par la fonte fucceflive des glaces qui se fait pendant fix mois au pôle du nord , et pendant les autres six mois au pôle du sud, c'est-à-dire du midi.

GOLFE : vaste ballin maritime qui s'avance et s'arrondit au milieu des terres où il semble reposer loin des tempêtes et des ouragans de mer. L'Italie a le golfe de Venise , et la France, celui de Lyon , près d'Arles en Provence.

BAYE : une étendue de mer et de rivage où les vaisseaux peuvent se réfugier et jeter lancre.

RADE : un port naturel qui n'est pas fermé, et qui cependant est à l'abri des coups de vent, si communs et si terribles sur mer.

Isle : un espace de terrein que l'eau entoure, et que l'on distingue de ce qu'on nomme Terre ferme. Les Cyclades étoient des iles flottantes. Les Canaries se nomment les îles fortunées. Les trem. blemens de terre et les volcans intérieurs de l'océan ont fait tantôt paroître des iles nouvelles , tantôt disparoître des iles anciennes.

PRNINSULE : presqu'ile, c'est-à-dire qui ne touche à un continent que par un côté.

CONTINENT : une immensité de terre ferme qui fe suit sans inter- . ruption. Notre globe est partagé en deux continens. L'un est composé de l'Europe , de l'Asie et de l'Afrique. L'autre est formé de l'Amérique feptentriopale et de l'Amérique méridionale , jointes ensemble par l'isthme de Panama. On conjecture aussi que l'Amérique feptentrionale se joint à l'Asie par les déserts inconnus de la Tartarie orientale , et l'on raconte qu'un jeune sauvage poursuivant une biche , arriva des bords du lac Ontario à ceux de la Sybérie,

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